lauragais agricole d'autrefois

Publié le 17 Avril 2021

Lauragais d'Autrefois (125) : expressions occitanes des petits et gros défauts

Pour qualifier les petits et gros défauts du genre humain, nos ancêtres ne manquaient pas d'une certaine imagination. Ils procédaient souvent par comparaison en convoquant pour cela la botanique ou la zoologie. Ces locutions occitanes dont certaines survivent encore dans nos conversations sont souvent très drôles.

Petit florilège du jour...

Es amistos(a) coma una caucida.

Il/elle est aimable comme un chardon d'âne.

Es aimable coma un braçat d'ortigas.

Il/elle est aimable comme une brassée d'orties

Es aissable coma una mosca d'ase.

Il/elle est pénible comme un taon.

Es marrit (marrida) coma un pesolh

Il/elle est méchant(e) comme un pou

Copa pas las dents a las granhotas

Il/elle ne casse pas les dents aux grenouilles ( = pas très malin)

Es bavard(a) coma una abelha sus una peta

Il/elle est orgueilleux comme une abeille sur une crotte.

Es bavard(a) coma un ase qu'estrena una brida

Il/elle est orgueilleux comme un âne qui étrenne une bride

 

D'autres à suivre bientôt... et n'hésitez pas à m'adresser les vôtres par mail pour compléter le post : lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Publié le 10 Avril 2021

Photo et montage Aimé Boyer

Photo et montage Aimé Boyer

Grâce à une reconstitution faite par Aimé Boyer, nous allons aujourd’hui passer en revue quelques pièces d’attelage autour du joug. De l’occitan au français et du français à l’occitan

le surjoug (sebrejo) : Le surjoug, placé au centre sur le joug (jo), permettait de l'équilibrer, permettant aux bovins attelés de conserver une bonne position de travail. C'était aussi un objet décoratif qui exprimait le savoir-faire de son sculpteur. Il servait aussi à accrocher les tresegats, la redonda, et les trait (chaînes) mais aussi un bouquet de fleurs, pour  des événements festifs et rares : Saint Roch, mariages etc...

découvrir l'article de S.Pilmann dans la Dépêche de l'Aude sur le surjoug :https://www.ladepeche.fr/2021/02/21/objets-dici-le-surjoug-bobine-cluquet-9385428.php

Trescavilha : élément posé sur le timon permettant au joug de faire corps avec l’outil, et reculer charrette, rouleaux, tombereaux, faucheuse, fâneuse, râteau.

Pour attacher la charrue ou le brabant au joug qui permettait aux bœufs de les tirer, une pièce était essentielle le tresegat. Afin de mieux comprendre la fonction de cette pièce, commençons par la redonda, l'anneau le plus simple.

La redonda (prononcer redoundo) sert pour les outils qui roulent et principalement la charrette. Une cheville devant, une derrière, le tiradon était bien tenu.

Le tresegat était pour les outils tirés, les charrues... il y avait un peu plus de jeu.

La tresèga (de tressa, tresse) était un anneau de branches tordues ou de cuir, pendu à la cheville du joug et le tiradon y passait dedans : une cheville de chaque côté pour qu'il ne puisse pas avancer ni s'extraire de l'anneau. Le tresegat sert à la même chose mais est en fer.

Cheville timon : Posée dans un trou sur le timon devant le joug pour la traction avant  

Cheville asta : élément pour atteler les charrues sarcleuses sans recul, non solidaire avec le Joug

Morial : élément posé sur le museau de l’animal l’empêchant d’attraper une bouché d’herbe ou autre branche qui aurait perturbé sa position de traction.

Moscals : filet tressé posé sur les yeux pour protéger le dépôt de mouches .

Julhas (juilles)  : appareil pour lier, joindre, les animaux de traction, bœufs ou vaches avec le joug.

Trait (chaîne): Fixé au sebrejo (surjoug) pour tirer brabant , canadienne, herse, houe, décavailloneur.

Merci à Aimé Boyer pour le partage de son savoir et de son expérience et à Jean-Claude Rouzaud pour la photo des boeufs.

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Publié le 3 Avril 2021

coll. Sébastien Saffon

coll. Sébastien Saffon

La suite du mariage racontée par Aimé Boyer... La cérémonie a eu lieu (voir ici), place au repas aujourd'hui...

 

"Voilà le cortège ! Les mariés sont en tête, quelques enfants gambadent sur les côtés, les parents sont mélangés et traînent un peu à l’arrière, les jeunes restent collés aux nouveaux époux.

Tous sont accueillis par l’équipe de serveuses et serveurs en tabliers blancs attachés autour de la taille, une serviette jetée sur l’épaule. On s’embrasse, on se présente, la rencontre est conviviale.

Aux questions posées, des réponses sont nécessaires. Il est prévu une pièce dans la maison ou une table dans la salle de réception qui n’est autre que le hangar, rappelons-le, pour poser les sacs à main, les mantilles, et autres vestes.

Il y a aussi les commodités : généralement il y a une cabane au fond du jardin ou, la veille, des toilettes ont été construites avec des longues branches de saule, appuyées au mur borgne de la ferme, c’est-à-dire à l’Ouest. Une bâche ficelée, un trou creusé dans la terre, à la bêche, aménagé à la Turque et pour les hommes, la haie de la vigne.

Pour se laver les mains, s’il n’y a pas de puits, une bassine est posée sur une comporte renversée à côté de la charrette, un essuie-main pendu à celle-ci.  

Il est plus de midi lorsqu’on on s’installe dans le hangar aménagé pour l’occasion. Selon la disposition des tables, les mariés prennent place au milieu, les jeunes autour d’eux, le couple d’honneur en face. Pour les autres invités, chacun s’organise, par affinités On faisait rarement un plan de table. On sent une certaine excitation. Tous les évènements depuis le matin ont ouvert les appétits.

La salle et la table sont accueillantes, je ne parlerai pas des couverts. Quelques bouquets de fleurs, la pièce montée, les poissons, le vin, le pain. S’il n’est pas coupé, les hommes se chargent de cette tâche avec leurs Opinel.   Un vin de noix, de pêche ou un pastis fabriqué maison est proposé.

Quand tout d le monde est en place, même s’il y a quelques retardataires, on enlève les poissons et la pièce montée.

La danse des soupière fumantes commence, parfume l’atmosphère, le bruit des cuillères qui battent le fond des assiettes, font taire un instant le brouhaha des conversations. A la plonge, on se prépare au premier assaut des soupières. Les radis roses, le saucisson le jambon, sont déjà sur la table, faisant presque partie du décor.

Il y a à l’entrée une table ou sont posés tout le service de table : couverts, verres. Pour un remplacement rapide s’il y a quelques bris involontaires. Les conversations reprennent de l’ampleur, et ça ne va faire en baissant.  Quelques enfants sortent déjà de table.

Le caviste assure au remplacement des bouteilles vides.

Dans les cuisines, règne une ambiance chaude. L’affaire est sérieuse : maintenir le feu, la braise…

L’assaisonnement est un geste très important, Les préposés aux soins des animaux donnent un coup de main mais il ne faut pas trop compter sur eux, à une heure donnée il va falloir aller garder les vaches, faire téter les veaux. Quelques hommes vont venir tout à l’heure, pour donner leurs appréciations, leurs avis.

A la noce le couple d’honneur passe, pour prendre les noms des personnes intéressés pour les photos, le groupe,  le couple. On paye maintenant, ou on paiera plus tard, il faut tout noter,

Un évènement nouveau ? Un serveur vient parler au garçon d’honneur : l es musiciens sont arrivés. 

On invite les musiciens, on les applaudit et ils vont s’installer. Quatre comportes tournées a l’envers, une ou deux portes posées dessus, une guirlande tout autour - du grand art - les chansons commencent à peine, des histoires. Le dessert ne va pas tarder, les serveurs débarrassent les salières, les couverts le pain.

Les chansons sont accompagnées par un musicien, l’ambiance est mise. Tant que les enfants ne sont pas là, quelques chassons dites paillardes fusent. Les assiettes à dessert sont apparues avec un petit chou tiré de la pièce montée.

Puis les soupières reviennent avec leurs louches, c’est la crème. Je ne vous dirai pas le nom de cette crème mais je peux vous dire que c’est très bon avec la madeleine cuite au four à pain. Des gâteaux secs Variés, quelque fois il y a aussi des oreillettes, friandises typiques du pays d’Oc ! Il y a, posées sur la table, quelques bouteilles de vin blanc. Les cuisiniers viennent saluer et sont longuement applaudis

   C’est le moment que choisissent les musiciens pour ouvrir le bal de la noce. Les jeunes abandonnent leur dessert, pour s’enlacer et s’en donner à cœur joie. Marches, scottishs, mazurka, java, valses, et l’incontournable quadrille avec ses « cinq figures » dansé par groupe de quatre. Typique du pays d’Oc là encore.  Les musiciens ont leurs clarinette, saxophone, cornet à piston, un tambour... ambiance champêtre. Il va y avoir de la poussière dans le hangar !"

A suivre...

Un grand merci à Aimé Boyer pour ce témoignage 

 

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Publié le 28 Mars 2021

Lauragais d'autrefois (122) : les dictons occitans sur les Rameaux

A point nommé, en suivant la fête du jour, voici deux petits dictons occitans du Lauragais d'autrefois offerts comme un bouquet de fin de journée.

 

Pluèja sus Ramèls, pluèja sus tavels

Pluie sur les rameaux, pluie sur les dizeaux  (tas de gerbes donc pluie sur les moissons)

 

Quand l'auta bufa per Rampan, bufa tot l'an. 

Quand le vent d'autan souffle pour les Rameaux, il souffle toute l'année.

 

Merci Aimé pour vos suggestions ! :)

Si vous connaissez d'autres dictons ou proverbes sur les Rameaux, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

 

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Publié le 27 Mars 2021

coll. S.Saffon

coll. S.Saffon

Il y a quelques semaines, Aimé Boyer nous avait raconté les préparatifs d'un mariage à la campagne (voir ici). Il poursuit aujourd'hui avec le jour de la cérémonie... Immersion dans une fête d'autrefois...

"Avant la cérémonie, nous procédions à un brin de toilette, sans douches évidemment, avec de l’eau puisée avec un seau ensuite vidé dans une bassine. Les hommes puis les femmes s’installaient pour cela dans l’écurie. Les femmes s’enfermaient à clé.

Pour le mariage, il n’y avait pas forcément de tenue spéciale mais la tenue du dimanche.

Pour le mari, un costume et chapeau noirs assorti de gants blancs

Pour la mariée, une robe blanche , une couronne, des gants blancs mais il n’y avait à l’époque pas de traîne.

Anecdote un peu triste mais bien souvent le costume et le chapeau noir du marié devaient être utilisés pour l’habiller des décennies plus tard pour ses obsèques

Mais revenons au jour de fête.  Rendez vous était donné sur la place du village, non loin de la mairie ou sous la halle qui n’était pas fermée. Les plus proches parents et les jeunes allaient au domicile. Quand il pleuvait – souvent il n’y avait pas de chemin – la mariée était alors amenée au village sur la charrette avec les parents et les demoiselles d’honneur ! Et les plus anciens. 

Touts le monde se retrouvait alors sous la Halle, on s’embrassait, se saluait.  C’était une petite assemblée joyeuse. Puis le garçon d’honneur appelait au rassemblement, le cortège se formait.

J’ai beau creuser mon champ des souvenirs : je ne me souviens pas, si le marié était avec sa mère, et la mariée avec le père…

Les voilà partis vers la Mairie qui n’était qu’à quelques mètres de là. Le cortège s’était un peu disloqué en une joyeuse pagaille. Hormis les futurs époux et les parents, le reste de la troupe bavardait sans réserve

Le grand escalier en paliers accueillait l’assemblée pour rejoindre la salle des mariages qui était aussi celle du conseil municipal.

Le Maire accueillait. Connaissant beaucoup de monde, cela se passait à la bonne franquette.

Le secrétaire de mairie lisait le code civil relatif au mariage, Monsieur le Maire se tenant debout avec son écharpe tricolore, les mariés étaient devant lui côte à côte.  Il posait alors la question à laquelle les époux répondaient immanquablement : OUI ! Le contraire aurait été étonnant. Il embrassait la mariée, félicitait le marié et les parents du nouveau couple.

Puis le secrétaire faisait signer les deux époux, les parents et les témoins.

Le cortège se reformait alors vers l’église ou les cloches appelaient les fidèles avec une autre tenue. Il fallait traverser le village en donnant bonne impression. Il y avait des badauds sur le trottoir. Les commentaires allaient bon train.

Ils entraient dans l’église par le grand escalier, il y avait déjà du monde : des voisins, des amis.

 Les nouveaux mariés se plaçaient en avant avec devant eux des chaises prie dieu, les parents de chaque côté de leurs enfants. Les jeunes de la noce s’installaient au plus près avec un certain recueillement.

Je ne vais pas détailler le déroulement de la cérémonie de mariage mais il y a bien sur le OUI attendu.

Tous sortaient de l’église après que les mariés les témoins avaient signé l’acte de mariage. Traversant de nouveau le village, ils allaient s’installer derrière le monument aux morts.

Il y a une façade devant laquelle il était habituel de prendre la photo souvenir qui immortalisait ce jour particulier.

Un système d’échafaudage avait été mis en place en forme de grand escalier. Au milieu, en bas, debout, les mariés, les parents assis de chaque côté, chacun entourant leur enfant. Les grands-parents, quelques petits enfants assis sur leurs genoux. Au premier rang surélevé, les oncles, tantes, cousins et enfin, en haut, le groupe de jeunes tout près de leurs cavalières. Bien sûr tout cela était orné de fleurs surtout blanches, disposées par le photographe. On prenait aussi une photo de couple et parfois de groupe avec les jeunes.

Et les voilà partis vers la maison, ou les attendaient le personnel qui allait accueillir pour la suite incontournable du repas et de l’amitié.

Chemin faisant, ce n’était pas triste ! On entendait quelques chants, quelques histoires et on finissait de faire connaissance entres nouveaux parents."

A suivre dans un prochain post...

Je remercie Aimé Boyer pour son témoignage tellement détaillé et tellement évocateur

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Publié le 20 Mars 2021

Photo coll. J-C Rouzaud

Photo coll. J-C Rouzaud

Prise depuis les fenêtres du château, cette photo montre un concours de pétanque à Montmaur (11) en 1951.

Ce moment de loisir, souvent programmé les jours de fête locale, réunissait ce jour-là le village et les environs et se déroulait à l’ombre des pins maritimes qui bordaient la place et ont été coupés en 1965 en raison de leur dangerosité lorsque le vent d’autan soufflait en tempête.

La pétanque (pètanca) en occitan vient du provençal pès (pieds) tancats (rivés/fixes) puisque, contrairement à d’autre jeux de boules comme le jeu provençal dont elle serait issue, le joueur a les pieds fixes au moment du lancer dans un cercle tracé au sol, le rond.

En autant de « mènes » qu’il faut pour atteindre les 13 points, le jeu oppose deux équipes. En doublette, chaque joueur dispose de trois boules et de deux lorsque cela se joue en triplette. Les boules doivent se rapprocher du cochonnet (le bochon) lorsque le pointeur aligne sa boule quitte à ce que le tireur essaie de faire un carreau (un carrèu) sur celles des adversaires.

Au début du XXe siècle, les boules étaient en bois clouté avant d'être peu à peu remplacées par des boules d'acier. La capitale mondiale de la boule où se situe d'ailleurs le siège du fabricant Obut ainsi que le musée international de la pétanque et de la boule est à Saint-Bonnet-Le-Château dans la Loire.

Marcel Pagnol écrivait : « Lorsqu’une partie de boules commence, c’est tout un village qui naît. » La photo transmise par Jean-Claude Rouzaud en est un joli témoignage au cœur du Lauragais d’antan.

Et gare à l’équipe qui n’avait marqué aucun point et finissait ainsi « Fanny »…

 

Je remercie Jean-Claude Rouzaud pour l'envoi de cette photo et les précisions de son contexte local.

 

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Publié le 13 Mars 2021

Lauragais d'Autrefois (119) : une correspondance propriétaire -métayer en 1929

Voici un nouveau document qui témoigne des relations propriétaires-métayers à l'orée des années 30. La propriétaire habite une commune des Pyrénées et écrit régulièrement à son métayer en Lauragais.

Vente du blé, entretien de la métairie, prestations (taxe vicinale qu'on pouvait payer en jours de travaux dus à la commune) y sont abordés sans détour. D'autres échanges dans de prochains posts nous éclaireront sur la conduite d'une métairie à distance et les relations plus ou moins tendues selon les périodes entre propriétaire et bordier.

"

Pontacq, le 15 Janvier 1929

 

Cher Pierre,

 

J’ai reçu les 2000 frs que vous m’avez envoyés.

Je vous prie de faire arranger le mur touchant le pigeonnier : faites faire le mur tout pareil comme il était. Ce mur est tombé parce que vous y mettiez le fumier. Vous ferez tomber aussi celui d’autan puisque vous y mettez le fumier. Il faut faire en sorte de mettre le fumier dans le champ où vous voulez le répandre.

Commandez l’engrais qui vous semble être nécessaire.

Je suis content que vous ayez trouvé un bon domestique, sachez vous en servir et faites-le travailler.

IL est regrettable que vous n’ayez pas vendu le blé : relisez une des dernières lettres et vous verrez que je vous dis de vendre le blé de suite. Partout il est à 125 f je ne vois pas pourquoi le négociant ne vous en donnerait que 122. A ce prix je fais une belle perte et ce n’est pas agréable. Le blé n’a pas diminué : toutes les mercuriales portent 125 f les 80 kilos et même 130 f. Revoyez le négociant et répondez le plus tôt possible concernant le blé.

J’ai vu le compte des recettes et des dépenses. Les recettes sont justes.

Dans les dépenses je trouve 100 f de plus pour vous vous portez 2377,17 et je trouve 2477,17 donc vous me devez 1653,18. Je vous dois 280 f d’intérets, déduisez-les de cette somme et vous me devrez 1373,18.

Je vous retourne la feuille des prestations. Je pense bien que vous allez les acquitter en travail. Vous devriez vous arranger avec le cantonnier pour avoir le travail près de Belair. Nous avons beaucoup de neige et de froid. Il fait encore très froid : nous pensons bien avoir de nouveau la neige. Il nous tarde de voir arriver le beau temps.

Nous vous remercions beaucoup de tous vos vœux, nous vous adressons les nôtres aussi nombreux. Nous voudrions vous voir tous bien portants mais vous surtout qui êtes souffrant.

Chauffez-vous maintenant qu’il fait froid et faites travailler le domestique.

Nous vous envoyons nos compliments.

EAlbenque

Vous avez bien fait de couper le bois, continuez et nettoyez le bien."

 

 

Je remercie les familles Pélisser et Ramon qui m'on confié ces documents.

 

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Publié le 27 Février 2021

archives personnelles

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Un mariage à la campagne... l'événement dans une métairie demandait beaucoup de préparatifs. Du menu au hangar de réception, rien n'était laissé au hasard (pas même l'étable). Ce sont les souvenirs savoureux des préparatifs que nous narre aujourd'hui Aimé Boyer.

Élaborer le menu

"La première étape était de trouver une cuisinière qui, le jour du mariage, ferait la cuisine et se mettre d’accord dur ses émoluments. Il fallait ensuite fixer le menu, en accord avec les deux familles, acheter toutes les fournitures pour accompagner les produits de la maison.

On prévoyait ainsi les poules pour le bouillon, les ingrédients pour la farce. On envisageait aussi de un veau ou un agneau, quelques jours avant mais pas trop tôt car il n’y avait pas de chambre froide, ni frigidaire. On réservait les poulets, les pintades et on commandait le poisson : sandre ou brochet. On mettait de côté les œufs pour la mayonnaise et la crème.

Je garde un souvenir ému des hors d’œuvre : les œufs mimosa ou aux anchois. Pardon si j’en oublie...

Dans les bordes, il y avait souvent un four à pain, bien sûr. Le grand-père prenait parfois en charge la fabrication du pain pour cette noce et surtout la madeleine qui allait servir à la fin du repas à éponger la crème.

Préparer les fagots pour porter le four à température, le pétrin, mélanger le blé - le porter au préalable - chez le meunier ! Tout ce qu’il fallait pour réussir cette tâche : du savoir-faire….

Préparer la borde

Quelques jours avant on avait formé des équipes avec des amis, des voisins, en répartissant les rôles pour tout préparer autour de la maison. D’abord le vacher et la basse-cour. Il fallait également que l’écurie soit bien propre. En effet, avant de se mettre à table, les anciens allaient souvent faire un tour dans l’étable. C’est là qu’on estimait la capacité de traction de la borde.

Pour réunir ces grandes tablées, on choisissait parfois le hangar si le grenier était trop petit pas facile d’accès. Pas de souci, on savait faire ! Les repas des battages, des vendanges, pour tuer les cochons, lors des deuils lorsque les gens venaient de loin et bien d’autres…

Quelques jours avant, on avait fait le tour chez les voisins, avec la charrette, pour aller chercher des tables, des tréteaux, des chaises, des nappes, quelques bassines, casseroles, couverts, etc…

La veille du grand jour

Tout le personnel de service était de bonne heure sur le pont : battage, plumage parage… Chacun avait sa charge sous la houlette de la cuisinière. Cela se faisait dans une ambiance joyeuse de discussions et de rires.

Les jeunes gens prenaient part avec les anciens à la mise en place : par exemple pour poser des draps tout autour avec des courdils pour cacher le petit tas de foin ou un vieux mur etc…  Au préalable, tout le matériel avait été sorti du hangar.

Venait le moment de poser les tables, caler les bancs, installer les nappes, décorer avec des guirlandes selon l’imagination de chacun quelques fois on recommençait… Pour l’événement, les jeunes filles fabriquaient des roses en papier, des guirlandes, que les garçons venaient chercher pour les poser.

Dans la cuisine, la veille du grand jour, il y avait l’équipe qui plumait et une autre préparant le repas du jour pour nourrir tous les participants à midi. Si on avait prévu l’abattage de gros agneaux ou veaux, une équipe était à la découpe, au parage.

A midi/13 heures, on mangeait la soupe, la cochonnaille, une sauce préparée avec des abats et morceaux récupérés le matin même de bonne heure. Rien ne se perdait. Quelques fruits pour le dessert. On entamait parfois la barrique prévue pour le lendemain. S’il y avait du café, il y avait aussi le pouce. On commençait à célébrer les futurs époux qui participaient à ces préparatifs entrecoupés par la venue du coiffeur ou l’essayage des tenues.

On était impatients. Le lendemain serait un jour de fête."

Je remercie Aimé Boyer pour ce témoignage tellement précieux.

 

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Publié le 20 Février 2021

photo coll.Nardèse

photo coll.Nardèse

 A la métairie, les occasions de jeux pour les enfants étaient multiples. Les plus grands, en âge d'aider, se voyaient confier des tâches dans les champs ou pour le soin des animaux ou encore des tâches domestiques. Lorsque la famille était nombreuse, les aînés veillaient souvent sur les cadets surtout lorsque les gros travaux accaparaient les parents à certaines périodes de l'année. Berthe se souvient de son enfance dans les années 50 à la métairie :

"En ce qui concerne les jeux des enfants de tous les jours, ce n'était pas très compliqué les aînés veillaient sur les plus petits, on jouait beaucoup avec les animaux domestiques, les chiens en particulier, à la corde à sauter, à la marelle, au ballon, on faisait du vélo. Les filles jouaient avec une dinette souvent agrémentée de bouts de vaisselle cassée, d'une vieille casserole, de vieux couverts, avec de l'herbe, des graines, de la terre qui étaient les denrées alimentaires !

A l'intérieur on jouait beaucoup aux petits chevaux, au jeu de l'oie, aux dames ou aux cartes surtout avec les grands frères et le papa. On avait de petits trésors que l'on trouvait dans la fameuse lessive "Bonux".

On lisait aussi les premiers livres de la bibliothèque rose, les livres de classe ou l'on découvrait la géographie, les sciences naturelles. Les grandes soeurs apprenaient à la plus petite à broder ou à tricoter et même à faire de la pâtisserie. C'était un quotidien simple, sans beaucoup de moyens... mais qu'est ce qu'on était heureux en famille le soir au coin du feu avec une poêlée de châtaignes grillées !"

 

Merci à Berthe - et à sa famille - pour ses souvenirs et les photos, formidables témoignages de la vie à la borde autrefois.

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Lauragais d'antan (117) : jeux d'enfants à la borde
Lauragais d'antan (117) : jeux d'enfants à la borde
Photos coll. Nardèse

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Publié le 13 Février 2021

Photo coll.Nardèse

Photo coll.Nardèse

Le mois de février est déjà bien installé, voilà qui nous donne l'occasion de passer en revue quelques dictons et proverbes qui le concernent.

C'est le mois le plus court de l'année qui, les années ordinaires, commence le même jour de la semaine que mars et novembre. Au cours des années bissextiles, il commence le même jour de la semaine que le mois d'août.

Il tient son nom du latin Februarius, dernier mois du calendrier romain au cours duquel avait lieu les rites du purification universelle comme les Lupercales (13 au 15 février).

Mais revenons à l'occitan...

  • Nèu de febrièr es coma d'aiga dins un panièr, se s'ajoca coa coma una cloca

La neige de février est comme de l'eau dans un panier, si elle s'installe elle couve comme une glousse.

  • Al mes de febrièr, la nèu cocha pas sul fumièr.

La neige de février ne passe pas la nuit sur le tas de fumier.

  • Val plan pauc le mes de febrièr se fa pas florir l'ametlièr 

Il ne vaut pas grand chose le mois de février s'il ne fait pas fleurir l'amandier

  • Se trona al mes de febrièr, cal metre las barriras al solièr

S'il tonne au mois de février, il faut mettre les barriques au grenier.

  • Se febrièr plora, abrial ris

Si février pleur, avril rit

  • Febrièr es mes gatièr mas gat miaulaire es pas cassaire

Février est le mois des chats mais chat miauleur n'est pas chasseur.

Si vous connaissez d'autres dictons, expressions ou proverbes sur ce thème, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons la petite collection de ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

Merci à Berthe pour les photos formidables.

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Photo coll.Nardèse

Photo coll.Nardèse

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Publié le 30 Janvier 2021

Carte postale Les Moulins de Castelnaudary coll.S.Saffon

Carte postale Les Moulins de Castelnaudary coll.S.Saffon

Au cours du vingtième siècle les ailes de s moulins dont le Lauragais était hérissé ont peu à peu cessé de tourner. Ils ne reste aujourd'hui que quelques témoignages et nom de lieux de cette architecture typique et peut-être... quelques traces dans les proverbes, expressions et dictons occitans. En voici quelques-uns...

Per un ase mort on tanca pas le molin.

Pour un âne mort, one ne ferme pas le moulin.

 

Se volès pas èstrer blanc, te fretes pas al molinièr.

Si tu ne veux pas être blanc, ne te frotte pas au meunier.

 

L'aiga del mes de junh anima le molin a punt.

L'eau du mois de juin anime le moulin à point.

 

Vira (brasseja) coma un molin a vent.

Il tourne (s'agite avec les bras) comme un moulin à vent

 

Plan fin le molinièr que ten son molin dreit al mes de febrièr

Bien fin le meunier qui tient son moulin droit au mois de février.

 

Le vent : Plega las telas , molinièr ! Se las plegas pas, ieu te las plegarai.

Le vent : Plie les voiles, meunier ! Si tu ne les plie pas, moi je le ferai.

 

Merci à Serge Arnaud pour les photos.

 

Si vous connaissez d'autres dictons ou proverbes sur les moulins, les meuniers, la farine qui étaient usités en Lauragais, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Moulin de Baziège coll. Serge Arnaud
Moulin de Baziège coll. Serge Arnaud

Moulin de Baziège coll. Serge Arnaud

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Publié le 23 Janvier 2021

Photo coll. Serge Arnaud

Photo coll. Serge Arnaud

Nous avons déjà évoqué ici les animaux de trait. Voici quelques photos de différents contributeurs assorties du témoignage d'Aimé Boyer qui éclaire de ses souvenirs la période avant le tracteur où la force motrice des campagnes était constituée par ces différents animaux :

"Chez nous, les vaches étaient utilisées au même titre que les bœufs. Les bœufs étaient lents mais plus puissants. Les vaches plus légères, plus rapides, mais elles contribuaient en plus au renouvellement du troupeau, à la production de lait et de viande.

Une bête de trait, il fallait la dresser. Ce la se faisait, au fil des semaines, avec savoir-faire et patience. Au sevrage, on choisissait l’animal en fonction de la qualité de ses géniteurs. Il fallait veiller à la forme des cornes d l’animal lors de leur développement -comme pour les dents aujourd’hui -  avec un appareil que mon père avait fabriqué avec une vis, qu’on réglait un peu tous les jours, sans forcer. Ainsi à l’âge d’être attelée, le joug ne les blessait pas.  Un peu plus tard, on habituait les oreilles à la corde, pour que l’animal supporte ensuite les guides, le moment venu. Quelques temps avant de poser le joug de travail, on les habituait à la jouate et on les mettait en appairage avec une vache dressée.  Cela demandait beaucoup de tendresse et de patience.

S’il y en a qui parlent aux oreilles des chevaux, d’autres parlaient alors aux oreilles des vaches. 

Les bœufs, eux étaient plus lents mais puissants. Le brabant, la faucheuse lieuse – le seul engin agraire qui a résisté une fois attelé au tracteur – étaient tractés par les bœufs. On les employait aussi pour débarder des arbres. Pour labourer la vigne, ils avaient la tête beaucoup plus haute, cela permettait de passer avec le joug à coulisse au dessus des piquets.

             Ces attelages de traits avaient un nom, pour les boeufs Le Mule,  Le Marelh    (Occitan de Caraman

             Pour les attelages de vaches     La Falbe, la Marelha   

Ces noms correspondaient à la position, à leur poste de travail. J’ai oublié qui était l’animal de base (à gauche) chargé de suivre le sillon tracé et particulièrement pendant le labour en planche. Pour la faucheuse, c’est l’animal de droite.

Pour les autres travaux non pas d’obligation de base (Le brabant, l’allairre la canadienne)

Le cheval, lui, est plus rapide. La faneuse la bineuse, le râteau,  travailler au milieu de la vigne, apporter les produits alimentaire au marché, se déplacer avec la carriole et d’autres encore étaient des tâches qui lui convenaient. 

 Le médecin,  le vétérinaire, le boulanger , eux, étaient équipés d’un cheval.

L’âne et le mulet étaient utilisés surtout par les producteurs de légumes, le rémouleur , le rétameur.

Et tous les ans, le passant qui vendait des pierres à briquets, des lacets, des mèches amadou entre autres et qui entretenaient le lien rural."

 

Merci à tous les contributeurs des carnets d'Emile pour le partage des ces photographies : famille Nardèse, Aimé Boyer , Laure Pagès, Serge Arnaud, Christiane et Jean Françoise Bruno, Jean-Claude Rouzaud, Bernard Bnnaval. Merci Aimé pour le témoignage.

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Photo coll. Nardèse

Photo coll. Nardèse

Photo C et JF Bruno

Photo C et JF Bruno

Photo Aimé Boyer

Photo Aimé Boyer

Photo Laure Pagès

Photo Laure Pagès

Photo coll. JC Rouzaud

Photo coll. JC Rouzaud

Envoi de Bernard Bennaval, le ramassage des "camborles" de maïs à Prunet 1952

Envoi de Bernard Bennaval, le ramassage des "camborles" de maïs à Prunet 1952

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Publié le 16 Janvier 2021

Photo coll.JC Rouzaud

Photo coll.JC Rouzaud

Dans les Carnets d'Emile, pas une semaine sans que les boeufs, force motrice de la métairie, ne soient évoqués... Dans Ceux de la Borde Perdue (http://www.bordeperdue.fr), on voit à quel point les trois paires de boeufs sont sollicitées pour les travaux quotidiens.

Ils sont si importants dans le travail des bordes d'autrefois qu'ils ont même venus se glisser dans les dictons du quotidien. En voici quelques-uns...

 

Uròs coma un buòu a la grupia

Heureux comme un boeuf à la mangeoire

 

S'i entendre coma un buòu a ratar

S'y entendre comme un boeuf à rater (chasser les rats)

(expression qui existe aussi avec le cochon)

 

Buòu vielh fa rega dreita

Vieux boeuf fait raie droite

 

Los jorns alongan : per Nadal d'un pè de gal, per l'an nòu d'un pè de buòu

Les jours allongent : pour Noël d'un pied de coq, pour l'an neuf d'un pied de boeuf. 

 

Les buòus se menan per las banas, les òmes per la lenga

Les boeufs se mènent par les cornes, les hommes par la parole.

 

S'as pas de buòu fa laurar l'ase

Si tu n'as pas de boeuf, fais labourer l'âne 

Grand merci à JC Rouzaud et S. Arnaud pour les photos.

Si vous connaissez d'autres dictons ou proverbes sur les boeufs qui étaient usités en Lauragais, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Envoi de S. Arnaud

Envoi de S. Arnaud

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Publié le 9 Janvier 2021

Photos coll. NardèsePhotos coll. Nardèse

Photos coll. Nardèse

Tuer le cochon était un événement important de la vie des campagnes lauragaises, nous avons évoqué cela en détail l'année dernière (voir : Tuer le cochon ).

Caler la date n'était pas simple au coeur de l'hiver : il fallait que non seulement le saigneur soit disponible - or, il avait fort à faire d'une borde à l'autre - mais aussi tous ceux qui étaient susceptibles d'aider car l'entreprise était d'envergure.

Voici un document qui témoigne de cette organisation. Marie écrit à ses parents et à son frère Jean et sa belle-soeur Fine (Joséphine) pour les inviter à participer. Pour rappel, Jean est celui dont vous lisez le carnet tous les jours depuis début janvier.

"Labastide 5 janvier1949

Bien chers parents

Je viens vous rappeler en deux mots que nous tuons le cochon lundi 10 donc nous comptons sur vous.

Ancely en a deux le même jour cela fait que nous le tuerons un peu matin mais enfin si Jean n'est pas là pour le tenir nous commencerons il s'agirait qu'il soit là pour lui aider à le nettoyer Quant à Fine qu'elle vienne dès qu'elle pourra. Je ne parle pas de papa et maman je sais qu'ils ne viendront pas.

Je vous quite en espérant que vous êtes en bonne santé. Nous avons reçu une carte de Camille il nous dit qu'il va bien aussi.

A lundi je vous embrasse

Marie"

On lit dans ce document la nécessaire organisation de cette journée. Jean était censé venir aider à tenir le cochon lorsqu'il serait tué. De bonne heure puisque le saigneur en a programmé deux dans sa journée. Fine les rejoindrait dès que possible : il est facile d'imaginer que ce serait après les longues corvées matinales liées aux soins des animaux de la ferme qu'il fallait nourrir notamment.

Les parents eux sont dispensés de cette journée du cochon car il faut bien que quelqu'un veille sur la borde en l'absence de Jean et Fine.

 

Je remercie la famille Nardèse pour ses fabuleuses photos. Le courrier est une archive personnelle.

 

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Archives personnelles
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Publié le 25 Décembre 2020

Lauragais d'Autrefois (111) : Les Noël lauragais d'antan (2/2)

Dans le post précédent, Aimé a évoqué pour nous les souvenirs de ses Noël d'enfant à la fin des années 30. Aujourd'hui, voici ceux de Berthe dans les années 50. Mes remerciements les plus chaleureux pour cette contribution.

Joyeux Noël à tous les lecteurs des Carnets d'Emile !

"Je suis née en 1950 dans une ferme du Lauragais. Mes parents étaient alors métayers, « à moitié », c’était des conditions très dures à l’époque mais ils avaient eu la chance de tomber sur des propriétaires compréhensifs qui voulaient avant tout maintenir leur ferme car ils étaient pharmaciens dans l’Ariège. D’ailleurs ce furent mon parrain et ma marraine.

Nous étions 6 enfants et je suis la 5ème.

Les Noëls étaient des jours pratiquement comme les autres, le travail était le même car il y avait beaucoup d’animaux.

Comme c’était un petit village il n’y avait pas de messe de minuit mais un office le jour de Noël.

 

Les cadeaux du marché de Castelnaudary

 

Malgré tout le Père Noël se débrouillait pour déposer des cadeaux dans les souliers laissés au bord de la cheminée car en ce temps là on ne faisait pas le sapin de Noël ! Au matin nous y trouvions, une mallette de jeux de société pour pouvoir faire d’interminables parties de jeux tous ensemble, des souliers tout neufs, des pulls tricotés par les grandes filles, des bonnets, des cache-nez, des gants, la plus gâtée c’était moi car ma marraine m’offrait de beaux habits, des chocolats et des dattes (mets très rare à l’époque) .

Aussi loin que remontent mes propres souvenirs je me rappelle d’une magnifique poupée en caoutchouc, les poupées « Mimi » avec une belle robe bleue et d’une petite armoire pour ses habits peinte en blanc (je sais aujourd’hui que ce n’est pas le père noël qui me les avaient amenées mais mon papa qui m’avait acheté la poupée au marché de Castelnaudary et qui m’avait fabriqué l’armoire !)

Mon dernier souvenir de Noël est toujours bien ancré dans ma mémoire : un petit bureau avec sa chaise, seulement mes parents estimaient que je n’avais plus l’âge de croire au Père Noël et moi j’ai piqué une colère mémorable car je ne voulais pas croire que c’étaient mes parents qui me l’avait acheté mais bien le Père Noël qui me l’avait apporté ! J’ai conservé ce bureau jusqu’en 2006, mes enfants y ont fait leurs devoirs dessus.

 

Des jeux, des rires et des douceurs

 

Les veillées en ce temps là étaient fréquentes, le soir de Noël des voisins venaient, des cousins aussi qui restaient quelques jours. Jeu de cartes, vin blanc, café et pâtisseries préparées par mes sœurs qui fréquentaient l’école ménagère de Villefranche.

Nous sommes d’origine Italienne, le jour de Noël on avait le « Baccala » morue très très séchée, que ma maman préparait dans une marmite au coin du feu, il avait mijoté la veille toute la journée, auparavant mon papa l’avait tapé au marteau pendant plusieurs heures car ce poisson était devenu, par l’effet du salage et du séchage, aussi dur que du bois. Le jour de Noël il était servi avec sa sauce à la tomate et le fameux millas tourné pendant des heures dans la cheminée, dans un chaudron de cuivre et étalé sur un drap sur une table puis découpé en morceaux. Un régal ! Maman préparait les spaghettis à la tomate avec des sardines salées que l’on vendait alors dans des tonneaux à l’air libre, également les fameuses oreillettes dont plus jamais je n’ai pu retrouver le goût merveilleux ! Des pâtisseries faites par mes sœurs.

Vous voyez on mangeait plus qu’à notre faim avec les produits que l’on avait de la ferme. Pour si peu que quelques jours avant on ait tué les canards on avait du foie gras poêlé.

Pas de sapin mais une petite crèche avec des petits personnages et animaux que j’ai encore et chaque année je refais cette petite crèche !

Souvenirs de Noël heureux, pas si différents des autres jours, mais festifs quand même."

 

Joyeux Noël à tous les lecteurs des Carnets d'Emile !

 

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Lauragais d'Autrefois (111) : Les Noël lauragais d'antan (2/2)
Lauragais d'Autrefois (111) : Les Noël lauragais d'antan (2/2)

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Rédigé par Emile

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Publié le 24 Décembre 2020

Lauragais d'Autrefois (110) : Souvenirs des Noël lauragais d'antan (1/2)

A la métairie, Noël était un jour particulier. S'il n'était pas fêté de la même manière qu'il peut l'être aujourd'hui, cette fête constituait tout de même un moment particulier dans les familles. Durant quelques heures, le temps se suspendait un peu...

Je vous propose aujourd'hui de retrouver les souvenirs d'Aimé Boyer datant des années 30 à 40 qui avaient été publiés l'année dernière, demain ce sera au tour de Berthe de nous raconter ses Noël des années 50.

Qu'ils soient ici chaleureusement remerciés pour leurs éclairages précieux sur cette vie d'antan dans les métairies lauragaises.

 

"Quelques jours avant Noël, il était de tradition de se préparer. Les hommes de la maisonnée procédaient au ramonage de la cheminée. La veille de l’évènement, un soin particulier était apporté à la propreté de l’écurie, on rajoutait un peu de paille à la litière et une petite fourchée de plus de foin dans le râtelier. A cette occasion, on aimait bien bien carder les animaux, leur friser la queue. Cela consistait à la laver avec de l’eau savonneuse et avant qu’elle ne sèche, on séparait les crins un à un. Une fois secs, cela leur donnait un air pompeux et apprêté.

 

Rejoindre la messe de minuit avec la lampe tempête

 

Dans mon enfance, pour se rendre à la messe de minuit, on se retrouvait sur la route avec les voisins, équipés de lampes tempête ou à carbure. Il y avait beaucoup de ferveur. Après la messe et tout le cérémonial qui l’accompagnait, on repartait ensemble avant de se quitter en se souhaitant une bonne nuit et une bonne santé.

En arrivant à l’ostal, il y avait un petit gâteau à grignoter, quelques fois était-il accompagné de vin chaud. A cette époque, dans les campagnes, il n’y avait pas de réveillon.

On laissait ensuite s’éteindre le feu. Cette nuit-là, on ne posait pas les verrous, aux portes de l’écurie.

Au matin il y avait quelques joujoux pour les enfants : un petit Jésus en sucre dans un sabot en chocolat, un tambour ou une panoplie de couturière ou bien encore une petite trompette en tôle. On était heureux avec très peu. Après avoir retiré les modestes cadeaux, le feu était rallumé.

 

Une longue bûche d'ormeau

 

On installait alors une immense bûche, bien noueuse choisie dans de l’ormeau. Mon arrière-grand-mère la bénissait avec l’eau de Pâques  après avoir dit des paroles et des prières en patois.

Cette bûche devait alors brûler jusqu'au premier janvier en prenant bien soin de ne pas la laisser s’éteindre. On en conservait un petit tison que l’on gardait dans une caisse de bois rangée sous l’évier.

On rallumait ce tison à chaque naissance tout au long de l’année qu’elle soit dans la famille ou parmi les animaux de la ferme.

Bien-sûr au cours de cette journée, on allait à la grand-messe de la Nativité appelée aussi Noël avec des chants de joie adaptés à l’événement.

 

Une salade d'oranges au vin blanc

 

En ce jour particulier, nous préparions un dîner (repas de midi en Occitanie) amélioré. Etaient servies poule au pot et sa suite et pour le dessert, une salade d’oranges au vin blanc. Délicieux et rare.

Noël tel qu’on le connaît aujourd’hui, le sapin, les cadeaux, le réveillon ne se sont invités à la ferme que quelques années plus tard lors de la modernisation agricole. Une autre époque."

 

Retrouvez demain les Noël lauragais de Berthe dans les années 50.

 

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Santons des années 50

Santons des années 50

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Publié le 21 Décembre 2020

Une métairie lauragaise sous la neige (photo famille Nardèze)

Une métairie lauragaise sous la neige (photo famille Nardèze)

C'est l'hiver et voici aussi que Noël approche.

Ils sont comme des virgules dans une conversation lauragaise : ces proverbes occitans reviennent encore parfois pour qualifier la saison hivernale.

Ils sont basés les croyances ou la superstition mais surtout sur le bon sens et l'observation. Il y est question de cette neige de février qui fond rapidement sur les coteaux du Lauragais, du froid qui mord et parfois surprend. Après avoir traité de ceux concernant l'omniprésent vent d'autan (ici), voici ceux que l'hiver nous apporte dans son traîneau...

  • Quand Nadal se solelha, Pascas crama la lenha

Quand Noël est ensoleillé, Pâques brûle le bois

  • Per Nadal, les jorns creissan d'un pas de gal

Pour Noël, les jours s'allongent d'un pas de coq

  • Plèja per Nadal, solelh pels Rampalms 

Pluie à Noël, soleil aux Rameaux

  • Per Nadal, cajun dins son ostal

Pour Noël, chacun dans sa maison (dans sa famille)

  • L’ivèrn es pas bastard s'arriba pas d'ora arriba tard.

L'hiver n’est pas bâtard, s'il n'arrive pas de bonne heure, il arrive tard.

  • Quand les corbasses son a l'ensús, l'ivèrn nos tomba dessus ; quand les corbasses son a l'enbàs, l'ivèrn es passat

Quand les corbeaux volent haut, l'hiver nous tombent dessus, quand les corbeaux volent bas, l'hiver est fini

  • A la sant Marti, la lèbre es pel cami, a Nadal la lèbre es al pè de l'ostal.

A la Saint Martin, le lièvre est dans le chemin, à Noël il est au pied de la maison.

  • Se trona al mes de janvièr, i aura de blat a plens sestièrs

S'il tonne au mois de janvier, il y aura du blé à pleins setiers.

  • Nèu de febrièr es coma d'aiga dins un panièr, se s'ajoca coa coma una cloca

La neige de février est comme de l'eau dans un panier, si elle s'installe elle couve comme une glousse.

  • Al mes de febrièr, la nèu cocha pas sul fumièr.

La neige de février ne passe pas la nuit sur le tas de fumier.

Merci à Huguette, Aimé, Hélène, Pierre pour leurs contributions. Merci à la famille Nardèze pour la si belle photo de la ferme sous la neige.

Si vous connaissez d'autres dictons ou proverbes sur Noël, l'hiver, le froid qui étaient usités en Lauragais, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Publié le 20 Décembre 2020

Lauragais d'Autrefois (108) : transvaser le vin (trescolar)

L'opération de transvasement du vin avait lieu une à deux fois par an dans les métairies et les fermes qui possédaient une vigne (toutes ou presque à l'époque qui nous intéresse). Cette opération est le soutirage . Le vin est ainsi débarrassé de ses résidus de fermentation. On disait transvasar ou trescolar en occitan. Aimé Boyer se souvient de la façon dont cela se déroulait : 

"Toutes les barriques étaient  posées côte à côte, calées sans se toucher, sur un échafaudage le long du mur de nos petites caves. Cet échafaudage était fait avec des tronc d’arbres, généralement du peuplier, bois facile à travailler Au châteaux les barriques étaient disposées sur plusieurs rangées et fabriquées par un professionnel On appelait ce support le tindon ou tindol.

La hauteur calculée permettait à une comporte de passer sous la tête avant de la barrique, côté robinet  Le transvasement se réalisait aux moins deux fois l’an et parfois plus. On portait une attention particulière à celui du printemps. On disait que quand la vigne bourgeonnait, il se produisait un effet sur le vin tout comme la farine réagirait quand le blé fleurit, ce qui ennuierait le boulanger.

Après avoir vérifié la lune et si le vent d’autan n’allait pas, jouer quelques tous, on avait donc préparé quelques jours avant les barriques vides mises à tindon. On les avait au préalable lavées. Mais là, il y avait deux écoles : ceux qui ne lavaient pas sous prétexte de détruire le tanin du bois, Alors que d’autres lavaient systématiquement. comme je le faisais. Avais-je raison ?

Pour transvaser, on posait dons une comporte sous la barrique à vider, on posait un robinet dans le troue prévu pour cette manœuvre, avec le marteau,  en tapant sur le robinet on faisait reculer le bouchon de liège dans la barrique ?

Il n’y avait plus qu’à ouvrir le robinet, mais auparavant on avait vérifié l’état de la barrique receveuse : parfum, étanchéité... On installait alors l'enfonilhun grand entonnoir équipé de quatre pieds qui se posait à cheval sur la barrique.

 Le tuyau verseur introduit dans la bonde, avec un seau ou un décalitre, on puisait dans la comporte, et on vidait dans l’enfonilh ça sentait bon mais avant le premier seau, on avait pris soin de « goûter » le produit.

Il fallait aussi avoir réglé le débit du robinet, il ne fallait surtout pas le fermer et éviter de provoquer un remous qui aurait mélangé la lie avec le vin, ce qui aurait été une catastrophe.

Quand justement cette lie - ce « film naturel posé sur le vin comme une toile d’araignée, qui protégeait le contenu de maladies, ou aérations du vin" -  commençait à couler on arrêtait de transvaser, on réservait cette mixture dans une autre comporte dans laquelle on rajoutait les autres fonds de barriques on laissait reposer ! Et  après un filtrage, on consommait, ça n'avait évidemment rien à voir avec un grand millésime 

Mais cela valait le vin fait avec des pruneaux quand les années de vendanges avait échoué.

Voila une matinée bien occupée ! Au château, même mouvement, là encore quelques métayers allaient aider."

Mes remerciements à Aimé Boyer pour le partage de ses souvenirs.

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Publié le 12 Décembre 2020

Photo coll. Nardese

Photo coll. Nardese

Nous avions déjà abordé l'importance de compléter les maigres revenus du quotidien à la métairie ainsi que les menus familiaux. C'était le cas grâce au clapier à lapins de garenne installé dans le pré (voir article ici : http://www.lescarnetsdemile.fr/2020/05/lauragais-d-autrefoi-73-les-lapins-de-garenne-et-les-clapiers.html ).

Grâce au témoignage d'Aimé Boyer et de ses souvenirs d'enfance pendant la guerre, voici quelques autres moyens utilisés alors... Souvenirs précieux d'un enfant du Lauragais...

"Herboristerie : Pendant la guerre, on nous faisait ramasser des plantes, pour alimenter l’herboristerie pour fabriquer des remèdes. Les coquelicots, la prèle, l'armoise, le sureaux et autres... Le jeudi et le dimanche, nous procédions à la cueillette et nous apportions cela à l'école. Nous déposions les plantes sur une table au fond de la classe. Quelqu’un venait le chercher, l'école était récompensée. d'une affiche médicale ou de crayons de couleurs, etc…

L'aparatada consistait en fin d'automne, par grand vent, à capturer des oiseaux. Équipés de lampe à carbure, d’un manche avec fixé au bout une petite  planche- comme le battoir de la lavandière) - il fallait faire tomber l’oiseau et le récupérer. Cela permettait d'améliorer le menu du jour.

Des grillons pour les poissons : je passais tous les soirs près de la forge, en sortant de l’école, curieux de voir le fer rouge changer de forme avec le marteau, la morasses (grosses pinces et l'enclume. Je ne m'en lassais pas.

Au printemps il me demandait de lui apporter des grillons, pour aller à la pêche, qui était son seul loisir. Bien-sûr une mission comme celle-là ne se refuse pas. Le jeudi, armé d’une grosse boîte avec un petit trou, j’allais me promener sur les labours. Il y en avait en pagaille. Le problème c’est qu’il ne voulait, que des femelles. On les reconnaît car elles sont dotées d'un appendice à l’arrière du corps qui sert à déposer les oeufs dans la terre.

J’avais droit en échange à des petits sous ainsi que quelques poissons qu’il laissait en revenant de la pêche."  

D'autres moyens de subsistance seront évoqués ici dans un prochain article.

Je remercie sincèrement Aimé pour le partage de ses souvenirs et Berthe pour ses si belles photos.

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

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Publié le 5 Décembre 2020

Photo Bruno Alasset

Photo Bruno Alasset

Que serait la basse-cour sans la poule ? On ne voit qu'elle qu'elle, elle est la reine et a un rôle essentiel dans l'alimentation de la famille à la métairie (ah...les oeufs...). Tant et si bien qu'à force de caqueter, elle s'est même glissée dans le langage du quotidien et dans de multiples dictons occitans. En voici quelques-uns.

Rappelons qu'en occitan que le -a final se prononce o (mais bien a à l'intérieur des mots) et que le -o à l'intérieur des mots se prononce ou (mais bien o à la fin des mots).

La poule a de la chance, elle a deux mots rien que pour elle : la galina (prononcer galino) ou la pola (prononcer poulo)

Pola vielha fa bon bolhon.

Une vieille poule fait un bon bouillon.

Gaita aquo coma una pola qu'a trapat un cotèl

Il regarde cela comme une poule qui a trouvé un couteau. (avec curiosité et surprise)

Es coma la pola blanca quant a pas mal al cuol a mal a la anca

Il est comme la poule blanche quand il n'a pas mal au c... il a mal à la hanche (il se plaint sans cesse)

Deurà parlar res que quant las polas pissan

Il ne devrait parler que quand les poules pissent (en gros, il devrait se taire)

Las polas pondon per le bec

Les poules pondent par le bec (il faut bien les nourrir)

Las polas parlan pas de capons

Les poules ne parlent pas de chapons

 

Si vous connaissez d'autres dictons ou proverbes sur les poules qui étaient usités en Lauragais, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Publié le 28 Novembre 2020

Un carnet pour refaire le chemin vers 1938

Un carnet pour refaire le chemin vers 1938

C’est un autre type de carnet qui m’a été confié dont je vous ai proposé des extraits il y quelques semaines (voir : http://www.lescarnetsdemile.fr/2020/09/lauragais-d-autrefois-94-un-journal-de-ferme-de-1936.html ) dans ce nouveau post. Il nous ramène en amont de la période que nous avons l’habitude de traiter ici puisqu’il date des années 30. Nous nous arrêterons aujourd’hui sur l’année 1938 qui se tient sur 3 pages. Il est tenu par Germain Fauré. 

L'écrit est un peu plus bref que les carnets d’Emile - chacun créait son outil de travail, outil de mémoire en fonction de son besoin et de ses habitudes - mais d’autres détails y figurent sur lesquels il est intéressant de se pencher.

Tous les jours de l’année n’y sont pas traités, la météo n’y est pas non plus évoquée. Il sert beaucoup d'aide mémoire. On y trouve ainsi les mentions des boeufs et des chevaux lorsqu'ils sont ferrés, les réglages du semoir.

D'autre part, on y trouve aussi l'adresse de professionnels : électriciens, vendeurs de porcs...

Parmi les événements de l'année, le creusement et la construction d'un puits sont mentionnés.

Les quantités de maïs ainsi que les surfaces dédiées au fourrage pour la graine sont renseignées. Enfin comme en 1936, sont notés tous ceux qui sont venus aider pour les battages notamment. En quelques lignes est ainsi brossé le bilan d'activité d'une année à la ferme.

 

Nous reviendrons prochainement sur les cahiers de Germain Fauré pour y découvrir d'autres détails.

Je remercie sincèrement Paul Escrieut de me les avoir confiés pour les partager avec vous.

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Publié le 20 Novembre 2020

photo d'illustration

photo d'illustration

Parfois le propriétaire de la métairie en possédait plusieurs, pour coordonner et superviser certains travaux, il avait un régisseur. Voici le témoignage au sujet de ces rapports - pas toujours simples - entre régisseur et métayers dans le lauragais d'autrefois que nous confie aujourd'hui Aimé :

"Le lavage des barriques au château fait partie des travaux que devait le métayer au bailleur. Comme la granda Bugada,  couper et fendre le bois, nettoyer les greniers ou encore tailler les haies du parc ou même approvisionner l’eau des citernes du château. etc…

La granda bugada, la lessive a été détaillée dans Ceux de la Borde Perdue (voir https://www.bordeperdue.fr/post/chapitre-14-a-la-granda-bugada )

Laver la futaille faisait partie de ces corvées.! Pour avoir du bon vin, il fallait aussi avoir des récipients propres non seulement à la décuvaison mais aussi dans le courant de l’année car il fallait transvaser deux ou trois fois.

D'abord, le régisseur venait la veille avec son petit chapeau et ses bottes de cheval bien cirées.

Après avoir fait un tour dans l’écurie,  il nous disait : "demain on lave les barriquessans demander si l'on pouvait. Donc à l’heure dite, le lendemain, nous allions à la cave où un copieux petit déjeuner nous était proposé. Au menu : boudin, jambon, lard, quelquefois un fromage, un fruit du verger du château, et du vin à volonté

Il y avait aussi bien-sûr la marque de pain, dans laquelle chacun coupait une tranche, avec son propre couteau  du type Opinel ou autre...

Eh oui, le couteau faisait parti de la panoplie du paysan, car avec la traction animale, il arrivait  parfois d'avoir à délier les attelages  en urgence  : charrette, renversée, rouleau coincé à un arbre, essaim de guêpes...

Il fallait couper les juilles (lanière servant à attacher le joug sur la tête des boeufs) qu’on réparait plus tard avec des rivets plats, le marteau, le pli de la charrue renversé en guise d’enclume, sans oublier l’alène (poinçon) pour faire le passage pour le rivet.

Nettoyer la futaille consistait à vider un ou deux seau d’eau dans la barrique par l’orifice qu'on appelait infonil . Quelquefois, on faire descendre une chaîne à l'intérieur pour décaper le tartre. On l' attachait avec un fil de fer coincé avec la bonde et replié sur celle-ci.

On se mettait sur le côté de la barrique, une main à chaque tête, on faisait balancer. Celle-ci étant oblongue, ce geste n’était pas trop pénible. Une fois lancée, elle se balançait presque seule, il n’y avait plus qu’a changer les mains de place pour la faire tourner, sur place.

Après plusieurs tours il fallait la vider après avoir enlevé la bonde : on la faisait rouler sur une échelle couchée au sol ! Ceci était répété deux ou trois fois. Ici le régisseur intervenait, il sentait dans la barrique. S’il avait un petit différent avec un métayer, il la lui faisait laver plusieurs fois ! Ce qui n’arrangeait pas les rapports.

Le foudre de 500 litres était plus difficile à manoeuvrer : l’ovale de l’ellipse était plus court, il fallait se mettre à deux et bien s’entendre. 

Tout au long de ce travail, chacun avait son verre du déjeuner et allait de temps en temps au robinet de la barrique sans restriction."

 

Sincères et amicaux remerciements à Aimé Boyer pour le partage de ses souvenirs.

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Publié le 14 Novembre 2020

Lauragais d'Autrefois (103) : le chemin dans les expressions occitanes

Chemin faisant (camin fasent), l'auteur de ces lignes se demanda quelles expressions et dictons occitans il pouvait cueillir au bord de la route. En voici un petit florilège :

 

Le que court sus un camin peiregos es un asard se ne trabuca pas.

Celui qui court sur un chemin pierreux, c'est un hasard s'il ne trébuche pas.

 

Se l'ivèrn sièc son camin, arriva a Sant Martin.

Si l'hiver suit son chemin, il arrive à la Saint Martin.

 

Vielh coma un camin.

Vieux comme un chemin.

 

A la sant Marti, la lèbre es pel cami, a Nadal la lèbre es al pè de l'ostal.

A la Saint Martin, le lièvre est dans le chemin, à Noël il est au pied de la maison.

 

Esser per camins et carrièras

Être par voies et par chemins

 

Si vous connaissez d'autres dictons ou proverbes sur la route, le sentier, le chemin qui étaient usités en Lauragais, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Publié le 7 Novembre 2020

photo coll. Rouzaud

photo coll. Rouzaud

Cette photo adressée par J.C. Rouzaud a été prise lors d'un concours de labour en 1957 ou 1958 à l'ancienne coopérative du Marès sur la commune d'Avignonet-Lauragais.

Au cours de ces épreuves qui peuvent mener les lauréats jusqu'au concours national en se qualifiant au fur et à mesure des étapes locales, départementales puis régionales, les concurrents font montre de leur savoir-faire. La régularité des sillons, leur profondeur, leur précision sont autant de critères évalués au regard du temps donné pour l'épreuve.

En France, le premier concours national fut lancé en 1954. A l'époque où la mécanisation était en plein développement, c'était aussi un moyen de réunir les agriculteurs pour parler et échanger sur ces techniques nouvelles et la pratique du métier en plein évolution. Les tracteurs se sont en effet démocratisés dans les campagnes après la 2nde Guerre Mondiale grâce au plan de modernisation et d'équipement de l'agriculture notamment.

Le ministère éditait notamment des brochures pour inciter à investir dans un tracteur (voir ci-après).

Sur le même thème, labours profonds et charrue balance, voir article précédent ici : http://www.lescarnetsdemile.fr/2020/08/lauragais-d-autrefois-91-les-labours-profonds-et-la-charrue-balance.html

Merci à J-C. Rouzaud pour la photo partagée.

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doc. coll. S.Saffon
doc. coll. S.Saffon

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Publié le 31 Octobre 2020

photo Coll.Nardèse

photo Coll.Nardèse

La période de confinement que nous vivons - pour la deuxième fois cette année - est-elle inédite ? Elle l'est par sa dimension, sa durée et son étendue. 

Cependant, en faisant quelques recherches, on s'aperçoit tout de même que, dans les campagnes lauragaises, des périodes d'isolement ou de quarantaine ont été vécues en différentes circonstances provoquées non seulement par la maladie mais également par les aléas climatiques (neiges importantes, inondations...). Passage en revue de ces situations exceptionnelles...

1952 : la fièvre aphteuse

La fièvre aphteuse est cette épizootie que redoutent les éleveurs. C'est une maladie virale qui touche bovins, ovins, caprins, porcins et plus largement tous les animaux à sabots fendus. Elle est d'une grand contagiosité et a pour les éleveurs des terribles conséquences économiques.

Dans la période qui nous préoccupe sur ce blog, deux vagues sont à noter : l'une en 1938 et l'autre en 1952. Elle se manifestait par une température élevée, des aphtes et une surproduction de salive. Parfois les animaux atteints maigrissaient et s'ils parvenaient à s'en remettre, c'était rarement le cas pour les plus jeunes.

Elle n'était pas transmissible à l'homme ou alors rarement et avec des symptômes assez bénins.  

L'inquiétude suscitée par la contagion amenait alors les autorités à mettre en quarantaine certaines fermes ou métairies atteintes pour ne pas que se répande le virus d'un élevage à l'autre. La famille entière, réunie, vivait alors à l'isolement.

Aimé Boyer se souvient de l'épisode de 1952 :

" On déplorait beaucoup de pertes de jeunes bovins, les maisons étaient mises à l'isolement quarante jours durant.

Pour porter les prélèvements au laboratoire, on sollicitait les gendarmes qui étaient chargés de cette tâche. Il n'y avait pas de téléphone aussi pour communiquer, on avait posé une caisse dans la haie à la limite dela propriété. Un chiffon blanc déposé en vue signalait un besoin des habitants. C'était leur seul lien avec l'extérieur, leur seul moyen de communication bien ténu. Nous qui n'avions pas nos animaux atteints allions voir et prenions en charge : besoin de médicaments, de provisions ou autre... On reposait le torchon qui servait de signal quand le service était rendu. Aucun produit bovin ne devait sortir de la ferme, fumier compris. Des pédiluves étaient installés. C'était bien compliqué surtout que ces animaux comme les boeufs de trait ne pouvaient plus travailler. "

 

Dans les carnets d'Emile, on trouve la mention suivante de la main de Jean, le père d'Emile, datée du 27 février 1952 :

Paulette Durand, sa belle-fille, confirme la difficulté de ces moments  :

"En février 1952, j'ai accouché de ma première fille. Nous avons été très inquiets, c'était un bébé prématuré et fragile. Dans l'étable nous avions boeufs et vaches atteints de la fièvre aphteuse que le vétérinaire venait à peine de diagnostiquer. Les visites ont donc été proscrites et la plus grande prudence était de mise. Même le docteur pour venir ausculter le bébé prenait mille précautions pour s'approcher de chez nous en changeant notamment de chaussures à distance."

 

Quelques jours plus tard , dans le carnet on confirme la difficulté de la situation :

 

Les gendarmes sont venus pour établir un rapport sur la situation sanitaire. Etaient alors mises en quarantaine, les seules exploitations touchées par la maladies. Cependant, la période n'a pas duré plus d'un mois et le jeune bovin a été la seule perte. Les boeufs se sont remis et ont repris le travail pour passer la herse dès le 12 mars. Les visites à la ferme ont recommencé fin mars.

 

1956 : la neige et le froid

 

D'autres situations dues à la météo conduisaient parfois à des isolements forcés. Comme lorsqu'il y avait beaucoup de neige.

Paulette Durand se souvient :

"Certains hivers, la neige était si importante qu'il nous était impossible de quitter la ferme. Nous étions isolés du monde tant que la neige ne fondait pas, cela ne serait en général pas plus de quelques jours. En 1956, le grand froid nous a compliqué la vie. Les températures étaient telles que la glace sur la mare supportait le poids des boeufs et nous avions bien du mal à la casser chaque matin pour les abreuver."

Berthe Tissinier confirme :

"Durant cet hiver 1956 le confinement a dû être forcé et naturel mais dans les fermes il y avait de quoi subsister : du lait, des légumes secs, des volailles, des cochonnailles, du confit, du vin et de l'eau de vie !

On faisait du millas qui servait de pain et de dessert, les confitures de l'été, on faisait du beurre avec la crème de lait que l'on remuait pendant des heures dans une grande conserve, chacun à tout de rôle la secouait, cela vous faisait les bras !

La vie n'était pas la même qu'aujourd'hui, on allait chez l'épicier moins souvent. Et dès qu'on le pouvait, on s'entraidait entre voisins.

Le problème principal était pour avoir la visite d'un médecin si quelqu'un était malade..."

Des isolements qui ne duraient guère mais coupaient bel et bien les familles du reste du monde durant quelques jours...

 

NB : cet article avait déjà été proposé ici au mois d'avril...

Merci à Berthe, Paulette et Aimé pour leurs éclairages précieux.

Si vous avez des témoignages sur ces périodes particulières vécues dans les fermes et métairies lauragaises, n'hésitez pas à me les faire parvenir, je les publierai : lauragais@lescarnetsdemile.fr ou 0625549345

 

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