lauragais agricole d'autrefois

Publié le 26 Novembre 2022

Lauragais d'Autrefois (195) : les dictons occitans du bestiaire

Quoi de mieux que de convoquer nos amis les animaux pour souligner un trait de caractère, un travers ou une qualité chez nos congénères... La langue française ne Genest pas privée mais l'occitan non plus. En voici quelques exemples :

Una loba fa pas d'anhèls

Une louve ne fait pas d'agneaux

 

Les pòrcs s'engraissan pas amb d'aiga clara

Les porcs ne s'engraissent pas avec de l'eau claire.

 

urós coma un buòu a la grúpia

Heureux comme un boeuf à la mangeoire.

 

es pas totjorn la pola que canta qu'a fait l'uòu

Ce n'est pas toujours la poule qui chante qui a fait l'oeuf

 

Fat coma una feda que se confessa al lop

Fou comme une brebis qui se confesse à un loup

 

 S'i entendre coma un pòrc a ratar

S'y entendre (s'y connaître) comme un porc à chasser les rats

 

Variante :  S'i entendre coma un pòrc a far la ruscada

S'y entendre comme porc à faire la lessive

 

 

Si vous connaissez d'autres dictons ou proverbes sur les animaux qui étaient usités en Lauragais, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Publié le 19 Novembre 2022

Lauragais d'Autrefois (194) : la soupe à l'ail d'antan

Grâce à Berthe Tissinier, nous avons redécouvert il y a quelques semaines les farinettes (voir ici), ce dessert traditionnel qui a accompagné notre enfance. Grâce aux recettes d'Emma Colombiès, cuisinière si talentueuse qui a régalé les enfants des écoles autrefois à Baziège, Berthe nous permet de redécouvrir aujourd'hui la traditionnelle soupe à l'ail qu'on préparait souvent dans nos campagnes.

Pour la préparer il vous faut : 

  • du pain rassis
  • une bonne poignée d'ail
  • un gros oignon
  • un oeuf
  • sel,poivre
  • vinaigre
  • 1,5l d'eau

Dans un faitout, mettez l'eau à bouillir. Ajoutez l'oignon découpé en tranches fines, l'ail, le sel et le poivre et laissez cuire une heure.

Cassez l'oeuf, séparez le blanc du jaune. Mettez le blanc à cuire dans le bouillon. Dans un bol ajoutez une pointe de vinaigre au jaune et mélangez. Au dernier moment, versez dans le bouillon.

Versez le bouillon dans une soupière sur le pain que vous aurez découpé en fines tranches et servez.

Et puis... laissez vous envelopper par ces saveurs d'antan... simples et réconfortantes.

Si vous connaissez d'autres recettes traditionnelles du Lauragais, n'hésitez  pas à me les adresser. Nous constituerons une petite collection ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez me les adresser à lauragais@lescarnetsdemile.fr . Nous les partagerons dans les posts ici. 

Un immense merci à Berte Tissinier pour la transmission de la recette.

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Publié le 12 Novembre 2022

Photo partagée par Serge Arnaud

Photo partagée par Serge Arnaud

Louis Bruno dont nous avons déjà présenté les souvenirs ici fait une parenthèse intéressante dans ses écrits concernant le rôle important des foires et marchés dans la vie rurale d'antan.

Il écrit :

"En toutes saisons, sauf empêchement majeur, la semaine de labeur était ponctuée par un marché ou faire aux villages chefs-lieux de canton, les hommes, chefs de famille y traitaient les affaires courantes, transactions de bestiaux de tout âge, périodiquement chevaux et poulains, marché aux grains de toutes sortes."

Aimé Boyer se souvient :

" La négociation finale se concluait souvent au bistrot, l'argent sur la table, l'été devant un Picon citron, l'hiver un punch, plus rarement un Pernod, je parle là des grosses transactions : animaux, grains...

Pour la volaille, ça se passait  au pied du camion après chargement. Auparavant un bon avait été délivré par le volailler."

Louis Bruno écrit :

"Quant aux fermières, elles apportaient oeufs, volailles et lapins quelles tâchaient de vendre en premier lieu puis elles faisaient les provisions pour la semaine garnissant plus ou moins bien leurs paniers dans la mesure où leurs ventes s'étaient avérées rémunératrices sachant que bien souvent elles étaient parties de la ferme sans le sou."

On y achetait bien souvent ce qu'on ne pouvait pas produire à la ferme : huile, sel, café sucre et quelques produits de consommation courante. Pour ce qui est de l'élevage et du potager, on y avait rarement recours lorsqu'on habitait une métairie.

L'architecture et la toponymie de nos villes et villages du Lauragais témoignent encore de l'importance de ces foires et marchés on y voit souvent des foirails, halles, appelées parfois d'un dénomination précise comme la halle au salé, halle au grain mais aussi les places de la volaille qui se sont substituées aux noms originels de ces places.

Le marché est alors un lieu de socialisation très important dans les campagnes d'antan où les occasions de se rencontrer ne sont pas si fréquentes en dehors des grands événements de la vie de travail comme les battages, les vendanges, le cochon qui réunissent plusieurs travailleurs. 

Un immense merci à Daniel Bruno - ainsi qu'à Christiane et Jean-François Bruno - pour avoir partagé les écrits passionnants de Louis. Merci à Aimé Boyer pour son témoignage.

Merci à Serge  pour les photo transmises.

Si vous avez des souvenirs des foires et marchés du Lauragais, n'hésitez pas à me les adresser. Nous les publierons ici. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Lauragais d'Autrefois (193) : souvenirs des foires et marchés

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Publié le 5 Novembre 2022

Photo S. Visentin

Photo S. Visentin

L'automne était une saison aux tâches multiples à la métairie. Il fallait compter avec un temps plus capricieux et des journées raccourcies. Parfois c'était aussi la saison du changement pour les métayers, d'une borde à l'autre. Aimé Boyer recense pour nous la multiplicités de ces activités essentielles au fonctionnement de l'exploitation familiale.

"L’automne n’était pas une période propice à la rêverie dans les métairies. Il pleuvait souvent et les jours raccourcissaient.

Il fallait rentrer les récoltes, ramasser, transporter, stoker, faire les vendanges, récolter le maïs, les courges.

Tout cela ne laissait aucun répit à l’agriculteur et sa famille. Car il fallait en même temps préparer les semis en respectant la rotation culturale : les pailles sur le maïs et inversement le maïs après le blé avec un labour profond et une fumure animale. Les légumineuses fourragères étaient remplacées suivant la qualité du terrain généralement par du maïs et quelques fois du blé.  

Après avoir récolté le maïs, il fallait débarrasser les champs des jambes (las camborlas). Avec la canadienne arracher las tancàs (le départ de la jambe et le racinaire) puis niveler un peu le champ. En effet, en sarclant le maïs on tirait la terre vers le pied, ce qui provoquait une petite bute de terre à chaque rangée. Ensuite on labourait avec la charrue, un labour en planche, léger. Les semis de blé on déjà été évoqués dans les Carnets d’Emile. Il y avait aussi l’orge et l’avoine sans oublier le seigle et autre farouch qu’on semait dans un champ près de la maison pour le distribuer en fin d’hiver au bétail et apporter ainsi un peu de verdures après trois mois de rations sèches.

Dans le même temps, il fallait prendre soin du vin dans la cave.

Il fallait aussi semer les fèves et ce n’était pas une rangée, ou deux mais minimum un hectare ou davantage.

La fève faisait partie de la ration alimentaire des animaux de la ferme mais aussi de l’homme.

C’était la période où on plantait l’ail, l’échalote et l’oignon de Mulhouse.

Venait aussi le moment de faire les labours profonds pour le maïs avec le brabant, tiré par deux paires de bœufs ou vaches et deux personnes employées à temps plein.

Les terres argilo-calcaires du Lauragais ne supportent pas les labours de printemps.

Tout simplement l’argile qui passe l’hiver avec quelques gelées permet d’obtenir des terres meubles. Dans le Bassin Parisien ou les vallées de la Loire, ils n’ont pas ce même problème : ils labourent au printemps et ils sèment dans la foulée.

Mon gendre de Haute Savoie, quand il venait l’été, était étonné de voir ces labours dès le mois d’août.

On pourrait parler aussi du potager à pelleverser  et tant d’autres tâches encore.

La Toussaint venant, il fallait aussi travailler les tombes avec la bêche et le fossor. Chaque année, les tombes s’affaissaient  un peu. On remettait en forme de trapèze et quelques fleurs que l’on avait cultivées avec difficultés en raison du manque d’eau. Le cimetière n’était pas toujours au village,  avec les nombreux déménagements d’une métairie à l’autre, aussi il fallait y aller à pied, au mieux à vélo.

Durant cette période on se rendait aussi sur les foires et marchés de la région car l’année culturale prenait fin le premier ou onze novembre. Il fallait connaître le prix moyen de toutes les denrées alimentaires qui allaient rentrer dans le calcul avec le propriétaire bailleur que l’on reste ou que l’on déménage. "

Un grand merci à Aimé Boyer pour la transmission de ses souvenirs si précieux.

Merci à Serge Visentin pour la photo transmise.

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Publié le 30 Octobre 2022

Lauragais d'Autrefois (191) : les farinettes de notre enfance

Il suffit de prononcer le mot "farinettes" et beaucoup d'entre nous sont ramenés à l'enfance, au souvenir de ce dessert qu'on servait le dimanche ou lors des moments cruciaux de l'année qui réunissait les grandes tablées (lors des vendanges, lors des battages, lorsqu'on tuait le cochon, parfois à Noël...). On le réalisait parfois juste pour faire plaisir aux enfants dont les yeux s'emplissaient de gourmandise à cette simple évocation.

Chez nous, c'était mon arrière-grand-mère Joséphine qui les faisait avec beaucoup de savoir-faire. Celle qu'on appelait tendrement mémé Fine savait faire de ce dessert simple un plat de fête.

A l'origine, las farinetas, en occitan, désignaient des bouillies de céréales ou de maïs.

Grâce à Berthe Tissinier qui me l'a transmise, voici la recette de ce dessert tirée des souvenirs d'Emma Colombies de Baziège.

Les proportions sont indicatives. Les farinettes sont encore meilleures lorsqu'on les fait a vista de nas (à vue de nez) et puis chaque métairie avait son secret, sa petite touche finale...

1 litre de lait

4 càs de farine

20 morceaux de sucre 

1 zeste d'orange ou du chocolat (ou de la vanille)

1 pincée de sel

Verser le lait dans la casserole.

Délayer la farine dans le lait à travers une passoire.

Ajoutez sel, sucre et parfum.

Mettre sur le feu en remuant sans arrêt.

A ébullition, laisser cuire encore 3 à 4 min tout en remuant puis versez dans un saladier.

Bonne dégustation !

Si vous connaissez d'autres recettes traditionnelles du Lauragais, n'hésitez pas à me les adresser. Nous constituerons une petite collection ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez me les adresser à lauragais@lescarnetsdemile.fr . Nous les partagerons dans les posts ici. 

Un immense merci à Berte Tissinier pour la transmission de la recette.

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Publié le 22 Octobre 2022

un pique-nique dans les années 30 (photo JC Rouzaud)

un pique-nique dans les années 30 (photo JC Rouzaud)

Voici un témoignage d'Aimé Boyer sur les labours au brabant lorsqu'il était enfant. Quand les terres étaient un peu éloignées de la métairie, s'organisait un pique-nique.

"Les commerçants, artisans, particuliers avaient des terres, de petites surfaces disséminées autour de Caraman. Mes parents qui avaient une petite ferme exploitaient certaines de ces parcelles. Celle de l’épicière était près de Caraman mais assez éloignée de notre métairie (environ 2 km). Aussi lorsque nous allions faire les gros travaux comme les labours, nous y passions la journée.

A midi ma mère avec son vélo équipé d’un porte bagage, posé sur le devant - qui servait aussi à me porter quand j’étais petit – venait nous apporter le repas. Dans un bouteillon, il ya avait la soupe, dans une tourtière enveloppée d’un chiffon pour conserver la chaleur, une sauce, un civet ou, parfois, les incontournables haricots vvec leurs morceaux de salé sans oublier la tranche de jambon et aussi le boudin. Pour le dessert une pomme, quelques noix ou amandes tirés de nos arbres faisaient l’affaire, il y avait rarement du fromage. Bien-sûr, l’incontournable vin avait toute sa place à tous les repas et même pour le 4 heures sans oublier  la grosse marque de pain qui allait servir à éponger toutes ses sauces.

Pendant que ma mère étalait une couverture, installait les assiettes et couverts, mon père déliait les quatre vaches.

Pour les labours au brabant, j’étais chargé de conduire l’équipe de devant avec l’aiguillon (le tocado). On disait alors « tirer les vaches ». D’ailleurs, c’était ainsi que c’était écrit sur un petit papier que je donnais le lendemain à l’institutrice pour expliquer mon absence à l’école : « Aimé n’est pas venu hier, nous avions besoin de lui pour tirer les vaches ».

Les vaches libérées de leurs jougs allaient s’éparpiller dans le champ et en bordure pour y chercher de l’herbe à leurs goût. Tambour le chien fidèle les contrôlait sans perdre une seconde - les champs des voisins étaient toujours attirants - pendant que nous mangions de bon appétit. Le plein air, ça creuse.

A la fin, ma mère commençait à rassembler tous les ustensiles d’une table improvisée mais bien garnie. Elle prenait soin de rassembler dans la couverture les mies de pain pour les éparpiller dans la cour en arrivant à la maison : tous les animaux arrivaient alors.

Mon père s’allongeait un moment à l’ombre d’un azerolier, j’en faisais autant. Mais cela ne durait guère (Anen, dròlle, i cal tournar : allons petit, il faut s’y remettre). Mais auparavant, il roulait une grosse cigarette de tabac gris qu’il conservait dans une blague en cuir, à la poche, avec un papier cigarette Job. Il l’allumait avec son briquet amadou qu’il rangeait après avoir tiré une bonne bouffée.

Il prenait alors le joug, vérifiait si les juilles n’étaient pas emmêlées et appelait les vaches par leurs  noms. Tambour faisait un petit tour pour s’assurer  qu’acune ne renâcle. Les vaches venaient se positionner en s’étirant, 

En face mon père posait le joug sur l’une et je me mettais en mesure de lier pendant qu’il s’occupait de l’autre.

Là j’ai vu son petit plus ! Pendant le repas il avait glissé quelques croûtons dans ces poches  dont les vaches étaient friandes.

Pour lier le joug aux vaches, il y avait des gestes précis, autour des cornes en suivant une progression apprise depuis la nuit des temps. Sans oublier de poser sur leur front un coussin épais, qui allait permettre au juilles de ne pas frotter sur l’os temporal, sous les cornes, ce qui pouvait agacer certains animaux.

Quelques fois il me disait « Mena un bricon, vau far una cigarreta » (Conduis un peu le brabant je vais faire une cigarette).

Inutile de vous dire que je prenais cette charge avec l’aguillada avec mille plaisirs."

 

Un immense merci à Aimé Boyer pour son précieux témoignage et à Jean-Claude Rouzaud pour le partage de sa photo.

 

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Publié le 16 Octobre 2022

Lauragais d'Autrefois (189) : le timon de la charrette

Dans un précédent article (voir ici), Aimé nous avait parlé de la charrette et de toutes les pièces qui la composaient. Aujourd'hui, il se souvient pour nous de la façon méticuleuse avec laquelle on choisissait un chêne pour en faire un timon, pièce maîtresse.

" Le timon ( Tirado) Colonne vertébrale de la fabrication de la charrette est tout simplement un chêne droit sans nœud, tiré du bois de la métairie, c’est le charron qui vient choisir parmi les files destinées à cet usage, une bonne longueur, ni trop gros ni trop petit. sans branche le long du tronc.   

Il faut rester dans l’esprit de ne pas avoir à l’équarrir, ce qui pourrait couper le fil du bois. Cette file on va la couper en sève descendante avec la bonne lune, pas nouvelle pas trop vieille. On va le stoker bien à plat pas trop longtemps le chêne se travaille plutôt vert. Cet arbre était jalousement surveillé, il y a eu quelques vol de guides, c’est l’autre nom qu’on lui donnait.

On peut aussi le cultiver. En se promenant dans un bois, en levant la tête, il y a des vides, qui laissent passer le jour  le soleil même la pluie Si vous aviez la chance d’avoir un petit chêne, qui poussait en face de ce vide, il fallait couper les petites branches, ne laisser que le bouquet de tête et l’orienter éventuellement avec un tuteur, et rapidement il allait rejoindre le trou laissé à la cime par les autres arbres comme pour l’accueillir. Au bout de quelque temps, en montant, vers le jour, il allait aussi grossir mais pas trop. C’est ici, qu’intervenait le charron : "on coupe ou on attend un peu ?"

Quelques mesures indicatives : longueur utile du Plateau entre 3 mètres 40 centimètres,  largeur du plateau. 80 centimètres. Diamètre du Timon sous le Joug ! à 10 centimètres Diamètre a l’arrière de la Charrette  14 à 15 centimètres. 

Toute la réalisation de la charrette allait tourner autour de ce timon comme nous le montre la photo ci-dessous."

Mes remerciements sincères et amicaux à Aimé Boyer pour ce partage.

 

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Lauragais d'Autrefois (189) : le timon de la charrette

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Publié le 1 Octobre 2022

Lauragais d'Autrefois (189) : dictons occitans d'octobre

Comme feuilles 🍂 🍃  au vent, quelques dictons d'octobre glanés çà et là pour fêter l'arrivée du mois nouveau.

 

Octobre ensolelhat, decembre estropat.

Octobre ensoleillé, décembre emmitouflé.

Malautia que dura, en octobre madura.

Maladie qui dure, en octobre murit. 

Quan plòu a la Sant Danis, l'ivèrn es polit

Quand il pleut à la Saint Denis, l'hiver est joli.

En octobre, prudent qui crompa gran et vestit

En octobre, prudent qui achète grain et vêtements.

 

 

Si vous connaissez d'autres dictons, expressions ou proverbes sur octobre, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons la petite collection de ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Publié le 24 Septembre 2022

Lauragais d'Autrefois (188) : les battages d'antan

Louis Bruno était agriculteur en Lauragais, fermier plus exactement. Retraité, il a consigné ses souvenirs dans des cahiers que sa famille partage avec nous aujourd'hui. Dans de précédents posts (ici et ), nous avions découvert sa description des travaux de printemps puis les activités de début d'été (). Il racontait également les moissons (voir ici), voici ses écrits concernant les battages.

"Le battage était assuré par des entrepreneurs possédant un ou plusieurs matériels lesquels comprenaient un tracteur pour le déplacement et l'entraînement de l'ensemble, une batteuse et une presse à lier la paille en balles.

Chaque entrepreneur possédait sa clientèle et se déplaçait à tour de rôle de borde en borde fournissant les machines précitées, 4 hommes dont un responsable qui conduisait et 3 empailleurs, le reste du personnel nécessaire soit 15 personnes minimum émanait d'un groupe de voisins travaillant en entraide mutuelle. C'était un travail pénible et éprouvant sous les chaleur torride et dans la poussière de l'aube au crépuscule mais auquel on participait volontiers étant donné l'ambiance conviviale et gaie qui régnait entre amis, jeunes et vieux, copains et copines.

Ce travail durait de 40 jours à 2 mois suivant les années et le volume des récoltes, les rendements ne dépassaient guère les 15 à 20 hectolitres l'arpent malgré les progrès de la recherche génétique sur les variétés déjà amorcés. Une partie de la récolte était stockée au grenier, futures semences, besoin domestique, échange blé plain avec le boulanger ou règlement en nature des services du forgeron (affutages divers). 

Le restant était vendu aux négociants ou livré aux coopératives qui déjà se créaient petit à petit par exemple succursales de la CPB Rue Ozenne Toulouse CAB Baziège CAL Castelnaudary laquelle lançait également avec le syndicat Agricole Audois les premières entreprises de gros labour, chenillard Caterpillar traînant les charrues balance trisocs Carrière-Guyot."

Un immense merci à Daniel Bruno - ainsi qu'à Christiane et Jean-François Bruno - pour avoir partagé les écrits passionnants de Louis.

Merci beaucoup à Serge Visentin pour les photos transmises

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Lauragais d'Autrefois (188) : les battages d'antan
Lauragais d'Autrefois (188) : les battages d'antan

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Publié le 17 Septembre 2022

Photo coll.J-C Rouzaud

Photo coll.J-C Rouzaud

Grâce aux photos confiées par Jean-Claude Rouzaud, nous découvrons aujourd'hui des moissonneuses-batteuses d'antan, certaines tractées, les autres étaient automotrices.

Les moissonneuses tractées disposaient parfois de leur propre moteur outre cela du tracteur. La moissonneuse-batteuse McCormick F 64 disposait par exemple d'un moteur 4-cylindres. Ces machines à moteurs auxiliaires disparaîtront au fur et à mesure que la puissance des tracteurs augmentera.

La moissonneuse-batteuse automotrice affirmera sa suprématie entre 1955 et 1965 pour devenir l'engin de référence. 

Si cela vous rappelle des souvenirs, n'hésitez pas à miles adresser pour publication ici.

 

Merci à Jean-Claude Rouzaud pour ce partage.
Merci à Jean-Claude Rouzaud pour ce partage.

Merci à Jean-Claude Rouzaud pour ce partage.

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Publié le 10 Septembre 2022

Lauragais d'Autrefois (186) : souvenirs des battages

Aimé Boyer m'avait confié il y a quelques années ses souvenirs des battages. Je vous les propose à nouveau aujourd'hui.

"Je me souviens de ces journées de battage.

Le matériel classique du battage était constitué d’un tracteur, d’un batteur, d’une presse et d’un caifat (caisse à outils).

La presse était un engin tout en longueur qui récupérait la paille qui tombait du batteur.

Elle était poussée verticalement  à l'intérieur par un engin qu’on appelait le cap d’ase (tête d’âne si on traduit littéralement) et tout de suite tassée par le piston qui la poussait horizontalement.

Il y avait la un mécanisme complexe, mais efficace. Utiliser cette presse pouvait mobiliser jusqu’à 5 personnes. Cette partie du travail n'était pas forcément pénible physiquement mais rendue difficile à cause de la poussière, on n'avait aucun répit. Il arrivait parfois que les enfants de la ferme soient employés à cette tâche. C'était mon cas lorsque j'avais 11 ou 12 ans et j'étais contrarié si quelqu'un occupait déjà ce poste. J'étais fier de pouvoir être utile et prendre part au travail.
L' homme qui s’occupait du matériel de battage était appelé le mécanicien. C'est lui qui envoyait sans hésitation dans la paille tassée l’aiguille, qui traversait de l'autre côté de la cage. L’aiguille était équipée d’une gorge de chaque côté qui permettait de passer le fil de fer.

Il y avait un préposé qui enfilait un fil de fer, adapté pour ce travail, et de l’autre côté, un autre repassait le fil dans la dernière aiguille engagée. Enfin un dernier, liait les deux extrémités des deux fils de fer nécessaires pour faire une balle rectangulaire.

A l’autre bout de la presse, munie d'une faux à main, une dernière personne séparait les balles.

Pendant la Guerre 39-45, il n'y avait plus du fil de fer. On achetait des rouleaux de câble au marché noir. Il fallait défaire ces câbles, les séparer pour récupérer des fils individuels : on obtenait des fil vrillés. Il fallait les tendre avec un appareil que nous avait fabriqué le forgeron.

A cette période de notre Histoire de France, le matériel de battage était parfois actionné par une Locomobile, chauffée au bois.

Tout ce matériel était déplacé d'une ferme à l'autre avec des boeufs en l'absence de tracteur. Parfois il y avait aussi des branchements électriques établis directement au pylône le plus proche avec des crochets fixés au bout de longs bambous, et branchés à un gros moteur électrique posé sur un chariot."

Je remercie Aimé  pour ce formidable témoignage.

Merci à Michel Fontez pour les photos d'illustration.

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Lauragais d'Autrefois (186) : souvenirs des battages

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Publié le 4 Septembre 2022

Lauragais d'Autrefois (185) : les dictons occitans du dimanche

Tiens et si on revoyait quelques uns de ces expressions et dictons occitans savoureux pour finir le dimanche ?

Justement, le dimanche... on le trouve ici et là dans quelques dictons d'autrefois, on y croise même le vent d'autan :

L'auta del divendres va pas a la messa les dimenge

L'autan du vendredi ne va pas à la messe le dimanche (il ne dure pas)

L'auta del dissabte n'atuda pas las cadelas del dimenge

L'autan du samedi n'éteint pas les chandelles le dimanche (il ne dure pas)

 

Far la setmana dels sèt dimenges

Faire la semaine des sept dimanches ( signifie ne pas faire grand-chose

 

Quant à la semaine...

La setmana que ven n'es pas passada

La semaine à venir n'est pas passée

I a mai de jorns que de setmanas, les bons jorns fan passar les maissants.

Il y a plus de jours que de semaine, les bons jours emportent les mauvais.

 

Bona setmana a totis !

Bonne semaine à tous !

 

Si vous connaissez d'autres dictons ou expressions sur ce thème qui étaient usités en Lauragais, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

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Publié le 27 Août 2022

Lauragais d'Autrefois (184) : un tracteur Field Marshall

Au mois de mars, nous avions découvert le MAP grâce à quelques documents d'époque (voir ici) et récemment un autre post a été consacré (ici également). Grâce à la générosité de quelques contributeurs, nous continuons cette exploration. Cet engin a changé définitivement le visage de l'agriculture en général et lauragaise en particulier lorsqu'il s'est généralisé après la 2nde guerre mondiale.

Ils rappelleront certainement des souvenirs à nombre d'entre vous.

Voici un Field Marshall photographié en 1954.

 

Lauragais d'Autrefois (184) : un tracteur Field Marshall

Un grand merci à Michel Fontez pour le cliché du jour.

Si vous possédez des photos de tracteurs d'époque en situation de travail, n'hésitez pas à me les adresser. Nous constituerons une petite collection de posts ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Rédigé par Emile

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Publié le 20 Août 2022

Lauragais d'Autrefois (183)  : ces drôles de surnoms occitans

A la lecture du web roman feuilleton Ceux de la Borde Perdue(www.bordeperdue.fr), voyant que la famille malchanceuse est surnommée « les maffrés » par les villageois, Aimé Boyer s’est souvenu qu’on utilisait beaucoup de surnoms dans les campagnes et notamment en occitan.

Il a essayé d'en dresser une petite liste.

« C’était très courant surtout dans la période d’avant-guerre. Il y en avait tellement que quelquefois, on ne connaissait plus le vrai nom de famille des gens, écrit-il. Moi par exemple, on m’appelait le parlaire (le parleur/le bavard) ».

Ces surnoms émanaient souvent d’un trait de caractère, d’une caractéristique physique, d’une attitude notable, d’une anecdote, d’un métier, d'un animal possédé. Parfois on en héritait de génération en génération jusqu’à en oublier l’origine. Le plus souvent, ces surnoms étaient utilisés affectueusement ou amicalement. Mais parfois cela pouvait être moins le cas…

 

Cela allait des noms d’oiseaux…

Le Rossinhòl (le rossignol)  

La Lauseta (l’alouette)       

Le Cocut (le coucou mais pas seulement…)

Le Piot/la Piota (le dindon/la dinde mais aussi le sot/la sotte)               

Le Pol (le coq)           

 

A d’autres noms très variés…

Le Ramonet (le maître valet)

Le Ninet/ la Nineta (le petit,/la petite le bébé)

Le Cloc/la Cloca (qui se plaint, maladif -ve )

Le Repopet (le jeune veau)

L’Afairat o l’Afanat (l’affairé, le pressé)

L’Ase negre (l’âne noir)

Le Mostachut (le moustachu)

Le Manjafavas (le mangeur de fèves)

Le Mostenc (le flétri)

Le Chapotièr (le mauvais bricoleur)

Le Rossèl (le blond)

Le Ros/la Rossa (le roux/la rousse)

 

Merci à Aimé Boyer d'avoir constitué cette liste surprenante et amusante.

 

Si vous connaissez d'autres surnoms (de gens mais aussi de maisons, de lieux...), n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons la petite collection de ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Rédigé par Emile

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Publié le 13 Août 2022

Lauragais d'Autrefois (182) : clapiers et lapins de garenne

Au fil de notre exploration du Lauragais d'autrefois, il a été mis en évidence la nécessité pour les familles de fermiers ou de métayers de complémenter les revenus, complémenter l'ordinaire pour les siens.

Parmi ces activités du quotidien, il en est une qui demandait un peu de travail de préparation mais permettait d'avoir à sa disposition des lapins de Garenne plus ou moins facilement.

Près des métairies, étaient ainsi érigés des clapiers. Il fallait, si on voulait favoriser le bien-être des animaux et leur survie, respecter quelques critères. Aimé Boyer en témoigne : "Il fallait bien-sûr choisir un emplacement pas trop éloignés de la maison mais où, tout de même, il n'y avait pas trop de passage. On évitait évidemment les zones inondables et on choisissait un endroit pas trop exposé au vent, surtout le vent d'Ouest."

Commençait ensuite l'installation de quelques têtes d'arbres : ormeaux et frênes. Aimé poursuit : "Elles étaient difficiles à fendre. On les entassait ensuite en veillant à couvrir une bonne surface au face au sol. Nous prenions soin ensuite d'éparpiller dessus quelques fourchées de fumier de lapins domestiques."

Enfin, l'amoncellement était recouvert due buissons : aubépines, pruneliers bien tassés. "Pour cela, on montait sur le tas avec les sabots à cause des épines tout en veillant à la bonne tenue de l'ouvrage. "

Pour peupler ce nouveau clapier, on furetait avec des bourses et une ou deux femelles étaient ainsi installées dans leur nouveau logis. Ne restait plus qu'à attendre le peuplement, souvent rapide, des lieux en espérant que chats et autres prédateurs ne capturent pas avant les jeunes lapins.

"L'idéal, reprend Aimé, était qu'il y ait une haie entre le clapier et la maison. A des heures bien précises de la journée, il fallait alors se cacher, attendre patiemment la sortie des lapins et choisir, selon les besoins du jour, lequel serait cuisiné en civet, poêlé avec une persillade..."

Cela n'empêchait nullement en parallèle et selon les métairies l'élevage de lapins domestiques pour la consommation familiale mais aussi vendus sur les marchés... Nous y reviendrons...

Petit lexique occitan :

lapin : lapin, conilh

lapine : lapina, conilha

lapereau : lapinon

lapinière : lapinièra, conilhèra

portée de lapins : lapinada

(rappel : le a final se prononce o et le on final se prononce ou)

Remerciements :  Aimé Boyer 

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Publié le 6 Août 2022

Lauragais d'Autrefois (181) : ces tracteurs d'antan

Au mois de mars, nous avions découvert le MAP grâce à quelques documents d'époque (voir ici). Grâce à la générosité de quelques contributeurs qui ont bien voulu partager leurs photos avec nous, voici quelques tracteurs de différentes époque. Cet engin a changé définitivement le visage de l'agriculture en général et lauragaise en particulier lorsqu'il s'est généralisé après la 2nde guerre mondiale.

Ils rappelleront  certainement des souvenirs à nombre d'entre vous.

Voici pour commencer un Zetor 25A, fabrique en Tchécoslovaquie de 1949 à 1961.

 

photo coll. S. Visentin

photo coll. S. Visentin

Voici pour suivre un Massey Harris 745 équipe d'un moteur Perkins (années de fabrication de 1954 à 1958) :

coll. H. Saffon

coll. H. Saffon

Merci à Serge Visentin et Hubert Saffon pour les clichés du jour.

Si vous possédez des photos de tracteurs d'époque en situation de travail, n'hésitez pas à me les adresser. Nous constituerons une petite collection de posts ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Publié le 30 Juillet 2022

Lauragais d'autrefois (180) : un deuil paysan

Les moments de deuil à la ferme, lorsqu’ils survenaient, étaient empreints de rituels précis, de traditions à respecter et une solidarité remarquable était mise en œuvre autour de la famille endeuillée. Grâce aux souvenirs d’Aimé Boyer, nous allons redécouvrir comment étaient vécu ces moments. Première partie aujourd’hui, lorsque le deuil survenait…

Lorsque la mort frappait une famille paysanne, le premier geste était celui d’arrêter les pendules de la maison comme pour suspendre le temps. Seule la montre dans la poche du gilet continuait à marquer le temps. 

Prévenir l’entourage, s’organiser

Immédiatement, un membre de la famille s’en allait prévenir les voisins, amis. Ils étaient chargés d’aller chercher les autres voisins au nombre de quatre ou cinq. On prévenait également le médecin pour certifier le décès et le maire afin de délivrer le permis d’inhumer.

En même temps, on rencontrait le prêtre de la paroisse rapidement pour les derniers sacrements et fixer l’heure de la cérémonie religieuse.

Le menuisier, lui, était chargé de fabriquer le cercueil dans la journée.

S’occuper du disparu

Sans perdre de temps, on procédait à la toilette et l’habillage du défunt qu’on installait ensuite sur le lit. On aménageait la chambre, poser quelques chaises La table de nuit, comme un reposoir, était recouverte d’un linge blanc où l’on posait un crucifix, une chandelle, récupérée à la chandeleur, une assiette avec de l’eau bénite de Pâques, une branche de laurier bénie le jour des rameaux et réservée pour ces évènements. 

Prévenir alentours : le glas

Il fallait ensuite prévenir le carillonneur.  Celui-ci se rendait de suite à l’église et sonnait avec la grosse cloche trois coups pour un homme, deux coups pour une femme. S’ensuivait une mélodie avec toutes les cloches, de frappes lentes qui donnaient un air lugubre.  Il en était ainsi qu’à chaque angélus, à l’arrivé du cercueil devant l’église , à l’élévation,  à la sortie de la messe en cortège vers le cimetière. La préposée à l’entretien de l’église l’ornait avec des parements violets, couleur de deuil.
Le menuisier était averti pour le cercueil qu’il fabriquait dans la journée. Soit il le portait ou bien on allait le chercher.

Une solidarité remarquable envers la famille endeuillée

Dès lors, la famille ne touchait plus à l’exploitation hormis pour quelques conseils discrets. 

On organisait l’emploi du temps de chacun. Le voisin immédiat ou un ami proche prenait en charge l’étable et formait les équipes pour aller mander (Mandadors / mandaires = messagers) les parents et amis de la famille. Lorsqu’ils étaient trop loin, on envoyait un télégramme.

Les femmes participaient à la toilette et à l’habillage du défunt.

Plus tard, elles prenaient en charge la basse cour, la cuisine car on allait nourrir les mandataires trois jours aux moins ainsi que les proches, invités aux obsèques le jour de la cérémonie. Cela nécessitait d’aller faire les courses chez le boulanger, l’épicier du village. Dans les petits villages où il n’y avait pas de fossoyeur, les proches de la famille se chargeaient même de creuser la tombe. D’autres prévenaient les parents les plus éloignés géographiquement qui venaient parfois dormir la veille de l’enterrement à vélo ou à pied.

Très souvent les tables pour nourrir tout ce monde étaient installées dans l’étable. On y servait œufs durs, sardines à l’huile, haricots sans viande cuits à la graisse de cochon, du fromage, du vin mais pas de café, deuil oblige.

à suivre...

Un immense merci à Aimé Boyer pour le partage de ses souvenirs si riches et précis.

 

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Publié le 16 Juillet 2022

Photo coll. J-C Rouzaud

Photo coll. J-C Rouzaud

Louis Bruno était agriculteur en Lauragais, fermier plus exactement. Retraité, il a consigné ses souvenirs dans des cahiers que sa famille a partagé avec nous. Dans un précédent post, nous avions découvert sa description des activités de début d'été (), revoici ce qu'il écrivait sur la moisson.

"Pas de trêve possible, piquage des faux et leur mise en condition pour détourer les champs et permettre le premier passage de la moissonneuse lieuse, lesquelles avaient été pourvues de leurs toiles élévatrices et vu leurs lames passées à la meule à aiguiser.

On faisait aussi ferrer de neuf les boeufs et les chevaux car désormais leurs onglets ou sabots ne supporteraient pas le coup.

La moisson devait se faire par temps sec en l'absence de rosée mais avant la surmaturité, le grain finissant mieux en gerbes assemblées en "tavels" tas de douze unités assemblées tout à la suite du passage de la lieuse tirée par des attelages de boeufs ou chevaux que l'on remplaçait deux fois par jour afin de profiter des heures favorables et avancer le plus vite possible craignant aussi le risque d'égrenage (grêle ou vent d'autan).

Avait-on tout juste fini la "sego" que sans même prendre le temps de souffler on étrennait l'aire de battage ou sol par l'égrenage des fèves récoltées, tiges entières, arrachées à la main , étalées au sol et battues au rouleau de pierre.

Commençait alors le gerboyage qui consistait à acheminer la récolte sur l'aire précitée et la rassembler en de beaux gerbiers dressés jusqu'à 8 à 10 mètres de haut ou bien entreposée dans les hangars pour ceux qui en avaient suffisamment. Vers la fin de la deuxième décade de juillet, les dépiquions pouvaient commencer mais entre temps, il fallait aussi faire une deuxième coupe de regain toujours précieuse pour les réserves d'hiver, abondante ou modeste, tributaire des orages d'été."
 

(les battages à suivre dans un nouveau post bientôt)

Un immense merci à Daniel Bruno - ainsi qu'à Christiane et Jean-François Bruno - pour avoir partagé les écrits passionnants de Louis.

Merci àJ -C Rouzaud pour la photo transmise

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Publié le 2 Juillet 2022

Lauragais d'Autrefois (177) : dictons occitans sur le blé et les moissons

De saison... Petite revue des expressions et dictons occitans liés au blé et aux moissons...

 

Es un gran de blat dins la gargamela d'un ase

C'est un grain de blé dans la gorge d'un âne ( = ce n'est presque rien)

Balhar de blat d'ase

Donner du blé d'âne (= donner des coups)

Balhar de blat banhat

Donner du blé mouillé (= tromper quelqu'un)

Le blat demora quaranta jorns en flor per esperar le segal son companhon

Le blé reste quarante jours en fleur pour attendre le seigle son compagnon

Sega ras, que ganharás.

Moissonne ras/court, tu gagneras.

Cal pas segar abans de semenar.

il ne faut pas moissonner avant de semer 

 

Petit lexique des moissons d'autrefois

segar : moissonner

la dalha : la faux / la garba : la gerbe  / le tavèl : le tas de gerbes. / le garbièr, la garbièra : le gerbier

l'òrdi : l'orge / la civada : l'avoine / la paumola : la paumelle / le blat : le blé

 

Si vous connaissez d'autres dictons ou expressions sur ce thème qui étaient usités en Lauragais, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Publié le 26 Juin 2022

photo Coll. Nardèze

photo Coll. Nardèze

La ruscada était la lessive du linge du quotidien qu'on faisait environ une fois par semaine. Mais pour les grandes pièces de linge comme les draps, il existait la Granda bugada. Parfois, on trouvait cela dans le bail de métayage : les femmes de la maison se chargerait de cela pour le propriétaire. Voici un témoignage recueilli auprès de Paulette D.

Elle y relate les journées de grande lessive, la granda bugada (la grande buée) et le travail que cela représentait.

"La lessive habituelle que l’on faisait une fois par semaine, le plus souvent le lundi, ne ressemblait pas aux grandes buées que l’on faisait deux ou trois fois par an pour laver les draps.

Une fois par semaine, on triait le linge et grâce à l’eau tirée du puits ou, à la Rigole (nb : le cours d'eau à proximité) lorsque la saison s’y prêtait, on lavait et on battait le linge de toute la famille avant de le mettre à sécher sous un hangar. On utilisait pour la ruscada (lessive en occitan) une lessiveuse, du savon et de l’huile de coude pour frotter vigoureusement

On lavait aussi les draps de toute la maisonnée du propriétaire. On attendait qu’il y en ait suffisamment car c'était un sacré travail. La granda bugada (la grande buée en occitan) avait lieu ainsi trois ou quatre fois par an, en général, au début du printemps et de l’automne.Toutes les femmes des métayers étaient réunies pour cette occasion.

Les draps étaient mis à tremper la veille dans le dorc, c’était un grand cuvier de bois cerclé de fer, muni d’une bonde et d'un tuyau sur le côté permettant l’évacuation de l’eau. (nb : L’appelation dorc désigne communément un pot à graisse en occitan mais dans ce cas, c'est également le cuvier) 

Les draps trempaient une nuit entière avec de la cendre qu'on mettait par dessus, enfermée dans un vieux drap. Le matin, les femmes des métayers se réunissaient et nous mettions l’eau à chauffer dans une lessiveuse ou un grand chaudron. Cette eau était versée petit à petit sur les draps, récupérée par l'évacuation et remise à chauffer. L’opération devait être suffisamment lente pour que l’eau monte lentement en température au fur et à mesure, de la buée se répandant dans tout le local, le plus souvent nous faisions cela sous un vieil hangar. Une eau bouillante déversée directement aurait pu faire s’amalgamer les saletés plutôt que des les dissoudre grâce aux propriétés détergentes de la cendre. 

Le lissieu, l’eau de lessive, faisait ainsi plusieurs cycles au fur et à mesure dans le dorc. Au bout de deux à trois heures, lorsqu’elle bouillait, on évacuait alors toute cette eau sale. Parfois, on n'était pas d'accord, il y avait de petites chamailleries.  Certaines considéraient que l’eau était suffisamment chaude, d’autres préféraient en verser encore davantage. Après utilisation l’eau de lessive était répandue  sur le tas de fumier le plus proche à grands coups de seaux en fer blanc. Les draps encore lourds de l’eau qu’ils contenaient, lorsqu’ils étaient un peu refroidis, étaient entassés dans de grandes panières ou des comportes.

Il fallait alors attendre l’intervention des hommes qui, grâce à des brouettes, ou à la force des bras, les apportaient jusqu’au bord de la Rigole de la plaine.

Il fallait alors entreprendre le rinçage. Selon la saison, le travail était de taille, on pouvait en cumuler jusqu’à cinquante. Les abords de la Rigole n'étaient pas aménagés pour cette opération et elle n’en était rendue que plus délicate. Un drap pouvait nous échapper et être emporté par le courant pour aller s’échouer dans les racines sur les berges. L’eau dévalant du barrage de Saint Ferréol pour aller alimenter le Canal du Midi pouvait être très froide à certains moments de l'année, on ne sentait plus nos mains glacées.

Les draps rincés, il fallait enfin les essorer. On se mettait alors deux par deux pour les tordre et leur faire rendre le plus d’eau possible. Cette tâche pénible n’était pas la dernière, puisqu’il fallait encore les étendre sous un hangar le long de fils prévus pour cela."

Je remercie Paulette D. pour son témoignage et la famille Nardèze qui m'a confié de précieux clichés dont celui de la lessive.

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Publié le 19 Juin 2022

Photo coll. Nardèse

Photo coll. Nardèse

Louis Bruno était agriculteur en Lauragais, fermier plus exactement. Retraité, il a consigné ses souvenirs dans des cahiers que sa famille a partagé avec nous. Pour le plaisir de relire ses mots savoureux, voici à nouveau cet article proposé il y a deux ans. Dans de précédents posts (ici et ), nous avons découvert sa description des travaux de printemps. Aujourd'hui, nous nous intéresserons aux mois de mai été juin. On y voit les activités se diversifier, se multiplier mais aussi s’intensifier. Chacun dans la maisonnée a son rôle à jouer pour que l’exploitation familiale tourne à plein régime

Fin mai

C'est alors que commençaient les choses sérieuses, les interminables journées de 15 à 16 h de boulot car tandis que la fenaison battait son plein, ce sacré maïs, lui, avait levé et bien levé à tel point qu'il était prêt à biner, manuellement le dos en l'air, rang après rang et pied après pied le débarrassent des adventices indésirables tout en l'éclaircissant, ne laissant pousser qu'un nombre de plantes optimum disons environ 4 pieds par mètre linéaire."

Juin : un mois d’activités harassantes et intensives

IL fallait donc mener de concert sarclage de maïs et rentrée des foins entravée souvent par les orages et le manque de soleil. Il s'ensuivait une longue série de besognes : coupes, râtelage, secouage, retournage bouquets, mise en tas pour enfin le charger ne gros voyages sur les charrettes et l'acheminer vers les granges et les hangars. Tout personne valide avait du pain sur la planche et n'avait pas à se faire prier. 

Les fourrages enfin dans les grandes ont se retrouvait en juin, mi-juin, même, le maïs était bon à buter par le passage entre les rangs du butoir  ou bien de la houe à cheval, opération toutefois plus rapide que le sarclage et démariage. Heureusement car les premières coupes de regain montraient déjà le bout du nez ne laissant aucun répit tandis que la Saint Jean se pointait à l'horizon et que les céréales d'hiver viraient de couleur présageant que la moisson débuterait aux premiers jours de juillet.

Un immense merci à Daniel Bruno - ainsi qu'à Christiane et Jean-François Bruno - pour avoir partagé les écrits passionnants de Louis.

Merci à Berthe pour la photo transmise

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Publié le 11 Juin 2022

Evier creusé dans une pierre et son évacuation en façade

Evier creusé dans une pierre et son évacuation en façade

Dans "L'eau des collines", Marcel Pagnol souligne la préciosité de ce liquide dans nos vies quotidiennes et celles des agriculteurs pour  leurs activités. Longtemps en Lauragais, les fermes étaient équipées d'un puits, d'une citerne, d'un cuvier, d'une auge, d'une mare qui nécessitaient transport et suscitaient des inquiétudes vives lors des pénuries.

En 1948, est créée l'Institution interdépartementale pour l'aménagement hydraulique de la Montagne Noire devenue aujourd'hui l'Institution des eaux de la montagne noire (IEMN). Le barrage des Cammazes est patiemment érigé entre 1953 et 1958 ainsi que les usines de potabilisation pour ensuite alimenter les communes du Lauragais et au delà.

Dans les métairies des années 50, cette arrivée a apporté un confort très apprécié.

 

Les métairies avant l'eau courante

 

La corvée d'eau mobilisait régulièrement les membres de la familles. Hommes, bêtes, potagers tous avaient besoin d'eau. Elle se faisait rare lors des sécheresse et parfois difficile à atteindre lors des grands froids. Il fallait par exemple casser la glace épaisse de la mare pour faire boire les animaux durant l'hiver 1956. 

 

Aimé Boyer nous décrit la vie d'avant l'eau courante :

 

"Il n’y avait pas d’eau courante mais souvent un puits, plus ou moins loin de la ferme suivant la source trouvée par un sourcier. A ces puits, il y avait rarement des pompes, c’était le seau, une corde ou un tour munie d'une chaîne,.

Les puits où l'on  puisait avec la corde étaient fermés à ras de sol, recouverts de tronc d’arbres, disposés de façon à avoir une trappe fermée avec de grosses branches. On les enlevait pour pouvoir être au dessus du puits. Il ne suffisait pas de descendre le seau, il fallait aussi qu'il se retourne pour se remplir.

Les puits équipés d’un tour étaient bâtis, l’arbre du tour était posé sur le mur de part et d'autre. Ces tours étaient très souvent équipés d’une chaîne, Il était plus compliqué de tourner le seau pour le noyer, des astucieux installaient, un pois bricolé avec du fil de fer sur un côté du seau. Au contact de l’eau, il se renversait.

Il y avait aussi des poulies à gorges pendues au sommet du puits. Il fallait remplir des auges ou comportes pour faire boire les bovins ou brebis. Des barriques posées sur une charrette, pour la basse cour et on utilisait le seau ou la cruche pour la maisonnée.

 Parmi les corvées dues par le métayer,  on trouvait parfois celles de porter avec des seaux pour les vider dans une citerne en haut de la maison du propriétaire parfois pour remplir les baignoires."

 

Le confort nouveau des métairies équipées

                                                         

Il poursuit : 

 

"En 1969, j’ai déménagé, cette métairie était équipée avec l’eau de la Montagne Noire, Il y avait un robinet au dessus de l’évier, adapté à la cuvette, qui n’était pourtant pas prévue pour en être équipée. Une petite fenêtre était posée devant l’évier. Cette cuvette était creusée dans une pierre avec au fond un trou pour en assurer l’évacuation.

Devant la porte de l’écurie, se trouvait également un robinet prévu pour alimenter une auge. J’ai commencé par poser une comporte. J’ai donc goûté au plaisir d’ouvrir ce robinet, l’hiver, pendant que mes vaches buvaient goulûment. Quel luxe, comparé à l’auge qui se trouvait au fond du pré.

Bien sûr, je ne me suis pas arrêté là.  Il y avait une pièce sous l’escalier, que j’ai aménagée rapidement pour y poser un chauffe eau électrique, un receveur de douche, un lavabo. Sur cette lancée, j’ai même alimenté l’évier en eau chaude en bricolant un peu la cuvette.

L’année suivante, j’ai installé les abreuvoirs automatiques dans l’étable en les fixant à la mangeoire.

Sans oublier ensuite de poser un robinet dans les bâtiments de la basse cour. Ainsi s'est trouvée terminée i la corvées d’eau, avec la charrette. Ouf !

 Rapidement, pour ne pas perdre la main ; du confort : j’ai fabriqué une fosse septique avec un puisard, rempli de galets de l’Agout avec un WC. Finie la cachette derrière la haie du jardin, finie la cabane au fond du jardin..."

 

C'est aussi ce qu'Emile a fait en mai 1960, l'aménagement de water-closet grâce à l'eau courante.

 

L'arrivée de l'eau a apporté un confort nouveau dans les campagnes e a aussi réduit largement la peine en provoquant la disparition des corvées liées à l'eau.

 

Je remercie Aimé Boyer pour son éclairage précieux sur cette question. Si vous aussi avez des souvenirs de changements à la ferme, de l'arrivée de progrès dans les années 40,50 ou 60, n'hésitez pas à me les adresser pour publication. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Rédigé par Emile

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Publié le 28 Mai 2022

coll.perso

coll.perso

 A la veille de la fête de des mères, revenons sur les amusements l'enfance dans le métairies d'antan . Les occasions de jeux pour les enfants étaient multiples. Les plus grands, en âge d'aider, se voyaient confier des tâches dans les champs ou pour le soin des animaux ou encore des tâches domestiques. Lorsque la famille était nombreuse, les aînés veillaient souvent sur les cadets surtout lorsque les gros travaux accaparaient les parents à certaines périodes de l'année. Berthe se souvient de son enfance dans les années 50 à la métairie :

"En ce qui concerne les jeux des enfants de tous les jours, ce n'était pas très compliqué les aînés veillaient sur les plus petits, on jouait beaucoup avec les animaux domestiques, les chiens en particulier, à la corde à sauter, à la marelle, au ballon, on faisait du vélo. Les filles jouaient avec une dinette souvent agrémentée de bouts de vaisselle cassée, d'une vieille casserole, de vieux couverts, avec de l'herbe, des graines, de la terre qui étaient les denrées alimentaires !

A l'intérieur on jouait beaucoup aux petits chevaux, au jeu de l'oie, aux dames ou aux cartes surtout avec les grands frères et le papa. On avait de petits trésors que l'on trouvait dans la fameuse lessive "Bonux".

On lisait aussi les premiers livres de la bibliothèque rose, les livres de classe ou l'on découvrait la géographie, les sciences naturelles. Les grandes soeurs apprenaient à la plus petite à broder ou à tricoter et même à faire de la pâtisserie. C'était un quotidien simple, sans beaucoup de moyens... mais qu'est ce qu'on était heureux en famille le soir au coin du feu avec une poêlée de châtaignes grillées !"

 

Merci à Berthe - et à sa famille - pour ses souvenirs et les photos, formidables témoignages de la vie à la borde autrefois.

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coll.Nardèse
coll.Nardèse
coll.Nardèse

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Rédigé par Emile

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Publié le 22 Mai 2022

Photo coll. Nardèse

Photo coll. Nardèse

Dans le carnets d'Emile, les mentions concernant les fenaisons tout au long de l'année sont nombreuses et l'on comprend sans peine l'importance que cette activité a pour la vie de la ferme et le temps qu'elle prend. Ce sont jusqu'à 4 coupes annuelles de fourrage que l'on compte, la dernière étant en automne. Faucher le foin, le faner, le laisser sécher, retourner les andins, le charger sur des charrettes et le stocker. L’alimentation du bétail en est en grande partie tributaire et les stocks pour les mois d'hiver sont indispensables. Esparcette, luzerne, sainfoin, Ray Grass sont des noms qui reviennent régulièrement dans les carnets d'Emile.

L'importance des foins et fourrages est à tel point que lors de l’inventaire d'arrivée chez Emile en 1953 (voir article ici) il est précisé que 8 hectares sur les 38 de l'exploitation y sont dédiées et que 225 mètres cubes de fourrage sont stockés dans les hangar et sur la fenial (en occitan), fenil ou grenier à foin souvent situé au dessus de l'étable.

Pour le seul mois de mai 1952, on trouve 12 mentions des travaux liés aux fenaisons et et la mention de 26 charrettes chargées et déchargées.

 

Aimé Boyer m'a adressé un cliché de la faucheuse de son père et la famille Nardèze partage avec nous une photo (ci-dessus) des fenaisons. Qu'ils en soient chaleureusement remerciés.

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Photo A. Boyer

Photo A. Boyer

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Rédigé par Emile

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Publié le 7 Mai 2022

Photo d'illustration, collection personnelle

Photo d'illustration, collection personnelle

Louis Bruno était agriculteur en Lauragais, fermier plus exactement. Retraité, il a consigné ses souvenirs dans des cahiers que sa famille a partagé avec nous dans de précédents posts (ici et ), C'est un souvenir d'enfance extrait de ses écrits que nous présentons aujourd'hui...

Je n'ai jamais vu tourner ni eu recours aux services des moulins à vent durant mon enfance ou ma jeunesse bien que certains d'entre eux aient fonctionné jusqu'aux années 50 et même un peu au delà.

Au passage cependant, je me permettrai une anecdote rocambolesque mais bien réelle. Je pense que cela se passait en 1936, j'en étais à ma huitième année d'existence. mes frères aînés se mirent un jour en tête d'en fabriquer disons plutôt d'en "bidouiller" un.

Mettant aussitôt le projet à exécution, ils dressèrent dans un pré bien exposé aux vents quatre traverses de chemin de fer bien fixées au sol reliées par un cadre au sommet, posèrent tenus par deux coussinets en bois un madrier cylindrique portant au bout quatre ailes rudimentaires le tout complété par deux poulies et une courroie de transmission, réussirent à faire tourner par vent favorable avec maintes difficultés l'outil que nous possédions dont je vais parler un peu plus loin (nb : le concasseur de marque Indispensable)

Inutile de vous dire que le lorsque le vent d'autan mettait le "turbo" la vitesse devenait incontrôlable avec des craquements terribles. heureusement que notre papa qui veillait au grain intima bien vite l'ordre de tout démolir craignant de voir sous peu quelque crâne fracassé. 

 

Un immense merci à Daniel Bruno - ainsi qu'à Christiane et Jean-François Bruno - pour avoir partagé les écrits passionnants de Louis.

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