lauragais agricole d'autrefois

Publié le 27 Août 2022

Lauragais d'Autrefois (184) : un tracteur Field Marshall

Au mois de mars, nous avions découvert le MAP grâce à quelques documents d'époque (voir ici) et récemment un autre post a été consacré (ici également). Grâce à la générosité de quelques contributeurs, nous continuons cette exploration. Cet engin a changé définitivement le visage de l'agriculture en général et lauragaise en particulier lorsqu'il s'est généralisé après la 2nde guerre mondiale.

Ils rappelleront certainement des souvenirs à nombre d'entre vous.

Voici un Field Marshall photographié en 1954.

 

Lauragais d'Autrefois (184) : un tracteur Field Marshall

Un grand merci à Michel Fontez pour le cliché du jour.

Si vous possédez des photos de tracteurs d'époque en situation de travail, n'hésitez pas à me les adresser. Nous constituerons une petite collection de posts ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile

 

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois, #Tracteurs

Repost0

Publié le 20 Août 2022

Lauragais d'Autrefois (183)  : ces drôles de surnoms occitans

A la lecture du web roman feuilleton Ceux de la Borde Perdue(www.bordeperdue.fr), voyant que la famille malchanceuse est surnommée « les maffrés » par les villageois, Aimé Boyer s’est souvenu qu’on utilisait beaucoup de surnoms dans les campagnes et notamment en occitan.

Il a essayé d'en dresser une petite liste.

« C’était très courant surtout dans la période d’avant-guerre. Il y en avait tellement que quelquefois, on ne connaissait plus le vrai nom de famille des gens, écrit-il. Moi par exemple, on m’appelait le parlaire (le parleur/le bavard) ».

Ces surnoms émanaient souvent d’un trait de caractère, d’une caractéristique physique, d’une attitude notable, d’une anecdote, d’un métier, d'un animal possédé. Parfois on en héritait de génération en génération jusqu’à en oublier l’origine. Le plus souvent, ces surnoms étaient utilisés affectueusement ou amicalement. Mais parfois cela pouvait être moins le cas…

 

Cela allait des noms d’oiseaux…

Le Rossinhòl (le rossignol)  

La Lauseta (l’alouette)       

Le Cocut (le coucou mais pas seulement…)

Le Piot/la Piota (le dindon/la dinde mais aussi le sot/la sotte)               

Le Pol (le coq)           

 

A d’autres noms très variés…

Le Ramonet (le maître valet)

Le Ninet/ la Nineta (le petit,/la petite le bébé)

Le Cloc/la Cloca (qui se plaint, maladif -ve )

Le Repopet (le jeune veau)

L’Afairat o l’Afanat (l’affairé, le pressé)

L’Ase negre (l’âne noir)

Le Mostachut (le moustachu)

Le Manjafavas (le mangeur de fèves)

Le Mostenc (le flétri)

Le Chapotièr (le mauvais bricoleur)

Le Rossèl (le blond)

Le Ros/la Rossa (le roux/la rousse)

 

Merci à Aimé Boyer d'avoir constitué cette liste surprenante et amusante.

 

Si vous connaissez d'autres surnoms (de gens mais aussi de maisons, de lieux...), n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons la petite collection de ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois

Repost0

Publié le 13 Août 2022

Lauragais d'Autrefois (182) : clapiers et lapins de garenne

Au fil de notre exploration du Lauragais d'autrefois, il a été mis en évidence la nécessité pour les familles de fermiers ou de métayers de complémenter les revenus, complémenter l'ordinaire pour les siens.

Parmi ces activités du quotidien, il en est une qui demandait un peu de travail de préparation mais permettait d'avoir à sa disposition des lapins de Garenne plus ou moins facilement.

Près des métairies, étaient ainsi érigés des clapiers. Il fallait, si on voulait favoriser le bien-être des animaux et leur survie, respecter quelques critères. Aimé Boyer en témoigne : "Il fallait bien-sûr choisir un emplacement pas trop éloignés de la maison mais où, tout de même, il n'y avait pas trop de passage. On évitait évidemment les zones inondables et on choisissait un endroit pas trop exposé au vent, surtout le vent d'Ouest."

Commençait ensuite l'installation de quelques têtes d'arbres : ormeaux et frênes. Aimé poursuit : "Elles étaient difficiles à fendre. On les entassait ensuite en veillant à couvrir une bonne surface au face au sol. Nous prenions soin ensuite d'éparpiller dessus quelques fourchées de fumier de lapins domestiques."

Enfin, l'amoncellement était recouvert due buissons : aubépines, pruneliers bien tassés. "Pour cela, on montait sur le tas avec les sabots à cause des épines tout en veillant à la bonne tenue de l'ouvrage. "

Pour peupler ce nouveau clapier, on furetait avec des bourses et une ou deux femelles étaient ainsi installées dans leur nouveau logis. Ne restait plus qu'à attendre le peuplement, souvent rapide, des lieux en espérant que chats et autres prédateurs ne capturent pas avant les jeunes lapins.

"L'idéal, reprend Aimé, était qu'il y ait une haie entre le clapier et la maison. A des heures bien précises de la journée, il fallait alors se cacher, attendre patiemment la sortie des lapins et choisir, selon les besoins du jour, lequel serait cuisiné en civet, poêlé avec une persillade..."

Cela n'empêchait nullement en parallèle et selon les métairies l'élevage de lapins domestiques pour la consommation familiale mais aussi vendus sur les marchés... Nous y reviendrons...

Petit lexique occitan :

lapin : lapin, conilh

lapine : lapina, conilha

lapereau : lapinon

lapinière : lapinièra, conilhèra

portée de lapins : lapinada

(rappel : le a final se prononce o et le on final se prononce ou)

Remerciements :  Aimé Boyer 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois

Repost0

Publié le 6 Août 2022

Lauragais d'Autrefois (181) : ces tracteurs d'antan

Au mois de mars, nous avions découvert le MAP grâce à quelques documents d'époque (voir ici). Grâce à la générosité de quelques contributeurs qui ont bien voulu partager leurs photos avec nous, voici quelques tracteurs de différentes époque. Cet engin a changé définitivement le visage de l'agriculture en général et lauragaise en particulier lorsqu'il s'est généralisé après la 2nde guerre mondiale.

Ils rappelleront  certainement des souvenirs à nombre d'entre vous.

Voici pour commencer un Zetor 25A, fabrique en Tchécoslovaquie de 1949 à 1961.

 

photo coll. S. Visentin

photo coll. S. Visentin

Voici pour suivre un Massey Harris 745 équipe d'un moteur Perkins (années de fabrication de 1954 à 1958) :

coll. H. Saffon

coll. H. Saffon

Merci à Serge Visentin et Hubert Saffon pour les clichés du jour.

Si vous possédez des photos de tracteurs d'époque en situation de travail, n'hésitez pas à me les adresser. Nous constituerons une petite collection de posts ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois, #Tracteurs

Repost0

Publié le 30 Juillet 2022

Lauragais d'autrefois (180) : un deuil paysan

Les moments de deuil à la ferme, lorsqu’ils survenaient, étaient empreints de rituels précis, de traditions à respecter et une solidarité remarquable était mise en œuvre autour de la famille endeuillée. Grâce aux souvenirs d’Aimé Boyer, nous allons redécouvrir comment étaient vécu ces moments. Première partie aujourd’hui, lorsque le deuil survenait…

Lorsque la mort frappait une famille paysanne, le premier geste était celui d’arrêter les pendules de la maison comme pour suspendre le temps. Seule la montre dans la poche du gilet continuait à marquer le temps. 

Prévenir l’entourage, s’organiser

Immédiatement, un membre de la famille s’en allait prévenir les voisins, amis. Ils étaient chargés d’aller chercher les autres voisins au nombre de quatre ou cinq. On prévenait également le médecin pour certifier le décès et le maire afin de délivrer le permis d’inhumer.

En même temps, on rencontrait le prêtre de la paroisse rapidement pour les derniers sacrements et fixer l’heure de la cérémonie religieuse.

Le menuisier, lui, était chargé de fabriquer le cercueil dans la journée.

S’occuper du disparu

Sans perdre de temps, on procédait à la toilette et l’habillage du défunt qu’on installait ensuite sur le lit. On aménageait la chambre, poser quelques chaises La table de nuit, comme un reposoir, était recouverte d’un linge blanc où l’on posait un crucifix, une chandelle, récupérée à la chandeleur, une assiette avec de l’eau bénite de Pâques, une branche de laurier bénie le jour des rameaux et réservée pour ces évènements. 

Prévenir alentours : le glas

Il fallait ensuite prévenir le carillonneur.  Celui-ci se rendait de suite à l’église et sonnait avec la grosse cloche trois coups pour un homme, deux coups pour une femme. S’ensuivait une mélodie avec toutes les cloches, de frappes lentes qui donnaient un air lugubre.  Il en était ainsi qu’à chaque angélus, à l’arrivé du cercueil devant l’église , à l’élévation,  à la sortie de la messe en cortège vers le cimetière. La préposée à l’entretien de l’église l’ornait avec des parements violets, couleur de deuil.
Le menuisier était averti pour le cercueil qu’il fabriquait dans la journée. Soit il le portait ou bien on allait le chercher.

Une solidarité remarquable envers la famille endeuillée

Dès lors, la famille ne touchait plus à l’exploitation hormis pour quelques conseils discrets. 

On organisait l’emploi du temps de chacun. Le voisin immédiat ou un ami proche prenait en charge l’étable et formait les équipes pour aller mander (Mandadors / mandaires = messagers) les parents et amis de la famille. Lorsqu’ils étaient trop loin, on envoyait un télégramme.

Les femmes participaient à la toilette et à l’habillage du défunt.

Plus tard, elles prenaient en charge la basse cour, la cuisine car on allait nourrir les mandataires trois jours aux moins ainsi que les proches, invités aux obsèques le jour de la cérémonie. Cela nécessitait d’aller faire les courses chez le boulanger, l’épicier du village. Dans les petits villages où il n’y avait pas de fossoyeur, les proches de la famille se chargeaient même de creuser la tombe. D’autres prévenaient les parents les plus éloignés géographiquement qui venaient parfois dormir la veille de l’enterrement à vélo ou à pied.

Très souvent les tables pour nourrir tout ce monde étaient installées dans l’étable. On y servait œufs durs, sardines à l’huile, haricots sans viande cuits à la graisse de cochon, du fromage, du vin mais pas de café, deuil oblige.

à suivre...

Un immense merci à Aimé Boyer pour le partage de ses souvenirs si riches et précis.

 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois

Repost0

Publié le 2 Juillet 2022

Lauragais d'Autrefois (177) : dictons occitans sur le blé et les moissons

De saison... Petite revue des expressions et dictons occitans liés au blé et aux moissons...

 

Es un gran de blat dins la gargamela d'un ase

C'est un grain de blé dans la gorge d'un âne ( = ce n'est presque rien)

Balhar de blat d'ase

Donner du blé d'âne (= donner des coups)

Balhar de blat banhat

Donner du blé mouillé (= tromper quelqu'un)

Le blat demora quaranta jorns en flor per esperar le segal son companhon

Le blé reste quarante jours en fleur pour attendre le seigle son compagnon

Sega ras, que ganharás.

Moissonne ras/court, tu gagneras.

Cal pas segar abans de semenar.

il ne faut pas moissonner avant de semer 

 

Petit lexique des moissons d'autrefois

segar : moissonner

la dalha : la faux / la garba : la gerbe  / le tavèl : le tas de gerbes. / le garbièr, la garbièra : le gerbier

l'òrdi : l'orge / la civada : l'avoine / la paumola : la paumelle / le blat : le blé

 

Si vous connaissez d'autres dictons ou expressions sur ce thème qui étaient usités en Lauragais, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois

Repost0

Publié le 19 Juin 2022

Photo coll. Nardèse

Photo coll. Nardèse

Louis Bruno était agriculteur en Lauragais, fermier plus exactement. Retraité, il a consigné ses souvenirs dans des cahiers que sa famille a partagé avec nous. Pour le plaisir de relire ses mots savoureux, voici à nouveau cet article proposé il y a deux ans. Dans de précédents posts (ici et ), nous avons découvert sa description des travaux de printemps. Aujourd'hui, nous nous intéresserons aux mois de mai été juin. On y voit les activités se diversifier, se multiplier mais aussi s’intensifier. Chacun dans la maisonnée a son rôle à jouer pour que l’exploitation familiale tourne à plein régime

Fin mai

C'est alors que commençaient les choses sérieuses, les interminables journées de 15 à 16 h de boulot car tandis que la fenaison battait son plein, ce sacré maïs, lui, avait levé et bien levé à tel point qu'il était prêt à biner, manuellement le dos en l'air, rang après rang et pied après pied le débarrassent des adventices indésirables tout en l'éclaircissant, ne laissant pousser qu'un nombre de plantes optimum disons environ 4 pieds par mètre linéaire."

Juin : un mois d’activités harassantes et intensives

IL fallait donc mener de concert sarclage de maïs et rentrée des foins entravée souvent par les orages et le manque de soleil. Il s'ensuivait une longue série de besognes : coupes, râtelage, secouage, retournage bouquets, mise en tas pour enfin le charger ne gros voyages sur les charrettes et l'acheminer vers les granges et les hangars. Tout personne valide avait du pain sur la planche et n'avait pas à se faire prier. 

Les fourrages enfin dans les grandes ont se retrouvait en juin, mi-juin, même, le maïs était bon à buter par le passage entre les rangs du butoir  ou bien de la houe à cheval, opération toutefois plus rapide que le sarclage et démariage. Heureusement car les premières coupes de regain montraient déjà le bout du nez ne laissant aucun répit tandis que la Saint Jean se pointait à l'horizon et que les céréales d'hiver viraient de couleur présageant que la moisson débuterait aux premiers jours de juillet.

Un immense merci à Daniel Bruno - ainsi qu'à Christiane et Jean-François Bruno - pour avoir partagé les écrits passionnants de Louis.

Merci à Berthe pour la photo transmise

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois

Repost0

Publié le 11 Juin 2022

Evier creusé dans une pierre et son évacuation en façade

Evier creusé dans une pierre et son évacuation en façade

Dans "L'eau des collines", Marcel Pagnol souligne la préciosité de ce liquide dans nos vies quotidiennes et celles des agriculteurs pour  leurs activités. Longtemps en Lauragais, les fermes étaient équipées d'un puits, d'une citerne, d'un cuvier, d'une auge, d'une mare qui nécessitaient transport et suscitaient des inquiétudes vives lors des pénuries.

En 1948, est créée l'Institution interdépartementale pour l'aménagement hydraulique de la Montagne Noire devenue aujourd'hui l'Institution des eaux de la montagne noire (IEMN). Le barrage des Cammazes est patiemment érigé entre 1953 et 1958 ainsi que les usines de potabilisation pour ensuite alimenter les communes du Lauragais et au delà.

Dans les métairies des années 50, cette arrivée a apporté un confort très apprécié.

 

Les métairies avant l'eau courante

 

La corvée d'eau mobilisait régulièrement les membres de la familles. Hommes, bêtes, potagers tous avaient besoin d'eau. Elle se faisait rare lors des sécheresse et parfois difficile à atteindre lors des grands froids. Il fallait par exemple casser la glace épaisse de la mare pour faire boire les animaux durant l'hiver 1956. 

 

Aimé Boyer nous décrit la vie d'avant l'eau courante :

 

"Il n’y avait pas d’eau courante mais souvent un puits, plus ou moins loin de la ferme suivant la source trouvée par un sourcier. A ces puits, il y avait rarement des pompes, c’était le seau, une corde ou un tour munie d'une chaîne,.

Les puits où l'on  puisait avec la corde étaient fermés à ras de sol, recouverts de tronc d’arbres, disposés de façon à avoir une trappe fermée avec de grosses branches. On les enlevait pour pouvoir être au dessus du puits. Il ne suffisait pas de descendre le seau, il fallait aussi qu'il se retourne pour se remplir.

Les puits équipés d’un tour étaient bâtis, l’arbre du tour était posé sur le mur de part et d'autre. Ces tours étaient très souvent équipés d’une chaîne, Il était plus compliqué de tourner le seau pour le noyer, des astucieux installaient, un pois bricolé avec du fil de fer sur un côté du seau. Au contact de l’eau, il se renversait.

Il y avait aussi des poulies à gorges pendues au sommet du puits. Il fallait remplir des auges ou comportes pour faire boire les bovins ou brebis. Des barriques posées sur une charrette, pour la basse cour et on utilisait le seau ou la cruche pour la maisonnée.

 Parmi les corvées dues par le métayer,  on trouvait parfois celles de porter avec des seaux pour les vider dans une citerne en haut de la maison du propriétaire parfois pour remplir les baignoires."

 

Le confort nouveau des métairies équipées

                                                         

Il poursuit : 

 

"En 1969, j’ai déménagé, cette métairie était équipée avec l’eau de la Montagne Noire, Il y avait un robinet au dessus de l’évier, adapté à la cuvette, qui n’était pourtant pas prévue pour en être équipée. Une petite fenêtre était posée devant l’évier. Cette cuvette était creusée dans une pierre avec au fond un trou pour en assurer l’évacuation.

Devant la porte de l’écurie, se trouvait également un robinet prévu pour alimenter une auge. J’ai commencé par poser une comporte. J’ai donc goûté au plaisir d’ouvrir ce robinet, l’hiver, pendant que mes vaches buvaient goulûment. Quel luxe, comparé à l’auge qui se trouvait au fond du pré.

Bien sûr, je ne me suis pas arrêté là.  Il y avait une pièce sous l’escalier, que j’ai aménagée rapidement pour y poser un chauffe eau électrique, un receveur de douche, un lavabo. Sur cette lancée, j’ai même alimenté l’évier en eau chaude en bricolant un peu la cuvette.

L’année suivante, j’ai installé les abreuvoirs automatiques dans l’étable en les fixant à la mangeoire.

Sans oublier ensuite de poser un robinet dans les bâtiments de la basse cour. Ainsi s'est trouvée terminée i la corvées d’eau, avec la charrette. Ouf !

 Rapidement, pour ne pas perdre la main ; du confort : j’ai fabriqué une fosse septique avec un puisard, rempli de galets de l’Agout avec un WC. Finie la cachette derrière la haie du jardin, finie la cabane au fond du jardin..."

 

C'est aussi ce qu'Emile a fait en mai 1960, l'aménagement de water-closet grâce à l'eau courante.

 

L'arrivée de l'eau a apporté un confort nouveau dans les campagnes e a aussi réduit largement la peine en provoquant la disparition des corvées liées à l'eau.

 

Je remercie Aimé Boyer pour son éclairage précieux sur cette question. Si vous aussi avez des souvenirs de changements à la ferme, de l'arrivée de progrès dans les années 40,50 ou 60, n'hésitez pas à me les adresser pour publication. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.


 

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois

Repost0

Publié le 7 Mai 2022

Photo d'illustration, collection personnelle

Photo d'illustration, collection personnelle

Louis Bruno était agriculteur en Lauragais, fermier plus exactement. Retraité, il a consigné ses souvenirs dans des cahiers que sa famille a partagé avec nous dans de précédents posts (ici et ), C'est un souvenir d'enfance extrait de ses écrits que nous présentons aujourd'hui...

Je n'ai jamais vu tourner ni eu recours aux services des moulins à vent durant mon enfance ou ma jeunesse bien que certains d'entre eux aient fonctionné jusqu'aux années 50 et même un peu au delà.

Au passage cependant, je me permettrai une anecdote rocambolesque mais bien réelle. Je pense que cela se passait en 1936, j'en étais à ma huitième année d'existence. mes frères aînés se mirent un jour en tête d'en fabriquer disons plutôt d'en "bidouiller" un.

Mettant aussitôt le projet à exécution, ils dressèrent dans un pré bien exposé aux vents quatre traverses de chemin de fer bien fixées au sol reliées par un cadre au sommet, posèrent tenus par deux coussinets en bois un madrier cylindrique portant au bout quatre ailes rudimentaires le tout complété par deux poulies et une courroie de transmission, réussirent à faire tourner par vent favorable avec maintes difficultés l'outil que nous possédions dont je vais parler un peu plus loin (nb : le concasseur de marque Indispensable)

Inutile de vous dire que le lorsque le vent d'autan mettait le "turbo" la vitesse devenait incontrôlable avec des craquements terribles. heureusement que notre papa qui veillait au grain intima bien vite l'ordre de tout démolir craignant de voir sous peu quelque crâne fracassé. 

 

Un immense merci à Daniel Bruno - ainsi qu'à Christiane et Jean-François Bruno - pour avoir partagé les écrits passionnants de Louis.

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois

Repost0

Publié le 8 Avril 2022

Photo coll. Serge Arnaud

Photo coll. Serge Arnaud

Suite à la publication du post sur la mena, Aimé à retrouvé dans sa mémoire d'autres souvenirs, ceux au cours desquels, lorsqu'il était jeune homme, il conduisait les camions de bestiaux ou de grain jusqu'aux marchés toulousains. Des ambiances particulières de ces lieux de commerce aux immenses dimensions 

"Les vallées de la Saune, de la Vendinelle, du Peyrencou et du Girou avaient de grosses unités de bétail.

Voici une anecdote datant de 1957.  En arrivant du régiment, nanti de mon permis poids lourd, je suis allé travailler chez un maquignon qui avait un camion bétaillère qu’il ne pouvait pas conduire. Je n’ai pas posé de question. Fort de mon expérience des véhicules lors de la guerre en Algérie avec 31 mois de service militaire, j'allais lui montrer.                         

Tous les vendredis, se tenait l'incontournable marché aux abattoirs de Toulouse. Après avoir garé le camion derrière les bâtiments, il y avait la plusieurs gros camions qui déchargeaient des races Salers de L’Aubrac ou du Larzacpour la consommation de la région toulousaine, ville en expansion.

Mon patron allait rejoindre ses confrères. On devinait sous la blode noire un gros portefeuille attaché avec une chaîne au gilet pendant que le négoce se déroulait. Moi,libre, j’allais dans l’abattoir  parler avec le saigneur, le désosseur, le chevillard.

Autour de midi, rendez vous était donné au restaurant. Il y en avait plusieurs autour de établissement ; nous, nous allions chez Carmen ! Les chevillards venaient avec une moitié de quartier qu’ils pendaient au dessus de la cuisinière en pleine chauffe. Le cuistot avec son grand couteau affûté, taillait des tranches qu’il laissait tomber sur la plaque sur chaude laissant échapper un nuage de fumé appétissante. ça me changeait des rations de soldat !

Au retour nous poussions la chansonnette ; il est vrai que l’entrecôte était accompagnée de bon vin d'un café avec petite fine Armagnac. 

Le maquignon ne pouvait pas me prendre tous les jours pour travailler,  je me suis donc embauché chez un transporteur de grain et charbon. Si chez le maquignon, les vaches ou bœufs montaient ou descendaient seules, les sacs eux il fallait les charger au billot et les descendre à l’épaule.

Et le vendredi rebelote le marché aux grains place du puits à la Halle aux grains. Les marchands de grains, les meuniers, le semencier se retrouvaient là, avec une ambiance un peu similaire. Echanges, transactions et portefeuilles. Le repas de midi ce n’était plus de la viande grillée mais de la daube de sanglier, du civet de chevreuil et ce n'était pas mal non plus."

Merci à Aimé pour le partage de ses souvenirs précieux qui témoignent de cet autrefois que nous partageons ici. Merci à Serge pour la photo d'illustration.

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois

Repost0

Publié le 12 Mars 2022

Lauragais d'Autrefois (163) : Ces tracteurs d'antan le MAP type DR3

Documents et photos vont nous permettre de replonger dans les souvenirs mécaniques de la campagne d'autrefois au cours de quelques posts.

Aujourd'hui nous mettrons à l'honneur le MAP le modèle DR3. 

Commençons par la marque, MAP. MAP ? C'est l'acronyme de Manufacture d'Armes de Paris. Cette société anonyme au lendemain de la 1ère guerre mondiale spécialisée dans l'usinage de pièces d'armement se reconvertit dans la fabrication de pièces mécaniques. Elle fera faillite en 1950.

Le MAP type DR3 succède au type AR3. Il est doté d'un moteur diesel 2 temps à pistons opposés.

Mon grand-père paternel sur son MAP et quelques documents relatifs à la marque (cliquez sur les flèches pour faire défiler les photos)
Mon grand-père paternel sur son MAP et quelques documents relatifs à la marque (cliquez sur les flèches pour faire défiler les photos)
Mon grand-père paternel sur son MAP et quelques documents relatifs à la marque (cliquez sur les flèches pour faire défiler les photos)
Mon grand-père paternel sur son MAP et quelques documents relatifs à la marque (cliquez sur les flèches pour faire défiler les photos)
Mon grand-père paternel sur son MAP et quelques documents relatifs à la marque (cliquez sur les flèches pour faire défiler les photos)
Mon grand-père paternel sur son MAP et quelques documents relatifs à la marque (cliquez sur les flèches pour faire défiler les photos)

Mon grand-père paternel sur son MAP et quelques documents relatifs à la marque (cliquez sur les flèches pour faire défiler les photos)

Si vous possédez des photos de tracteurs d'époque en situation de travail, n'é"hésitez pas à me les adresser. Nous constituerons une petite collection de posts ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois, #Tracteurs

Repost0

Publié le 5 Mars 2022

Lauragais d'Autrefois (162) : dictons et proverbes occitans de mars

Mars et ses fantaisies météorologiques s'installent. Les verts tendres explosent, les fleurs fragiles tentent une sortie. L'occasion de retrouver les dictons et proverbes occitans de ce mois printanier...

 

Troneire del mes de març emplena barricas et barricots

Tonnerre du mois de mars remplit barriques et tonnelets 

 

Març marçeja si que non tot l'an goteja

Mars est pluvieux sinon toute l'année goutte.

 

Solelh de mars, ascla le cap dels ases.

Le soleil de mars fend le crâne des ânes.

 

Son flors del mes de març

Ce sont des fleurs du mois de mars (des espoirs fragiles)

 

Quand Març maieja, mai marceja

Quand mars fait mai, le mois de mai fait mars

 

Març marçal, un jorn de bon e l'autre mal

Quand mars est mars, un jour est bon et l'autre mauvais

 

Març ventós, abril plejós fan le bordier urós.

Mars venteux, avril pluvieux font le fermier heureux.

 

Si vous connaissez d'autres dictons, expressions ou proverbes sur ce mois, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons la petite collection de ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois

Repost0

Publié le 26 Février 2022

Photo coll. Nardèse

Photo coll. Nardèse

Voici un article saison que je vous avais déjà proposé il y a deux ans :

 

Les métairies, bordes et ostals du Lauragais étaient construits autour d'une grande pièce à vivre dont la cheminée (la chiminièra) constituait l'élément central. Elle pouvait être, selon les maisons, assez  monumentale. Elle permettait de cuisiner, de se chauffer mais aussi de s'éclairer.

Autour du foyer, on se réunissait lors des veillées hivernales pour se réchauffer, réaliser de petites tâches - les femmes tricotaient tandis qu'on racontait des anecdotes du temps passé - ou accueillir les visiteurs pour discuter en buvant du vin chaud ou de la tisane. tout une vie vie s'organisait à la saison froide au coin du feu.

Comme c'était le cas chez Emile, parfois la cheminée avait un tirage un peu capricieux et emplissait volontiers la pièce d'une fumée qui irritait les yeux. Alors la porte était laissée entrouverte pour faciliter le courant d'air mais cela avait des conséquences notables sur la qualité de la chaleur répandue dans la pièce...

Un avaloir conséquent, posé le plus souvent sur une énorme poutre de chêne, disparaissait au plafond et se transformait en conduit de fumée pour ressortir au-dessus du faîtage de la maison. 

Certains mesuraient plus de 3 mètre de long et 1 mètre 50 de profondeur. Ces cheminées étaient entourées d’objets servant à son bon fonctionnement et dont Aimé B. se souvient.

 

La cheminée et les souvenirs d’une cuisine lauragaise savoureuse

 

« La crémaillère (le cremalh) était scellée au mur arrière. C’était une chaîne équipée à son bout de deux crochets, un pour accrocher le récipient, et l’autre, pour monter ce dernier à la bonne hauteur de chauffe. L’escramalh accroché à la crémaillère avec une pièce rigide, comme une anse de seau, était une sorte de trépied, mais… sans pieds, sur lequel on pouvait poser la marmite qu’on appelait  l’ola, ou le pot à feu (le topin). Cet escramalh pouvait être utilisé au-dessus de grosses bûches contrairement au trépied. »

 

Mais les trépieds étaient souvent à proximité. « Le petit trépied était destiné à poser la casserole pour faire le café par exemple, le gros trépied servait pour le chaudron léger et celui en fonte ou en cuivre pour cuire le boudin, faire le salé qu’on appelle aujourd’hui confit sans oublier les confitures ; ce trépied accueillait aussi la lessiveuse et aussi à stériliser les conserves familiales. 

Le four de campagne était constitué d’un plateau rond fixé sur un trépied et d’un couvercle posé sur le plateau. On mettait de la braise sous le plateau et sur le couvercle, devant le feu allumé,  et à l’intérieur mijotaient deux poulets ou la dinde ou un macaroni. Ce que c’était bon ! La préposée à ces préparations devait faire face à la chaleur. 

Chez nous, le four de campagne, la lessiveuse, les gros trépieds, et les gros chaudrons était entreposés dans la cave sur les barriques. N’étaient jamais très loin non plus les grilles pour la saucisse, les costelons (prononcer coustélous, plat de côtes), les moineaux… 

 

Les chenets (les capfoguièrs) posés de chaque côté de la plaque en fonte empêchaient les bûches de toucher la tôle pour favoriser la circulation d’air. Ils étaient équipés sur le devant, de crochets pour supporter la pique du tournebroche. J’ai d’ailleurs vu fonctionner dans mon enfance le tournebroche mécanique, un appareil ni rond ni carré, il y avait une manivelle qu’il fallait tourner, de temps en temps. Je me souviens de ce bruit, c’était le même cliquetis que la pendule dans la cuisine quand mon père la remontait. 

C’est appareil faisait tourner une pique enfilée dans une pièce de viande posée sur les crochets des chenets devant le feu.  De temps en temps, la mémé (la menina) arrosait avec une louche (la còça) à long manche. Il faisait chaud devant le feu. .       

 

A proximité, bien sûr, le nécessaire était à disposition pour attiser le feu. Les pinces (las mordassas) pour manipuler les braises, la pelle à feu (la rispa)  un petit balai (l’engranièra) et le soufflet (le bufet) pour relancer le feu.

Parfois assis sur une caisse à sel, l’ancien était occupé à décortiquer des rafles de maïs qu’on appelait charbons blancs (les cocarilhs ou cocarèls).

Enfin chez nous, il y avait aussi une niche creusée au départ de l’avaloir dans laquelle demeurait une boite en fer, qui contenait des gâteaux faits maison. Il fallait prendre quelques risques pour arriver à en chiper un. »

 

Sur l’étagère (la laissa) posée au-dessus du linteau de la cheminée, trônaient des conserves, des boites de bouillon Kub remplies de gâteaux,, un crucifix, l’eau de vie ou encore les chandeliers, les lampes à pétrole à portée de main. Devant cette étagères était attaché avec des punaises un rideau (la panta ou cortina) égayé de motifs variés : fleurs, fruits ou encore formes géométriques. Cela permettait de dissimuler la grosse poutre noircie par la fumée au fil du temps et donnait en rentrant dans la pièce un air accueillant. »

 

Et grâce à la fée électricité, la lumière fut...

 

« Pour s’éclairer, le soir, la cheminée était une aide précieuse et puis il y avait quelques chandelles, une lampe à pétrole, une lampe tempête réservée souvent  pour aller prodiguer les soins aux animaux et aussi une lampe à carbure qui servait pour le vélo ou aller chercher des escargots », précise Aimé. « Elle était alimentée avec du carbure de calcium et de l’eau mais quand on était trop loin de la maison sur le chemin, il pouvait arriver qu’à défaut d’eau,... on fasse pipi dedans… système D. »

Et puis un jour, au crépuscule des années 30, vers 1937 ou 38 Aimé se souvient avoir vu arriver dans la cour de la ferme une équipe d’ouvriers venue poser les pylônes. L’électricien a ensuite installé une douille avec une ampoule dans l’écurie, une dans la cuisine ainsi qu’une une prise électrique.

« Après souper, à la tombée de la nuit, mon père s’est levé de table pour voir si cela fonctionnait. Il a tourné l’interrupteur, et la lumière a rempli la pièce ne laissant plus aucun coin d’ombre. Devant ce miracle technique, ma mère et mon arrière-grand-mère se sont levées et ont dit une prière. Ce moment reste pour moi un souvenir impérissable. »

La cheminée en a gardé ses fonctions essentielles de chauffage et de support de cuisine mais l’âtre rougeoyant a alors été sans doute moins sollicité pour la lumière ondoyante qui pouvait en émaner.

 

Merci une nouvelle fois à la famille Nardèse pour ses photos formidables et à Aimé Boyer pour ses anecdotes précieuses.

 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois

Repost0

Publié le 19 Février 2022

L'enfant et les oies, archives personnelles

L'enfant et les oies, archives personnelles

Sans aller jusqu'aux oies du Capitole, aujourd'hui nous replongeons dans les proverbes, dictons et expressions idiomatiques qui convoquent l'oie, l'auca en occitan.

Per Sant Martin, l'auca es al topin.

Pour la Saint Matin, l'oie est à la marmite.

 

Aver pas mas d'èime qu'un auca de cresta

Ne pas avoir plus de jugement qu'une oie n'a de crête

 

Al mes de febrièr, auca de bona raça de pondre es pas alassada.

Au mois de février, l'oie de bonne race n'est pas lasse de pondre.

 

Tot aquò val pas fems d'auca.

Tout cela ne vaut pas fumier d'oie (ça ne vaut pas grand chose).

 

Plumar l'auca sens la far cridar

Plumer l'oie sans la faire crier (escroquer quelqu'un)

 

Pèrdre las aucas

Perdre les oies (perdre la raison)

Mise à jour (contribution de Didier Agar, merci !)

Se semblan coma un pòrc amb una auca. (ils/elles n’ont aucune ressemblance.)
Se perdre las aucas / Se perdre les aucons (déraisonner)
Per compànhia, las aucas se banhan (on agit par imitation, par effet de groupe, comme des moutons de Panurge)
.

Nous finirons par une comptine d'autrefois :

Quan tres aucas van al camp,
La primièra va davant,
La segonda sieg la primièra,
La tresena es la darrièra,
Quan tres aucas van al camp,
La primièra va davant.

Quand trois oies vont au champ

La première va devant

La deuxième suit la première

La troisième est la dernière

Quand trois oies vont au champ

La première va devant

Si vous connaissez d'autres dictons ou proverbes sur les oies qui étaient usités en Lauragais, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois

Repost0

Publié le 12 Février 2022

Photo coll. Nardèse (Fête à St Germier)

Photo coll. Nardèse (Fête à St Germier)

Les confinements successifs et le couvre-feu mis en place en raison de la crise sanitaire ont mis en lumière à travers son atténuation l'importance du lien social dans notre quotidien. Si les moyens modernes - numériques notamment - permettent de garder le contact, ils ne pallient pas complètement l'absence d'échanges directs. 

Dans les campagnes d'antan, les occasions d'échanges humains étaient moins fréquentes mais la sociabilité avait cependant un certain nombre d'occasions de s'exprimer : travail, commerce, religion, liens familiaux et amicaux... En voici quelques exemples...

Foires et marchés

Même si les métayers avaient développé, comme on l'a souvent vu ici, une autoconsommation importante (potager, élevage...), la famille se rendait à un rythme hebdomadaire au moins au marché. On y vendait de la volaille et cela permettait, grâce à l'argent gagné, de faire des courses d'appoint(sel, sucre, etc...). 

Le marché, les foires constituaient des lieux de socialisation importants. On y rencontrait ses connaissances, amis, familles, voisins et on y échangeait des nouvelles, on y parlait métier, avancées de travaux, famille quand on ne négociait pas l'achat ou la vente de bestiaux.

Les fêtes de village

Lors de la fête de son village ou de manifestations traditionnelles (voir illustration), souvent à la belle saison, il était de tradition d'inviter une partie de la famille pour un repas parfois deux. Ainsi, une partie de la famille était reçue le dimanche à midi, l'autre  le soir. En effet, dans une même métairie, on veillait à ce que quelqu'un soit toujours présent pour le soin à apporter aux animaux. En conséquence, un roulement s'instituait pour se rendre à l'invitation, qui au "dîner" (repas de midi en Occitanie), qui au "souper " (repas du soir) après être allé au bal. 

En dehors de ces moments, on prend également visite de temps à autre, pour prendre quelques nouvelles lorsqu'on a l'occasion de passer à proximité de la ferme d'une connaissance.

La religion

Se rendre à la messe, aux célébrations pour Noël (voir ici) ou Pâques fournissait aussi l'occasion d'échanger sur le parvis de l'église ou d'échanger sur le chemin lorsqu'entre voisins on gagnait ainsi le village souvent à pied en l'absence de moyens de transport (voir ici). A cela s'ajoutent les mariages, communions, baptêmes  qui réunissent famille et connaissances proches. Pour les enterrements, les proches mais aussi plus largement la communauté villageoise vient témoigner de leur soutien à la famille endeuillée. 

L'entraide lors des travaux

Les grands événements annuels amenaient familles, voisin, amis à se réunir pour s'entraider. On se rendait ainsi les journées ce qui amenaient à se fréquenter souvent : moissons, battages, vendanges, cochons, canards nécessitaient de la main d'oeuvre.

Des posts consacrés à ces grands travaux (voir post sur les battages  par exemple ou celui sur le cochon ) émanent de longues journées de travail mais aussi de grandes parties de fous-rires et de moments de convivialité autour de grandes tablées joyeuses.

L'entraide se mettaient en place lorsqu'un accident ou une maladie survenait dans une métairie, on apportait de l'aide ou on soignait le bétail lorsqu'un paysan était alité dans la maison voisine (voir ici).

Les prestations, ces journées dues à la municipalité dans le cadre du paiement en nature de la taxe vicinale réunissaient aussi quelques jours par an les hommes du village pour tailler les haies, entretenir, haies, chemins et fossés (voir ici).

Les veillées hivernales

Après les emblavures, il était de coutume de se réunir de temps à autre le soir pour échanger des nouvelles, jouer à la manille ou à la belote le temps d'une soirée amicale (voir article à ce sujet ici).

Pour les familles paysannes du Lauragais, le lien social était donc  un élément essentiel de vie quotidienne et régulièrement entretenu en différentes occasions tout au long de l'année. Ces échanges, réunions et rencontres, nous n'en avons noté ici que quelques exemples, relevaient de relations de travail, amicales ou familiales et ce maillage constituait le tissu social, essentiel à la vie rurale.

Si vous avez des témoignages, des photos de la vie d'antan dans les fermes et métairies lauragaises, n'hésitez pas à me les faire parvenir, je les publierai : lauragais@lescarnetsdemile.fr 

 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

Scène de village Montmaur, 1950, Phot coll. JC Rouzaud

Scène de village Montmaur, 1950, Phot coll. JC Rouzaud

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois

Repost0

Publié le 5 Février 2022

Photo coll. Nardèse

Photo coll. Nardèse

Nous allons nous plonger aujourd'hui dans les traditions liées à la maison et notamment à la maison qu'on venait de faire construire. Grâce aux souvenirs d'un de nos grands témoins récurrents, Aimé Boyer, nous allons évoquer la palhada e penjar le cremalh (la paillade et pendre la crémaillère).

Il se souvient :

"Après la guerre, dans notre secteur, il y eut de nombreuses constructions de maisons. Cela marquait le début de la modernidation agricole mais également une avancée sociale.

Ces maison se ressemblaient beaucoup et pour cause, pour se faciliter la vie, on se prêtait les plans entre amis et voisins.

Quand la nouvelle maison était enfin terminée, il y avait la cérémonie de la palhada qui intervenait en même temps qu'on pendait la crémaillère..

Lorsq ue la maison était hors d'eau, que les fenêtres, volets et portes étaient posés, tous les corps de métiers qui avaient participé à cette construction étaient invités à un repas. Le menu était traditionnel le plus souvent il s'agissait d'une mongetada, haricots secs cuisinés avec porc et canard, variante du cassoulet et différente selon les recettes locales.

Elle était précédée de cochonnailles de la maison et le repas se terminait par une crème maison servie à la louche. Le repas était arrosé de bon vin. Avant de se séparer, on partageait bien sûr une prune conservée dans l'eau de vie.

La palhada avait lieu avant le repas le plus souvent. On faisait brûler une poignée de paille pour voir si la cheminée fonctionnait bien. Il fait bien le dire, c'était plutôt rare en Lauragais et souvent il fallait laisser décroché le loquet à pouce d'une porte en face de la cheminée pour que le tirage se fasse correctement. Mais que voulez-vous, on n'allait pas démolir la maison pour ça.

Et, enfin au moment où on s'installait dans l'ostal, on pensait à penjar le cremalh c'est à dire pendre la crémaillère dans l'âtre en l'accrochant à la cheville que le maçon avait pris soin de sceller dans l'avaloir en construisant la maison."

Rappelons pour être complet que la crémaillère était cet ustensile qui permettait de pendre la marmite plus ou moins en hauteur au dessus du feu de cheminée. Elle était, traditionnellement, le dernier élément qu'on posait dans une maison quand on avait fini de s'y installer.

Mes sincères remerciements à Aimé Boyer pour le partage de ses souvenirs et à la famille Nardèse pour la photo d'illustration.

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois

Repost0

Publié le 29 Janvier 2022

photo coll.Nardèse

photo coll.Nardèse

Quelques petits plaisirs occitans pour un billet hivernal... Bon week-end al canton del fòc...

 

  • L’ivèrn es pas bastard s'arriba pas d'ora arriba tard.

L'hiver n’est pas bâtard, s'il n'arrive pas de bonne heure, il arrive tard.

  • Quand les corbasses son a l'ensús, l'ivèrn nos tomba dessus ; quand les corbasses son a l'enbàs, l'ivèrn es passat

Quand les corbeaux volent haut, l'hiver nous tombent dessus, quand les corbeaux volent bas, l'hiver est fini

  • Se trona al mes de janvièr, i aura de blat a plens sestièrs

S'il tonne au mois de janvier, il y aura du blé à pleins setiers.

  • Nèu de febrièr es coma d'aiga dins un panièr, se s'ajoca coa coma una cloca

La neige de février est comme de l'eau dans un panier, si elle s'installe elle couve comme une glousse.

  • Al mes de febrièr, la nèu cocha pas sul fumièr.

La neige de février ne passe pas la nuit sur le tas de fumier.

Merci à Huguette, Aimé, Hélène pour leurs contributions. Merci à la famille Nardèse pour la si belle photo.

Contribution de Didier Agar via Facebook (un grand merci) :

Fa un fred que pèla.
Il fait un froid qui pèle
Nos torram aicí !
On se gèle ici
Fa un fred de gos.
il fait un froid de chien
Tridòli de fred.
Je tremble de froid
 
Coma reprovèrbi:
L’autan sus la torrada tira le boièr de la laurada.
L'autan sur la gelée sort le bouvier (le laboureur) du labour
 

Si vous connaissez d'autres dictons ou proverbes sur l'hiver, le froid qui étaient usités en Lauragais, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois

Repost0

Publié le 22 Janvier 2022

Lauragais d'Autrefois (156) : les prestations et la taxe vicinale

La période hivernale jusqu'au milieu du XXe dans les fermes lauragaises est celle des prestations. Dans les carnets d'Emile, au mois de janvier, on trouve les mentions "nous sommes allés aux prestations", elles reviennent ainsi trois ou quatre fois dans la saison. 

Il s'agit de services qui sont dus à la commune par tout propriétaire pour l’entretien des routes et chemins communaux. C’est la déclinaison en nature de la taxe vicinale établie par la loi du 30 mars 1903, elle peut être également acquittée sous forme financière. Dans certains cas, ce peut également être un cumul des deux. 

Le plus souvent, les métayers sont donc mobilisés pour réaliser les journées dues par les propriétaires fonciers qui préfèrent souvent cette formule. 

Tous les hommes sont réunis pour travailler pour la commune. Le nombre de jours dus était proportionnel à la surface agricole travaillée sur la commune. 

Grâce aux photos de la famille Nardèse,  des photos illustrant ces travaux collectifs qui donnent une idée précise de la façon dont cela se déroulait : curage de fossé, entretien des chemins communaux, débroussaillage, désherbage, élagage, taille des haies... Les hommes réunis au cours de l'hiver travaillent ensemble un nombre de jours donné proportionnellement à la surface de leur exploitation agricole.  Par exemple, pour une surface de 38 hectares, chez Emile, les deux hommes consacrent 3 ou 4 jours chacun aux prestations.

Au début des années 60, cette taxe a disparu pour être incluse dans le montant de l'impôt foncier.

 

Merci à la famille Nardèse pour les formidables photos.

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

photos coll. Nardèse

photos coll. Nardèse

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois

Repost0

Publié le 15 Janvier 2022

Lauragais d'Autrefois (155) : l'hiver à la métairie (l'ivèrn a la borda)

L'hiver saison morte pour le paysan ? Que nenni ! On s'active, on s'occupe, on s'organise, on anticipe les saisons à venir. "Evidemment, c'était moins stressant qu'un champ de fourrage à ramasser avant que l'orage n'arrive mais tout de même..." se souvient Aimé Boyer. 

L'hiver est la période où l'on fait du bois. Rappelons que la borde est construite sur le modèle le plus classique du Lauragais et possède une pièce à vivre avec une cheminée immense, la seule pièce de la maison à être chauffée.

Souvent dans le contrat de métayage, figure cet entretien nécessaire des parties boisées de l’exploitation et la proportion du bois coupée qui revient au propriétaire. Les contrats varient en la matière en fonction des négociations menées mais le plus souvent il s'agit d'un partage à moitié, là encore.

Extrait d'un bail de métayage des années 60 (archives personnelles)

Aimé précise : " On coupait les arbres, on montait des stères. Le petit bois, lui, était mis en fagots avec du fil de fer de récupération, de l’osier. Coincés avec le genou ou un instrument à serrer (las sarras), on formait les fagots ! Entassés par dizaines, pour les laisser sécher avant de les rentrer,  pour faire des grandes flambées ou allumer le feu."

Le soin apporté aux animaux

Le soin des animaux dans l’écurie va prendre beaucoup de temps. Ne pacageant plus, il faut augmenter la ration de fourrage à distribuer aux bovins. Il faut régulièrement leur apporter un mélange de paille et de luzerne et bien-sûr évacuer les excréments. Pour cela, une brouette est mobilisée deux fois par jour sinon l’ammoniaque investit l’étable, ce qui n'est pas bon pour la santé des animaux. Il faut également nettoyer les mangeoires avec une régularité scrupuleuse.

Avec un grand couteau, on racle les salissures que les vaches accumulent en se couchant sur la bouse. Une fois sec, le pelage est brossé et cardé. 

" Deux fois par jour on sortait le troupeau, paire par paire, pour aller boire soit à la mare, soit au puits où il fallait pomper l’eau. C’était un moment de jeu et aussi d’autorité. Dans le troupeaux, il y a des bêtes au caractère fort, un peu rebelles

Lorsque l’eau est arrivée dans les fermes, cette tâche a été considérablement allégée." rajoute Aimé.

 

Avant Noël, le gavage des canards et autres oies était un moment important. 

Chez Emile, ces produits étaient non seulement pour la consommation familiale mais étaient également vendus à des acheteurs qui venaient directement à la métairie ou sur le marché de Castelnaudary que fréquentait la famille. Selon les contrats, le bailleur pouvait prétendre à une partie des bêtes qu'il venait parfois choisir lui-même, une fois abattues.

C'est aussi la période où l'on tue le cochon. Outre celui de la maison, on aide aussi parents et amis qui le tuent à leur tour. Les salaisons sont un aliment important du régime alimentaire d'alors. Il faut pour chaque cochon au moins deux jours : un pour le tuer et le préparer, l'autre pour le débiter et réaliser les diverses préparations : saucisse, boudin, jambon etc... Voisins et amis viennent prêter main forte comme on le fait tout au long de l'hiver à son tour chez eux. Le troisième jour, en cercle restreint, est consacré aux dernières préparations et au rangement

 Fabriquer et réparer l'outillage pour la saison suivante

 Quant l'étable devient un atelier : Les jours de grand froid étaient occupés à fabriquer des paniers, des balais, des manches d'outils, des outils eux-mêmes (râteau,...). On fabriquait ou réparait les barreaux des râteliers, des échelles. Ces travaux ce déroulaient dans l’étable. "Les voisins venaient faire un tour, et discuter un peu, prendre des nouvelles, échanger des conseils.

On profitait de cette période pour entretenir les bâtiments : réparer ou repeindre les volets, portes...

"On réparait aussi les chaînes avec de faux maillons. On tournait les dents de la canadienne, changeait les plaques d'usure des charrues. Il fallait les démonter et les porter chez le forgeron (le faure en occitan). On rapiéçait les "juilles" pour joindre les vaches au joug (le jo) avec des rivets ou du crin, pour ça il fallait être équipé   d'alênes comme le cordonnier."

 Entretenir les abords et les prestations

Entretenir les bordures de champs, les tertres, couper les buissons, creuser les fossés, tailler les haies, procéder à l'élagage étaient autant de tâches hivernales.

On y procédait aussi pour les chemins communaux dans le cadre des prestations, ces journées de travail dues à la commune pour son entretien en fonction de la surface travaillée (voir article dédié ici)

 Mais l'hiver c'est aussi la période des veillées entre voisins, entre amis ou parents. Nous y reviendrons dans un prochain post.   

 

Merci à Aimé Boyer pour son témoignage

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois

Repost0

Publié le 8 Janvier 2022

Photo coll. Famille Nardèse

Photo coll. Famille Nardèse

Nous allons évoquer ici les veillées d'hiver qui amenaient les familles à se retrouver entre voisins ou parents pour un moment convivial grâce aux souvenirs d'Aimé Boyer.

 "A partir de mi-décembre, quand les emblavures et labours étaient terminés, commençait une tradition incontournable : faire des échanges de veillées.

Après le souper (repas du soir en Occitanie où l'on servait souvent la  soupe), nous partions bien couverts, équipés de lampes tempête ou à carbure et bien souvent au clair de lune en suivant les sentiers (carreirons) tracés d’une ferme à l’autre.

Nous étions attendus et bien accueillis. Souvent nous commencions la conversation en prenant des nouvelles des uns et des autres, des nouveaux événements, de l'avancée de certains petits travaux. 

Les hommes prenaient ensuite place autour de la table pour jouer le plus souvent à la manille coinchée - si on gagnait la partie, les points était doublés - pendant que les femmes s'installaient autour du feu en tricotant ou reprisant les chaussettes. 

Les enfants, eux, allaient jouer dans l’étable (l’estable). Au coin du feu, assis sur la caisse à sel, l'ancien de la maison racontait ses souvenirs d'autrefois : la guerre, les tranchée, les gaz, l'ennemi mais il évoquait aussi parfois les sorciers, les jeteurs de sorts. Apres la première manche, les hommes allaient faire un tour dans l’étable, la conversation portait alors sur les animaux.

Dans notre secteur, les veillées avaient lieu le jeudi, jour de marché ou de foire à Caraman. Étaient relatés alors le prix des veaux, le cours du cochon. On évoquait aussi celui qui ne s’était pas décidé, et qui avait finalement repris le veau malgré le risque de diarrhées, de grippes transmissibles sur le champ de foire au risque même de mettre en danger les autres animaux de la ferme.

Parfois c'était simplement le régisseur qui n’avait pas accepté le prix.

La deuxième manche reprenait ensuite. Bien-sûr on servait un peu de vin pour les hommes, celui que chante Jean Ferrat. Pour les dames une tisane était servie avec l’eau qui avait chauffé sur la tôle en fonte du feu. 

La dernière manche terminée, on repartait vers minuit. Avant de se séparer,on se rappelait le programme des veillées suivantes pour éviter les doublons ou les erreurs.

Pendant la guerre, c’était un jeu risqué que de circuler la nuit venue. Et si on était tombé sur une patrouille allemande ?"

 

Merci à Aimé Boyer pour ses souvenirs ainsi qu'à la famille Nardèze pour ses archives photographiques précieuses.

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois

Repost0

Publié le 18 Décembre 2021

Photo coll. Nardèse

Photo coll. Nardèse

L'hiver est à nos portes, Noël n'est plus très loin. Voici quelques dictons de saisons.

Information préalable : amis lecteurs, vous retrouverez ici dans quelques jours pour la première fois un conte de Noël lauragais intitulé "Le Noël de l'autan". Surveillez les publications pour retrouver cette histoire aux parfums d'autrefois...

  • Quand Nadal se solelha, Pascas crama la lenha

Quand Noël est ensoleillé, Pâques brûle le bois

  • Per Nadal, les jorns creissan d'un pas de gal

Pour Noël, les jours s'allongent d'un pas de coq

  • Plèja per Nadal, solelh pels Rampalms 

Pluie à Noël, soleil aux Rameaux

  • Per Nadal, cajun dins son ostal

Pour Noël, chacun dans sa maison (dans sa famille)

  • L’ivèrn es pas bastard s'arriba pas d'ora arriba tard.

L'hiver n’est pas bâtard, s'il n'arrive pas de bonne heure, il arrive tard.

  • Quand les corbasses son a l'ensús, l'ivèrn nos tomba dessus ; quand les corbasses son a l'enbàs, l'ivèrn es passat

Quand les corbeaux volent haut, l'hiver nous tombent dessus, quand les corbeaux volent bas, l'hiver est fini

(Mise à jour) Envoi de Guy Serres

  • Tal jorn Nadal tal jorn Cap de l'an.

Le jour de Noël est le même que celui du Jour de l'An

Si vous connaissez d'autres dictons, expressions ou proverbes sur cette période de l'année, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons la petite collection de ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

Merci à Berthe Tissinier pour la photo.

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois

Repost0

Publié le 9 Décembre 2021

Photo Laure Pagès

Photo Laure Pagès

Avant l'arrivée de l'eau courante dans les fermes, la corvée du précieux liquide était un élément important de l'emploi du temps des familles. Aimé Boyer m'a confié ses souvenirs à ce sujet :

"Mes parents habitaient dans une ferme où il y avait un puits avec une pompe à piston. Ce puits n’avait pas de source. Il était alimenté par l’eau de la toiture, ce qui était déjà un grand progrès dans les années 1940.

Mais ce puit avait un grand défaut : mes parents avait des nombreux pigeons élevage - courant dans les fermes du Lauragais - qui vivaient la plupart du temps sur le toit. Aussi, quand il pleuvait, les fientes était entraînées dans le puit, ce qui rendait l’eau imbuvable et même dangereuse. Bien sûr, cela faisait l’affaire pour arroser le jardin en tant que fumure liquide. Mais même les vaches rechignaient à boire ce breuvage.

Il servait aussi de lieu de conservation, au frais. Un jeudi ma mère avait acheté la viande pour vendanger le lendemain. Elle avait descendu comme d’habitude cette viande dans le puit dans un panier pendu à une corde. Mais dans la nuit, un violent orage a inondé le panier.  J’ai vu ma mère pleurer, je crois qu’elle s’est quand-même arrangée pour la cuisiner.

Notre ferme, positionnée sur un méplat, avait un autre puits à niveau constant. Bien-sûr cette eau était agréable mais de quantité limitée. Il fallait attendre pour le remplissage de l’auge, ce qui posait pas mal de problèmes l’été pour faire boire les bêtes. Il fallait aussi alimenter la bassecour, même si c’était une petite ferme et il y avait beaucoup de becs à désaltérer.

Ce méplat formait comme une petite vallée sur laquelle il y avait un pré et donc un endroit avec de nombreux joncs qui laissaient deviner un point humide. Mon père avait creusé un trou, où on arrivait en puisant avec un seau, à remplir une comporte. Cela subvenait aux besoins de la borde où il n’y avait pas bien évidemment pas de douche.

Durant l’été 1943 – ou 1945, je ne me souviens plus - est arrivée une grande sécheresse. Cette situation a obligé mes parents à aller chercher de l’eau et à emmener les vaches deux fois par jour à une fontaine à niveau constant. Elle se situait à un kilomètre environ. C’était une fontaine publique à Albiac, ouverte à tous, lavage du linge compris. Il arrivait souvent que les troupeaux se mélangent, c’était assez compliqué.  Les vaches ne voulaient pas boire quand du linge avait étés rincé, c’était très compliqué.

Dans cet environnement il y avait également un puits bouché. Les agriculteurs ont décidé de le curer puis d’y installer une pompe à chapelet. Je crois que la municipalité a participé aux frais, ce qui permettait d’isoler le rinçage du linge.

Chaque fois que nous allions faire boire les bêtes ou chercher de l’eau avec la charrette nous prenions une musette avec des bouteilles pour ramener de l’eau propre pour boire !  On appelait ce lieu la fontaine.

J’y accompagnais souvent mes parents, j’étais en charge de tenir rassemblé notre petit troupeau.

Avec les allers et retours, il fallait faire 4 kilomètres par jour, c’était très compliqué malgré les échanges conviviaux avec les autres éleveurs de la commune. 

Avec notre équipement, nous arrivions à économiser un déplacement par jour. Ce qui n’était pas rien.

Enfin, mon père a négocié avec le propriétaire de notre champ de pouvoir construire un puit à l’endroit des petits trous qu’il avait creusés dans le pré. Un accord verbal a été conclu : le propriétaire fournirait le matériel pour construire ce puits, mon père assurerait le creusage avec l’aide des voisins qui pourraient eux-aussi utiliser ce puits en période de sècheresse."

Un grand merci à Aimé Boyer pour sa passionnante contribution et à Laure Pagès pour la photo

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois

Repost0

Publié le 4 Décembre 2021

Photo coll. J-C Rouzaud

Photo coll. J-C Rouzaud

Dans les années 50, même si le mode d’autoconsommation est encore très prononcé, la nécessité de se déplacer pour une famille de métayers se fait ressentir chaque jour un peu plus. 

Paulette D. nous explique : "Nous produisions beaucoup de ce que nous mangions mais bien-sûr qu'il nous fallait nous déplacer... Que ce soit pour aller prêter main forte aux voisins ou à la famille pour certains travaux, prévenir le médecin qu'on avait besoin de son diagnostic pour l'arrière grand-mère souvent malade ou pour les enfants... Il fallait aussi aller vendre des produits sur les différents marchés, les lapins, les pigeons, les œufs... Nous allions essentiellement à Castelnaudary le lundi mais aussi parfois à Villefranche, Revel ou Puylaurens même si cela était moins fréquent."

Négocier la vente ou l'achat de boeufs, rencontrer des acheteurs lors des foires, passer des commandes à la coopérative agricole, faire parfois quelques achats en ville, amener les enfants à l'école, aller prier, aller à la pêche, les déplacements motivés par des raisons liées à la vie familiale ou à la vie professionnelles étaient nombreux.

Alors comment s'y prenait-on ? "Nous essayions d'optimiser les sorties. Lorsque l'un d'entre nous partait pour le marché de Castelnaudary, il passait également à la C.A.L. (Coopérative Agricole Lauragaise) pour les affaires et au retour chez le forgeron par exemple si cela était nécessaire.", reprend Paulette.

Dans sa famille, faute de moyens suffisants et, peut-être  défaut d'être complètement convaincus de son absolue nécessité, la décennie entière, celle des années 50, se fera sans que la voiture automobile n'entre dans la cour de la ferme. Cela nécessitait un investissement financier assez conséquent et un peu de temps pour obtenir le permis de conduire. 

"Pour aller au village, visiter la famille, aller à la messe, on marchait beaucoup à pied. Cela ne nous posait pas de problème, nous étions habitués. Lorsque mes parents étaient jeunes au début du siècle, se souvient-elle encore, ils marchaient même les pieds nus avec leurs chaussures dans leur panier et ne les mettaient qu'avant d'arriver au village pour ne pas les user. Nous faisons attention à tout. Nous n'étions pas très fortunés et prenions grand soin du peu que l'on avait" 

Mais il y a aussi la bicyclette. On en dispose d'une ou deux selon les métairies, il n'y en a pas une pour chacun. Elles sont munies de sacoches pour transporter un peu de matériel ou quelques petits animaux que l'on aurait vendus ainsi que d'une porte-bagage qui permettait d'avoir un passager.

"Pour les déplacements représentant des distances plus conséquentes, on avait parfois recours à la moto, se souvient Paulette, on en possédait une qui n'était pas de première jeunesse mais elle rendait de grands services. C’étaient les hommes qui la pilotaient. Et même la ménine (l’arrière grand-mère) jusqu'à un âge très avancé était passagère pour se rendre en visite chez sa fille qui habitait le village voisin. Parfois c'était tout une organisation. Par exemple, lorsque nous étions invités à une fête locale par la famille, mes beaux-parents prenaient la moto pour y aller dîner (nb: le repas de midi en Occitanie) pendant que nous nous occupions des animaux et de la métairie et le soir, à leur retour, c'est nous qui prenions la moto pour aller souper chez nos hôtes et profiter du bal."

Elle explique également : "Nous, les femmes de la maison, avions une certaine autonomie pour nous rendre à Castelnaudary, au marché par exemple, grâce à la ligne de bus qui s'arrêtait au bord de la route départementale qui longeait la métairie. On pouvait aussi aller l'attendre au village voisin. Le chauffeur autorisait les passagers à mettre en soute une panière ou deux contenant lapins, pigeons, poules ou poulets que nous souhaitions vendre."

Aimé rajoute : "Oui, c'est comme cela que j'ai vécu cette période 54-65 moi-aussi . L’autobus avait une remorque pour porter les veaux... Pour les cochons c'était plus compliqué, les volailles étaient  dans les paniers posés sur l'impériale du bus. On n'était pas malheureux."

Et puis, la famille s'agrandissant, la situation est devenue plus complexe pour Paulette et son mari qui avaient deux fillettes en bas-âge. Pour se rendre dans la belle-famille tous ensemble, c'est le frère de Paulette qui venait récupérer tout le monde en voiture pour les ramener ensuite. 

"Au tout début des années 60, mon mari a passé son permis de conduire à son tour et la famille a acheté une automobile, 4 ou 5 ans après le premier tracteur. C'est une liberté nouvelle que nous avons trouvée là. Évidemment, les temps de trajets ont considérablement réduit et les déplacements ont été grandement facilités. Mais pour autant, les vélos et la moto n'étaient jamais loin. Nous les avons gardés et ils ont continué à nous être très utiles."

 

Chez Aimé aussi, la famille s'est agrandie aussi a-t-il fallu prendre des décisions : "J'avais un scooter, j'ai acheté ma première auto en 64! Nous avons eu des jumeaux qui ont étés placés en couveuse à Montauban. Il a bien fallu aller les voir, ces petits. Les grands-mères, les grands-pères, tout le monde voulait les voir. J'ai acheté une B 14 Sport d'occasion qui n'avait pas roulé depuis longtemps. Aussi, à cause des durites, de Caraman à Montauban, j'ai fait connaissance avec pas mal de mécanos sur le trajet ! Il y avait même une courroie de mobylette au ventilateur. S'il y en a qui vont à l'aventure, nous c'est l'aventure qui est venue à nous !"

Merci à la famille Nardèze pour le partage de ses trésors photographiques, à J-C Rouzaud et à Paulette D., ma grand-mère, pour son témoignage ainsi qu'à Aimé B. pour sa précieuse collaboration.

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois

Repost0

Publié le 27 Novembre 2021

Photo coll. Nardèse

Photo coll. Nardèse

Changer de métairie, de ferme, de borde, changer de propriétaire : voilà un moment fort de la vie d'un métayer, d'un fermier, d'un exploitant... Dans la première moitié du XXe siècle, c'était tout une aventure... Le déménagement était réalisé durant les premiers jours de novembre en général mais la transition avait été très largement anticipée... Aimé Boyer nous fait part de ses souvenirs.

Préparer la transition

"Le changement était un acte préparé à l'avance, se souvient Aimé. Il y avait d'abord la décision qui faisait l'objet d'une longue réflexion et de discussions au sein de la famille. Les raisons pouvaient être nombreuses et variées : la ferme trop petite, les conditions de faire valoir, le caractère des deux parties (ententes et relations), la qualité de la terre, la pénibilité.... Bien souvent, cette décision était prise plus d'un an à l'avance. On espérait trouver mieux en changeant, évidemment. "

Après avoir conclu la rupture de l'accord d'une part et un nouveau contrat d'autre part,  les deux phases complexes mais essentielles de la décision allant de de pair, le déménagement était alors envisagé. Il était aussi nécessaire de trouver un accord avec l'exploitant, en place, le sortant. Des actes préparatoires à la prochaine arrivée étaient plus ou moins bien acceptés selon les us et coutumes.                                                "Par exemple, explique Aimé, l'agriculteur entrant, devait parfois s'occuper de remiser la paille lors des battaisons précédant son arrivée. Ce pouvait être l'occasion de quelques blagues comme desserrer la presse, accélérer la cadence des gerbes sur le batteur en accord avec le mécano. Ce qui ne manquait pas de provoquer une belle pagaille au pailler. Cela pouvait arriver une ou deux fois suivant la façon dont le nouveau venu le prenait. S'il montrait trop sa colère, cela repartait de plus belle. Généralement cette pagaille prenait fin au passage de la buvette.même si souvent il pouvait rester quelques rancœurs. Parfois, il fallait qu'il y ait accord, aussi pour les labours d'été avec le futur occupant des lieux."

Changer de ferme

Il était nécessaire de trouver encore un autre point d'accord avec le sortant : le jour du déménagement devait être le même car le soir il fallait être en place pour apporter le soin nécessaire aux animaux tout juste installés dans la nouvelle ferme et prendre ses repères. "Selon la distance à parcourir pour le sortant et l'entrant, la ferme pouvait rester vide quelques heures et ça faisait tout drôle de trouver tout vide.", explique encore Aimé

"Ne parlons pas de tracteurs, camions, bétaillères trop modernes mais uniquement charrettes.Plusieurs voisins était invités pour donner un coup de main. La traction animale était utilisée et bienvenue : bœufs, vaches, cheval.  Ce dernier était intéressant et souhaité, il pouvait faire deux voyages dans la journée sans problème. Et cet attelage était souvent équipé de petites bétaillères qui servaient habituellement pour aller au marché et qu'on utilisait là pour transporter les petites volailles, lapins etc…

Je me souviens que les petits cochons étaient installés dans le centre de la charrette, fermés de chaque côté avec un buffet, un sommier de lit ou un autre élément de mobilier...

Je me souviens encore du bruit des roues ferrées sur la route lorsque ce convoi de déménagement se déplaçait mais aussi de celui des sabots cloutés des hommes et ceux, ferrés, des vaches. Quant aux enfants en âge de marcher, ils gambadaient autour du convoi, les plus petits étaient sur la charrette avec les femmes plus âgées. Les femmes conduisaient aussi l’attelage."

Effervescence à la borde

 

Ce déménagement provoquait une certaine effervescence quelques jours avant. Il fallait préparer les ballots de linge, les vêtements, prévoir le repas avant de partir et ne pas emballer trop tôt la louche...

Aimé reprend : "Le matin du fameux jour,  au réveil, très tôt, on s'attelait à enlever les draps, démonter les lit, les armoires... Avant de partir on balayait scrupuleusement pour ne pas laisser  de poussière ou des toiles d’araignées, c'était important pour soigner sa réputation."

 

En arrivant dans les nouveaux lieux, il fallait rapidement installer les animaux, leur préparer les litières parfois provisoirement en attendant le lendemain et bien-sûr, il fallait aussi préparer l’habitation pour la nuit ainsi que le repas du soir.

 

Prendre ses marques

 

"Les cours de ferme d'alors étaient constituées de passages avec des pierres posées. On prenait nos marques rapidement le puits, le tas de fumier, le hangar où l'on était venu  durant l’été pour rentrer le fourrage.

La famille et les voisins de celui qui arrivaient croisaient ceux qui sortaient : un vrai brassage humain qui remuait aussi beaucoup d'émotion.  C'était une aventure, un moment qui laissait des traces dans les mémoires. On disait d'ailleurs que trois déménagements, émotionnellement parlant, valaient un incendie."

 

Se projeter dans l'avenir immédiat et le travail

 

"La première des choses à faire les jours suivant était de préparer les semis. Et puis s'installer : le vin nouveau, le stock de maïs, toutes les céréales, qu'on réensachait  y compris pour le semis dernièrement passé au trieur, mettre dans la grange le bois de chauffage, les fagots pour allumer le feu..." Un énorme travail d'installation doublé d'une activité intense dans les champs allait alors mobiliser la famille pour de longues semaines dans son nouveau cadre de vie et d'exercice... Une réelle aventure...

 

Merci à Aimé, une nouvelle fois, pour son éclairage précieux et à Berthe Tissinier pour la photo.

 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois

Repost0

Publié le 20 Novembre 2021

Lauragais d'Autrefois (149) : proverbes et dictons occitans sur la lune (la luna)

La lune gobeuse de cette fin de novembre a inspiré le port du jour. Dans la vie lauragaise, l'observation de la lune (la luna) pour prévoir le temps à venir était presque un réflexe dans le monde paysan. Ceux qui en tenaient le plus grand compte étaient nommés en occitans les lunatièrs. Quelques proverbes, expressions et dictons occitans sont réunis ici pour vous :

 

Luna roja, vent ou ploja

Lune rouge, vent ou pluie

 

Luna quilhada, terra banhada, Luna pendenta, terra fendenta

Lune dressée (ou pointue), terre mouillée, lune pendante, terre fendue (selon la position du croissant la sécheresse se poursuivra ou pas)

 

Luna blanca jornada franca

Lune blanche, journée franche

 

Luna mercruda, femna barbuda, òme sens barba, de totis tres prenetz garda.

Lunde du mercredi, femme barbue, homme sans barbe, de tous les trois prenez garde.

 

Far de castèls sus la luna

Faire des châteaux sur la lune ( = Faure des châteaux en Espagne)

 

Colhon de la lune

Couillon de la lune

 

Trapar un còp de luna

Attraper un coup de lune (= de soleil)

 

Cap de lunatièr a pas jamais remplit le granièr.

Aucun "lunatier" n'a jamais rempli le grenier

 

Si vous connaissez d'autres dictons, expressions ou proverbes sur la lune, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons la petite collection de ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

 

Photos B.Alasset

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile

 

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois

Repost0