Publié le 1 Décembre 2021

Samedi 1er décembre 1951 - les 300 fagots du grand bois

Gelée et glace. Vent marin léger dans la journée

Le matin avons charrié 300 fagots au grand bois. Le soir avons fini de semer le blé au champ des artichauts. Mis à ce champs de l'Etoile de Choisy 500 kg 7 sacs moins 20kg

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Publié le 30 Novembre 2021

Vendredi 30 novembre 1951 - vendre les lapins

Gelée glace beau temps clair

Avons continué à semer du blé au champ des artichauts

Joséphine est allée à Villefranche vendre des lapins à 450 f pièce

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Publié le 29 Novembre 2021

Jeudi 29 novembre 1951 - l'Etoile de Choisy

Gelée beau temps

Avons continué à semer du blé

"Etoile de Choisy" au champ des artichauts le camion des silos de Castelnaudary est venu chercher l'avoine du patron 44 balles de 70 kg et 60 de 50 kg qu'il avait vendu avant il a pris maintenant celle qui lui revient 

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Publié le 28 Novembre 2021

Mercredi 28 novembre 1951 - les bords du champ

Vent marin calmé à la nuit .gelée

Avons repris de labourer les bords du champ des artichauts. Joséphine est allée à Montmaur pour tuer les canards à la Chartreuse

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Publié le 27 Novembre 2021

Mardi 27 novembre 1951 - déménager l'abreuvoir
Mardi 27 novembre 1951 - déménager l'abreuvoir

Beau temps - Avons monté l'abreuvoir bio était au ruisseau avec le traîneau et les trois paires de boeufs et l'avons mis au puits du bois. Gaston Lanegrasse est venu empocher 44 balles d'avoine pour les silos de Castelnaudary. Il a pris en tout 121 sacs de 50 kg et 20 kg sur 226 que nous avons eus.

le soir avons fait deux auges pour faire manger les truies que nous avons creusé dans du peuplier.

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Publié le 27 Novembre 2021

Photo coll. Nardèse

Photo coll. Nardèse

Changer de métairie, de ferme, de borde, changer de propriétaire : voilà un moment fort de la vie d'un métayer, d'un fermier, d'un exploitant... Dans la première moitié du XXe siècle, c'était tout une aventure... Le déménagement était réalisé durant les premiers jours de novembre en général mais la transition avait été très largement anticipée... Aimé Boyer nous fait part de ses souvenirs.

Préparer la transition

"Le changement était un acte préparé à l'avance, se souvient Aimé. Il y avait d'abord la décision qui faisait l'objet d'une longue réflexion et de discussions au sein de la famille. Les raisons pouvaient être nombreuses et variées : la ferme trop petite, les conditions de faire valoir, le caractère des deux parties (ententes et relations), la qualité de la terre, la pénibilité.... Bien souvent, cette décision était prise plus d'un an à l'avance. On espérait trouver mieux en changeant, évidemment. "

Après avoir conclu la rupture de l'accord d'une part et un nouveau contrat d'autre part,  les deux phases complexes mais essentielles de la décision allant de de pair, le déménagement était alors envisagé. Il était aussi nécessaire de trouver un accord avec l'exploitant, en place, le sortant. Des actes préparatoires à la prochaine arrivée étaient plus ou moins bien acceptés selon les us et coutumes.                                                "Par exemple, explique Aimé, l'agriculteur entrant, devait parfois s'occuper de remiser la paille lors des battaisons précédant son arrivée. Ce pouvait être l'occasion de quelques blagues comme desserrer la presse, accélérer la cadence des gerbes sur le batteur en accord avec le mécano. Ce qui ne manquait pas de provoquer une belle pagaille au pailler. Cela pouvait arriver une ou deux fois suivant la façon dont le nouveau venu le prenait. S'il montrait trop sa colère, cela repartait de plus belle. Généralement cette pagaille prenait fin au passage de la buvette.même si souvent il pouvait rester quelques rancœurs. Parfois, il fallait qu'il y ait accord, aussi pour les labours d'été avec le futur occupant des lieux."

Changer de ferme

Il était nécessaire de trouver encore un autre point d'accord avec le sortant : le jour du déménagement devait être le même car le soir il fallait être en place pour apporter le soin nécessaire aux animaux tout juste installés dans la nouvelle ferme et prendre ses repères. "Selon la distance à parcourir pour le sortant et l'entrant, la ferme pouvait rester vide quelques heures et ça faisait tout drôle de trouver tout vide.", explique encore Aimé

"Ne parlons pas de tracteurs, camions, bétaillères trop modernes mais uniquement charrettes.Plusieurs voisins était invités pour donner un coup de main. La traction animale était utilisée et bienvenue : bœufs, vaches, cheval.  Ce dernier était intéressant et souhaité, il pouvait faire deux voyages dans la journée sans problème. Et cet attelage était souvent équipé de petites bétaillères qui servaient habituellement pour aller au marché et qu'on utilisait là pour transporter les petites volailles, lapins etc…

Je me souviens que les petits cochons étaient installés dans le centre de la charrette, fermés de chaque côté avec un buffet, un sommier de lit ou un autre élément de mobilier...

Je me souviens encore du bruit des roues ferrées sur la route lorsque ce convoi de déménagement se déplaçait mais aussi de celui des sabots cloutés des hommes et ceux, ferrés, des vaches. Quant aux enfants en âge de marcher, ils gambadaient autour du convoi, les plus petits étaient sur la charrette avec les femmes plus âgées. Les femmes conduisaient aussi l’attelage."

Effervescence à la borde

 

Ce déménagement provoquait une certaine effervescence quelques jours avant. Il fallait préparer les ballots de linge, les vêtements, prévoir le repas avant de partir et ne pas emballer trop tôt la louche...

Aimé reprend : "Le matin du fameux jour,  au réveil, très tôt, on s'attelait à enlever les draps, démonter les lit, les armoires... Avant de partir on balayait scrupuleusement pour ne pas laisser  de poussière ou des toiles d’araignées, c'était important pour soigner sa réputation."

 

En arrivant dans les nouveaux lieux, il fallait rapidement installer les animaux, leur préparer les litières parfois provisoirement en attendant le lendemain et bien-sûr, il fallait aussi préparer l’habitation pour la nuit ainsi que le repas du soir.

 

Prendre ses marques

 

"Les cours de ferme d'alors étaient constituées de passages avec des pierres posées. On prenait nos marques rapidement le puits, le tas de fumier, le hangar où l'on était venu  durant l’été pour rentrer le fourrage.

La famille et les voisins de celui qui arrivaient croisaient ceux qui sortaient : un vrai brassage humain qui remuait aussi beaucoup d'émotion.  C'était une aventure, un moment qui laissait des traces dans les mémoires. On disait d'ailleurs que trois déménagements, émotionnellement parlant, valaient un incendie."

 

Se projeter dans l'avenir immédiat et le travail

 

"La première des choses à faire les jours suivant était de préparer les semis. Et puis s'installer : le vin nouveau, le stock de maïs, toutes les céréales, qu'on réensachait  y compris pour le semis dernièrement passé au trieur, mettre dans la grange le bois de chauffage, les fagots pour allumer le feu..." Un énorme travail d'installation doublé d'une activité intense dans les champs allait alors mobiliser la famille pour de longues semaines dans son nouveau cadre de vie et d'exercice... Une réelle aventure...

 

Merci à Aimé, une nouvelle fois, pour son éclairage précieux et à Berthe Tissinier pour la photo.

 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Publié le 26 Novembre 2021

Lundi 26 novembre 1951 - la quête pour monsieur le curé

Pluie le matin assez belle soirée

J'ai réparé deux paniers un cinquième et une pelle à blé. Gaston est venu chercher une paire de dindes. Mazières Eybrard et Mélix d'Avignonet sont passés pour faire la quête pour acheter une auto à monsieur le curé avons donné 1100 F.

Paulette est allée défaire du maïs à Roou 

Camille est allé à Villefranche pour l'assurance sociale. Le matin avons remué le maïs du patron

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Publié le 25 Novembre 2021

Dimanche 25 novembre 1951 - la fête de Saint-Assiscle

Fête de Saint-Assiscle

Le matin j'ai soigné les boeufs. Eugène du Château des Borrels est venu se faire tailler les cheveux. Camille et Paulette sont allés dîner à Roou le soir suis allé à la chasse. J'ai tué deux lapins.

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Publié le 24 Novembre 2021

Lauragais d'antan : le vieux moulin à l'abandon

Aux premières lueurs de 1953, dans le secret d'un vieux moulin abandonné, Hélène et Marcel s'interrogent. Le goût de la liberté est un peu âcre et on ne distingue pas très bien les lendemains. A la métairie, on s'inquiète...

Un nouvel épisode de Ceux de la Borde Perdue

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Publié le 24 Novembre 2021

Samedi 24 novembre 1951 - réparer l'auge

Pluie le matin jusqu'à midi belle soirée

Le matin j'ai réparé une auge pour cochons et j'ai fait un volet à la porte de la cave le soir avons coupé des buissons au grand bois

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Publié le 23 Novembre 2021

Vendredi 23 novembre 1951 - une brosse pour les boeufs

Pluie tout le jour

J'ai fait une brosse pour les boeufs et refait l'étau. Gaston est passé pour prendre les dindons à Villefranche

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Publié le 22 Novembre 2021

Jeudi 22 novembre 1951 - téléphoner au vétérinaire

Pluie presque tout le jour

Suis allé à Folcarde téléphoner au vétérinaire Mr Heuillet de Revel qui est venu de suite pour nous soigner la vache vieille qui avait la fièvre de lait. 

Camille est allé damier du maïs à Roou.  Moi j'ai fait des passages au grand bois et enlevé la ? derrière la maison

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Publié le 21 Novembre 2021

Mercredi 21 novembre 1951 - les fèves du jardin
Mercredi 21 novembre 1951 - les fèves du jardin

Nuit claire couvert dans la journée avec lui fine la matinée. Avons étendu du fumier et commencé à semer des fèves au petit champ du jardin

Gaston Lanegrasse est venu avec Jules Pech de Ricaud qui nous a acheté la luzerne et le foin à 4f 50 et la 2e coupe à 6f. La vache vieille a mis bas à 2 heures de la nuit.

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Publié le 20 Novembre 2021

Mardi 20 novembre 1951 - le fumier

Pluie dans la nuit ciel nuageux avec quelques petites averses le matin

Avons fini de sortir le fumier aux champs Paulette est à Roou pour défaire du maïs

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Publié le 20 Novembre 2021

Lauragais d'Autrefois (149) : proverbes et dictons occitans sur la lune (la luna)

La lune gobeuse de cette fin de novembre a inspiré le port du jour. Dans la vie lauragaise, l'observation de la lune (la luna) pour prévoir le temps à venir était presque un réflexe dans le monde paysan. Ceux qui en tenaient le plus grand compte étaient nommés en occitans les lunatièrs. Quelques proverbes, expressions et dictons occitans sont réunis ici pour vous :

 

Luna roja, vent ou ploja

Lune rouge, vent ou pluie

 

Luna quilhada, terra banhada, Luna pendenta, terra fendenta

Lune dressée (ou pointue), terre mouillée, lune pendante, terre fendue (selon la position du croissant la sécheresse se poursuivra ou pas)

 

Luna blanca jornada franca

Lune blanche, journée franche

 

Luna mercruda, femna barbuda, òme sens barba, de totis tres prenetz garda.

Lunde du mercredi, femme barbue, homme sans barbe, de tous les trois prenez garde.

 

Far de castèls sus la luna

Faire des châteaux sur la lune ( = Faure des châteaux en Espagne)

 

Colhon de la lune

Couillon de la lune

 

Trapar un còp de luna

Attraper un coup de lune (= de soleil)

 

Cap de lunatièr a pas jamais remplit le granièr.

Aucun "lunatier" n'a jamais rempli le grenier

 

Si vous connaissez d'autres dictons, expressions ou proverbes sur la lune, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons la petite collection de ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

 

Photos B.Alasset

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Publié le 19 Novembre 2021

Lundi 19 novembre 1951 - tondre les boeufs

Pluie dans la nuit et ce soir

Avons remué le maïs et j'ai tondu les boeufs. le soir avons commencé à sortir du fumier. Paulette est allée faire du maïs à Roou chez ses parents.

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Publié le 18 Novembre 2021

Dimanche 18 novembre 1951 - l'un à dîner, l'autre à souper

Vent marin tourné l'après-midi pluie à la nuit

Le matin de bon matin j'ai fini de labourer le champ des artichauts avec le tracteur et suis allé le rendre 

Emile est venu dîner et Yves et venu souper

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Publié le 17 Novembre 2021

Lauragais d'antan : la sale journée d'un métayer

Déc 1952 - Au coeur de la nuit noire, la lumière du phare de la moto rebondissait sur les troncs gris des platanes. Les métayers à la recherche d'Hélène entre peur et espoirs...

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Publié le 17 Novembre 2021

Samedi 17 novembre 1951 - un mariage

Vent marin plus fort. J'ai labouré le haut du champ de derrière la maison avec le tracteur. Camille a semé le champ du ruisseau mis 200 kg de blé

Mariage d'Antoinette Fauré du Tivoli

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Publié le 16 Novembre 2021

Vendredi 16 novembre 1951 - 4 sacs de P4 et le solde

Vent marin modéré

Avons semé le champ sous le petit bois. Mis 4 sacs de P4. Le soir j'ai repris de labourer avec le tracteur. J'ai labouré le haut du champ des artichauts. Avons payé Yves Fauré de sa perme agricole 3500 F

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Publié le 15 Novembre 2021

Jeudi 15 novembre 1951 - les couronnes pour la noce

Brouillard le matin beau temps le soir

Le matin avons fini de labourer le fourrage du ruisseau. Le soir avons commencé de herser le champ sous le petit bois et au ruisseau avec les deux herses. Yves fauté est allé faire des couronnes pour la noce de sa cousine Antoinette de Bordeneuve au Tivoli qui se marie samedi

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Publié le 14 Novembre 2021

Mercredi 14 novembre 1951 - nettoyer le fossé

Pluie dans la nuit et rafales dans la journée

Avons labouré au fourrage du ruisseau. le soir j'ai commencé de nettoyer la fossé qui descend à la vigne

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Publié le 13 Novembre 2021

Reconstitution d'un semenador par Aimé Boyer

Reconstitution d'un semenador par Aimé Boyer

Emile évoque les semailles dans ses carnets, une période de l'année cruciale surtout à l'heure où les assolements comportaient beaucoup de blé. La météo de novembre et décembre était alors - et encore aujourd'hui - une inquiétude vive. Ne pas semer trop en retard... Cette évocation a fait resurgir quelques souvenirs. Voici ceux d'Aimé du temps où l'on semait à la main et qu'il a eu l'amabilité de m'adresser. Nous les avions déjà publiés ici mais ils sont tellement précis et évocateurs qu'ils méritent d'être proposés à nouveau à votre lecture.

 

Les semences :

Dans les années 40 et 50, les agriculteurs  produisaient leurs propres semences. "Nous faisions des échanges entre nous. Il y avait aussi quelques négociants qui passaient dans les fermes et proposaient des semences de blé de la Beauce. Ils nous disaient que c'étaient des blés à grand rendement, sourit-il. Ce qu'il ne nous disaient pas bien-sûr, c'est nous n’avions pas le potentiel pour produire ! Nous n'avions ni l'engrais, ni les semoirs adaptés, ne les produits nécessaires mais c’était un espoir auquel nous nous raccrochions. Nous le voyons tous les jours avec  les carnets d'Émile, le tournant était bel et bien négocié. Avant les années 50 nous ne parlions pas surface, c'étaient des arpents, le journal."

 

Les rendements  : 

"Si, aujourd’hui, on parle de quintaux/hectare, à l'époque on connaissait presque le nombre de grains de blés à l’hectare.  On parlait de semences : un sac de blé 80 kilos, c’était le poids spécifique recherché pour commercialiser le blé. Par exemple 80 kilos produisaient  plus ou moins 8 sacs de semence à 80 kilos, 640 kilos donc.  Plus ou moins. Je ne saurais dire ce que ça représentait en termes de surface."

 

Le journal :

C'était une évaluation du temps qu'il fallait pour ensemencer un champ ou une surface donnée à la main.  Un grand champ pouvait contenir un certain nombre de journées d'homme à semer. C'était une vieille notion qui a parfois perduré tant que les mesures de semences ne pouvaient servir.

"Notre journal en Lauragais variait. Semé à la main, tributaire du vent, du terrain sec ou mou et de tant d'autres facteurs. reprend Aimé. Les chaussures étaient des sabots (les esclòps  en occitan) qui ramassaient facilement la boue, ralentissaient la marche surtout dans les champs en pente du Nord Lauragais. Cela ne facilitait pas l'avance du semeur"

 

Les jalons : 

Ils étaient faits avec les jambes de maïs (las cambòrlas) que les animaux avaient nettoyées de leurs feuilles. Ils étaient plantés à chaque bout du champs, parallèlement au fossé. "Quand les champs étaient rectangulaires ou carrés, pas de problème. Pour les autres formes trapézoïdales, triangulaires ou biscornues, c'était parfois plus compliqué." 

 

Le semis : 

"Nos jalons en place, il fallait s’occuper du blé ou de l'orge ou de l'avoine. Ils constituaient l'essentiel de notre assolement d'alors. D'abord on montait au grenier pour en descendre la quantité de grain programmée pour la journée de semis.  Ce blé qui avait été passé au trieur à grain ambulant était étalé. On faisait un mélange de vitriol et d'eau - à vertu fongicide - que l’on vidait sur le tas et il était mélangé comme du mortier. Nous étions alors prêts pour semer."

Le sac de blé posé sur la canadienne, une bouteille dans la musette pour la soif, le semeur était prêt. "On n’allait pas chez le docteur, mais on savait qu’il fallait boire. Je préparais ensuite le semenador (prononcer semenadou) : une sache en jute, une petite corde attachée à l’angle bas du sac, et l’autre bout à l’angle de la gueule du sac qui contenait une quantité de blé suffisante pour faire l’aller retour. Ce semenador  (voir reconstitution photo) était posé de façon à être divisé en deux sur le bras.

 

Le rythme et le geste du semeur :

"Nous y allons. On prend position devant le premier jalon en imaginant une ligne virtuelle avec le jalon. On commence par jeter un peu de blé autour de soi pour combler la marge. Et en avant, d'un pas régulier, ni trop grand, ni trop petit. Une fois le rythme pris, ça devenait presque mécanique. D'ailleurs ce n’était pas si désagréable. Quand le pied gauche touchait le sol, le bras droit partait en un geste large comme une demi-lune. Autant vous dire que lorsque cela durait une journée entière, le soir, on n’avait pas besoin de compter les moutons pour s’endormir.

Personnellement, je n’étais pas un champion. Je ne lâchais pas le blé régulièrement. Et au printemps, ça faisait des tas ou des ondulations. Et bien-sûr les voisins ne manquaient pas de me le signaler en riant, surtout les anciens, mais c'était bon enfant.

Ensuite, pour couvrir  il y avait aussi la herse  et quand le temps le permettait, on terminait en passant le rouleau en bois."

 

 

Merci à Aimé B. pour sa précieuse collaboration et ses souvenirs savoureux et tellement précis.

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Publié le 13 Novembre 2021

Mardi 13 novembre 1951 - 8 charrettes de betterave

Vent d'ouest avec quelques petites rafales de pluie

Avons ramassé 8 charrettes de betteraves. Le soir j'ai labouré avec le tracteur 

Avons commencé le matin le champ des artichauts

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Publié le 12 Novembre 2021

Lundi 12 novembre 1951 - les cochons du forgeron

Beau temps un peu de pluie à la nuit

Avons coupé lié et chargé et déchargé les tronçons de maïs de derrière la maison

Gaston est venu labourer avec le tracteur au champ des aygalots. Gaston le forgeron est venu chercher deux cochons de l'année pour les porter au Tivoli. Paulette est allée aider à rentrer du maïs à Roou chez ses parents.

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