lauragais agricole d'autrefois

Publié le 18 Septembre 2021

Lauragais en 39-45 (1) : la métairie à l'heure du rationnement

Louis Bruno était agriculteur en Lauragais, fermier plus exactement. Retraité, il a consigné ses souvenirs dans des cahiers que sa famille partage avec nous aujourd'hui. Dans de précédents posts (ici et ), nous avions découvert sa description des travaux de printemps puis les activités de début d'été ().

Nous allons découvrir au cours de nouveaux posts son récit de la vie dans les métairies lauragaises pendant la guerre. Il avait écrit ces mots pour une conférence donnée il y a plusieurs années maintenant.

Les produits alimentaires furent dès 1940 rationnés à un niveau créant une situation voisine de la famine surtout dans les villes. La ration journalière de pain fluctuait suivant les départements en fonction des catégories de population et des caprices des autorités en charge de décisions souvent absurdes, par exemple 250 grammes dans l'Aude, 350 en Haute-Garonne, temporairement 500 grammes pour les producteurs de blé puis réduit de moitié lorsque la soudure s'avérait difficile.

Il était formellement interdit de détenir 10 kilos de blé à la ferme avec tous les mois la liste des différentes denrées d'origine végétale et animale à livrer à la réquisition, ce qui créait chez les paysans les plus craintifs un état de dénuement total, s'imposant des privations voisines de celles que subissaient les gens des villes.

Dans de telles situations, il était évident que seule la pratique du système D pouvait en partie soustraire les gens à ces misères et encore pour que ce fût possible fallait-il être situé de préférence dans la campagne profonde, loin des agglomérations et des mouchards mal intentionnés, posséder un peu de culot et cacher sous le chapeau un esprit de rébellion passive ravivé par l'instinct de survie.

Comment donc se procurer ces farines si précieuses sachant que les moulins furent interdits, seuls quelques rares encore non plombés se hasardaient un peu la nuit risquant des représailles terribles et le grain presque inexistant.

Certains foyers allaient jusqu'à se servir du moulin à café, imaginons quelle peine pour un rendement désuet...

 

Récit à suivre dans un prochain post pour découvrir la façon dont la farine se faisait durant ces années de guerre

 

Un immense merci à Daniel Bruno - ainsi qu'à Christiane et Jean-François Bruno - pour avoir partagé les écrits passionnants de Louis.

Merci à Bruno Alasset pour la photo d'illustration.

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

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Rédigé par Emile

Publié dans #Métairies en 39-45, #Lauragais agricole d'autrefois

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Publié le 14 Septembre 2021

Evénement : les métairies lauragaises pendant la 2nde Guerre Mondiale

Ce samedi 18 septembre, débutera dans les Carnets d'Emile une série consacrée aux années de guerre dans les métairies et fermes du Lauragais. 

Situations familiales, réquisitions, occupation, sytème D, approvisionnement en farines et autres denrées, craintes seront évoqués grâce à des témoignages exclusifs que vous retrouverez ici au cours d'une série de posts qui s'étendra sur quelques semaines.

Vous y découvrirez les souvenirs de ceux qui ont vécu cette époque difficile au coeur des bordes lauragaises.

Si vous aussi vous souhaitez apporter votre éclairage (témoignage, souvenir, document...) concernant ces années difficiles, vous pouvez me contacter à cette adresse : lauragais@lescarnetsdemile.fr

A suivre ici, prochainement...

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Publié le 11 Septembre 2021

photo coll. S.Arnaud

photo coll. S.Arnaud

Dans les années 50, lorsque Emile rédige les pages publiées ici, il n'y a guère plus de métayers dans le Lauragais. Les grandes heures des moulins sont déjà, elles-aussi, au rang des souvenirs.

S'il évoque pourtant fréquemment dans ses lignes le Moulin du poivre, ce n'est que pour évoquer les terres qui entourent les ruines de ce moulin qu'Emile travaille.

S'il était nommé ainsi, ce moulin, ce n'est pas parce que le meunier (le molinier en occitan)  moulait cette épice. C'est parce qu'il "se faisait du poivre", c'est à dire beaucoup de souci car son moulin n’était pas l'un des mieux exposés aux vent dominants, Cers et Autan.

Les collines du Lauragais était hérissées quelques décennies plus tôt de nombreux moulins qui connaissaient une activité considérable jusqu'au début du XXe siècle. Le meunier était d'ailleurs un personnage prestigieux de la vie locale. En effet, les moulins jouaient un rôle essentiel dans la vie sociale et économique du Lauragais. Les farines de blé et, dans une moindre mesure, de maïs étaient prépondérantes dans la nourriture quotidienne. Le pain, le millas pour ne citer qu'eux en étaient des éléments centraux.

D'un moulin à l'autre, les meuniers, parfois à l'aide de longues vues, observaient les actions de leurs homologues sur les toiles tendues ou repliées sur les ailes, ce qui constituait de précieuses indications sur l'évolution des vents parfois si capricieux qui, d'alliés et de force motrice, pouvaient devenir ennemis et source de dégradations sur l'outil de travail. La vigilance du meunier était constante, l'inquiétude de tous les instants...

Le déclin des moulins lauragais s'est enclenché au moment de la 1ère guerre mondiale et s'est encore renforcé avec l'apparition des concasseurs électriques dans les décennies suivantes.

Un regain de l'activité des meules de pierre a pourtant eu lieu lors de le 2nde guerre mondiale. Les meuniers sont ainsi remontés aux ailes. Les concasseurs électriques, mis sous scellés, les moulins sont devenus des outils de travail contrôlés par des perquisitions de gendarmerie et des autorisations de moulage strictes. Cela n'a pas empêché le développement de fraudes, pour contourner la rigueur des tickets de rationnement. De nuit, lorsqu'on le pouvait on apportait un peu de blé pour pouvoir échanger de la farine auprès du boulanger contre un peu de pain. On s'y rendait par des chemins détournés, jamais le même, la peur au ventre de tomber sur un éventuel contrôle.

Après la guerre, le déclin des moulins s'est accéléré. Pour ne plus payer la patente d'une activité qui ne suffisait plus à faire vivre les familles de meuniers, certains ont démonté aux-mêmes les ailes et les toits de leurs moulins, se tournant vers l'agriculture et quittant à regrets leurs outils de travail qui, peu à peu, ont continué  se délabrer. Certains ont été rasés, d'autres restent encore fièrement dressés, privés de leurs ailes, se fissurant lentement comme pour rappeler le labeur d'antan des moliniers si directement lié à l'activité agricole.

Regardez bien en traversant le Lauragais, ils sont encore là, saluant notre passage et nous susurrant de nous souvenir encore un peu de leurs ailes absentes qui battaient l'air pour "faire farine" comme on disait alors.

Lexique occitan :

le moulin : le molin

le meunier : le molinier

les ailes : las alas, las telas

la meule : la mòla

le blé : le blat

le maïs : le mil

L'avoine : la civada

Sur ce sujet, on pourra lire le passionnant ouvrage de Jean et Huguette Bézian, Les grandes heures de moulins occitans, Plon, Terre Humaine, 1994, recueil de témoignages de meuniers très éclairants sur l'évolution ce métier disparu et fourmillant d'anecdotes.

Je remercie encore Serge pour les clichés des moulins de Baziège qu'il m'a transmis pour les partager avec vous.

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Lauragais d'Autrefois (145) : Le Lauragais des moulins/Le Lauraguès des molins

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Rédigé par Emile

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Publié le 28 Août 2021

Photo coll.Nardèse

Photo coll.Nardèse

Je vous propose de redécouvrir aujourd'hui un témoignage concernant les battages que j'avais publié il y a deux ans environ.

« Le fauchage réalisé, nous faisions des gerbes puis des tabels dans les champs, ces petits tas de gerbes inclinés qui attendaient le passage de la charrette pour les rapporter dans la cour de la ferme. Là, nous faisions de gigantesques gerbiers. Le blé, l’orge et l’avoine stockés ainsi attendaient le passage de la machine à dépiquer qui appartenait au forgeron du village. Les gerbiers étaient surmontés de gerbes inclinées pour faciliter l’écoulement éventuel de l’eau et nous louions aussi des bâches pour les protéger en attendant de dépiquer.

On s’entraidait ces jours-là, entre voisins, cousins, famille et on se rendait les journées de travail. C’était d’ailleurs un travail pénible sous la chaleur. Il fallait transporter les gerbes, les sacs de grain. Mais c’était joyeux, on riait beaucoup malgré la difficulté. Nous les femmes de la maison, nous participions de différentes façons. Certaines devait assurer le repas pour tout ce monde : il fallait qu’ils soient copieux, tout le monde avait très faim.  D’autres, comme moi, aidions aux battages. On disait dépiquer.

On attendait impatiemment que ce soit notre tour. Le jour donné, on installait, de très bonne heure, la batteuse dans la cour à côté du gerbier. On installait les courroies que l’on reliait au tracteur qui produisait la force motrice. Le forgeron venait avec son tracteur Ford ainsi qu’une presse pour faire les balles de paille au fur et à mesure. 

Dans un grand fracas mécanique et beaucoup de poussière, la machine se mettait en marche. 

Une personne était chargée, de mettre les gerbes dans le bon sens sur la rampe qui les montait en haut de l’appareil. Là, une personne, souvent c’était moi à la maison, j’étais la femme la plus jeune, les récupérait au fur et à mesure, les déliait rapidement en prenant soin de sectionner la corde au niveau du nœud. On récupérait tout. On en faisait de gros bouquets afin de pouvoir s’en resservir pour les petits travaux du quotidien.

Parfois, pour plaisanter, la cadence de l’arrivée des gerbes augmentait trop ou on les plaçait à l’envers sur la rampe, je donnais un petit coup de coude et la gerbe dégringolait sur l’envoyeur. On riait.

Une autre personne récupérait les gerbes que j’avais déliées pour les engouffrer dans l’ouverture de la machine qui les happait. D’un côté, le grain tombait par des bouches pour remplir des sacs de jute, ils pesaient 80 kg. On remplaçait vite fait un sac plein par un vide et on les transportait sous le hangar en attendant que le camion de la C.A.L. (Coopérative Agricole Lauragaise) vienne les récupérer. Cette opération de force mobilisait trois ou quatre hommes assez jeunes. 

De l’autre côté de l’imposante machine, la paille tombait directement dans la presse qu’on avait pris soin d’installer tout près. A intervalles réguliers, une personne était chargée d’introduire une aiguille dans les bottes de foin, il s’agit en fait d’un outil pointu permettant de séparer l’agglomérat de paille pour le diviser en balles régulières. Une autre personne, munie d’une fourche de bois récupérait les àbets qui jonchaient le sol, c’étaient des débris de paille mais là encore, on ne voulait rien en perdre.

Cette opération était extrêmement poussiéreuse et la chaleur qui régnait la plupart du temps n'arrangeaient rien à l’affaire. 

Parfois, l’un de nous, innocemment, se rendait près de l’échappement du tracteur pour se débarrasser d’un peu de poussière. Il suffisait d’une accélération facétieuse pour qu’il se retrouve noir corbeau. Cela faisait rire tout le monde. On ne parlait pas encore du danger des particules.

Ce jour là, on faisait successivement, en changeant les grilles, l'avoine, l'orge et le blé. Une dizaine d’années plus tard, au début des années 60, tout cela était terminé. Les moissonneuses-batteuses avaient pris le relais sauf dans les penchants qu’on faisait encore à la faux. »

Merci à Paulette D., ma grand-mère, pour son témoignage et à Berthe Tissinier pour la photo

 

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Rédigé par Emile

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Publié le 14 Août 2021

Photo coll. C et JF Bruno

Photo coll. C et JF Bruno

Nous opérons aujourd'hui un retour sur une tradition qui se déroulait dans les campagnes lauragaises notamment : la fête de la Saint Roch qui a perduré jusque dans les années 50.

Le 16 août 1951, Jean écrit :

Saint-Roch était imploré pour la protection du bétail et des récoltes et cela donnait lieu à des cérémonies annuelles dans nombre de villages du Lauragais.

Aimé Boyer décrit l'une d'entre elles : 

"Le 16 août, on allait avec une paire de bœufs, vaches, chevaux sur la place du village faire bénir les animaux et les récoltes. On choisissait la plus belle paire. Les bêtes étaient cardées, brossées, les queue frisées, un peu de blanc d’Espagne, le joug vernis.

Sur le joug, on déposait un spécimen des cultures : des épis de blé, orge, avoine, quelques pieds de maïs avec leurs cabosses, fèves, tresses d’ail, d'oignons... On agrémentait cela de quelques pieds de luzerne, fétuque etc… et bien-sûr quelques fleurs.

Le tout  était arrangé en forme de couronne posée sur le joug et attaché avec un long sarment de vigne avec ses grappes de raisins. 

On se rendait au village. En route bien-sûr, le convoi s’allongeait, on s’interpellait, on racontait quelques blagues.

En arrivant on s’installait en rond, le prêtre venait en procession, la croix, l’aspersoir et bénissait les animaux un par un, avec les prières adaptées à la situation. Il y avait beaucoup de monde.  La famille se déplaçait  y compris le propriétaire des métairies ou les régisseurs. On déposait l’incontournable panière des offrandes, toujours des produits de la ferme. "

Au retour, certaines familles faisaient consommer des éléments végétaux qui avaient été bénis lors de la cérémonie aux animaux qui étaient restés à la borde, des crêtes de maïs par exemple.

Lorsque cette tradition s'est perdue, elle a toutefois perduré parfois sous une forme plus intimiste avec, ce jour-là, la visite du prêtre dans les bordes qui le souhaitaient pour bénir maison, animaux et récoltes.

 

Un immense merci à Aimé Boyer pour ses témoignages toujours passionnants

Merci à JF et C Bruno pour la photo d'illustration.

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Statue de saint Roch, église de Giroussens (81)

Statue de saint Roch, église de Giroussens (81)

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Publié le 7 Août 2021

Lauragais d'Autrefois (141) : choisir son chêne pour le timon de charrette

Dans un précédent article (voir ici), Aimé nous avait parlé de la charrette et de toutes les pièces qui la composaient. Aujourd'hui, il se souvient pour nous de la façon méticuleuse avec laquelle on choisissait un chêne pour en faire un timon, pièce maîtresse.

" Le timon ( Tirado) Colonne vertébrale de la fabrication de la charrette est tout simplement un chêne droit sans nœud, tiré du bois de la métairie, c’est le charron qui vient choisir parmi les files destinées à cet usage, une bonne longueur, ni trop gros ni trop petit. sans branche le long du tronc.   

Il faut rester dans l’esprit de ne pas avoir à l’équarrir, ce qui pourrait couper le fil du bois. Cette file on va la couper en sève descendante avec la bonne lune, pas nouvelle pas trop vieille. On va le stoker bien à plat pas trop longtemps le chêne se travaille plutôt vert. Cet arbre était jalousement surveillé, il y a eu quelques vol de guides, c’est l’autre nom qu’on lui donnait.

On peut aussi le cultiver. En se promenant dans un bois, en levant la tête, il y a des vides, qui laissent passer le jour  le soleil même la pluie Si vous aviez la chance d’avoir un petit chêne, qui poussait en face de ce vide, il fallait couper les petites branches, ne laisser que le bouquet de tête et l’orienter éventuellement avec un tuteur, et rapidement il allait rejoindre le trou laissé à la cime par les autres arbres comme pour l’accueillir. Au bout de quelque temps, en montant, vers le jour, il allait aussi grossir mais pas trop. C’est ici, qu’intervenait le charron : "on coupe ou on attend un peu ?"

Quelques mesures indicatives : longueur utile du Plateau entre 3 mètres 40 centimètres,  largeur du plateau. 80 centimètres. Diamètre du Timon sous le Joug ! à 10 centimètres Diamètre a l’arrière de la Charrette  14 à 15 centimètres. 

Toute la réalisation de la charrette allait tourner autour de ce timon comme nous le montre la photo ci-dessous."

Mes remerciements sincères et amicaux à Aimé Boyer pour ce partage.

 

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Document Aimé Boyer

Document Aimé Boyer

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Rédigé par Emile

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Publié le 2 Août 2021

Lauragais d'Autrefois (140) : les expressions et dictons occitans sur le soleil

Et si on s'intéressait au soleil (le solelh) qui certes n'est pas des plus fidèles à cet été 2021 ? Voici quelques expressions et dictons choisis tirés de notre bel occitan languedocien... 

Que le pol canta o non, le solelh se levará.

Que le coq chante ou non, le soleil se lèvera.

 

Fa un solelh de lèbre.

ll fait un soleil de lièvre.

 

Quand le solelh a pas lusit a miègjorn, avem la pleja tot le jorn.

Quand le soleil n'a pas lui à midi, on a la pluie tout le jour.

 

Solelh de jun a pas jamai ruinat digun.

Soleil de juin n'a jamais ruiné personne.

 

Fa un solelh a asclar le cap d'un ase.

Il fait un soleil à fendre la tête d'un âne.

 

On pourra aussi noter un certain nombre d'expressions comme esser a la raja del solelh (être en plein soleil) ou bien al solelh levant (au soleil levant, à l'Est) ou le champ exposé au soleil dénommé solelhar sans oublier le coup de soleil : solehada.

Jol solelh (benlèu), vos esperi un polit estiu ! Sous le soleil (peut-être), je vous souhaite un bel été.

 

Si vous connaissez d'autres dictons, expressions ou proverbes sur le soleil, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons la petite collection de ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Publié le 1 Août 2021

Photo B.Alasset

Photo B.Alasset

Les occitanismes sont ces tournures ou ces mots occitans qui se sont glissés dans la langue française de notre quotidien dans le Lauragais et bien plus largement en Occitanie. Certains noms et verbes se sont ainsi francisés. 

Nous commencerons par les inénarrables poches ou sacous (de l'occitan pocha et sacon) qui remplacent facilement les sacs ou sachets de courses que l'on dépose non pas dans le coffre mais dans la malle (mala) de la voiture.

Dans notre quotidien on a souvent les cheveux qui quillent (se dressent, sont ébouriffés, ou avec un épi ; de l'occitan quilhar). 

En Occitanie, le dîner (dinnar) est bien souvent encore le repas de midi quand le petit-déjeuner est le déjeuner (dejunar) et le repas du soir le souper (sopar). Dans les carnets d'Emile, quand le métayer parle des activités menées dans les champs le soir, il s'agit de l'après-midi.

La bise, désormais proscrite par les gestes barrière, reste dans nos échanges courants le célèbre poutou (poton) et a donné les verbes poutouner ou poutounéjer (de potonar et potonejar) pour s'embrasser.

Quand on se fâche ici, quand on râle, on répoutègue (repotegar), on roumègue(romegar) et surtout on bisque (biscar). 

On qualifie d'estequit quelqu'un de chétif.

Un sol, une toile cirée où ont été renversés des aliments ou des boissons pèguent(de pegar, coller). Même chose quand ça empègue (empegar) mais quand on s'empègue, cela peut aussi vouloir dire qu'on se confronte ou qu'on se dispute. Dans ce cas, amòrri, piòt, piròl, padena sont souvent préférés à imbécile ou idiot.

Notons qu'on s'espatarre (s'espatarrar) plus qu'on ne tombe, et que souvent au lieu d'être écrasées les choses sont escagassées (escagassar) ou espouties (espotir).

(à suivre...)

 

Si vous connaissez d'autres expressions ou tournures occitanes qui sont venues se glisser dans notre langue quotidienne, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Publié le 24 Juillet 2021

Un pique-nique dans les années 30 (photo coll. Rouzaud)

Un pique-nique dans les années 30 (photo coll. Rouzaud)

Voici un témoignage d'Aimé Boyer sur les labours au brabant lorsqu'il était enfant. Quand les terres étaient un peu éloignées de la métairie, s'organisait un pique-nique.

"Les commerçants, artisans, particuliers avaient des terres, de petites surfaces disséminées autour de Caraman. Mes parents qui avaient une petite ferme exploitaient cxrtaines de ces parcelles. Celle de l’épicière était près de Caraman maios assez éloignée de notre métairie (environ 2 km). Aussi lorsque nous allions faire les gros travaux comme les labours, nous y passions la journée.

A midi ma mère avec son vélo équipé d’un porte bagage, posé sur le devant - qui servait aussi à me porter quand j’étais petit – venait nous apporter le repas. Dans un bouteillon, il ya avait la soupe, dans une tourtière enveloppée d’un chiffon pour conserver la chaleur, une sauce, un civet ou, parfois, les incontournables haricots vvec leurs morceaux de salé sans oublier la tranche de jambon et aussi le boudin. Pour le dessert une pomme, quelques noix ou amandes tirés de nos arbres faisaient l’affaire, il y avait rarement du fromage. Bien-sûr, l’incontournable vin avait toute sa place à tous les repas et même pour le 4 heures sans oublier  la grosse marque de pain qui allait servir à éponger toutes ses sauces.

Pendant que ma mère étalait une couverture, installait les assiettes et couverts, mon père déliait les quatre vaches.

Pour les labours au brabant, j’étais chargé de conduire l’équipe de devant avec l’aiguillon (le tocado). On disait alors « tirer les vaches ». D’ailleurs, c’était ainsi que c’était écrit sur un petit papier que je donnais le lendemain à l’institutrice pour expliquer mon absence à l’école : « Aimé n’est pas venu hier, nous avions besoin de lui pour tirer les vaches ».

Les vaches libérées de leurs jougs allaient s’éparpiller dans le champ et en bordure pour y chercher de l’herbe à leurs goût. Tambour le chien fidèle les contrôlait sans perdre une seconde - les champs des voisins étaient toujours attirants - pendant que nous mangions de bon appétit. Le plein air, ça creuse.

A la fin, ma mère commençait à rassembler tous les ustensiles d’une table improvisée mais bien garnie. Elle prenait soin de rassembler dans la couverture les mies de pain pour les éparpiller dans la cour en arrivant à la maison : tous les animaux arrivaient alors.

Mon père s’allongeait un moment à l’ombre d’un azerolier, j’en faisais autant. Mais cela ne durait guère (Anen, dròlle, i cal tournar : allons petit, il faut s’y remettre). Mais auparavant, il roulait une grosse cigarette de tabac gris qu’il conservait dans une blague en cuir, à la poche, avec un papier cigarette Job. Il l’allumait avec son briquet amadou qu’il rangeait après avoir tiré une bonne bouffée.

Il prenait alors le joug, vérifiait si les juilles n’étaient pas emmêlées et appelait les vaches par leurs  noms. Tambour faisait un petit tour pour s’assurer  qu’acune ne renâcle. Les vaches venaient se positionner en s’étirant,

En face mon père posait le joug sur l’une et je me mettais en mesure de lier pendant qu’il s’occupait de l’autre.

Là j’ai vu son petit plus ! Pendant le repas il avait glissé quelques croûtons dans ces poches  dont les vaches étaient friandes.

Pour lier le joug aux vaches, il y avait des gestes précis, autour des cornes en suivant une progression apprise depuis la nuit des temps. Sans oublier de poser sur leur front un coussin épais, qui allait permettre au juilles de ne pas frotter sur l’os temporal, sous les cornes, ce qui pouvait agacer certains animaux.

Quelques fois il me disait « Mena un bricon, vau far una cigarreta » (Conduis un peu le brabant je vais faire une cigarette).

Inutile de vous dire que je prenais cette charge avec l’aguillada avec mille plaisirs."

 

Un immense merci à Aimé Boyer pour son précieux témoignage et à Jean-Claude Rouzaud pour le partage de sa photo.

 

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Publié le 17 Juillet 2021

Lauragais d'Autrefois (138) : dictons occitans de l'été (l'estiu)

Alors que la chaleur semble vouloir enfin s'installer, un petit détour par les dictons occitans de l'été...

 

Del bon estiu le pagés viu.

Du bon été le paysan vit.

 

Le que pana pas a l'estiu vei pas la façade de Diu.

Celui qui ne profite pas de l'été ne voit pas la face de Dieu.

 

Le que travalha pas l'estiu, a sovent talent l'ivern.

Celui qui ne travaille pas l'été a souvent faim l'hiver. 

 

La pleja d'estiu mena le fresc al riu.

La pluie d'été amène la fraîcheur au ruisseau.

 

Le que parla mal de l'estiu, parla mal de son paire.

Celui qui dit du mal de l'été dit du mal de son père.

 

Quand les auriòls arrivan, es signe de calor.

Quand les loriots arrivent, c'est signe de chaleur.

 

Quand le blat es en flor, la cloca es al pausador 

Quand le blé est en fleur, la poule qui couve se repose

 

Per la santa Magdalena la notz es plena.

A la sainte Madeleine, la noix est pleine.

 

Si vous connaissez d'autres dictons ou proverbes sur l'été, la chaleur, les moissons etc, etc..., n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Publié le 10 Juillet 2021

Lauragais d'Autrefois (137) : les repas des grands travaux et des grandes occasions

Depuis quelques semaines déjà, nous explorons la table lauragaise, les repas traditionnels des métairies. Nous terminons cette plongée dans les souvenirs du quotidien grâce au témoignage de Berthe. Aujourd'hui Nous nous intéressons aux repas des travaux de saison qui réunissaient tous les travailleurs de la maisonnée et ceux qui venaient les aider. Nous ferons aussi une incursion dans les repas des grandes occasions...

Les moissons : pour le grand jour il fallait prévoir le repas pour environ 25 personnes si je me souviens bien.

Cela commençait la veille par le plumage des volailles : poules et poulets et la récolte des haricots verts du jardin,

Le menu était pantagruélique mais nécessaire pour ces hommes et ces femmes qui travaillaient dur et sans relache ce grand jour là :

Le potage, la poule farcie, la cascade de hors d’œuvres : du pâté, saucisson, jambon, galantine de volaille, certaines bonnes années du foie gras…… œufs durs tomates, les viandes rôties poulet, pintade, des haricots verts sautés au beurre, du fromage, des desserts : crème, flans aux œufs, gâteaux maison, le café accompagné d’un sucre à l’eau de vie pour les dames et d’un doigt d’eau de vie pour les messieurs...

Les repas des vendanges étaient du même style, un peu moins copieux, les vendanges commençaient tôt le matin, souvent sous la bruine, et à midi une bonne assiette de soupe chaude réconfortait, après le repas c’est avec une peu de regret qu’il fallait repartir finir la besogne.

Les repas des fêtes du cochon étaient aussi fort copieux, le jour des cochonailles l’on faisait griller coustellous et carbonade ; le repas du soir ou l’on avait tué le cochon était fort convivial et bien arrosé pendant les parties de belotes inévitables avec les crêpes qui passaient directement de la poêle à la table.

Les repas de communion, de fiançailles, ou autre grande occasion :

On n’allait pas au restaurant en ce temps là : plusieurs jours avant on préparait les victuailles, on faisait un effort financier en achetant un rôti de veau ou de bœuf,

On sortait la plus belle vaisselle.

Le repas débutait par les hors d’œuvre : foie gras de rigueur, saucisson, jambon, les fameux œufs mimosas, crudités de saison, un plat en sauce soit une poule ou du sauté de veau avec champignons de paris, la viande rôtie une bonne volaille et un rôti de bœuf avec sa sauce au madère et champignons de Paris, des haricots verts dont on avait fait les conserves en été, du fromage ce jour là le roquefort trônait, et pour l’occasion l’on avait commandé  au boulanger-pâtissier, une belle pièce montée. On avait fait une bonne crème anglaise avec sa madeleine bien sûr.

Oui dans ces grands repas il y avait deux plats consistants un plat en sauce et des viandes rôties et beaucoup de hors d’œuvre et de desserts fait maison.

Un grand merci à Berthe Tissinier pour la plongée dans ses souvenirs savoureux de cuisine à la métairie qui nous ont tenus en appétit durant plusieurs semaines. 

 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Publié le 3 Juillet 2021

Lauragais d'Autrefois (136) : les repas du soir à la métairie

Depuis quelques semaines déjà, nous explorons la table lauragaise, les repas traditionnels des métairies. Nous poursuivons cette plongée dans les souvenirs du quotidien grâce au témoignage de Berthe. Aujourd'hui Nous nous intéressons aux repas du soir qui selon la saison, les produits ou la difficulté des travaux étaient adaptés...

"Le soir, une bonne salade du jardin, de la charcuterie, des restes du midi, les jours de grande labeur, un gratin de macaroni, ou des pâtes, une volaille ou un lapin, rôti, des pommes de terre direct du champ à la sauteuse, du fromage, une tartine de confiture.

A noter qu’en été l’on soupait vers 17 h 30 pour ensuite revenir travailler aux champs jusqu’à la tombée de la nuit.

L’hiver une soupe au pain avec du fromage râpé gratinée dans le four de la cuisinière à bois, qui ronronnait en complément du feu de cheminée.

L’hiver toujours la soupe aux choux avec confit de porc et pommes de terre , pain rassis et râpé.

Le millas, dans un chaudron en cuivre dans la grande cheminée que la mère de famille tournait sans cesse très longtemps puis les hommes attrapaient le chaudron et le déversaient sur une table recouverte d’un torchon, le millas s’étalait en un grand cercle que l’on découpait en morceaux, une fois tiédi, et on le dégustait  avec une sauce et au dessert avec du sucre ou de la confiture, le lendemain et les jours suivants on le faisait griller sur les braises.

On mangeait peu de poisson, mais il existait ces fameuses sardines salées séchées vendues dans des contenant en bois placés devant la devanture des épiceries, ou au marché où étaient bien rangées en rond ces sardines que l’on mangeait au déjeuner : sur une tranche de pain on la décortiquait avec un couteau, les adultes adoraient, les enfants beaucoup moins..."

A suivre...

Un grand merci à Berthe pour ce témoignage savoureux à déguster en plusieurs épisodes

 

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Publié le 26 Juin 2021

Lauragais d'Autrefois (135) : les repas du dimanche à la métairie

Depuis deux semaines déjà, nous explorons la table lauragaise, les repas traditionnels des métairies. On remarque que les repas étaient variés et s'adaptaient forcément à la saison. On pourrait croire que l'on faisait bombance, ce n'était pas le cas. On portait une attention scrupuleuse à ce qu'on servait. Parfois on manquait. Mais bien souvent, on vivait presque en autoconsommation grâce à l'élevage et au potager maison mais aussi à la cueillette ou à la chasse. Le petit plus était pour les enfants afin de veiller à leur bon développement ou simplement leur fair plaisir lorsqu'on le pouvait. Berthe nous emmène aujourd'hui à la table dominicale et à l'étable de fête lorsque les repas étaient un peu améliorés.

Le dimanche le repas était un peu amélioré, à midi le bouillon de poule avec son farci et sa sauce blanche qui l’accompagnait, ou un sauté de veau avec des champignons de paris, les œuf mimosas avec la mayonnaise maison bien sûr, le poulet rôti, avec des pommes de terre sautées ou en purée, ou des haricots verts du jardin l’été. Le soir souvent un bon plat de pâtes gratinées ou avec de la tomate et du gruyère râpé par nos soins.

 Et un bon dessert : le flan aux œufs, ou la crème anglaise, ou une mousse au chocolat, avec toujours une madeleine (biscuit de savoie) bien moelleuse pour tremper dans la crème ! Et le fameux riz au lait.

On faisait aussi le gâteau sans cuisson avec des petits beurres imprégnés de café et de la crème au beurre, le Baba au rhum, la bûche de Noël.

Chez nous, les jeunes filles de la maison fréquentaient l’Ecole Ménagère de Villefranche et apprenaient à confectionner entre autres ces merveilleux desserts ou ces plats mijotés.

L’hiver, on réalisait de temps en temps les fameuses oreillettes, des bassines entières qui se conservaient plusieurs jours, des beignets aux raisins secs macérés dans un peu de rhum, et bien sûr les crêpes ! 

A la saison, on faisait griller des châtaignes le soir au coin du feu.

Quand on tuait les canards gras, on mijotait du ragout avec les os des canards : les pattes, les ailes, la carcasse, des pommes de terre et des carottes. On appelait cela un alicuit, en patois « alicot »

Pour le fromage, le choix était limité, on en achetait quand on pouvait : cantal et gruyère, quelquefois du roquefort réservé aux fêtes.

L’été des fruits du vergers, des pommes, des pêches, beaucoup de prunes, l’hiver souvent une tartine de confiture que l’on avait fait durant l’été surtout les années d’abondance, clôturait le repas. Enfin le café avec la goutte de « gnole »

Au goûter les enfants avaient une tranche de pain et une bille de chocolat ou une tartine de confiture et…un verre d’eau du puits.

A suivre...

Un grand merci à Berthe pour ce témoignage en plusieurs épisodes

 

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Publié le 19 Juin 2021

Lauragais d'Autrefois (134) : les fumets savoureux des repas à la métairie

Aujourd'hui, nous continuons la plongée dans les souvenirs de Berthe. Elle nous raconte la savoureuse cuisine lauragaise telle qu'elle était servie au quotidien à la table des métairies. Des fumets délicieux s'échappent de ce post...

Le matin au lever, très tôt, on buvait un grand verre de café chaud. Ensuite vers 9 h, on déjeunait plus copieusement : charcuterie, pâté, fromage, pain, vin, un autre café,  en hiver un peu moins copieux mais tout aussi riche confiture, figues sèches, fromage et même quelques carrés de chocolat et un bol de café chaud.

Nous, les enfants, nous levions plus tard et nous avions un grand bol de lait de nos vaches, avec du chocolat et une belle tartine de pain (grillée devant les braises de la cheminée) avec de la confiture ou suprême gourmandise : beurrée avec du chocolat en poudre ou râpé sur le dessus !

A midi pratiquement toute l’année été comme hiver (sauf les jours de canicule) le repas débutait par une bonne assiette de bouillon au vermicelle, la soupe avait mijoté toute la matinée devant les braises dans « l’oule » (la marmite) quelquefois ce n’était que du bouillon de légumes du jardin, mais souvent elle était agrémentée des os du cochon ou des canards gras, le dimanche d’une vieille poule, d’un morceau de pot-au-feu du boucher. On faisait cette soupe en quantité suffisante pour 2 ou 3 jours, suivant le nombre de personnes. Ensuite, on mangeait les légumes de cette soupe en vinaigrette, la pomme de terre écrasée avec un peu de beurre réservée aux enfants. Pas tous les jours mais souvent de la charcuterie, faite maison bien entendu, boudin, saucisson, pâté, l’été le jambon était sec et faisait le régal de chacun, venait ensuite la viande, poulet rôti du dimanche, lapin sauté ou en civet, également civet de lièvre à la saison de la chasse,  confit de canard, quand on avait tué le cochon saucisse, carbonade et coustellous grillés sur les braises au coin de la cheminée et souvent après la soupe uniquement une bonne assiette, ou deux, des fameux haricots blancs avec leur garniture.

Une oule (l'ola en occitan) Photo Berteh Tissinier

Les confits, canards et porc, étaient conservés dans ces grands pots en grès, recouverts de graisse, bien fermé par un papier cuisson puis un papier kraft tenu par un élastique, avec la date dessus et la nature, ces pots étaient stockés dans la pièce la plus fraîche de la maison, en général le « chais » où l’on conservait également jambons, saucissons, où se trouvait un garde manger.

Pot en grès photo Berthe Tissinier

A suivre...

Un grand merci à Berthe pour ce témoignage en plusieurs épisodes

 

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Publié le 12 Juin 2021

Lauragais d'Autrefois (133) : à la cuisine de la borde

La cuisine lauragaise,  la cuisine occitane.... Comment se nourrissait-n dans les bordes juste après la guerre ? J'ai sollicité Berthe Tissinier pour nous confier ses souvenirs culinaires à la métairie. Cela fera l'objet de quelques articles successifs ici. Nous commencerons aujourd'hui avec les provisions avant d'entrer en cuisine dans les prochains posts.

"Dans ces années là l’on vivait pratiquement en auto-suffisance avec les produits de la ferme (volailles de toute sorte poules, poulets, canards, pintades dindes et dindons, lapins, œufs, cochonailles, légumes frais et secs, fruits, sans oublier les confits de canards et de porcs, et les fameux jambons qui étaient prêts à déguster en été, etc….)

Pour les produits d’épicerie la mère de famille se ravitaillait au marché hebdomadaire : Baziège, Caraman, Castelnaudary ou Villefranche de Lauragais.

Mes parents fréquentaient le marché de Villefranche qui a toujours eu lieu le vendredi : en premier ma mère vendait au marché à la volaille (vivante) poules, poulets, canards, pigeons, lapins, dindes, œufs, selon la maturité, et avec l’argent ainsi récolté elle achetait les produits d’épicerie nécessaires pour la semaine : huile, café, sucre, sel, pâtes, sardines, fromages, rarement boucherie, biscuits, chocolat et quelques bonbons pour nous les petits !

Si la vente des volailles avait été fructueuse, des vêtements, quelque ustensile de cuisine. L’on trouvait tous ces produits sur le marché, pour le pain un boulanger d’une commune voisine faisait sa tournée trois fois par semaine et même un boucher le samedi.  

Comment se nourrissait-on les jours ordinaires  ? 

Il est à noter que la cheminée fonctionnait pratiquement toute l’année, elle était éteinte uniquement en été les jours de fortes chaleurs, en complément il y avait une cuisinière à bois qui servait à chauffer un peu plus la salle commune et à faire la cuisine, il y avait aussi une gazinière.

Devant les braises trônaient plusieurs marmites (les oules = las olas en occitan) une pour la soupe, une ou deux pour avoir de l’eau chaude en permanence, une avec les haricots blancs qui figuraient au repas au moins une ou deux fois par semaine. Surtout en hiver. Ils étaient agrémentés des couennes, de pieds, de morceaux de viandes, de lard, du cochon fraîchement tué, de la partie la plus épaisse des coustellous, plus tard du confit quand il aurait bien macéré dans sa graisse."

A suivre...

Un grand merci à Berthe pour ce témoignage en plusieurs épisodes

 

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Publié le 5 Juin 2021

Merci à Julie pour la photo

Merci à Julie pour la photo

Dans le langage courant, la chèvre surgit parfois. « Me fas venir cabra » entend-on parfois autrement dit « tu me fais devenir chèvre ». Explorons donc ensemble les expressions et dictons qui convoquent l'animal préféré mais tellement têtu de Monsieur Seguin… D'ailleurs...

 

La cabra que vòl sautar, sauta et sautarà.

La chèvre qui veut sauter, saute et sautera

 

Anen tondre las cabras, auren pus leu tondut.

Allons tondre les chèvres, nous aurons plus vite fait.

 

Aqui es la cabra, aqui cal que broste.

Là est la chèvre, là elle doit brouter.

 

La cabra per sos pecats, porta les genols pelats

La chèvre pour ses péchés, porte les genoux pelés.

 

Córrer coma una cabra debanada

Courir comme une chèvre qui a perdu ses cornes

 

Aver d’autras cabras a mólzer

Avoir d’autres chèvres à traire

 

Si vous connaissez d'autres expressions dictons ou proverbes sur les chèvres, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Publié le 29 Mai 2021

Photo et légendes : Aimé Boyer

Photo et légendes : Aimé Boyer

Aujourd'hui, Aimé Boyer partage avec nous ses savoirs concernant les charrettes, un outil du quotidien indispensable à la métairie.

 "Les grandes roues : elles permettent au plateau d’être presque horizontal avec le joug. Pour un chargement équilibré, le timon ne doit pas tirer le joug vers le bas ni le relever d'ailleurs.

Les ridelles (las telièras) : posées en glissant dans les gorges le long de l’arbalétrier qui forment entre les deux comme une caisse ouverte (carelleit)

Les échelettes (las escaletas) : posées à chaque bout du plateau, elles forment entre les ridelles un espace libre (les cambartels)

Chargements divers: Sans rien modifier, on en peut charger qu'avec difficulté des comportes, des barriques, des betteraves, des citrouilles, du fumier. Et ne parlons pas des difficultés de déchargement de la caisse.

Chargement de fourrage et de gerbes : on pose sur les cambartels un râtelier qui s’aligne sur l’extrémités des roues. Quant le chargement arrive au niveau des ridelles, on pose un grand râtelier qui passe au dessus des roues et ainsi, on arrive à faire un chargement respectable. Mais en prenant beaucoup de précautions car si les champs étaient plats tout irait bien. Hélas c’est rarement le cas et quand la charrette tourne vers l’autre pente du champs, il y a un réel danger de retournement.

Les plis (les plecs) : j’ai vu des chargeurs faire des plis à la sorties de échelettes. Le donneur fait une fourchée large et plate qu’il envoie sur la charrette, et par une rotation du corps et de la fourche, pour que cette fourchée arrive bien à plat sans être emmêléeLe chargeur prend à bras le corps cette fourchée et l’enroule comme un cornet de glace. La pousse à ras bord du chargement avant ou arrière, coince avec le pied, pose une fourchée sur la côte bien tassée. Il fait ensuite la même chose de l’autre côté et termine par une ou deux fourchées au milieu du chargement, bien tassé."

 

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Publié le 8 Mai 2021

Lauragais d'Autrefois (128) : les jolis dictons occitans du mois de mai

Quelque proverbes et dictons de saison à l'heure où les bords des champs fleurissent...

 

Mai fa la faba pro que la trobe plan sarclada

Mai fait la fève pourvu qu'il la trouve bien sarclée.

 

En mai, plèja del matin diu pas empachar de partir.

En mai, la pluie du matin ne doit pas empêcher de partir. (elle ne dure pas)

 

Borron de mai emplis le chai 

Bourgeon de mai emplit le chai

 

Al mes de mai, dins sèt nuèits, le blat creis de la mitat.

Au mois de mai en sept nuit, le blé grandit de moitié.

 

Mai fresquet, junh caudet

Mai frisquet, juin tiède

 

Le pic et le gai bastisson al mes de mai.

Le pic et le geai bâtissent au mois de mai.

 

Al mes de mai, cada casse met sas fuèlhas.

Au mois de mai, chaque chêne met ses feuilles.

 

Si vous connaissez d'autres dictons ou proverbes sur le printemps, le joli mois de mai, les mauvaises herbes, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Lauragais d'Autrefois (128) : les jolis dictons occitans du mois de mai

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Publié le 1 Mai 2021

photo coll. personnelle

photo coll. personnelle

Nous retrouvons cette semaine le témoignage passionnant d'Aimé Boyer concernant les mariages à la campagne dans le Lauragais d'antan. Après la cérémonie (voir ici), le repas (voir là), voici maintenant la nuit de noces et les jours qui suivent. Traditions toujours...

" Tout en dansant, le garçon d’honneur récupère, auprès des jeunes, l’argent pour payer l’orchestre. A la tombée de la nuit les serveurs dressent la table pour le repas du soir. Quelques invités sont partis après avoir salué le jeune couple.  Les musiciens plient leurs instruments et vont partir ou, quelques fois, restent pour accompagner la soirée et jouer quelques morceaux de classique. Les plats à gratin arrivent sur la table : la soupe à l’oignon gratinée au four à pain est servie avec la farce des poules qui ont fait la soupe ainsi que de la viande froide. Viendront ensuite quelques desserts arrangés.

Quelque chose d’étrange vient de se passer : les mariés ont disparu. Il faut s’organiser pour les retrouver.

On leur prépare un bol de soupe car ils doivent avoir faim : un tourin d’ail qui avait été déjà préparé en cuisine. La petite troupe part à leur recherche à pied, un peu au hasard. Après plusieurs visites chez les voisins, on les retrouve enfin. Ils consomment le bol de tourin à l’ail comme le veut la tradition campagnarde. On rigole un peu, on leur demande de raconter, mais il faudra se contenter de leurs sourires.

Ainsi se termine la soirée, chacun repart, tard dans la nuit. On raccompagne parfois sa cavalière.

A la borde, seul le service continue : la plonge, tout nettoyer pour préparer pour le repas du lendemain midi.   

Le jour se lève sur le dimanche. La grand-messe est à onze heures. On se retrouve devant la porte de l’église en formant un petit cortège.

Tous vont prendre place vers l’avant. La nouvelle épouse pose le bouquet devant la Vierge et la cérémonie se déroule normalement. A la sortie tout le monde veut leur parler et souhaiter la bienvenue à la nouvelle paroissienne ou nouveau paroissien.

Le cortège se forme à nouveau et direction la maison. On se retrouve, en effectif réduit, mais toujours heureux.

Les tables sont dressées avec un peu plus de simplicité que la veille. On sert les restes de la soupe, le farci des poules préparées avec des cornichons, et la viande froide puis le dessert amélioré avec quelques fruits.

Et tout cela sans frigidaire ni chambre froide, la cuisson tient une grande place dans la conservation des aliments à cette époque.

Le lundi on remet ça : un ou deux voisins, quelques jeunes, viennent démonter les guirlandes les draps, les tables, les charger sur la charrette et emballer la vaisselle. A midi avec une soupe allongée, on mange les poules accommodées avec une sauce paysanne comme on sait les faire chez les métayers. On se sépare en se promettant de se retrouver, pour les battages ou les vendanges.

Ma mémoire garde de multiples souvenirs. Pour les mariages, Mes parents me prenaient avec eux lorsqu’ils allaient aider au service. J’ai ainsi vu plusieurs fois le four à pain fonctionner, le plumage, la cuisson au four à bois, la pose des tables, en fait tout ce que je viens de vous raconter…"

 

Un grand merci à Aimé Boyer pour ce témoignage en 3 parties qui relate à travers ses souvenirs si précis des traditions oubliées.

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Publié le 24 Avril 2021

Document d'autrefois : le bail de métayage

Document d'autrefois : le bail de métayage

Nous avons beaucoup évoqué ici le bail à colonat paritaire autrement dit le contrat de métayage. Il était assez répandu dans le Lauragais même si son déclin s'est enclenché dès le XIXe siècle.

En voici aujourd'hui un nouvel exemple concernant une borde d'une trentaine d'hectares, le bail est daté du 1er novembre 1953. C'est le bail d'Emile que nous avons enfin retrouvé. 

Rédigé à la main, on en connaissait déjà l'inventaire qui est mentionné dans l'article 1 et que nous avions analysé il y a quelques temps déjà (voir articles ici et ).

La loi du 13 avril 1946 ignorée ?

On peut s'interroger à sa lecture sur la portée de la loi du 13 avril 1946 concernant le statut du fermage et du métayage. Cette loi semble ici ignorée puisqu'elle stipule que le propriétaire peut au maximum prétendre à 1/3 des récoltes. Or il est bien stipulé qu'on est ici sur un bail à mi-fruit soit 50 %.

Cette loi déclencha tout de même un certain nombre de réactions hostiles dans un certain nombre d'endroits : les propriétaires renâclant à l'appliquer quand les métayers la réclamaient.

Certains métayers y renoncèrent pourtant face à la perspective d'investissements moindres de la part du propriétaire sur l'exploitation s'ils ne recevaient qu'un tiers des produits. La productivité aurait pu s'en ressentir rapidement, jugeaient-ils. 

Dans notre cas même la durée de 9 ans du bail établie par la loi n'est pas mentionnée, le contrat étant résiliable avant le 1er mai de chaque année courante (article 15). cela n'est pas arrivé, Emile a travaillé cette borde jusqu'à sa retraite en 1989, 36 années durant.

Les terres, le bois et les rentes en volailles et services

Outre les terres que le contrat borne dans leur utilisation (assolement, fertilisation, stockage du grain...), des articles sont consacrés à l'entretien de la propriété (bois, chemins...).

Sont également fixés les rentes en volailles (30 réparties dans l'année), les animaux de la ferme (à l'exclusion des poules) mais aussi les préparations en salaisons et enfin l'aide qu'apporteront "les femmes" contre rémunération concernant les lessives de la famille du propriétaire.

Ce contrat envisage donc précisément tous les aspects qui régulent la vie des preneurs et des relations avec le bailleur.

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Lauragais d'Autrefois (126) : un bail de métayage en Lauragais, 1953
Lauragais d'Autrefois (126) : un bail de métayage en Lauragais, 1953
Lauragais d'Autrefois (126) : un bail de métayage en Lauragais, 1953

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Publié le 17 Avril 2021

Lauragais d'Autrefois (125) : expressions occitanes des petits et gros défauts

Pour qualifier les petits et gros défauts du genre humain, nos ancêtres ne manquaient pas d'une certaine imagination. Ils procédaient souvent par comparaison en convoquant pour cela la botanique ou la zoologie. Ces locutions occitanes dont certaines survivent encore dans nos conversations sont souvent très drôles.

Petit florilège du jour...

Es amistos(a) coma una caucida.

Il/elle est aimable comme un chardon d'âne.

Es aimable coma un braçat d'ortigas.

Il/elle est aimable comme une brassée d'orties

Es aissable coma una mosca d'ase.

Il/elle est pénible comme un taon.

Es marrit (marrida) coma un pesolh

Il/elle est méchant(e) comme un pou

Copa pas las dents a las granhotas

Il/elle ne casse pas les dents aux grenouilles ( = pas très malin)

Es bavard(a) coma una abelha sus una peta

Il/elle est orgueilleux comme une abeille sur une crotte.

Es bavard(a) coma un ase qu'estrena una brida

Il/elle est orgueilleux comme un âne qui étrenne une bride

 

D'autres à suivre bientôt... et n'hésitez pas à m'adresser les vôtres par mail pour compléter le post : lauragais@lescarnetsdemile.fr 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Rédigé par Emile

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Publié le 10 Avril 2021

Photo et montage Aimé Boyer

Photo et montage Aimé Boyer

Grâce à une reconstitution faite par Aimé Boyer, nous allons aujourd’hui passer en revue quelques pièces d’attelage autour du joug. De l’occitan au français et du français à l’occitan

le surjoug (sebrejo) : Le surjoug, placé au centre sur le joug (jo), permettait de l'équilibrer, permettant aux bovins attelés de conserver une bonne position de travail. C'était aussi un objet décoratif qui exprimait le savoir-faire de son sculpteur. Il servait aussi à accrocher les tresegats, la redonda, et les trait (chaînes) mais aussi un bouquet de fleurs, pour  des événements festifs et rares : Saint Roch, mariages etc...

découvrir l'article de S.Pilmann dans la Dépêche de l'Aude sur le surjoug :https://www.ladepeche.fr/2021/02/21/objets-dici-le-surjoug-bobine-cluquet-9385428.php

Trescavilha : élément posé sur le timon permettant au joug de faire corps avec l’outil, et reculer charrette, rouleaux, tombereaux, faucheuse, fâneuse, râteau.

Pour attacher la charrue ou le brabant au joug qui permettait aux bœufs de les tirer, une pièce était essentielle le tresegat. Afin de mieux comprendre la fonction de cette pièce, commençons par la redonda, l'anneau le plus simple.

La redonda (prononcer redoundo) sert pour les outils qui roulent et principalement la charrette. Une cheville devant, une derrière, le tiradon était bien tenu.

Le tresegat était pour les outils tirés, les charrues... il y avait un peu plus de jeu.

La tresèga (de tressa, tresse) était un anneau de branches tordues ou de cuir, pendu à la cheville du joug et le tiradon y passait dedans : une cheville de chaque côté pour qu'il ne puisse pas avancer ni s'extraire de l'anneau. Le tresegat sert à la même chose mais est en fer.

Cheville timon : Posée dans un trou sur le timon devant le joug pour la traction avant  

Cheville asta : élément pour atteler les charrues sarcleuses sans recul, non solidaire avec le Joug

Morial : élément posé sur le museau de l’animal l’empêchant d’attraper une bouché d’herbe ou autre branche qui aurait perturbé sa position de traction.

Moscals : filet tressé posé sur les yeux pour protéger le dépôt de mouches .

Julhas (juilles)  : appareil pour lier, joindre, les animaux de traction, bœufs ou vaches avec le joug.

Trait (chaîne): Fixé au sebrejo (surjoug) pour tirer brabant , canadienne, herse, houe, décavailloneur.

Merci à Aimé Boyer pour le partage de son savoir et de son expérience et à Jean-Claude Rouzaud pour la photo des boeufs.

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Rédigé par Emile

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Publié le 3 Avril 2021

coll. Sébastien Saffon

coll. Sébastien Saffon

La suite du mariage racontée par Aimé Boyer... La cérémonie a eu lieu (voir ici), place au repas aujourd'hui...

 

"Voilà le cortège ! Les mariés sont en tête, quelques enfants gambadent sur les côtés, les parents sont mélangés et traînent un peu à l’arrière, les jeunes restent collés aux nouveaux époux.

Tous sont accueillis par l’équipe de serveuses et serveurs en tabliers blancs attachés autour de la taille, une serviette jetée sur l’épaule. On s’embrasse, on se présente, la rencontre est conviviale.

Aux questions posées, des réponses sont nécessaires. Il est prévu une pièce dans la maison ou une table dans la salle de réception qui n’est autre que le hangar, rappelons-le, pour poser les sacs à main, les mantilles, et autres vestes.

Il y a aussi les commodités : généralement il y a une cabane au fond du jardin ou, la veille, des toilettes ont été construites avec des longues branches de saule, appuyées au mur borgne de la ferme, c’est-à-dire à l’Ouest. Une bâche ficelée, un trou creusé dans la terre, à la bêche, aménagé à la Turque et pour les hommes, la haie de la vigne.

Pour se laver les mains, s’il n’y a pas de puits, une bassine est posée sur une comporte renversée à côté de la charrette, un essuie-main pendu à celle-ci.  

Il est plus de midi lorsqu’on on s’installe dans le hangar aménagé pour l’occasion. Selon la disposition des tables, les mariés prennent place au milieu, les jeunes autour d’eux, le couple d’honneur en face. Pour les autres invités, chacun s’organise, par affinités On faisait rarement un plan de table. On sent une certaine excitation. Tous les évènements depuis le matin ont ouvert les appétits.

La salle et la table sont accueillantes, je ne parlerai pas des couverts. Quelques bouquets de fleurs, la pièce montée, les poissons, le vin, le pain. S’il n’est pas coupé, les hommes se chargent de cette tâche avec leurs Opinel.   Un vin de noix, de pêche ou un pastis fabriqué maison est proposé.

Quand tout d le monde est en place, même s’il y a quelques retardataires, on enlève les poissons et la pièce montée.

La danse des soupière fumantes commence, parfume l’atmosphère, le bruit des cuillères qui battent le fond des assiettes, font taire un instant le brouhaha des conversations. A la plonge, on se prépare au premier assaut des soupières. Les radis roses, le saucisson le jambon, sont déjà sur la table, faisant presque partie du décor.

Il y a à l’entrée une table ou sont posés tout le service de table : couverts, verres. Pour un remplacement rapide s’il y a quelques bris involontaires. Les conversations reprennent de l’ampleur, et ça ne va faire en baissant.  Quelques enfants sortent déjà de table.

Le caviste assure au remplacement des bouteilles vides.

Dans les cuisines, règne une ambiance chaude. L’affaire est sérieuse : maintenir le feu, la braise…

L’assaisonnement est un geste très important, Les préposés aux soins des animaux donnent un coup de main mais il ne faut pas trop compter sur eux, à une heure donnée il va falloir aller garder les vaches, faire téter les veaux. Quelques hommes vont venir tout à l’heure, pour donner leurs appréciations, leurs avis.

A la noce le couple d’honneur passe, pour prendre les noms des personnes intéressés pour les photos, le groupe,  le couple. On paye maintenant, ou on paiera plus tard, il faut tout noter,

Un évènement nouveau ? Un serveur vient parler au garçon d’honneur : l es musiciens sont arrivés. 

On invite les musiciens, on les applaudit et ils vont s’installer. Quatre comportes tournées a l’envers, une ou deux portes posées dessus, une guirlande tout autour - du grand art - les chansons commencent à peine, des histoires. Le dessert ne va pas tarder, les serveurs débarrassent les salières, les couverts le pain.

Les chansons sont accompagnées par un musicien, l’ambiance est mise. Tant que les enfants ne sont pas là, quelques chassons dites paillardes fusent. Les assiettes à dessert sont apparues avec un petit chou tiré de la pièce montée.

Puis les soupières reviennent avec leurs louches, c’est la crème. Je ne vous dirai pas le nom de cette crème mais je peux vous dire que c’est très bon avec la madeleine cuite au four à pain. Des gâteaux secs Variés, quelque fois il y a aussi des oreillettes, friandises typiques du pays d’Oc ! Il y a, posées sur la table, quelques bouteilles de vin blanc. Les cuisiniers viennent saluer et sont longuement applaudis

   C’est le moment que choisissent les musiciens pour ouvrir le bal de la noce. Les jeunes abandonnent leur dessert, pour s’enlacer et s’en donner à cœur joie. Marches, scottishs, mazurka, java, valses, et l’incontournable quadrille avec ses « cinq figures » dansé par groupe de quatre. Typique du pays d’Oc là encore.  Les musiciens ont leurs clarinette, saxophone, cornet à piston, un tambour... ambiance champêtre. Il va y avoir de la poussière dans le hangar !"

A suivre...

Un grand merci à Aimé Boyer pour ce témoignage 

 

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Publié le 28 Mars 2021

Lauragais d'autrefois (122) : les dictons occitans sur les Rameaux

A point nommé, en suivant la fête du jour, voici deux petits dictons occitans du Lauragais d'autrefois offerts comme un bouquet de fin de journée.

 

Pluèja sus Ramèls, pluèja sus tavels

Pluie sur les rameaux, pluie sur les dizeaux  (tas de gerbes donc pluie sur les moissons)

 

Quand l'auta bufa per Rampan, bufa tot l'an. 

Quand le vent d'autan souffle pour les Rameaux, il souffle toute l'année.

 

Merci Aimé pour vos suggestions ! :)

Si vous connaissez d'autres dictons ou proverbes sur les Rameaux, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

 

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Rédigé par Emile

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Publié le 27 Mars 2021

coll. S.Saffon

coll. S.Saffon

Il y a quelques semaines, Aimé Boyer nous avait raconté les préparatifs d'un mariage à la campagne (voir ici). Il poursuit aujourd'hui avec le jour de la cérémonie... Immersion dans une fête d'autrefois...

"Avant la cérémonie, nous procédions à un brin de toilette, sans douches évidemment, avec de l’eau puisée avec un seau ensuite vidé dans une bassine. Les hommes puis les femmes s’installaient pour cela dans l’écurie. Les femmes s’enfermaient à clé.

Pour le mariage, il n’y avait pas forcément de tenue spéciale mais la tenue du dimanche.

Pour le mari, un costume et chapeau noirs assorti de gants blancs

Pour la mariée, une robe blanche , une couronne, des gants blancs mais il n’y avait à l’époque pas de traîne.

Anecdote un peu triste mais bien souvent le costume et le chapeau noir du marié devaient être utilisés pour l’habiller des décennies plus tard pour ses obsèques

Mais revenons au jour de fête.  Rendez vous était donné sur la place du village, non loin de la mairie ou sous la halle qui n’était pas fermée. Les plus proches parents et les jeunes allaient au domicile. Quand il pleuvait – souvent il n’y avait pas de chemin – la mariée était alors amenée au village sur la charrette avec les parents et les demoiselles d’honneur ! Et les plus anciens. 

Touts le monde se retrouvait alors sous la Halle, on s’embrassait, se saluait.  C’était une petite assemblée joyeuse. Puis le garçon d’honneur appelait au rassemblement, le cortège se formait.

J’ai beau creuser mon champ des souvenirs : je ne me souviens pas, si le marié était avec sa mère, et la mariée avec le père…

Les voilà partis vers la Mairie qui n’était qu’à quelques mètres de là. Le cortège s’était un peu disloqué en une joyeuse pagaille. Hormis les futurs époux et les parents, le reste de la troupe bavardait sans réserve

Le grand escalier en paliers accueillait l’assemblée pour rejoindre la salle des mariages qui était aussi celle du conseil municipal.

Le Maire accueillait. Connaissant beaucoup de monde, cela se passait à la bonne franquette.

Le secrétaire de mairie lisait le code civil relatif au mariage, Monsieur le Maire se tenant debout avec son écharpe tricolore, les mariés étaient devant lui côte à côte.  Il posait alors la question à laquelle les époux répondaient immanquablement : OUI ! Le contraire aurait été étonnant. Il embrassait la mariée, félicitait le marié et les parents du nouveau couple.

Puis le secrétaire faisait signer les deux époux, les parents et les témoins.

Le cortège se reformait alors vers l’église ou les cloches appelaient les fidèles avec une autre tenue. Il fallait traverser le village en donnant bonne impression. Il y avait des badauds sur le trottoir. Les commentaires allaient bon train.

Ils entraient dans l’église par le grand escalier, il y avait déjà du monde : des voisins, des amis.

 Les nouveaux mariés se plaçaient en avant avec devant eux des chaises prie dieu, les parents de chaque côté de leurs enfants. Les jeunes de la noce s’installaient au plus près avec un certain recueillement.

Je ne vais pas détailler le déroulement de la cérémonie de mariage mais il y a bien sur le OUI attendu.

Tous sortaient de l’église après que les mariés les témoins avaient signé l’acte de mariage. Traversant de nouveau le village, ils allaient s’installer derrière le monument aux morts.

Il y a une façade devant laquelle il était habituel de prendre la photo souvenir qui immortalisait ce jour particulier.

Un système d’échafaudage avait été mis en place en forme de grand escalier. Au milieu, en bas, debout, les mariés, les parents assis de chaque côté, chacun entourant leur enfant. Les grands-parents, quelques petits enfants assis sur leurs genoux. Au premier rang surélevé, les oncles, tantes, cousins et enfin, en haut, le groupe de jeunes tout près de leurs cavalières. Bien sûr tout cela était orné de fleurs surtout blanches, disposées par le photographe. On prenait aussi une photo de couple et parfois de groupe avec les jeunes.

Et les voilà partis vers la maison, ou les attendaient le personnel qui allait accueillir pour la suite incontournable du repas et de l’amitié.

Chemin faisant, ce n’était pas triste ! On entendait quelques chants, quelques histoires et on finissait de faire connaissance entres nouveaux parents."

A suivre dans un prochain post...

Je remercie Aimé Boyer pour son témoignage tellement détaillé et tellement évocateur

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