lauragais agricole d'autrefois

Publié le 7 Mai 2022

Photo d'illustration, collection personnelle

Photo d'illustration, collection personnelle

Louis Bruno était agriculteur en Lauragais, fermier plus exactement. Retraité, il a consigné ses souvenirs dans des cahiers que sa famille a partagé avec nous dans de précédents posts (ici et ), C'est un souvenir d'enfance extrait de ses écrits que nous présentons aujourd'hui...

Je n'ai jamais vu tourner ni eu recours aux services des moulins à vent durant mon enfance ou ma jeunesse bien que certains d'entre eux aient fonctionné jusqu'aux années 50 et même un peu au delà.

Au passage cependant, je me permettrai une anecdote rocambolesque mais bien réelle. Je pense que cela se passait en 1936, j'en étais à ma huitième année d'existence. mes frères aînés se mirent un jour en tête d'en fabriquer disons plutôt d'en "bidouiller" un.

Mettant aussitôt le projet à exécution, ils dressèrent dans un pré bien exposé aux vents quatre traverses de chemin de fer bien fixées au sol reliées par un cadre au sommet, posèrent tenus par deux coussinets en bois un madrier cylindrique portant au bout quatre ailes rudimentaires le tout complété par deux poulies et une courroie de transmission, réussirent à faire tourner par vent favorable avec maintes difficultés l'outil que nous possédions dont je vais parler un peu plus loin (nb : le concasseur de marque Indispensable)

Inutile de vous dire que le lorsque le vent d'autan mettait le "turbo" la vitesse devenait incontrôlable avec des craquements terribles. heureusement que notre papa qui veillait au grain intima bien vite l'ordre de tout démolir craignant de voir sous peu quelque crâne fracassé. 

 

Un immense merci à Daniel Bruno - ainsi qu'à Christiane et Jean-François Bruno - pour avoir partagé les écrits passionnants de Louis.

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Publié le 22 Avril 2022

Lauragais d'Autrefois (168) : les surplus d'oeufs et les omelettes printanières (l'uòu e la moleta)

Les souvenirs d'Aimé nous ramènent aujourd'hui dans la cuisine de la ferme. L'abondance d'oeufs au printemps amenait à consommer plus fréquemment des omelettes dont faisait varier les recettes.

"Au printemps les poules pondaient abondamment

Sur les marchés du canton, il y avait alors surabondance. La vente rendue difficile, alors il ne restait au métayer que la consommation familiale.

Les recettes les plus classiques avaient cours évidemment : les oeufs durs, à la coque, au plat, etc… Et évidemment l'omelette... Les omelettes printanières se déclinaient selon mille recettes avec des produits de saison...        

Avec des queues d'ail nouveau ciselées et revenues à la poêle avec de la graisse de cochon. On plantait la cuillère à soupe, dans la masse de graisse dans le salsier (récipient en terre cuite qui servait à stoker beaucoup d’aliments de la ferme) Dès que l’ail prenait un peu de couleur on vidait les oeufs battus, je ne vous dirai pas comment il faut l’enrouler! Ce que c’était bon !!

Cette omelette était aussi consommée en sauce ! Oui, avec une sauce rousse.

Avec des têtes d’asperges : même façon !

Avec les premières fèves : de la grosseur du bout du petit doigt ou de l’auriculaire, après les avoir écossées puis jetées dans la poêle. Si on n'avait pas de graisse de cochon, ou, de l’huile de tournesol, la graisse de canard faisait parfaitement l'affaire !

Avec des patates: lorsqu'il en restait encore de la récolte de l’année précédente...

Et bien sûr...

L'omelette flambée dite de Pâques (la pascada) :Après l'avoir cuite, on la posait dans un plat profond, on la recouvrait de sucre Puis on l'arrosait avec de l’eau de vie de prune. On allumait et, avec une cuillère à manche long si possible, on distribuait l’alcool sur le sucre, jusqu'à ce que la flamme s'éteigne !

Toutes ces recettes se cuisinaient sur le feu de bois, unique chauffage de la ferme."

Merci à AImé pour ses précieux souvenirs.

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Publié le 16 Avril 2022

Clocher-mur de l'église de Folcarde (31)

Clocher-mur de l'église de Folcarde (31)

La période pascale dans la campagne lauragaise des années 50 revêtait un caractère particulier au regard des traditions religieuses qui l'accompagnaient. En l'absence de moyens de transports, on organisait l'emploi du temps. Les nombreux travaux printaniers dans les champs, à la vigne, à l'écurie qui jalonnaient cette période nécessitaient une organisation rigoureuse si la famille souhaitait assister aux célébrations religieuses.

 Voici les souvenirs d'Aimé Boyer, métayer : 

"Que de kilomètres parcourus pour la religion. J’habitais à deux kilomètres du village, et au bord de la route. Mais d’autres familles se situaient à cinq ou six kilomètres. Et, comme ils n’étaient pas au bord de la route, ils devaient prendre leurs chaussures à la main pour en changer et laisser les sabots sous des racines d’arbre ou d’un gros buisson.

Le matin des Cendres, avant d’aller à l’école, on passait à l'église pour assister à une messe basse qui était une messe non chantée suivie de l’imposition des Cendres avec lesquelles on nous faisait une croix sur le front. Je me souviens que nous l'effacions avant d’arriver à l’école, pour ne pas être moqués."

 Des Rameaux jusqu'à Pâques

" Huit jours avant Pâques, on prenait quelques rameaux de laurier, à défaut de buis, pour les faire bénir, à la mémoire de l’entrée du Christ dans Jérusalem et de sa Passion. Au retour avant de rentrer le bouquet, on en laissait la moitié dehors ; il ne fallait pas le rentrer dedans car il devait être distribué dans les champs l’après-midi, pour protéger les récoltes. Le reste, un brin posé dans chaque pièce sans oublier l’écurie, les volières, et même la cave. Le reste était stocké dans l’armoire en cas de deuil, de maladie etc...

Tout au long de la semaine Sainte, nous rejoignions souvent l'église pour le chemin de croix, la veillée pascale, les temps de prière Beaucoup de kilomètres à pied et d’allers-retours de la ferme au village et de longues conversations joyeuses sur le chemin.

Pâques était un moment très attendu, une grande fête dans les familles lauragaises. Bien sûr un bon repas partagé clôturait cette période pascale après la messe du jour de Pâques."

 En attendant, les Rogations, bénir les culture et les travaux des champs

"Trois jours avant l’Ascension, on allait en procession bénir les cultures, les travaux des champs (les deux premiers jours étaient consacrés à la campagne). Sur les routes du Lauragais il y a des croix érigées et posées sur des socles de 1m.50 environ. Les familles paysannes les aménageaient en guise de reposoir : un linge blanc, un Christ, une image pieuse, un bouquet de fleurs, ce dont on disposait ; c’est là que la procession se retrouvait parfois même en passant à travers champs. Le troisième jour des Rogations était souligné par une messe, avec une procession sur la place du village, devant la Croix des Missions. C’était ainsi à Caraman, je me souviens. À chaque reposoir il y avait des offrandes, des produits de la ferme."

 Merci à Aimé Boyer pour ses souvenirs si précis et évocateurs.

Si vous avez des témoignages sur la vie rurale dans les fermes et métairies lauragaises des année 30,40 ou 50, n'hésitez pas à me les faire parvenir ou à me contacter je les publierai : lauragais@lescarnetsdemile.fr ou 0625549345

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Publié le 8 Avril 2022

Photo coll. Serge Arnaud

Photo coll. Serge Arnaud

Suite à la publication du post sur la mena, Aimé à retrouvé dans sa mémoire d'autres souvenirs, ceux au cours desquels, lorsqu'il était jeune homme, il conduisait les camions de bestiaux ou de grain jusqu'aux marchés toulousains. Des ambiances particulières de ces lieux de commerce aux immenses dimensions 

"Les vallées de la Saune, de la Vendinelle, du Peyrencou et du Girou avaient de grosses unités de bétail.

Voici une anecdote datant de 1957.  En arrivant du régiment, nanti de mon permis poids lourd, je suis allé travailler chez un maquignon qui avait un camion bétaillère qu’il ne pouvait pas conduire. Je n’ai pas posé de question. Fort de mon expérience des véhicules lors de la guerre en Algérie avec 31 mois de service militaire, j'allais lui montrer.                         

Tous les vendredis, se tenait l'incontournable marché aux abattoirs de Toulouse. Après avoir garé le camion derrière les bâtiments, il y avait la plusieurs gros camions qui déchargeaient des races Salers de L’Aubrac ou du Larzacpour la consommation de la région toulousaine, ville en expansion.

Mon patron allait rejoindre ses confrères. On devinait sous la blode noire un gros portefeuille attaché avec une chaîne au gilet pendant que le négoce se déroulait. Moi,libre, j’allais dans l’abattoir  parler avec le saigneur, le désosseur, le chevillard.

Autour de midi, rendez vous était donné au restaurant. Il y en avait plusieurs autour de établissement ; nous, nous allions chez Carmen ! Les chevillards venaient avec une moitié de quartier qu’ils pendaient au dessus de la cuisinière en pleine chauffe. Le cuistot avec son grand couteau affûté, taillait des tranches qu’il laissait tomber sur la plaque sur chaude laissant échapper un nuage de fumé appétissante. ça me changeait des rations de soldat !

Au retour nous poussions la chansonnette ; il est vrai que l’entrecôte était accompagnée de bon vin d'un café avec petite fine Armagnac. 

Le maquignon ne pouvait pas me prendre tous les jours pour travailler,  je me suis donc embauché chez un transporteur de grain et charbon. Si chez le maquignon, les vaches ou bœufs montaient ou descendaient seules, les sacs eux il fallait les charger au billot et les descendre à l’épaule.

Et le vendredi rebelote le marché aux grains place du puits à la Halle aux grains. Les marchands de grains, les meuniers, le semencier se retrouvaient là, avec une ambiance un peu similaire. Echanges, transactions et portefeuilles. Le repas de midi ce n’était plus de la viande grillée mais de la daube de sanglier, du civet de chevreuil et ce n'était pas mal non plus."

Merci à Aimé pour le partage de ses souvenirs précieux qui témoignent de cet autrefois que nous partageons ici. Merci à Serge pour la photo d'illustration.

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Publié le 26 Mars 2022

Photo coll. Rouzaud

Photo coll. Rouzaud

Les fèves avaient une place de choix dans les exploitations agricoles d'antan pour l’alimentation, qu'elle soit animale ou humaine, et la rotation culturale. On semait quand on le pouvait les graminées sur les légumineuses et vice versa.

 

Des semis avec le brabant - Semenar las favas

Aimé Boyer se souvient :

"On les semait le plus souvent, sur une milliaire, avec le brabant sans oublier d'incorporer le fumier.

À partir du 11 novembre suite au déménagement - au changement de borde pour les métayers - lorsque c'était le cas et jusqu’en février. On allait au champ avec un sac de fèves posé sur le brabant, sans oublier un petit panier. On faisant un premier sillon en rabattant le labour sur un bord de champ. C'était le labour à plat.

Et, au troisième sillon, le panier posé et bien calé sur le brabant, tout en menant les vaches qui savaient ce qu'elles avaient à faire. on semait en égrenant sans forcément s’appliquer à le faire graine par graine. Puis on posait le panier au sol, avant de tourner le brabant, on faisait trois sillons supplémentaires, et on reprenait le panier qui était resté au bout, Et on répétait cette opération sur un hectare environ."

 

Un sarclage difficile au début du printemps -sarclar et deserbar

Il poursuit :

« Quant elles était nées, il fallait les sarcler, ce n’était pas une mince affaire ! Elles avaient étés semées l’hiver donc la terre était molle. Cela signifie que le printemps venu, il n’y avait pas de terre meuble. C'était surtout le désherbage manuel qui était l’essentiel de l’action. Et quelques fois il fallait le faire deux fois avant quelles fleurissent."

Vers la table - A taula !

Apres la floraison, dès que le grain était formé, un premier ramassage permettait d'en déguster à croque sel.

En omelette, on faisait revenir les fèves dans la poêle et on vidait dessus les œufs battus. On les cuisinait en sauce, préparées un peu comme la mongetada. On les servait aussi en soupe avec des légumes classiques.  

Les petites fèves mélangées avec le pain dans la soupière et consommées aussi avec les légumes après la soupe. La soupe était une recette à base de pain. 

La soupe était épaisse tellement que la cuillère tenait debout dans l’assiette. Elles étaient cuites en purée, vidées sur le pain dans la soupière.  Quelle joie de déjeuner avec une assiette de soupe refroidie, un carré de lard coupé en dés, sur une tranche de pain tiré de la marque et arrosée du vin de la vigne. 

Cela constituait notre régime alimentaire journalier durant un bon mois de l'année."

 

La récolte des fèves sèches - batre las favas

« Quant elles étaient mûres bien noires, pied compris, on les ramassait le matin avec la rosée, sinon elles s’égrenaient. De petits tas étaient rassemblés toutes les trois ou quatre rangées. Il fallait aussi les charger sur les charrettes disponibles.     

Il fallait ensuite se préoccuper de la préparation du terrain pour les battre avec le rouleau en bois à traction animale.

La préparation consistait, sur un sol plat, à couper l’herbe en faisant glisser le dessous du sarcloir sans faire de trou dans la terre.On formait un espace circulaire, pour permettre à l’attelage de tourner sans faire de manœuvre. 

Le jour J, les fèves était étalées sur le sol en bonne couche en prenant soin de ne pas en mettre au centre, toujours pour la même raison de manœuvres à réaliser.  Le rouleau en bois tiré par nos braves vaches allait tourner en rond toute la journée. Cela s'entrecoupait de longues pauses. Quand on avait fais quelques tours sur les fèves qui craquaient sous le pois du rouleau, on écartait l’attelage hors de l'espace, à l'ombre, et avec la fourche on retournait les pieds. On brassait pour faire tomber les fèves au sol et redonner du volume à la récolte. On reprenait alors nos vaches qui en avaient profité pour ruminer.

On refaisait quelques tours de plus et on allait délier les vaches qui avaient suffisamment tourné en rond.

 

Puis c'était à notre tour de jouer, équipés de chapeaux, un mouchoir calé dessous comme les légionnaires, on tournait en donnant du volume on faisait tomber les dernières fèves rebelles accrochées aux fanes. On faisait plusieurs tas de toutes ces tiges et feuilles qui n’étaient pas tombées car elles allaient être rentrées à l’abri pour être consommées plus tard en récompenses à nos bonnes vaches.

Avec le revers du râteau à foin, on poussait pour faire plusieurs tas de graines mais aussi de résidus divers : feuilles, tiges cassées, fanes écrasées sans oublier de la terre portée du champ avec les racines et du sol de battage.

On installait ensuite au pied d’un tas, une ou deux couvertures ou draps. Et on posait dessus le moulin, à ventiler à traction manuelle. Toute la famille participait, chacun avait son poste, avec pour mission de remplacer de temps en temps le chauffeur.

Avec une pelle ou un seau ont alimentait la trémie, quelqu’un tournait le ventilateur qui activait aussi plusieurs grilles de différentes dimensions superposées en étages et animées en va-et-vient. Elles étaient suffisamment inclinées pour que les fèves descendent sur une dernière grille de dimension adaptée afin d'éliminer les derniers rejets trop lourds pour le ventilateur comme la terre par exemple. 

Une personne était chargée de récupérer les graines et de remplir des saches pas trop abondamment : il allait falloir les monter au grenier. 

Pour les derniers débris laissés sur place, la basse-cour, les pigeons, pies et corbeaux allaient s’occuper du nettoyage sans oublier les tourterelles et oiseaux nombreux.

 

Toutes ces graines, une fois la semence réservée de côté, étaient consommées de différentes façons selon les animaux. »

 

 

Merci à Aimé Boyer pour son témoignage ainsi qu'à Jean-Claude Rouzaud pour le partage de ses clichés.

 

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Publié le 12 Mars 2022

Lauragais d'Autrefois (163) : Ces tracteurs d'antan le MAP type DR3

Documents et photos vont nous permettre de replonger dans les souvenirs mécaniques de la campagne d'autrefois au cours de quelques posts.

Aujourd'hui nous mettrons à l'honneur le MAP le modèle DR3. 

Commençons par la marque, MAP. MAP ? C'est l'acronyme de Manufacture d'Armes de Paris. Cette société anonyme au lendemain de la 1ère guerre mondiale spécialisée dans l'usinage de pièces d'armement se reconvertit dans la fabrication de pièces mécaniques. Elle fera faillite en 1950.

Le MAP type DR3 succède au type AR3. Il est doté d'un moteur diesel 2 temps à pistons opposés.

Mon grand-père paternel sur son MAP et quelques documents relatifs à la marque (cliquez sur les flèches pour faire défiler les photos)
Mon grand-père paternel sur son MAP et quelques documents relatifs à la marque (cliquez sur les flèches pour faire défiler les photos)
Mon grand-père paternel sur son MAP et quelques documents relatifs à la marque (cliquez sur les flèches pour faire défiler les photos)
Mon grand-père paternel sur son MAP et quelques documents relatifs à la marque (cliquez sur les flèches pour faire défiler les photos)
Mon grand-père paternel sur son MAP et quelques documents relatifs à la marque (cliquez sur les flèches pour faire défiler les photos)
Mon grand-père paternel sur son MAP et quelques documents relatifs à la marque (cliquez sur les flèches pour faire défiler les photos)

Mon grand-père paternel sur son MAP et quelques documents relatifs à la marque (cliquez sur les flèches pour faire défiler les photos)

Si vous possédez des photos de tracteurs d'époque en situation de travail, n'é"hésitez pas à me les adresser. Nous constituerons une petite collection de posts ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Publié le 5 Mars 2022

Lauragais d'Autrefois (162) : dictons et proverbes occitans de mars

Mars et ses fantaisies météorologiques s'installent. Les verts tendres explosent, les fleurs fragiles tentent une sortie. L'occasion de retrouver les dictons et proverbes occitans de ce mois printanier...

 

Troneire del mes de març emplena barricas et barricots

Tonnerre du mois de mars remplit barriques et tonnelets 

 

Març marçeja si que non tot l'an goteja

Mars est pluvieux sinon toute l'année goutte.

 

Solelh de mars, ascla le cap dels ases.

Le soleil de mars fend le crâne des ânes.

 

Son flors del mes de març

Ce sont des fleurs du mois de mars (des espoirs fragiles)

 

Quand Març maieja, mai marceja

Quand mars fait mai, le mois de mai fait mars

 

Març marçal, un jorn de bon e l'autre mal

Quand mars est mars, un jour est bon et l'autre mauvais

 

Març ventós, abril plejós fan le bordier urós.

Mars venteux, avril pluvieux font le fermier heureux.

 

Si vous connaissez d'autres dictons, expressions ou proverbes sur ce mois, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons la petite collection de ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

 

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Publié le 26 Février 2022

Photo coll. Nardèse

Photo coll. Nardèse

Voici un article saison que je vous avais déjà proposé il y a deux ans :

 

Les métairies, bordes et ostals du Lauragais étaient construits autour d'une grande pièce à vivre dont la cheminée (la chiminièra) constituait l'élément central. Elle pouvait être, selon les maisons, assez  monumentale. Elle permettait de cuisiner, de se chauffer mais aussi de s'éclairer.

Autour du foyer, on se réunissait lors des veillées hivernales pour se réchauffer, réaliser de petites tâches - les femmes tricotaient tandis qu'on racontait des anecdotes du temps passé - ou accueillir les visiteurs pour discuter en buvant du vin chaud ou de la tisane. tout une vie vie s'organisait à la saison froide au coin du feu.

Comme c'était le cas chez Emile, parfois la cheminée avait un tirage un peu capricieux et emplissait volontiers la pièce d'une fumée qui irritait les yeux. Alors la porte était laissée entrouverte pour faciliter le courant d'air mais cela avait des conséquences notables sur la qualité de la chaleur répandue dans la pièce...

Un avaloir conséquent, posé le plus souvent sur une énorme poutre de chêne, disparaissait au plafond et se transformait en conduit de fumée pour ressortir au-dessus du faîtage de la maison. 

Certains mesuraient plus de 3 mètre de long et 1 mètre 50 de profondeur. Ces cheminées étaient entourées d’objets servant à son bon fonctionnement et dont Aimé B. se souvient.

 

La cheminée et les souvenirs d’une cuisine lauragaise savoureuse

 

« La crémaillère (le cremalh) était scellée au mur arrière. C’était une chaîne équipée à son bout de deux crochets, un pour accrocher le récipient, et l’autre, pour monter ce dernier à la bonne hauteur de chauffe. L’escramalh accroché à la crémaillère avec une pièce rigide, comme une anse de seau, était une sorte de trépied, mais… sans pieds, sur lequel on pouvait poser la marmite qu’on appelait  l’ola, ou le pot à feu (le topin). Cet escramalh pouvait être utilisé au-dessus de grosses bûches contrairement au trépied. »

 

Mais les trépieds étaient souvent à proximité. « Le petit trépied était destiné à poser la casserole pour faire le café par exemple, le gros trépied servait pour le chaudron léger et celui en fonte ou en cuivre pour cuire le boudin, faire le salé qu’on appelle aujourd’hui confit sans oublier les confitures ; ce trépied accueillait aussi la lessiveuse et aussi à stériliser les conserves familiales. 

Le four de campagne était constitué d’un plateau rond fixé sur un trépied et d’un couvercle posé sur le plateau. On mettait de la braise sous le plateau et sur le couvercle, devant le feu allumé,  et à l’intérieur mijotaient deux poulets ou la dinde ou un macaroni. Ce que c’était bon ! La préposée à ces préparations devait faire face à la chaleur. 

Chez nous, le four de campagne, la lessiveuse, les gros trépieds, et les gros chaudrons était entreposés dans la cave sur les barriques. N’étaient jamais très loin non plus les grilles pour la saucisse, les costelons (prononcer coustélous, plat de côtes), les moineaux… 

 

Les chenets (les capfoguièrs) posés de chaque côté de la plaque en fonte empêchaient les bûches de toucher la tôle pour favoriser la circulation d’air. Ils étaient équipés sur le devant, de crochets pour supporter la pique du tournebroche. J’ai d’ailleurs vu fonctionner dans mon enfance le tournebroche mécanique, un appareil ni rond ni carré, il y avait une manivelle qu’il fallait tourner, de temps en temps. Je me souviens de ce bruit, c’était le même cliquetis que la pendule dans la cuisine quand mon père la remontait. 

C’est appareil faisait tourner une pique enfilée dans une pièce de viande posée sur les crochets des chenets devant le feu.  De temps en temps, la mémé (la menina) arrosait avec une louche (la còça) à long manche. Il faisait chaud devant le feu. .       

 

A proximité, bien sûr, le nécessaire était à disposition pour attiser le feu. Les pinces (las mordassas) pour manipuler les braises, la pelle à feu (la rispa)  un petit balai (l’engranièra) et le soufflet (le bufet) pour relancer le feu.

Parfois assis sur une caisse à sel, l’ancien était occupé à décortiquer des rafles de maïs qu’on appelait charbons blancs (les cocarilhs ou cocarèls).

Enfin chez nous, il y avait aussi une niche creusée au départ de l’avaloir dans laquelle demeurait une boite en fer, qui contenait des gâteaux faits maison. Il fallait prendre quelques risques pour arriver à en chiper un. »

 

Sur l’étagère (la laissa) posée au-dessus du linteau de la cheminée, trônaient des conserves, des boites de bouillon Kub remplies de gâteaux,, un crucifix, l’eau de vie ou encore les chandeliers, les lampes à pétrole à portée de main. Devant cette étagères était attaché avec des punaises un rideau (la panta ou cortina) égayé de motifs variés : fleurs, fruits ou encore formes géométriques. Cela permettait de dissimuler la grosse poutre noircie par la fumée au fil du temps et donnait en rentrant dans la pièce un air accueillant. »

 

Et grâce à la fée électricité, la lumière fut...

 

« Pour s’éclairer, le soir, la cheminée était une aide précieuse et puis il y avait quelques chandelles, une lampe à pétrole, une lampe tempête réservée souvent  pour aller prodiguer les soins aux animaux et aussi une lampe à carbure qui servait pour le vélo ou aller chercher des escargots », précise Aimé. « Elle était alimentée avec du carbure de calcium et de l’eau mais quand on était trop loin de la maison sur le chemin, il pouvait arriver qu’à défaut d’eau,... on fasse pipi dedans… système D. »

Et puis un jour, au crépuscule des années 30, vers 1937 ou 38 Aimé se souvient avoir vu arriver dans la cour de la ferme une équipe d’ouvriers venue poser les pylônes. L’électricien a ensuite installé une douille avec une ampoule dans l’écurie, une dans la cuisine ainsi qu’une une prise électrique.

« Après souper, à la tombée de la nuit, mon père s’est levé de table pour voir si cela fonctionnait. Il a tourné l’interrupteur, et la lumière a rempli la pièce ne laissant plus aucun coin d’ombre. Devant ce miracle technique, ma mère et mon arrière-grand-mère se sont levées et ont dit une prière. Ce moment reste pour moi un souvenir impérissable. »

La cheminée en a gardé ses fonctions essentielles de chauffage et de support de cuisine mais l’âtre rougeoyant a alors été sans doute moins sollicité pour la lumière ondoyante qui pouvait en émaner.

 

Merci une nouvelle fois à la famille Nardèse pour ses photos formidables et à Aimé Boyer pour ses anecdotes précieuses.

 

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Publié le 19 Février 2022

L'enfant et les oies, archives personnelles

L'enfant et les oies, archives personnelles

Sans aller jusqu'aux oies du Capitole, aujourd'hui nous replongeons dans les proverbes, dictons et expressions idiomatiques qui convoquent l'oie, l'auca en occitan.

Per Sant Martin, l'auca es al topin.

Pour la Saint Matin, l'oie est à la marmite.

 

Aver pas mas d'èime qu'un auca de cresta

Ne pas avoir plus de jugement qu'une oie n'a de crête

 

Al mes de febrièr, auca de bona raça de pondre es pas alassada.

Au mois de février, l'oie de bonne race n'est pas lasse de pondre.

 

Tot aquò val pas fems d'auca.

Tout cela ne vaut pas fumier d'oie (ça ne vaut pas grand chose).

 

Plumar l'auca sens la far cridar

Plumer l'oie sans la faire crier (escroquer quelqu'un)

 

Pèrdre las aucas

Perdre les oies (perdre la raison)

Mise à jour (contribution de Didier Agar, merci !)

Se semblan coma un pòrc amb una auca. (ils/elles n’ont aucune ressemblance.)
Se perdre las aucas / Se perdre les aucons (déraisonner)
Per compànhia, las aucas se banhan (on agit par imitation, par effet de groupe, comme des moutons de Panurge)
.

Nous finirons par une comptine d'autrefois :

Quan tres aucas van al camp,
La primièra va davant,
La segonda sieg la primièra,
La tresena es la darrièra,
Quan tres aucas van al camp,
La primièra va davant.

Quand trois oies vont au champ

La première va devant

La deuxième suit la première

La troisième est la dernière

Quand trois oies vont au champ

La première va devant

Si vous connaissez d'autres dictons ou proverbes sur les oies qui étaient usités en Lauragais, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

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Publié le 12 Février 2022

Photo coll. Nardèse (Fête à St Germier)

Photo coll. Nardèse (Fête à St Germier)

Les confinements successifs et le couvre-feu mis en place en raison de la crise sanitaire ont mis en lumière à travers son atténuation l'importance du lien social dans notre quotidien. Si les moyens modernes - numériques notamment - permettent de garder le contact, ils ne pallient pas complètement l'absence d'échanges directs. 

Dans les campagnes d'antan, les occasions d'échanges humains étaient moins fréquentes mais la sociabilité avait cependant un certain nombre d'occasions de s'exprimer : travail, commerce, religion, liens familiaux et amicaux... En voici quelques exemples...

Foires et marchés

Même si les métayers avaient développé, comme on l'a souvent vu ici, une autoconsommation importante (potager, élevage...), la famille se rendait à un rythme hebdomadaire au moins au marché. On y vendait de la volaille et cela permettait, grâce à l'argent gagné, de faire des courses d'appoint(sel, sucre, etc...). 

Le marché, les foires constituaient des lieux de socialisation importants. On y rencontrait ses connaissances, amis, familles, voisins et on y échangeait des nouvelles, on y parlait métier, avancées de travaux, famille quand on ne négociait pas l'achat ou la vente de bestiaux.

Les fêtes de village

Lors de la fête de son village ou de manifestations traditionnelles (voir illustration), souvent à la belle saison, il était de tradition d'inviter une partie de la famille pour un repas parfois deux. Ainsi, une partie de la famille était reçue le dimanche à midi, l'autre  le soir. En effet, dans une même métairie, on veillait à ce que quelqu'un soit toujours présent pour le soin à apporter aux animaux. En conséquence, un roulement s'instituait pour se rendre à l'invitation, qui au "dîner" (repas de midi en Occitanie), qui au "souper " (repas du soir) après être allé au bal. 

En dehors de ces moments, on prend également visite de temps à autre, pour prendre quelques nouvelles lorsqu'on a l'occasion de passer à proximité de la ferme d'une connaissance.

La religion

Se rendre à la messe, aux célébrations pour Noël (voir ici) ou Pâques fournissait aussi l'occasion d'échanger sur le parvis de l'église ou d'échanger sur le chemin lorsqu'entre voisins on gagnait ainsi le village souvent à pied en l'absence de moyens de transport (voir ici). A cela s'ajoutent les mariages, communions, baptêmes  qui réunissent famille et connaissances proches. Pour les enterrements, les proches mais aussi plus largement la communauté villageoise vient témoigner de leur soutien à la famille endeuillée. 

L'entraide lors des travaux

Les grands événements annuels amenaient familles, voisin, amis à se réunir pour s'entraider. On se rendait ainsi les journées ce qui amenaient à se fréquenter souvent : moissons, battages, vendanges, cochons, canards nécessitaient de la main d'oeuvre.

Des posts consacrés à ces grands travaux (voir post sur les battages  par exemple ou celui sur le cochon ) émanent de longues journées de travail mais aussi de grandes parties de fous-rires et de moments de convivialité autour de grandes tablées joyeuses.

L'entraide se mettaient en place lorsqu'un accident ou une maladie survenait dans une métairie, on apportait de l'aide ou on soignait le bétail lorsqu'un paysan était alité dans la maison voisine (voir ici).

Les prestations, ces journées dues à la municipalité dans le cadre du paiement en nature de la taxe vicinale réunissaient aussi quelques jours par an les hommes du village pour tailler les haies, entretenir, haies, chemins et fossés (voir ici).

Les veillées hivernales

Après les emblavures, il était de coutume de se réunir de temps à autre le soir pour échanger des nouvelles, jouer à la manille ou à la belote le temps d'une soirée amicale (voir article à ce sujet ici).

Pour les familles paysannes du Lauragais, le lien social était donc  un élément essentiel de vie quotidienne et régulièrement entretenu en différentes occasions tout au long de l'année. Ces échanges, réunions et rencontres, nous n'en avons noté ici que quelques exemples, relevaient de relations de travail, amicales ou familiales et ce maillage constituait le tissu social, essentiel à la vie rurale.

Si vous avez des témoignages, des photos de la vie d'antan dans les fermes et métairies lauragaises, n'hésitez pas à me les faire parvenir, je les publierai : lauragais@lescarnetsdemile.fr 

 

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Scène de village Montmaur, 1950, Phot coll. JC Rouzaud

Scène de village Montmaur, 1950, Phot coll. JC Rouzaud

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Publié le 5 Février 2022

Photo coll. Nardèse

Photo coll. Nardèse

Nous allons nous plonger aujourd'hui dans les traditions liées à la maison et notamment à la maison qu'on venait de faire construire. Grâce aux souvenirs d'un de nos grands témoins récurrents, Aimé Boyer, nous allons évoquer la palhada e penjar le cremalh (la paillade et pendre la crémaillère).

Il se souvient :

"Après la guerre, dans notre secteur, il y eut de nombreuses constructions de maisons. Cela marquait le début de la modernidation agricole mais également une avancée sociale.

Ces maison se ressemblaient beaucoup et pour cause, pour se faciliter la vie, on se prêtait les plans entre amis et voisins.

Quand la nouvelle maison était enfin terminée, il y avait la cérémonie de la palhada qui intervenait en même temps qu'on pendait la crémaillère..

Lorsq ue la maison était hors d'eau, que les fenêtres, volets et portes étaient posés, tous les corps de métiers qui avaient participé à cette construction étaient invités à un repas. Le menu était traditionnel le plus souvent il s'agissait d'une mongetada, haricots secs cuisinés avec porc et canard, variante du cassoulet et différente selon les recettes locales.

Elle était précédée de cochonnailles de la maison et le repas se terminait par une crème maison servie à la louche. Le repas était arrosé de bon vin. Avant de se séparer, on partageait bien sûr une prune conservée dans l'eau de vie.

La palhada avait lieu avant le repas le plus souvent. On faisait brûler une poignée de paille pour voir si la cheminée fonctionnait bien. Il fait bien le dire, c'était plutôt rare en Lauragais et souvent il fallait laisser décroché le loquet à pouce d'une porte en face de la cheminée pour que le tirage se fasse correctement. Mais que voulez-vous, on n'allait pas démolir la maison pour ça.

Et, enfin au moment où on s'installait dans l'ostal, on pensait à penjar le cremalh c'est à dire pendre la crémaillère dans l'âtre en l'accrochant à la cheville que le maçon avait pris soin de sceller dans l'avaloir en construisant la maison."

Rappelons pour être complet que la crémaillère était cet ustensile qui permettait de pendre la marmite plus ou moins en hauteur au dessus du feu de cheminée. Elle était, traditionnellement, le dernier élément qu'on posait dans une maison quand on avait fini de s'y installer.

Mes sincères remerciements à Aimé Boyer pour le partage de ses souvenirs et à la famille Nardèse pour la photo d'illustration.

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Publié le 29 Janvier 2022

photo coll.Nardèse

photo coll.Nardèse

Quelques petits plaisirs occitans pour un billet hivernal... Bon week-end al canton del fòc...

 

  • L’ivèrn es pas bastard s'arriba pas d'ora arriba tard.

L'hiver n’est pas bâtard, s'il n'arrive pas de bonne heure, il arrive tard.

  • Quand les corbasses son a l'ensús, l'ivèrn nos tomba dessus ; quand les corbasses son a l'enbàs, l'ivèrn es passat

Quand les corbeaux volent haut, l'hiver nous tombent dessus, quand les corbeaux volent bas, l'hiver est fini

  • Se trona al mes de janvièr, i aura de blat a plens sestièrs

S'il tonne au mois de janvier, il y aura du blé à pleins setiers.

  • Nèu de febrièr es coma d'aiga dins un panièr, se s'ajoca coa coma una cloca

La neige de février est comme de l'eau dans un panier, si elle s'installe elle couve comme une glousse.

  • Al mes de febrièr, la nèu cocha pas sul fumièr.

La neige de février ne passe pas la nuit sur le tas de fumier.

Merci à Huguette, Aimé, Hélène pour leurs contributions. Merci à la famille Nardèse pour la si belle photo.

Contribution de Didier Agar via Facebook (un grand merci) :

Fa un fred que pèla.
Il fait un froid qui pèle
Nos torram aicí !
On se gèle ici
Fa un fred de gos.
il fait un froid de chien
Tridòli de fred.
Je tremble de froid
 
Coma reprovèrbi:
L’autan sus la torrada tira le boièr de la laurada.
L'autan sur la gelée sort le bouvier (le laboureur) du labour
 

Si vous connaissez d'autres dictons ou proverbes sur l'hiver, le froid qui étaient usités en Lauragais, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Publié le 22 Janvier 2022

Lauragais d'Autrefois (156) : les prestations et la taxe vicinale

La période hivernale jusqu'au milieu du XXe dans les fermes lauragaises est celle des prestations. Dans les carnets d'Emile, au mois de janvier, on trouve les mentions "nous sommes allés aux prestations", elles reviennent ainsi trois ou quatre fois dans la saison. 

Il s'agit de services qui sont dus à la commune par tout propriétaire pour l’entretien des routes et chemins communaux. C’est la déclinaison en nature de la taxe vicinale établie par la loi du 30 mars 1903, elle peut être également acquittée sous forme financière. Dans certains cas, ce peut également être un cumul des deux. 

Le plus souvent, les métayers sont donc mobilisés pour réaliser les journées dues par les propriétaires fonciers qui préfèrent souvent cette formule. 

Tous les hommes sont réunis pour travailler pour la commune. Le nombre de jours dus était proportionnel à la surface agricole travaillée sur la commune. 

Grâce aux photos de la famille Nardèse,  des photos illustrant ces travaux collectifs qui donnent une idée précise de la façon dont cela se déroulait : curage de fossé, entretien des chemins communaux, débroussaillage, désherbage, élagage, taille des haies... Les hommes réunis au cours de l'hiver travaillent ensemble un nombre de jours donné proportionnellement à la surface de leur exploitation agricole.  Par exemple, pour une surface de 38 hectares, chez Emile, les deux hommes consacrent 3 ou 4 jours chacun aux prestations.

Au début des années 60, cette taxe a disparu pour être incluse dans le montant de l'impôt foncier.

 

Merci à la famille Nardèse pour les formidables photos.

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photos coll. Nardèse

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Publié le 15 Janvier 2022

Lauragais d'Autrefois (155) : l'hiver à la métairie (l'ivèrn a la borda)

L'hiver saison morte pour le paysan ? Que nenni ! On s'active, on s'occupe, on s'organise, on anticipe les saisons à venir. "Evidemment, c'était moins stressant qu'un champ de fourrage à ramasser avant que l'orage n'arrive mais tout de même..." se souvient Aimé Boyer. 

L'hiver est la période où l'on fait du bois. Rappelons que la borde est construite sur le modèle le plus classique du Lauragais et possède une pièce à vivre avec une cheminée immense, la seule pièce de la maison à être chauffée.

Souvent dans le contrat de métayage, figure cet entretien nécessaire des parties boisées de l’exploitation et la proportion du bois coupée qui revient au propriétaire. Les contrats varient en la matière en fonction des négociations menées mais le plus souvent il s'agit d'un partage à moitié, là encore.

Extrait d'un bail de métayage des années 60 (archives personnelles)

Aimé précise : " On coupait les arbres, on montait des stères. Le petit bois, lui, était mis en fagots avec du fil de fer de récupération, de l’osier. Coincés avec le genou ou un instrument à serrer (las sarras), on formait les fagots ! Entassés par dizaines, pour les laisser sécher avant de les rentrer,  pour faire des grandes flambées ou allumer le feu."

Le soin apporté aux animaux

Le soin des animaux dans l’écurie va prendre beaucoup de temps. Ne pacageant plus, il faut augmenter la ration de fourrage à distribuer aux bovins. Il faut régulièrement leur apporter un mélange de paille et de luzerne et bien-sûr évacuer les excréments. Pour cela, une brouette est mobilisée deux fois par jour sinon l’ammoniaque investit l’étable, ce qui n'est pas bon pour la santé des animaux. Il faut également nettoyer les mangeoires avec une régularité scrupuleuse.

Avec un grand couteau, on racle les salissures que les vaches accumulent en se couchant sur la bouse. Une fois sec, le pelage est brossé et cardé. 

" Deux fois par jour on sortait le troupeau, paire par paire, pour aller boire soit à la mare, soit au puits où il fallait pomper l’eau. C’était un moment de jeu et aussi d’autorité. Dans le troupeaux, il y a des bêtes au caractère fort, un peu rebelles

Lorsque l’eau est arrivée dans les fermes, cette tâche a été considérablement allégée." rajoute Aimé.

 

Avant Noël, le gavage des canards et autres oies était un moment important. 

Chez Emile, ces produits étaient non seulement pour la consommation familiale mais étaient également vendus à des acheteurs qui venaient directement à la métairie ou sur le marché de Castelnaudary que fréquentait la famille. Selon les contrats, le bailleur pouvait prétendre à une partie des bêtes qu'il venait parfois choisir lui-même, une fois abattues.

C'est aussi la période où l'on tue le cochon. Outre celui de la maison, on aide aussi parents et amis qui le tuent à leur tour. Les salaisons sont un aliment important du régime alimentaire d'alors. Il faut pour chaque cochon au moins deux jours : un pour le tuer et le préparer, l'autre pour le débiter et réaliser les diverses préparations : saucisse, boudin, jambon etc... Voisins et amis viennent prêter main forte comme on le fait tout au long de l'hiver à son tour chez eux. Le troisième jour, en cercle restreint, est consacré aux dernières préparations et au rangement

 Fabriquer et réparer l'outillage pour la saison suivante

 Quant l'étable devient un atelier : Les jours de grand froid étaient occupés à fabriquer des paniers, des balais, des manches d'outils, des outils eux-mêmes (râteau,...). On fabriquait ou réparait les barreaux des râteliers, des échelles. Ces travaux ce déroulaient dans l’étable. "Les voisins venaient faire un tour, et discuter un peu, prendre des nouvelles, échanger des conseils.

On profitait de cette période pour entretenir les bâtiments : réparer ou repeindre les volets, portes...

"On réparait aussi les chaînes avec de faux maillons. On tournait les dents de la canadienne, changeait les plaques d'usure des charrues. Il fallait les démonter et les porter chez le forgeron (le faure en occitan). On rapiéçait les "juilles" pour joindre les vaches au joug (le jo) avec des rivets ou du crin, pour ça il fallait être équipé   d'alênes comme le cordonnier."

 Entretenir les abords et les prestations

Entretenir les bordures de champs, les tertres, couper les buissons, creuser les fossés, tailler les haies, procéder à l'élagage étaient autant de tâches hivernales.

On y procédait aussi pour les chemins communaux dans le cadre des prestations, ces journées de travail dues à la commune pour son entretien en fonction de la surface travaillée (voir article dédié ici)

 Mais l'hiver c'est aussi la période des veillées entre voisins, entre amis ou parents. Nous y reviendrons dans un prochain post.   

 

Merci à Aimé Boyer pour son témoignage

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Publié le 8 Janvier 2022

Photo coll. Famille Nardèse

Photo coll. Famille Nardèse

Nous allons évoquer ici les veillées d'hiver qui amenaient les familles à se retrouver entre voisins ou parents pour un moment convivial grâce aux souvenirs d'Aimé Boyer.

 "A partir de mi-décembre, quand les emblavures et labours étaient terminés, commençait une tradition incontournable : faire des échanges de veillées.

Après le souper (repas du soir en Occitanie où l'on servait souvent la  soupe), nous partions bien couverts, équipés de lampes tempête ou à carbure et bien souvent au clair de lune en suivant les sentiers (carreirons) tracés d’une ferme à l’autre.

Nous étions attendus et bien accueillis. Souvent nous commencions la conversation en prenant des nouvelles des uns et des autres, des nouveaux événements, de l'avancée de certains petits travaux. 

Les hommes prenaient ensuite place autour de la table pour jouer le plus souvent à la manille coinchée - si on gagnait la partie, les points était doublés - pendant que les femmes s'installaient autour du feu en tricotant ou reprisant les chaussettes. 

Les enfants, eux, allaient jouer dans l’étable (l’estable). Au coin du feu, assis sur la caisse à sel, l'ancien de la maison racontait ses souvenirs d'autrefois : la guerre, les tranchée, les gaz, l'ennemi mais il évoquait aussi parfois les sorciers, les jeteurs de sorts. Apres la première manche, les hommes allaient faire un tour dans l’étable, la conversation portait alors sur les animaux.

Dans notre secteur, les veillées avaient lieu le jeudi, jour de marché ou de foire à Caraman. Étaient relatés alors le prix des veaux, le cours du cochon. On évoquait aussi celui qui ne s’était pas décidé, et qui avait finalement repris le veau malgré le risque de diarrhées, de grippes transmissibles sur le champ de foire au risque même de mettre en danger les autres animaux de la ferme.

Parfois c'était simplement le régisseur qui n’avait pas accepté le prix.

La deuxième manche reprenait ensuite. Bien-sûr on servait un peu de vin pour les hommes, celui que chante Jean Ferrat. Pour les dames une tisane était servie avec l’eau qui avait chauffé sur la tôle en fonte du feu. 

La dernière manche terminée, on repartait vers minuit. Avant de se séparer,on se rappelait le programme des veillées suivantes pour éviter les doublons ou les erreurs.

Pendant la guerre, c’était un jeu risqué que de circuler la nuit venue. Et si on était tombé sur une patrouille allemande ?"

 

Merci à Aimé Boyer pour ses souvenirs ainsi qu'à la famille Nardèze pour ses archives photographiques précieuses.

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Publié le 18 Décembre 2021

Photo coll. Nardèse

Photo coll. Nardèse

L'hiver est à nos portes, Noël n'est plus très loin. Voici quelques dictons de saisons.

Information préalable : amis lecteurs, vous retrouverez ici dans quelques jours pour la première fois un conte de Noël lauragais intitulé "Le Noël de l'autan". Surveillez les publications pour retrouver cette histoire aux parfums d'autrefois...

  • Quand Nadal se solelha, Pascas crama la lenha

Quand Noël est ensoleillé, Pâques brûle le bois

  • Per Nadal, les jorns creissan d'un pas de gal

Pour Noël, les jours s'allongent d'un pas de coq

  • Plèja per Nadal, solelh pels Rampalms 

Pluie à Noël, soleil aux Rameaux

  • Per Nadal, cajun dins son ostal

Pour Noël, chacun dans sa maison (dans sa famille)

  • L’ivèrn es pas bastard s'arriba pas d'ora arriba tard.

L'hiver n’est pas bâtard, s'il n'arrive pas de bonne heure, il arrive tard.

  • Quand les corbasses son a l'ensús, l'ivèrn nos tomba dessus ; quand les corbasses son a l'enbàs, l'ivèrn es passat

Quand les corbeaux volent haut, l'hiver nous tombent dessus, quand les corbeaux volent bas, l'hiver est fini

(Mise à jour) Envoi de Guy Serres

  • Tal jorn Nadal tal jorn Cap de l'an.

Le jour de Noël est le même que celui du Jour de l'An

Si vous connaissez d'autres dictons, expressions ou proverbes sur cette période de l'année, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons la petite collection de ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

Merci à Berthe Tissinier pour la photo.

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Publié le 9 Décembre 2021

Photo Laure Pagès

Photo Laure Pagès

Avant l'arrivée de l'eau courante dans les fermes, la corvée du précieux liquide était un élément important de l'emploi du temps des familles. Aimé Boyer m'a confié ses souvenirs à ce sujet :

"Mes parents habitaient dans une ferme où il y avait un puits avec une pompe à piston. Ce puits n’avait pas de source. Il était alimenté par l’eau de la toiture, ce qui était déjà un grand progrès dans les années 1940.

Mais ce puit avait un grand défaut : mes parents avait des nombreux pigeons élevage - courant dans les fermes du Lauragais - qui vivaient la plupart du temps sur le toit. Aussi, quand il pleuvait, les fientes était entraînées dans le puit, ce qui rendait l’eau imbuvable et même dangereuse. Bien sûr, cela faisait l’affaire pour arroser le jardin en tant que fumure liquide. Mais même les vaches rechignaient à boire ce breuvage.

Il servait aussi de lieu de conservation, au frais. Un jeudi ma mère avait acheté la viande pour vendanger le lendemain. Elle avait descendu comme d’habitude cette viande dans le puit dans un panier pendu à une corde. Mais dans la nuit, un violent orage a inondé le panier.  J’ai vu ma mère pleurer, je crois qu’elle s’est quand-même arrangée pour la cuisiner.

Notre ferme, positionnée sur un méplat, avait un autre puits à niveau constant. Bien-sûr cette eau était agréable mais de quantité limitée. Il fallait attendre pour le remplissage de l’auge, ce qui posait pas mal de problèmes l’été pour faire boire les bêtes. Il fallait aussi alimenter la bassecour, même si c’était une petite ferme et il y avait beaucoup de becs à désaltérer.

Ce méplat formait comme une petite vallée sur laquelle il y avait un pré et donc un endroit avec de nombreux joncs qui laissaient deviner un point humide. Mon père avait creusé un trou, où on arrivait en puisant avec un seau, à remplir une comporte. Cela subvenait aux besoins de la borde où il n’y avait pas bien évidemment pas de douche.

Durant l’été 1943 – ou 1945, je ne me souviens plus - est arrivée une grande sécheresse. Cette situation a obligé mes parents à aller chercher de l’eau et à emmener les vaches deux fois par jour à une fontaine à niveau constant. Elle se situait à un kilomètre environ. C’était une fontaine publique à Albiac, ouverte à tous, lavage du linge compris. Il arrivait souvent que les troupeaux se mélangent, c’était assez compliqué.  Les vaches ne voulaient pas boire quand du linge avait étés rincé, c’était très compliqué.

Dans cet environnement il y avait également un puits bouché. Les agriculteurs ont décidé de le curer puis d’y installer une pompe à chapelet. Je crois que la municipalité a participé aux frais, ce qui permettait d’isoler le rinçage du linge.

Chaque fois que nous allions faire boire les bêtes ou chercher de l’eau avec la charrette nous prenions une musette avec des bouteilles pour ramener de l’eau propre pour boire !  On appelait ce lieu la fontaine.

J’y accompagnais souvent mes parents, j’étais en charge de tenir rassemblé notre petit troupeau.

Avec les allers et retours, il fallait faire 4 kilomètres par jour, c’était très compliqué malgré les échanges conviviaux avec les autres éleveurs de la commune. 

Avec notre équipement, nous arrivions à économiser un déplacement par jour. Ce qui n’était pas rien.

Enfin, mon père a négocié avec le propriétaire de notre champ de pouvoir construire un puit à l’endroit des petits trous qu’il avait creusés dans le pré. Un accord verbal a été conclu : le propriétaire fournirait le matériel pour construire ce puits, mon père assurerait le creusage avec l’aide des voisins qui pourraient eux-aussi utiliser ce puits en période de sècheresse."

Un grand merci à Aimé Boyer pour sa passionnante contribution et à Laure Pagès pour la photo

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Publié le 4 Décembre 2021

Photo coll. J-C Rouzaud

Photo coll. J-C Rouzaud

Dans les années 50, même si le mode d’autoconsommation est encore très prononcé, la nécessité de se déplacer pour une famille de métayers se fait ressentir chaque jour un peu plus. 

Paulette D. nous explique : "Nous produisions beaucoup de ce que nous mangions mais bien-sûr qu'il nous fallait nous déplacer... Que ce soit pour aller prêter main forte aux voisins ou à la famille pour certains travaux, prévenir le médecin qu'on avait besoin de son diagnostic pour l'arrière grand-mère souvent malade ou pour les enfants... Il fallait aussi aller vendre des produits sur les différents marchés, les lapins, les pigeons, les œufs... Nous allions essentiellement à Castelnaudary le lundi mais aussi parfois à Villefranche, Revel ou Puylaurens même si cela était moins fréquent."

Négocier la vente ou l'achat de boeufs, rencontrer des acheteurs lors des foires, passer des commandes à la coopérative agricole, faire parfois quelques achats en ville, amener les enfants à l'école, aller prier, aller à la pêche, les déplacements motivés par des raisons liées à la vie familiale ou à la vie professionnelles étaient nombreux.

Alors comment s'y prenait-on ? "Nous essayions d'optimiser les sorties. Lorsque l'un d'entre nous partait pour le marché de Castelnaudary, il passait également à la C.A.L. (Coopérative Agricole Lauragaise) pour les affaires et au retour chez le forgeron par exemple si cela était nécessaire.", reprend Paulette.

Dans sa famille, faute de moyens suffisants et, peut-être  défaut d'être complètement convaincus de son absolue nécessité, la décennie entière, celle des années 50, se fera sans que la voiture automobile n'entre dans la cour de la ferme. Cela nécessitait un investissement financier assez conséquent et un peu de temps pour obtenir le permis de conduire. 

"Pour aller au village, visiter la famille, aller à la messe, on marchait beaucoup à pied. Cela ne nous posait pas de problème, nous étions habitués. Lorsque mes parents étaient jeunes au début du siècle, se souvient-elle encore, ils marchaient même les pieds nus avec leurs chaussures dans leur panier et ne les mettaient qu'avant d'arriver au village pour ne pas les user. Nous faisons attention à tout. Nous n'étions pas très fortunés et prenions grand soin du peu que l'on avait" 

Mais il y a aussi la bicyclette. On en dispose d'une ou deux selon les métairies, il n'y en a pas une pour chacun. Elles sont munies de sacoches pour transporter un peu de matériel ou quelques petits animaux que l'on aurait vendus ainsi que d'une porte-bagage qui permettait d'avoir un passager.

"Pour les déplacements représentant des distances plus conséquentes, on avait parfois recours à la moto, se souvient Paulette, on en possédait une qui n'était pas de première jeunesse mais elle rendait de grands services. C’étaient les hommes qui la pilotaient. Et même la ménine (l’arrière grand-mère) jusqu'à un âge très avancé était passagère pour se rendre en visite chez sa fille qui habitait le village voisin. Parfois c'était tout une organisation. Par exemple, lorsque nous étions invités à une fête locale par la famille, mes beaux-parents prenaient la moto pour y aller dîner (nb: le repas de midi en Occitanie) pendant que nous nous occupions des animaux et de la métairie et le soir, à leur retour, c'est nous qui prenions la moto pour aller souper chez nos hôtes et profiter du bal."

Elle explique également : "Nous, les femmes de la maison, avions une certaine autonomie pour nous rendre à Castelnaudary, au marché par exemple, grâce à la ligne de bus qui s'arrêtait au bord de la route départementale qui longeait la métairie. On pouvait aussi aller l'attendre au village voisin. Le chauffeur autorisait les passagers à mettre en soute une panière ou deux contenant lapins, pigeons, poules ou poulets que nous souhaitions vendre."

Aimé rajoute : "Oui, c'est comme cela que j'ai vécu cette période 54-65 moi-aussi . L’autobus avait une remorque pour porter les veaux... Pour les cochons c'était plus compliqué, les volailles étaient  dans les paniers posés sur l'impériale du bus. On n'était pas malheureux."

Et puis, la famille s'agrandissant, la situation est devenue plus complexe pour Paulette et son mari qui avaient deux fillettes en bas-âge. Pour se rendre dans la belle-famille tous ensemble, c'est le frère de Paulette qui venait récupérer tout le monde en voiture pour les ramener ensuite. 

"Au tout début des années 60, mon mari a passé son permis de conduire à son tour et la famille a acheté une automobile, 4 ou 5 ans après le premier tracteur. C'est une liberté nouvelle que nous avons trouvée là. Évidemment, les temps de trajets ont considérablement réduit et les déplacements ont été grandement facilités. Mais pour autant, les vélos et la moto n'étaient jamais loin. Nous les avons gardés et ils ont continué à nous être très utiles."

 

Chez Aimé aussi, la famille s'est agrandie aussi a-t-il fallu prendre des décisions : "J'avais un scooter, j'ai acheté ma première auto en 64! Nous avons eu des jumeaux qui ont étés placés en couveuse à Montauban. Il a bien fallu aller les voir, ces petits. Les grands-mères, les grands-pères, tout le monde voulait les voir. J'ai acheté une B 14 Sport d'occasion qui n'avait pas roulé depuis longtemps. Aussi, à cause des durites, de Caraman à Montauban, j'ai fait connaissance avec pas mal de mécanos sur le trajet ! Il y avait même une courroie de mobylette au ventilateur. S'il y en a qui vont à l'aventure, nous c'est l'aventure qui est venue à nous !"

Merci à la famille Nardèze pour le partage de ses trésors photographiques, à J-C Rouzaud et à Paulette D., ma grand-mère, pour son témoignage ainsi qu'à Aimé B. pour sa précieuse collaboration.

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Publié le 27 Novembre 2021

Photo coll. Nardèse

Photo coll. Nardèse

Changer de métairie, de ferme, de borde, changer de propriétaire : voilà un moment fort de la vie d'un métayer, d'un fermier, d'un exploitant... Dans la première moitié du XXe siècle, c'était tout une aventure... Le déménagement était réalisé durant les premiers jours de novembre en général mais la transition avait été très largement anticipée... Aimé Boyer nous fait part de ses souvenirs.

Préparer la transition

"Le changement était un acte préparé à l'avance, se souvient Aimé. Il y avait d'abord la décision qui faisait l'objet d'une longue réflexion et de discussions au sein de la famille. Les raisons pouvaient être nombreuses et variées : la ferme trop petite, les conditions de faire valoir, le caractère des deux parties (ententes et relations), la qualité de la terre, la pénibilité.... Bien souvent, cette décision était prise plus d'un an à l'avance. On espérait trouver mieux en changeant, évidemment. "

Après avoir conclu la rupture de l'accord d'une part et un nouveau contrat d'autre part,  les deux phases complexes mais essentielles de la décision allant de de pair, le déménagement était alors envisagé. Il était aussi nécessaire de trouver un accord avec l'exploitant, en place, le sortant. Des actes préparatoires à la prochaine arrivée étaient plus ou moins bien acceptés selon les us et coutumes.                                                "Par exemple, explique Aimé, l'agriculteur entrant, devait parfois s'occuper de remiser la paille lors des battaisons précédant son arrivée. Ce pouvait être l'occasion de quelques blagues comme desserrer la presse, accélérer la cadence des gerbes sur le batteur en accord avec le mécano. Ce qui ne manquait pas de provoquer une belle pagaille au pailler. Cela pouvait arriver une ou deux fois suivant la façon dont le nouveau venu le prenait. S'il montrait trop sa colère, cela repartait de plus belle. Généralement cette pagaille prenait fin au passage de la buvette.même si souvent il pouvait rester quelques rancœurs. Parfois, il fallait qu'il y ait accord, aussi pour les labours d'été avec le futur occupant des lieux."

Changer de ferme

Il était nécessaire de trouver encore un autre point d'accord avec le sortant : le jour du déménagement devait être le même car le soir il fallait être en place pour apporter le soin nécessaire aux animaux tout juste installés dans la nouvelle ferme et prendre ses repères. "Selon la distance à parcourir pour le sortant et l'entrant, la ferme pouvait rester vide quelques heures et ça faisait tout drôle de trouver tout vide.", explique encore Aimé

"Ne parlons pas de tracteurs, camions, bétaillères trop modernes mais uniquement charrettes.Plusieurs voisins était invités pour donner un coup de main. La traction animale était utilisée et bienvenue : bœufs, vaches, cheval.  Ce dernier était intéressant et souhaité, il pouvait faire deux voyages dans la journée sans problème. Et cet attelage était souvent équipé de petites bétaillères qui servaient habituellement pour aller au marché et qu'on utilisait là pour transporter les petites volailles, lapins etc…

Je me souviens que les petits cochons étaient installés dans le centre de la charrette, fermés de chaque côté avec un buffet, un sommier de lit ou un autre élément de mobilier...

Je me souviens encore du bruit des roues ferrées sur la route lorsque ce convoi de déménagement se déplaçait mais aussi de celui des sabots cloutés des hommes et ceux, ferrés, des vaches. Quant aux enfants en âge de marcher, ils gambadaient autour du convoi, les plus petits étaient sur la charrette avec les femmes plus âgées. Les femmes conduisaient aussi l’attelage."

Effervescence à la borde

 

Ce déménagement provoquait une certaine effervescence quelques jours avant. Il fallait préparer les ballots de linge, les vêtements, prévoir le repas avant de partir et ne pas emballer trop tôt la louche...

Aimé reprend : "Le matin du fameux jour,  au réveil, très tôt, on s'attelait à enlever les draps, démonter les lit, les armoires... Avant de partir on balayait scrupuleusement pour ne pas laisser  de poussière ou des toiles d’araignées, c'était important pour soigner sa réputation."

 

En arrivant dans les nouveaux lieux, il fallait rapidement installer les animaux, leur préparer les litières parfois provisoirement en attendant le lendemain et bien-sûr, il fallait aussi préparer l’habitation pour la nuit ainsi que le repas du soir.

 

Prendre ses marques

 

"Les cours de ferme d'alors étaient constituées de passages avec des pierres posées. On prenait nos marques rapidement le puits, le tas de fumier, le hangar où l'on était venu  durant l’été pour rentrer le fourrage.

La famille et les voisins de celui qui arrivaient croisaient ceux qui sortaient : un vrai brassage humain qui remuait aussi beaucoup d'émotion.  C'était une aventure, un moment qui laissait des traces dans les mémoires. On disait d'ailleurs que trois déménagements, émotionnellement parlant, valaient un incendie."

 

Se projeter dans l'avenir immédiat et le travail

 

"La première des choses à faire les jours suivant était de préparer les semis. Et puis s'installer : le vin nouveau, le stock de maïs, toutes les céréales, qu'on réensachait  y compris pour le semis dernièrement passé au trieur, mettre dans la grange le bois de chauffage, les fagots pour allumer le feu..." Un énorme travail d'installation doublé d'une activité intense dans les champs allait alors mobiliser la famille pour de longues semaines dans son nouveau cadre de vie et d'exercice... Une réelle aventure...

 

Merci à Aimé, une nouvelle fois, pour son éclairage précieux et à Berthe Tissinier pour la photo.

 

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Publié le 20 Novembre 2021

Lauragais d'Autrefois (149) : proverbes et dictons occitans sur la lune (la luna)

La lune gobeuse de cette fin de novembre a inspiré le port du jour. Dans la vie lauragaise, l'observation de la lune (la luna) pour prévoir le temps à venir était presque un réflexe dans le monde paysan. Ceux qui en tenaient le plus grand compte étaient nommés en occitans les lunatièrs. Quelques proverbes, expressions et dictons occitans sont réunis ici pour vous :

 

Luna roja, vent ou ploja

Lune rouge, vent ou pluie

 

Luna quilhada, terra banhada, Luna pendenta, terra fendenta

Lune dressée (ou pointue), terre mouillée, lune pendante, terre fendue (selon la position du croissant la sécheresse se poursuivra ou pas)

 

Luna blanca jornada franca

Lune blanche, journée franche

 

Luna mercruda, femna barbuda, òme sens barba, de totis tres prenetz garda.

Lunde du mercredi, femme barbue, homme sans barbe, de tous les trois prenez garde.

 

Far de castèls sus la luna

Faire des châteaux sur la lune ( = Faure des châteaux en Espagne)

 

Colhon de la lune

Couillon de la lune

 

Trapar un còp de luna

Attraper un coup de lune (= de soleil)

 

Cap de lunatièr a pas jamais remplit le granièr.

Aucun "lunatier" n'a jamais rempli le grenier

 

Si vous connaissez d'autres dictons, expressions ou proverbes sur la lune, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons la petite collection de ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

 

Photos B.Alasset

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Publié le 13 Novembre 2021

Reconstitution d'un semenador par Aimé Boyer

Reconstitution d'un semenador par Aimé Boyer

Emile évoque les semailles dans ses carnets, une période de l'année cruciale surtout à l'heure où les assolements comportaient beaucoup de blé. La météo de novembre et décembre était alors - et encore aujourd'hui - une inquiétude vive. Ne pas semer trop en retard... Cette évocation a fait resurgir quelques souvenirs. Voici ceux d'Aimé du temps où l'on semait à la main et qu'il a eu l'amabilité de m'adresser. Nous les avions déjà publiés ici mais ils sont tellement précis et évocateurs qu'ils méritent d'être proposés à nouveau à votre lecture.

 

Les semences :

Dans les années 40 et 50, les agriculteurs  produisaient leurs propres semences. "Nous faisions des échanges entre nous. Il y avait aussi quelques négociants qui passaient dans les fermes et proposaient des semences de blé de la Beauce. Ils nous disaient que c'étaient des blés à grand rendement, sourit-il. Ce qu'il ne nous disaient pas bien-sûr, c'est nous n’avions pas le potentiel pour produire ! Nous n'avions ni l'engrais, ni les semoirs adaptés, ne les produits nécessaires mais c’était un espoir auquel nous nous raccrochions. Nous le voyons tous les jours avec  les carnets d'Émile, le tournant était bel et bien négocié. Avant les années 50 nous ne parlions pas surface, c'étaient des arpents, le journal."

 

Les rendements  : 

"Si, aujourd’hui, on parle de quintaux/hectare, à l'époque on connaissait presque le nombre de grains de blés à l’hectare.  On parlait de semences : un sac de blé 80 kilos, c’était le poids spécifique recherché pour commercialiser le blé. Par exemple 80 kilos produisaient  plus ou moins 8 sacs de semence à 80 kilos, 640 kilos donc.  Plus ou moins. Je ne saurais dire ce que ça représentait en termes de surface."

 

Le journal :

C'était une évaluation du temps qu'il fallait pour ensemencer un champ ou une surface donnée à la main.  Un grand champ pouvait contenir un certain nombre de journées d'homme à semer. C'était une vieille notion qui a parfois perduré tant que les mesures de semences ne pouvaient servir.

"Notre journal en Lauragais variait. Semé à la main, tributaire du vent, du terrain sec ou mou et de tant d'autres facteurs. reprend Aimé. Les chaussures étaient des sabots (les esclòps  en occitan) qui ramassaient facilement la boue, ralentissaient la marche surtout dans les champs en pente du Nord Lauragais. Cela ne facilitait pas l'avance du semeur"

 

Les jalons : 

Ils étaient faits avec les jambes de maïs (las cambòrlas) que les animaux avaient nettoyées de leurs feuilles. Ils étaient plantés à chaque bout du champs, parallèlement au fossé. "Quand les champs étaient rectangulaires ou carrés, pas de problème. Pour les autres formes trapézoïdales, triangulaires ou biscornues, c'était parfois plus compliqué." 

 

Le semis : 

"Nos jalons en place, il fallait s’occuper du blé ou de l'orge ou de l'avoine. Ils constituaient l'essentiel de notre assolement d'alors. D'abord on montait au grenier pour en descendre la quantité de grain programmée pour la journée de semis.  Ce blé qui avait été passé au trieur à grain ambulant était étalé. On faisait un mélange de vitriol et d'eau - à vertu fongicide - que l’on vidait sur le tas et il était mélangé comme du mortier. Nous étions alors prêts pour semer."

Le sac de blé posé sur la canadienne, une bouteille dans la musette pour la soif, le semeur était prêt. "On n’allait pas chez le docteur, mais on savait qu’il fallait boire. Je préparais ensuite le semenador (prononcer semenadou) : une sache en jute, une petite corde attachée à l’angle bas du sac, et l’autre bout à l’angle de la gueule du sac qui contenait une quantité de blé suffisante pour faire l’aller retour. Ce semenador  (voir reconstitution photo) était posé de façon à être divisé en deux sur le bras.

 

Le rythme et le geste du semeur :

"Nous y allons. On prend position devant le premier jalon en imaginant une ligne virtuelle avec le jalon. On commence par jeter un peu de blé autour de soi pour combler la marge. Et en avant, d'un pas régulier, ni trop grand, ni trop petit. Une fois le rythme pris, ça devenait presque mécanique. D'ailleurs ce n’était pas si désagréable. Quand le pied gauche touchait le sol, le bras droit partait en un geste large comme une demi-lune. Autant vous dire que lorsque cela durait une journée entière, le soir, on n’avait pas besoin de compter les moutons pour s’endormir.

Personnellement, je n’étais pas un champion. Je ne lâchais pas le blé régulièrement. Et au printemps, ça faisait des tas ou des ondulations. Et bien-sûr les voisins ne manquaient pas de me le signaler en riant, surtout les anciens, mais c'était bon enfant.

Ensuite, pour couvrir  il y avait aussi la herse  et quand le temps le permettait, on terminait en passant le rouleau en bois."

 

 

Merci à Aimé B. pour sa précieuse collaboration et ses souvenirs savoureux et tellement précis.

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Publié le 6 Novembre 2021

Photos coll. Nardèse

Photos coll. Nardèse

L'automne était une saison aux tâches multiples à la métairie. Il fallait compter avec un temps plus capricieux et des journées raccourcies. Parfois c'était aussi la saison du changement pour les métayers, d'une borde à l'autre. Aimé Boyer recense pour nous la multiplicités de ces activités essentielles au fonctionnement de l'exploitation familiale.

"L’automne n’était pas une période propice à la rêverie dans les métairies. Il pleuvait souvent et les jours raccourcissaient.

Il fallait rentrer les récoltes, ramasser, transporter, stoker, faire les vendanges, récolter le maïs, les courges.

Tout cela ne laissait aucun répit à l’agriculteur et sa famille. Car il fallait en même temps préparer les semis en respectant la rotation culturale : les pailles sur le maïs et inversement le maïs après le blé avec un labour profond et une fumure animale. Les légumineuses fourragères étaient remplacées suivant la qualité du terrain généralement par du maïs et quelques fois du blé. 

Après avoir récolté le maïs, il fallait débarrasser les champs des jambes (las camborlas). Avec la canadienne arracher las tancàs (le départ de la jambe et le racinaire) puis niveler un peu le champ. En effet, en sarclant le maïs on tirait la terre vers le pied, ce qui provoquait une petite bute de terre à chaque rangée. Ensuite on labourait avec la charrue, un labour en planche, léger. Les semis de blé on déjà été évoqués dans les Carnets d’Emile. Il y avait aussi l’orge et l’avoine sans oublier le seigle et autre farouch qu’on semait dans un champ près de la maison pour le distribuer en fin d’hiver au bétail et apporter ainsi un peu de verdures après trois mois de rations sèches.

Dans le même temps, il fallait prendre soin du vin dans la cave.

Il fallait aussi semer les fèves et ce n’était pas une rangée, ou deux mais minimum un hectare ou davantage.

La fève faisait partie de la ration alimentaire des animaux de la ferme mais aussi de l’homme.

C’était la période où on plantait l’ail, l’échalote et l’oignon de Mulhouse.

Venait aussi le moment de faire les labours profonds pour le maïs avec le brabant, tiré par deux paires de bœufs ou vaches et deux personnes employées à temps plein.

Les terres argilo-calcaires du Lauragais ne supportent pas les labours de printemps.

Tout simplement l’argile qui passe l’hiver avec quelques gelées permet d’obtenir des terres meubles. Dans le Bassin Parisien ou les vallées de la Loire, ils n’ont pas ce même problème : ils labourent au printemps et ils sèment dans la foulée.

Mon gendre de Haute Savoie, quand il venait l’été, était étonné de voir ces labours dès le mois d’août.

On pourrait parler aussi du potager à pelleverser  et tant d’autres tâches encore.

La Toussaint venant, il fallait aussi travailler les tombes avec la bêche et le fossor. Chaque année, les tombes s’affaissaient  un peu. On remettait en forme de trapèze et quelques fleurs que l’on avait cultivées avec difficultés en raison du manque d’eau. Le cimetière n’était pas toujours au village,  avec les nombreux déménagements d’une métairie à l’autre, aussi il fallait y aller à pied, au mieux à vélo.

Durant cette période on se rendait aussi sur les foires et marchés de la région car l’année culturale prenait fin le premier ou onze novembre. Il fallait connaître le prix moyen de toutes les denrées alimentaires qui allaient rentrer dans le calcul avec le propriétaire bailleur que l’on reste ou que l’on déménage. "

Un grand merci à Aimé Boyer pour la transmission de ses souvenirs si précieux.

Merci à Berthe Tissinier pour la photo transmise.

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Publié le 30 Octobre 2021

Lauragais d'Autrefois (146) : dictons et proverbes occitans des fruits et légumes d'automne

Les dictons occitans sur l'automne ne sont pas légion mais ceux qui concernant les fruits et légumes de cette saison, par contre, foisonnent. Qu'on les plante, les conserve ou qu'on les récolte...

En voici un petit échantillon à mettre au fond du panier.

Es bavard coma un gran d'alh

Il est fier comme un grain d'ail.

Demandar de peras al pibol

Demander des poires au peuplier (demander l'impossible)

Esser coma un rat entrans dos noses 

Être comme un rat entre deux noix 

Les rasins venan pas pels bartasses.

Les raisons ne poussent pas dans les buissons.

Se la cèba a très vèstas, l'ivèrn serà pas en rèsta.

Si l'oignon a trois peaux, l'hiver ne sera pas en reste.

Concernant les expressions, on notera que la citrouille la coja est convoquée pour signifier la calvitie : una coja plumada (une courge plumée) et quand les châtaignes , las castanhas sont aussi la métaphore des coups comme dans la chanson de Nougaro. 

Si vous connaissez d'autres dictons, expressions ou proverbes sur l'automne, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons la petite collection de ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Publié le 23 Octobre 2021

Lauragais en 39-45 (6) : les restrictions, le sucre, l'orge et le café

Nous poursuivons la découverte des témoignages des campagnes lauragaises en 39-45. Aujourd’hui, voici un témoignage d'Yvonne Péchalrieu-Pujol de Baziège, extrait du livre d’or des Anciens Combattants de la commune. Serge Arnaud, qui l’a recueilli, l’a partagé avec nous et je l’en remercie.

«  J’ai quitté l’école Primaire de Baziège aux vacances d’été, fin juin 1939.  J’avais 14 ans. Et puis, peu de temps après, la guerre s’est déclarée et mon père à été mobilisé ; il avait 38 ans. Il était cantonné à la caserne Niel de Toulouse. J’habitais à la ferme d’en Bila : il y avait ma grand-mère, ma mère qui était enceinte de ma sœur, un jeune garçon de ferme et moi. Papa venait toutes les semaines pour une courte permission. Puis ma sœur est née en février 1940 et à ce moment là, papa a été démobilisé. Nous subissions des restrictions, (café- sucre- savon-huile pain et autres). Nous avions des tickets de rationnement pour un mois. Pour remplacer le café qui manquait à la fin du mois on faisait griller de l’orge, ça n’était pas très bon.  Le sucre était remplacé par la saccharine qui avait une certaine amertume. Faute de savon, on achetait du Novac, c’était une pâte qui moussait beaucoup et laissait le linge rêche. On l’achetait à une usine qui se trouvait au garage face au supermarché de Montgiscard.  C’était l’usine de goudron. Pour le pain aussi, nous étions rationnés.

Un jour, un soldat allemand est rentré dans l’étable où se trouvaient cinq vaches.

 Il essayait d’en traire une. Ma belle-mère lui a fait comprendre que ce n’était pas l’heure et qu’elle lui donnerait du lait le soir…Je me souviens d’un dimanche matin où nous étions allés chercher du fourrage aux Pradettes. Nous avons alors vu un convoi de camions allemands qui passait sur la départementale 16. Ils étaient camouflés de branchages, certains soldats étaient assis sur les camions prêts à tirer. Nous sommes alors rentrés plus tôt que prévu en passant par le chemin de Montraudan pour les éviter. C’est en arrivant que nous avons appris que monsieur le maire avait fait sortir les gens de l’église avant la fin de la messe car il y avait trois avions anglais dans le ciel qui survolait le convoi puis qui l’ont mitraillé sur la Nationale 113 à l’entrée de Villenouvelle.

Voila ce que j’ai gardé comme souvenirs de cette période. Je peux rajouter que j’ai été  privilégiée par rapport à tant d’autres qui avaient leurs pères prisonniers en Allemagne. »

 

Mes remerciements Serge Arnaud pour le partage de ce témoignage.

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Publié dans #Métairies en 39-45, #Lauragais agricole d'autrefois

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Publié le 16 Octobre 2021

Lauragais en 39-45 (5) : les réquisitions et le poste de radio

Voici les souvenirs d'Aimé Boyer, témoin fidèle des Carnets d'Emile. Ce témoignage concernant les années de guerre en Lauragais vous avait déjà été proposé en 2020. Il m'a paru intéressant de vous en offrir à nouveau la lecture dans le cadre d cette série consacrée à la 2nde Guerre mondiale.

" Il y avait un chef de district par canton qui organisait le ramassage - les réquisitions - entre autres, des animaux, du grain etc…dans chaque ferme et selon leur superficie, pour nourrir l’occupant. 

Les Allemands passaient souvent dans les fermes, par deux, ouvraient les armoires, les placards. Il fallait leur donner à manger, leur faire cuire des œufs à la poêle. Si ma mère n’avait pas le temps, ils se les faisaient cuire eux-mêmes. Pendant que l’un faisait cuire, l’autre allait chercher du vin à la cave, j’ai souvent vu les mâchoires de mon père se crisper. En d’autres endroits c’était le jambon ou des légumes dans le jardin qu'ils choisissaient.

Ils faisaient des manœuvres régulièrement et ils passaient quand bon leur semblait sur la rangée de melons, en colonne, et dans le champ de blé, en tirailleurs, se couchant à tout moment. Il fallait voir la tête des melons et du champ de blé après leur passage, sans oublier celle de mon père !

On m'a aussi raconté cette anecdote : lors d'une soirée de beuverie - ils avaient dû abuser de l'eau de vie - ils auraient fait monter un cheval dans la chambre grand dam des habitants de la ferme.

Bien entendu il n’y avait pas d’armes car elles étaient réquisitionnées. Pour améliorer le quotidien, on attrapait donc des lapins avec des bourses - j’y étais très adroit - et aussi le furet. Mes parents avaient aussi acheté un petit moulin manuel pour faire de la farine en cachette afin de fabriquer du pain. 

A partir de 1940, nous avons vu arriver des personnes nouvelles qui cherchaient des denrées alimentaires. C’étaient des Toulousains qui venaient avec le train, et s’aventuraient à travers la campagne, sans aucun repère au début.

Les premières fois il y eut des contacts modestes, et comme ils revenaient toutes les semaines, des rapports d’amitié se sont crées et sont allés bien au delà de la fin de la guerre. Ils ont participé à notre vie, nos fêtes, nos deuils. Ils ont assisté au mariage des enfants qu’ils avaient connus petits. Il y a eu aussi des échanges, de type troc, et qu’on appelait communément marché noir. Ces Toulousains avaient accès , par des connaissances, des amis, à l’industrie. Ils pouvaient trouver des pneus de vélo, des sandales, des vêtements, du soufre, du vitriol, et toutes sortes de produits utiles à la vie courante.      

Le poste radio n'était pas autorisé. Le nôtre était caché sous le lit. Mon père et ma mère écoutaient les messages Les Français parlent aux Français, mais ne comprenaient pas ce qu’ils signifiaient.

Puis vint le débarquement en Normandie. Il nous tenait motivés ! Nous suivions, à l’aide de punaises, la progression des Alliés sur une carte pendue derrière la porte. Ma mère avait trouvé une carte de l’Europe. De même, nous suivions l’avancée de l’Armée Rouge. C’est moi qui, tous les soirs, m’acquittait de cette tâche.

J'ai  aussi des souvenirs de bombardements et particulièrement ceux de l’aéroport de Montaudran par l'aviation anglo-américaine le 6 avril 1944. Même si nous étions loin, en pleine nuit, nous entendions le vrombissement des nombreux avions, des bombes qui tombaient en sifflant avant d’exploser en illuminant le ciel puis le retour des avions qui passaient entre Caraman et Villefranche ; ils laissaient tomber les enveloppes des bombes que nous ramassions comme des souvenirs."

Je remercie très sincèrement Aimé Boyer de m’avoir une nouvelle fois confié cette tranche de vie exceptionnelle.

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

 

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Rédigé par Emile

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