Lauragais d'Autrefois (118) : des noces à la campagne

Publié le 27 Février 2021

archives personnelles

archives personnelles

Un mariage à la campagne... l'événement dans une métairie demandait beaucoup de préparatifs. Du menu au hangar de réception, rien n'était laissé au hasard (pas même l'étable). Ce sont les souvenirs savoureux des préparatifs que nous narre aujourd'hui Aimé Boyer.

Élaborer le menu

"La première étape était de trouver une cuisinière qui, le jour du mariage, ferait la cuisine et se mettre d’accord dur ses émoluments. Il fallait ensuite fixer le menu, en accord avec les deux familles, acheter toutes les fournitures pour accompagner les produits de la maison.

On prévoyait ainsi les poules pour le bouillon, les ingrédients pour la farce. On envisageait aussi de un veau ou un agneau, quelques jours avant mais pas trop tôt car il n’y avait pas de chambre froide, ni frigidaire. On réservait les poulets, les pintades et on commandait le poisson : sandre ou brochet. On mettait de côté les œufs pour la mayonnaise et la crème.

Je garde un souvenir ému des hors d’œuvre : les œufs mimosa ou aux anchois. Pardon si j’en oublie...

Dans les bordes, il y avait souvent un four à pain, bien sûr. Le grand-père prenait parfois en charge la fabrication du pain pour cette noce et surtout la madeleine qui allait servir à la fin du repas à éponger la crème.

Préparer les fagots pour porter le four à température, le pétrin, mélanger le blé - le porter au préalable - chez le meunier ! Tout ce qu’il fallait pour réussir cette tâche : du savoir-faire….

Préparer la borde

Quelques jours avant on avait formé des équipes avec des amis, des voisins, en répartissant les rôles pour tout préparer autour de la maison. D’abord le vacher et la basse-cour. Il fallait également que l’écurie soit bien propre. En effet, avant de se mettre à table, les anciens allaient souvent faire un tour dans l’étable. C’est là qu’on estimait la capacité de traction de la borde.

Pour réunir ces grandes tablées, on choisissait parfois le hangar si le grenier était trop petit pas facile d’accès. Pas de souci, on savait faire ! Les repas des battages, des vendanges, pour tuer les cochons, lors des deuils lorsque les gens venaient de loin et bien d’autres…

Quelques jours avant, on avait fait le tour chez les voisins, avec la charrette, pour aller chercher des tables, des tréteaux, des chaises, des nappes, quelques bassines, casseroles, couverts, etc…

La veille du grand jour

Tout le personnel de service était de bonne heure sur le pont : battage, plumage parage… Chacun avait sa charge sous la houlette de la cuisinière. Cela se faisait dans une ambiance joyeuse de discussions et de rires.

Les jeunes gens prenaient part avec les anciens à la mise en place : par exemple pour poser des draps tout autour avec des courdils pour cacher le petit tas de foin ou un vieux mur etc…  Au préalable, tout le matériel avait été sorti du hangar.

Venait le moment de poser les tables, caler les bancs, installer les nappes, décorer avec des guirlandes selon l’imagination de chacun quelques fois on recommençait… Pour l’événement, les jeunes filles fabriquaient des roses en papier, des guirlandes, que les garçons venaient chercher pour les poser.

Dans la cuisine, la veille du grand jour, il y avait l’équipe qui plumait et une autre préparant le repas du jour pour nourrir tous les participants à midi. Si on avait prévu l’abattage de gros agneaux ou veaux, une équipe était à la découpe, au parage.

A midi/13 heures, on mangeait la soupe, la cochonnaille, une sauce préparée avec des abats et morceaux récupérés le matin même de bonne heure. Rien ne se perdait. Quelques fruits pour le dessert. On entamait parfois la barrique prévue pour le lendemain. S’il y avait du café, il y avait aussi le pouce. On commençait à célébrer les futurs époux qui participaient à ces préparatifs entrecoupés par la venue du coiffeur ou l’essayage des tenues.

On était impatients. Le lendemain serait un jour de fête."

Je remercie Aimé Boyer pour ce témoignage tellement précieux.

 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois

Repost1
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Alasset 02/03/2021 18:09

Toujours aussi agréable de lire la vie dans le Lauraguais, l'année de ma naissance 1951,