Publié le 21 Octobre 2021

Dimanche 21 octobre 1951 - six balais de genêts

Beau temps

Le matin suis allé à Villefranche chercher la viande et j'ai fait six balais de genets Le sois je suis allé à la chasse. tué un lapin. Les Seloudes sont venus. payé à Segadènes la saillie de la vache vieille 500 F

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Publié le 20 Octobre 2021

Lauragais d'Antan : les tourments de la borde
Décembre 1952 est un mois bien agité à la métairie lauragaise. Certes les travaux se poursuivent entre les gouttes, les labours pour les terres de maïs, mais les tourments eux se font encore plus vifs.
Un nouvel épisode de la saga paysanne Ceux de la Borde Perdue est disponible
#lauragais #occitanie #agriculture

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Publié le 19 Octobre 2021

Vendredi 19 octobre 1951 - la herse

Brouillard vent marin le soir

Avons fini de herser le haut du grand champ pour le blé. Fine est allée à Villefranche. Continué à ramasser du maïs

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Publié le 19 Octobre 2021

Samedi 20 octobre 1951 - sous le petit bois

 Brouillard beau temps

J'ai labouré sous le petit bois avec les trois paires.Eux ont ramassé 35 saches de maïs au champ des artichauts. Elie et Anna sont venus à la veillée.

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Publié le 18 Octobre 2021

Jeudi 18 octobre 1951 - le blé et le brouillard

Brouillard presque tout le jour

Avons commencé à herser au haut du grand champ pour le blé avec les deux herses. Papa a passé le rouleau à l'avoine du champ du Souleilla

Ramassé 13 saches de maïs la femme de l'italien du château des Bourrels est venue nous aider

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Publié le 17 Octobre 2021

Mercredi 17 octobre 1951 - les silos de Castelnaudary

Beau temps - Avons fini de semer l'avoine semé 9 sacs au champs du Souleilla. Les silos de Castelnaudary sont venus chercher 35 sacs de blé à 80 k et ont porté 1200 kg de blé de semence Etoile de Choisy. Le médecin Izard est venu voir Paulette.

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Publié le 16 Octobre 2021

Lauragais en 39-45 (5) : les réquisitions et le poste de radio

Voici les souvenirs d'Aimé Boyer, témoin fidèle des Carnets d'Emile. Ce témoignage concernant les années de guerre en Lauragais vous avait déjà été proposé en 2020. Il m'a paru intéressant de vous en offrir à nouveau la lecture dans le cadre d cette série consacrée à la 2nde Guerre mondiale.

" Il y avait un chef de district par canton qui organisait le ramassage - les réquisitions - entre autres, des animaux, du grain etc…dans chaque ferme et selon leur superficie, pour nourrir l’occupant. 

Les Allemands passaient souvent dans les fermes, par deux, ouvraient les armoires, les placards. Il fallait leur donner à manger, leur faire cuire des œufs à la poêle. Si ma mère n’avait pas le temps, ils se les faisaient cuire eux-mêmes. Pendant que l’un faisait cuire, l’autre allait chercher du vin à la cave, j’ai souvent vu les mâchoires de mon père se crisper. En d’autres endroits c’était le jambon ou des légumes dans le jardin qu'ils choisissaient.

Ils faisaient des manœuvres régulièrement et ils passaient quand bon leur semblait sur la rangée de melons, en colonne, et dans le champ de blé, en tirailleurs, se couchant à tout moment. Il fallait voir la tête des melons et du champ de blé après leur passage, sans oublier celle de mon père !

On m'a aussi raconté cette anecdote : lors d'une soirée de beuverie - ils avaient dû abuser de l'eau de vie - ils auraient fait monter un cheval dans la chambre grand dam des habitants de la ferme.

Bien entendu il n’y avait pas d’armes car elles étaient réquisitionnées. Pour améliorer le quotidien, on attrapait donc des lapins avec des bourses - j’y étais très adroit - et aussi le furet. Mes parents avaient aussi acheté un petit moulin manuel pour faire de la farine en cachette afin de fabriquer du pain. 

A partir de 1940, nous avons vu arriver des personnes nouvelles qui cherchaient des denrées alimentaires. C’étaient des Toulousains qui venaient avec le train, et s’aventuraient à travers la campagne, sans aucun repère au début.

Les premières fois il y eut des contacts modestes, et comme ils revenaient toutes les semaines, des rapports d’amitié se sont crées et sont allés bien au delà de la fin de la guerre. Ils ont participé à notre vie, nos fêtes, nos deuils. Ils ont assisté au mariage des enfants qu’ils avaient connus petits. Il y a eu aussi des échanges, de type troc, et qu’on appelait communément marché noir. Ces Toulousains avaient accès , par des connaissances, des amis, à l’industrie. Ils pouvaient trouver des pneus de vélo, des sandales, des vêtements, du soufre, du vitriol, et toutes sortes de produits utiles à la vie courante.      

Le poste radio n'était pas autorisé. Le nôtre était caché sous le lit. Mon père et ma mère écoutaient les messages Les Français parlent aux Français, mais ne comprenaient pas ce qu’ils signifiaient.

Puis vint le débarquement en Normandie. Il nous tenait motivés ! Nous suivions, à l’aide de punaises, la progression des Alliés sur une carte pendue derrière la porte. Ma mère avait trouvé une carte de l’Europe. De même, nous suivions l’avancée de l’Armée Rouge. C’est moi qui, tous les soirs, m’acquittait de cette tâche.

J'ai  aussi des souvenirs de bombardements et particulièrement ceux de l’aéroport de Montaudran par l'aviation anglo-américaine le 6 avril 1944. Même si nous étions loin, en pleine nuit, nous entendions le vrombissement des nombreux avions, des bombes qui tombaient en sifflant avant d’exploser en illuminant le ciel puis le retour des avions qui passaient entre Caraman et Villefranche ; ils laissaient tomber les enveloppes des bombes que nous ramassions comme des souvenirs."

Je remercie très sincèrement Aimé Boyer de m’avoir une nouvelle fois confié cette tranche de vie exceptionnelle.

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

 

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Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois, #Métairies en 39-45

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Publié le 16 Octobre 2021

Mardi 16 octobre 1951 - semer l'avoine

Beau temps frais ciel couvert de brouillard

Continué à labourer sous le petit bois avons commencé à semer l'avoine au souleilla avec le semoir canadien

Suis allé aux bourres chercher 10 sacs d'avoine de semence à Camille Castelle

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Publié le 15 Octobre 2021

Lundi 15 octobre 1951 - les trois paires

Ciel brumeux le matin belle soirée

Avons labouré tout le jour sous le petit bois avec les trois paires

Le soir suis allé rendre le trieur et deux demi-muids avec le tracteur au Tivoli. 

Gaston m'a rapporté avec l'auto en venant porter les toiles pour empocher le dernier blé

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Publié le 14 Octobre 2021

Dimanche 14 octobre 1951 - le blé au trieur

Vent marin léger et brumeux pluie à la nuit

J'ai passé un peu de blé au trieur le soir je suis allé à la chasse

j'ai tué un lapin et un perdreau . Camille est allé finir de vendanger à roux. chez ses beaux-parents. Yves Fauré et venu en permission. Emile Pagès est venu souper

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Publié le 13 Octobre 2021

Lauragais d'Antan : scier du bois

Décembre 1952 -  Quand les cauchemars hantent les nuits sombres des métayers, les flammes dans l'âtre servent de réconfort. Les rivalités se découvrent, les crispations se font jour...

Un nouvel épisode de Ceux de la Borde Perdue

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Publié le 13 Octobre 2021

Samedi 13 octobre 1951 - arranger la vendange

Vent marin avec pluie le soir

J'ai arrangé la vendange pressée dans la cuve et fini d'encuver le vin. Suis allé emprunter un demi-muid au château des Bourrels le soir avons commencé de passer du blé au trieur. Camille est allé vendanger à Roou. Le médecin Izard est venu voir Paulette. 

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Publié le 12 Octobre 2021

Vendredi 12 octobre 1951 - le vin est coulé

Vent marin très fort

Avons continué et fini de couler le vin 52 Htres

Subra André est venu presser la vendange 750 l à 3f = Payé 2250 f. Elie et Anna Puget sont venus voir Paulette qui est malade.

Le médecin Izard vient de venir.

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Publié le 11 Octobre 2021

Jeudi 11 octobre 1951 - labourer pour la paumelle

Beau temps vent marin à la nuit

Avons commencé à couler le vin et porté 647 litres  en Sicre à 25 f = 16175 f

Fine et Paulette sont allées vendanger à la Garrigue chez les Dagada. Gaston Lanegrasse est venu rendre les comportes et porter le tracteur.

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Publié le 10 Octobre 2021

Mercredi 10 octobre 1951 - la luzerne du petit bois

Vent marin léger

Le matin j'ai fini de herser le souleilla pour l'avoine. Le soir j'ai continué à labourer à la luzerne sous le petit bois. Camille sa mère et Paulette sont allés vendanger à St Jean

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Publié le 9 Octobre 2021

Lauragais en 39-45 (4) : la radio de la ferme

Nous poursuivons la découverte des témoignages des campagnes lauragaises en 39-45. Aujourd’hui, voici un extrait des souvenirs de Laurence Raymond de Baziège, extrait du livre d’or des Anciens Combattants de la commune. Serge Arnaud, qui l’a recueilli, l’a partagé avec nous et je l’en remercie.

 Je me rappelle toujours les paroles que nous disait un cousin de Maman qui était questeur au Sénat: «  Pauvres enfants, je vois beaucoup de nuages sur vos têtes et un avenir bien sombre!!! ». Cela se passait pendant les vacances d'août 1938...

 Hélas, l'été 39 devait lui donner raison… Ce fut une année noire pour les Français... et très triste dans ma famille car mon grand-père et ma grand-­mère nous quittaient le jour des    Rameaux et le jour de Pâques. Pour moi qui étais à peine adolescente, cela fut un grand choc. A la fin août, mon père était mobilisé en tant que réserviste, ayant déjà fait la guerre de 14-18 et été gazé. Voilà comment je me suis retrouvée seule avec Maman.

  Je devais rentrer le 1er octobre, dans une école tenue par des Religieuses pour y apprendre la couture et la broderie comme toute fille de bonne famille, mais vu la situation il n'en était plus question... Autre orientation... je devais aider Maman à travailler dans les champs et soigner les bêtes... il fallait dépiquer le blé qui était en gerbière : je me rappelle que les jeunes gens qui n'étaient pas partis pour le front, sont venus nous aider ainsi que d'autres voisins. Finalement, j'en garde un très bon souvenir...

Puis, il a fallu faucher, sécher et rentrer le regain; octobre est arrivé, nous avons vendangé, aidées par des cousins et des voisins, puis effectué la cueillette des pommes. Papa a eu une première permission pour les semailles. Nous avons rentré du bois pour l'hiver car, en ce temps-là, la cheminée avait un grand succès. La récolte du maïs dont l'effeuillage se faisait à la maison, donnait lieu à des réunions entre voisins et jeunes: nous mangions des châtaignes et gouttions le vin nouveau quand le travail était terminé…

Et la TSF diffusait toujours le même communiqué: « Rien à signaler sur le front: tout est calme.»  Les mois ont passé et Papa a été démobilisé. Puis, les événements se sont précipités sur le front: nous avons eu un afflux de réfugiés belges et alsaciens. Pendant quelques mois, nous avons hébergé deux jeunes filles dont les parents étaient accueillis dans une autre     famille en attendant de les réunir dans une maison.

 Parmi ces réfugiés, il y avait un couple d'une grande discrétion: tous les jours, il venait chercher du lait à la ferme. Le mari demandait à mon père s'il n'avait pas du travail pour lui et son épouse. Nous avons très vite compris qu'ils ne manquaient pas d'argent mais qu'ils avaient faim. Nous les avons aidés dans la mesure de nos possibilités en les invitant à. partager nos repas assez souvent. Lui s'intéressait beaucoup à la politique. Un jour, il a demandé à mon père s'il pouvait venir écouter les informations à la TSF, pas Radio Paris, mais Radio Londres. Cette dernière commençait ses émissions par une chanson qui disait:

« N'écoutez pas Radio Paris, Radio Paris ment, Radio Paris est allemand » Le monsieur venait tous les jours mais, à la belle saison, nous étions encore dans les champs à 1'heure des informations; alors mes parents ont décidé de faire confiance à cet homme et lui ont enseigné l'endroit ou était cachée la clef de la porte. Il rentrait, écoutait le poste, refermait et s'en allait. Cela a duré jusqu'à la fin de la guerre.

Avant de partir, ils sont venus tous les deux nous remercier et nous ont montré leurs vrais papiers d'identité: ils étaient Juifs Allemands et avaient fui le nazisme. Ils sont partis et jamais plus nous n'avons eu de leurs nouvelles. Nous avons gardé d'eux un bon souvenir.    

 

Mes remerciements Serge Arnaud pour le partage de ce témoignage.

Merci à Laure Pagès pour la photo d'illustration.

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois, #Métairies en 39-45

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Publié le 9 Octobre 2021

Mardi 9 octobre 1951 - l'avoine du Souleilla

vent marin modéré beau temps

J'ai hersé pour l'avoine au Souleilla.

Camille a labouré à la luzerne sous le petit bois suis allé à Villefranche chercher des planches pour mettre un bout à un demi-muid

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Publié le 8 Octobre 2021

Lundi 8 octobre 1951 - la fin des vendanges

Beau temps brouillard le matin 

Avons fini de vendanger chez le patron il a 120 comportes. Camille et Paulette ont fini a Estèbe à midi.

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Publié le 7 Octobre 2021

Dimanche 7 octobre 1951 - couler le trop-plein
Dimanche 7 octobre 1951 - couler le trop-plein

Brouillard jusqu'à midi belle soirée

Camille et Paulette sont allés vendanger à Labastide d'Anjou à Estèbe

Moi j'ai travaillé à la cave à couler le trop-plein

Je suis allé à la chasse J'ai tué deux lapins

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Publié le 6 Octobre 2021

Lauragais d'antan : les labours de décembre

Décembre 1952 - Au milieu des champs et des parfums automnaux, lorsque les derniers labours de l'année se déroulent, les tourments surgissent parfois des sillons. Des potagers aux coteaux en passant par le marché, la vie des métayers garde un rythme intense.

Un nouvel épisode de la saga lauragaise Ceux de la Borde Perdue

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Publié le 6 Octobre 2021

Samedi 6 octobre 1951 - vendanger chez le patron

Pluie le matin

Avons commencé à vendanger chez le patron au Tivoli ramassé 40 comportes

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Publié le 5 Octobre 2021

Vendredi 5 octobre 1951 - vendanges pluvieuses

Mauvais temps rafales de pluie tout le jour

Avons fini de vendanger avons eu en tout 143 comportes de vendange 72 à la jeune vigne et 71 à la vieille. Gaston en a pris 47 comportes et reste pour nous 94

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Publié le 4 Octobre 2021

Jeudi 4 octobre 1951 - continuer à vendanger

Beau temps

Avons continué à vendanger. Avons fini la jeune à midi il y a eu 72 comportes dont 7 aux 900 jeunes plants

Commencé à la vieille et ramassé 34 comportes

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Publié le 3 Octobre 2021

Mercredi 3 octobre 1951 - 42 comportes de raisin

Pluie dans la nuit

Suis allé à Villefranche passer une visite pour l'hernie à la sécurité sociale. Avons commencé à vendanger. Ramassé 42 comportes à la vigne jeune Gaston en a pris 18

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Publié le 2 Octobre 2021

Lauragais en 39-45 (3) : faire farine, la nuit

Louis Bruno était agriculteur en Lauragais, fermier plus exactement. Retraité, il a consigné ses souvenirs dans des cahiers que sa famille partage avec nous aujourd'hui. Dans de précédents posts (ici et ), sa description des travaux de printemps puis les activités de début d'été (). 

Depuis deux semaines, nous découvrons son récit de la vie dans les métairies lauragaises pendant la guerre (voir ici  et les épisodes précédents). Il avait écrit ces mots pour une conférence donnée il y a plusieurs années maintenant. Après les éléments de contexte, voici aujourd'hui la farine faite la nuit.

"C'est donc la nuit jusqu'à une heure avancée que les couvées de farine avaient lieu et la solidarité n'étant pas un vain mot surtout en ces temps-là. Les gens du voisinage étaient conviés d'apporter leur mesurette de grains et venir suer une chemise à l'unisson car trois ou quatre personnes se relayant à la manivelle n'étaient pas de trop afin de produire une farine d'une finesse moyenne ; je préciserai que chez nous cela se passait dans un local polyvalent servant aussi de chai, ce qui permettait de faire quelques haltes pour prendre une rasade au robinet pour se remonter bien-sûr.

Les moutures ainsi obtenues après ce parcours plutôt chaotique rendaient grand service. Si on n'allait pas jusqu'au point de rallumer le vieux four pour la fournée de pain, les ménagères initiées pétrissaient pour pâtes fraîches galettes diverses fougasses ou bien encore avec le maïs le millas remplaçant le pain et c'est ainsi qu'on pouvait se caler l'estomac tous les jours un peu en attendant des jours meilleurs qui, au prix du sacrifice de bien trop d'être humains, se profilaient à l'horizon.

(...)

Cet Indispensable je l'ai toujours et je le garderai, je lui dois trop de respect. pour moi, il a une âme et un passé si glorieux.

Je le fais aussi tourner de temps en temps pour le plaisir de faire un peu de farine de maïs pour cuire quelques polentas, les soirs d'hiver."

Aimé Boyer se souvient lui-aussi de ces moments 

"Mes parents avaient acheté aussi un petit moulin, que mon père avait fixé à une mangeoire d'une petite travée libre dans l'écurie; ils avait posé des balles de paille devant pour le dissimuler.
La nuit venue, mon père posait une baladeuse avec un abat-jour au dessus du moulin de façon à cacher toute lumière à la ronde.Même les voisins venaient avec quelques litres de blé ou maïs!. La soirée étaient conviviales, les femmes de la maison faisaient souvent quelques crêpes pour clôturer la veillée. Il ne fallait pas oublier d'éteindre la lumière avant de sortir, quand ils repartaient.

Dans la lancée, mes parents avaient acheté une machine à vermicelle de la marque AYXA. Tous ces appareils étaient bien-sûr vendus en cachette par le forgeron ou ferblantier. Cependant il n'y avait pas de blé dur mais ces pâtes rendaient bien service pour nourrir les familles. "

Un immense merci à Daniel Bruno - ainsi qu'à Christiane et Jean-François Bruno - pour avoir partagé les écrits passionnants de Louis.

Mes remerciements également à Aimé Boyer pour le partage de ses souvenirs et la photo ci-après..

Merci à Bruno Alasset pour la photo d'illustration.

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Machine à pâtes YAXA avec ses grilles à macaronis et nouilles (photo Aimé Boyer)

Machine à pâtes YAXA avec ses grilles à macaronis et nouilles (photo Aimé Boyer)

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois, #Métairies en 39-45

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