Publié le 16 Août 2021

Jeudi 16 août 1951 - le camion des silos de Castelnaudary

Ciel couvert le matin clair le soir et chaud 

Le matin avons chargé le camion des silos de Castelnaudary qui est venu chercher 50 sacs de blé. J'ai mené les trois paires de boeufs faire bénir à St Assiscle. Avons ventilé 12 sacs de grains de luzerne. Le soir Camille a semé les navets au champ du jardin et avons relevé et emoché à la vigne vieille. 

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Publié le 15 Août 2021

Mercredi 15 août 1951 - à la Chartreuse

Beau temps chaud orageux le soir

Sommes allés dîner à la Chartreuse Camille Paulette Joséphine et moi

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Publié le 14 Août 2021

Photo coll. C et JF Bruno

Photo coll. C et JF Bruno

Nous opérons aujourd'hui un retour sur une tradition qui se déroulait dans les campagnes lauragaises notamment : la fête de la Saint Roch qui a perduré jusque dans les années 50.

Le 16 août 1951, Jean écrit :

Saint-Roch était imploré pour la protection du bétail et des récoltes et cela donnait lieu à des cérémonies annuelles dans nombre de villages du Lauragais.

Aimé Boyer décrit l'une d'entre elles : 

"Le 16 août, on allait avec une paire de bœufs, vaches, chevaux sur la place du village faire bénir les animaux et les récoltes. On choisissait la plus belle paire. Les bêtes étaient cardées, brossées, les queue frisées, un peu de blanc d’Espagne, le joug vernis.

Sur le joug, on déposait un spécimen des cultures : des épis de blé, orge, avoine, quelques pieds de maïs avec leurs cabosses, fèves, tresses d’ail, d'oignons... On agrémentait cela de quelques pieds de luzerne, fétuque etc… et bien-sûr quelques fleurs.

Le tout  était arrangé en forme de couronne posée sur le joug et attaché avec un long sarment de vigne avec ses grappes de raisins. 

On se rendait au village. En route bien-sûr, le convoi s’allongeait, on s’interpellait, on racontait quelques blagues.

En arrivant on s’installait en rond, le prêtre venait en procession, la croix, l’aspersoir et bénissait les animaux un par un, avec les prières adaptées à la situation. Il y avait beaucoup de monde.  La famille se déplaçait  y compris le propriétaire des métairies ou les régisseurs. On déposait l’incontournable panière des offrandes, toujours des produits de la ferme. "

Au retour, certaines familles faisaient consommer des éléments végétaux qui avaient été bénis lors de la cérémonie aux animaux qui étaient restés à la borde, des crêtes de maïs par exemple.

Lorsque cette tradition s'est perdue, elle a toutefois perduré parfois sous une forme plus intimiste avec, ce jour-là, la visite du prêtre dans les bordes qui le souhaitaient pour bénir maison, animaux et récoltes.

 

Un immense merci à Aimé Boyer pour ses témoignages toujours passionnants

Merci à JF et C Bruno pour la photo d'illustration.

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

Statue de saint Roch, église de Giroussens (81)

Statue de saint Roch, église de Giroussens (81)

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Publié le 14 Août 2021

Mardi 14 août 1951 - la vieille vigne

Ciel couvert le matin et ensoleillé le soir

Le matin avons relevé et accroché à la vigne vieille. Le soir avons fini de battre la luzerne au champ du ruisseau

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Publié le 13 Août 2021

Lundi 13 août 1951 - chargé les fèves

Ciel couvert temps frais. Avons chargé les fèves au champ du hangar trois charrettes le soir. Avons continué à battre la luzerne. Les femmes ont fait la luzerne

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Publié le 12 Août 2021

Dimanche 12 août 1951 - commander un cuvier et une cuve

Beau temps - Le matin je suis allé à Gardouch commander un Cuvier pour faire la lessive à Jean Rouquet qui m'a fait le prix de 5000 f. Le soir avons battu un peu de luzerne au champ du ruisseau. Après souper suis allé à Villefranche commander une cuve pour faire bouillir la vendange à Espitalier 30 hl qui me couteront 30000f. Je lui ai donné 5000f.

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Publié le 11 Août 2021

Lauragais d'antan : chez le bouilleur de cru

Novembre 1951 - Le vin a été coulé. Il est temps de se rendre chez le bouilleur de cru avec le marc pour obtenir l'aigardenta, la précieuse eau-de-vie. Les activités d'automne s'enchaînent, les tourments chez les Bourrel également... La rumeur enfle...

Un nouvel épisode de Ceux de la Borde Perdue à découvrir ici

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Publié le 11 Août 2021

Samedi 11 aout 1951 - le hangar

Ciel nuageux temps frais beau temps

Avons rentré 200 balles de paille dans le hangar et relevé deux rangées de vigne. Subra a pris 250 litres de vin à 25 f = 6250 f fait en ce jour 16750 f. Les femmes ont plumé les oies.

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Publié le 10 Août 2021

Vendredi 10 août 1951 - relever la vigne

Vent d'ouest avec petites rafales de pluie le soir

Avons fini de dépiquer chez Lanegrasse à onze heures il a eu 120 hl de blé 110 d'avoine et 35 de pommelle

Le soir avons relevé la vigne vieille

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Publié le 9 Août 2021

Jeudi 9 août 1951 - les sacs

Temps frais

Avons fini de dépiquer à 9 heures

Avons eu blé   141

avoine              226

pommelle           29

en tout             396 sacs

Le soir après dîner avons commencé de dépiquer chez le patron au Tivoli

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Publié le 8 Août 2021

Mercredi 8 août 1951 - avant la pluie

Beau temps, pluie à la nuit

Avons continué à dépiquer

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Publié le 7 Août 2021

Lauragais d'Autrefois (141) : choisir son chêne pour le timon de charrette

Dans un précédent article (voir ici), Aimé nous avait parlé de la charrette et de toutes les pièces qui la composaient. Aujourd'hui, il se souvient pour nous de la façon méticuleuse avec laquelle on choisissait un chêne pour en faire un timon, pièce maîtresse.

" Le timon ( Tirado) Colonne vertébrale de la fabrication de la charrette est tout simplement un chêne droit sans nœud, tiré du bois de la métairie, c’est le charron qui vient choisir parmi les files destinées à cet usage, une bonne longueur, ni trop gros ni trop petit. sans branche le long du tronc.   

Il faut rester dans l’esprit de ne pas avoir à l’équarrir, ce qui pourrait couper le fil du bois. Cette file on va la couper en sève descendante avec la bonne lune, pas nouvelle pas trop vieille. On va le stoker bien à plat pas trop longtemps le chêne se travaille plutôt vert. Cet arbre était jalousement surveillé, il y a eu quelques vol de guides, c’est l’autre nom qu’on lui donnait.

On peut aussi le cultiver. En se promenant dans un bois, en levant la tête, il y a des vides, qui laissent passer le jour  le soleil même la pluie Si vous aviez la chance d’avoir un petit chêne, qui poussait en face de ce vide, il fallait couper les petites branches, ne laisser que le bouquet de tête et l’orienter éventuellement avec un tuteur, et rapidement il allait rejoindre le trou laissé à la cime par les autres arbres comme pour l’accueillir. Au bout de quelque temps, en montant, vers le jour, il allait aussi grossir mais pas trop. C’est ici, qu’intervenait le charron : "on coupe ou on attend un peu ?"

Quelques mesures indicatives : longueur utile du Plateau entre 3 mètres 40 centimètres,  largeur du plateau. 80 centimètres. Diamètre du Timon sous le Joug ! à 10 centimètres Diamètre a l’arrière de la Charrette  14 à 15 centimètres. 

Toute la réalisation de la charrette allait tourner autour de ce timon comme nous le montre la photo ci-dessous."

Mes remerciements sincères et amicaux à Aimé Boyer pour ce partage.

 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Document Aimé Boyer

Document Aimé Boyer

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Publié le 7 Août 2021

Mardi 7 août 1951 - dépiquer

Beau temps

Avons commencé à dépiquer à trois heures avec Bayssières

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Publié le 6 Août 2021

Lundi 6 août 1951 - Aider à dépiquer

Vent marin fort dans la nuit jusqu'à 7 heures. Temps orageux dans la journée. Quelques gouttes de pluie ici et orage et tonnerre orage sur Revel

Avons fini de dépiquer à St Jean à 10 heures

ils ont eu 100 d'avoine et 100 de blé 55 d'orge. Le soir Marius Fauré du Tivoli est venu nous aider à couper la luzerne de grain. Camille et Paulette ont dépiqué à lamétairie du forgeron pour Roou. Gaston est venu le soir pour s'entendre pour dépiquer

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Publié le 5 Août 2021

Dimanche 5 août 1951 - la fête à Naurouze

Vent marin léger

J'ai nettoyé les greniers et blanchi la chambre de derrière. Camille et Paulette sont allés charger du fourrage à Roou et le soir ils sont allés à la fête à Naurouze.

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Publié le 4 Août 2021

Lauragais d'antan : au café d'autrefois
Le café Baptiste était une institution à Florac. C'était une épicerie mais aussi un bistrot. Dubonnet, Bouillon Kub, Suze, Phoscao, on y trouvait de tout... C'était aussi l'endroit où s'échangeaient les nouvelles et les rumeurs. En novembre 1952, on y parlait beaucoup des incendies de Penens et des Bourrel tout en jouant à la belote...
 
Un nouvel épisode de Ceux de la Borde Perdue, la saga des métayers lauragais à retrouver ci-dessous
 

 

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Publié le 4 Août 2021

Samedi 4 août 1951 - dépiquer à St Jean

Ciel mi-couvert beau temps

Avons dépiqué à St Jean tous les trois Camille Paulette et moi

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Publié le 3 Août 2021

Vendredi 3 août 1951 - le bois et les dépiquaisons

Quelques gouttes de pluie le matin belle soirée

Le matin avons charrié du boi jusqu'au déjeuner le reste de la journée sommes allés dépiquer à ramelou il a eu 70 Hlde blé, 20 d'avoine 18 d'or. Paulette est allée à Villefranche vendre des lapins 500 f pièce.

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Publié le 2 Août 2021

Lauragais d'Autrefois (140) : les expressions et dictons occitans sur le soleil

Et si on s'intéressait au soleil (le solelh) qui certes n'est pas des plus fidèles à cet été 2021 ? Voici quelques expressions et dictons choisis tirés de notre bel occitan languedocien... 

Que le pol canta o non, le solelh se levará.

Que le coq chante ou non, le soleil se lèvera.

 

Fa un solelh de lèbre.

ll fait un soleil de lièvre.

 

Quand le solelh a pas lusit a miègjorn, avem la pleja tot le jorn.

Quand le soleil n'a pas lui à midi, on a la pluie tout le jour.

 

Solelh de jun a pas jamai ruinat digun.

Soleil de juin n'a jamais ruiné personne.

 

Fa un solelh a asclar le cap d'un ase.

Il fait un soleil à fendre la tête d'un âne.

 

On pourra aussi noter un certain nombre d'expressions comme esser a la raja del solelh (être en plein soleil) ou bien al solelh levant (au soleil levant, à l'Est) ou le champ exposé au soleil dénommé solelhar sans oublier le coup de soleil : solehada.

Jol solelh (benlèu), vos esperi un polit estiu ! Sous le soleil (peut-être), je vous souhaite un bel été.

 

Si vous connaissez d'autres dictons, expressions ou proverbes sur le soleil, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons la petite collection de ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Publié le 2 Août 2021

Jeudi 2 août 1951 - les fèves

Ciel. couvert un peu de pluie dans la nuit

Avons arraché des fèves tout le jour au champ du hangar le soir les femmes ont lavé

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Publié le 1 Août 2021

Photo B.Alasset

Photo B.Alasset

Les occitanismes sont ces tournures ou ces mots occitans qui se sont glissés dans la langue française de notre quotidien dans le Lauragais et bien plus largement en Occitanie. Certains noms et verbes se sont ainsi francisés. 

Nous commencerons par les inénarrables poches ou sacous (de l'occitan pocha et sacon) qui remplacent facilement les sacs ou sachets de courses que l'on dépose non pas dans le coffre mais dans la malle (mala) de la voiture.

Dans notre quotidien on a souvent les cheveux qui quillent (se dressent, sont ébouriffés, ou avec un épi ; de l'occitan quilhar). 

En Occitanie, le dîner (dinnar) est bien souvent encore le repas de midi quand le petit-déjeuner est le déjeuner (dejunar) et le repas du soir le souper (sopar). Dans les carnets d'Emile, quand le métayer parle des activités menées dans les champs le soir, il s'agit de l'après-midi.

La bise, désormais proscrite par les gestes barrière, reste dans nos échanges courants le célèbre poutou (poton) et a donné les verbes poutouner ou poutounéjer (de potonar et potonejar) pour s'embrasser.

Quand on se fâche ici, quand on râle, on répoutègue (repotegar), on roumègue(romegar) et surtout on bisque (biscar). 

On qualifie d'estequit quelqu'un de chétif.

Un sol, une toile cirée où ont été renversés des aliments ou des boissons pèguent(de pegar, coller). Même chose quand ça empègue (empegar) mais quand on s'empègue, cela peut aussi vouloir dire qu'on se confronte ou qu'on se dispute. Dans ce cas, amòrri, piòt, piròl, padena sont souvent préférés à imbécile ou idiot.

Notons qu'on s'espatarre (s'espatarrar) plus qu'on ne tombe, et que souvent au lieu d'être écrasées les choses sont escagassées (escagassar) ou espouties (espotir).

(à suivre...)

 

Si vous connaissez d'autres expressions ou tournures occitanes qui sont venues se glisser dans notre langue quotidienne, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Publié le 1 Août 2021

Mercredi 1er août 1951 -couvrir la gerbière

Beau temps chaud

Avons fini de gerboyer le matin avons couvert la gerbière le soir arraché des ronces à la vigne vieille

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Publié le 31 Juillet 2021

Mardi 31 juillet 1951 - Les gerbes du Souleilla

Vent marin orageux avec un petit orage à la nuit

Avons continué à gerboyer au blé du Souleilla et fini la gerbière

(erreur dans le quantième du mois il s'agit du 31 et non du 30 comme l'indique Jean)

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Publié le 30 Juillet 2021

Lundi 30 juillet 1951 - la gerbière de blé

Vent marin assez fort

Avons commencé une gerbière de blé. Marius et Marcelin sont venus nous aider après souper. Ils sont allés dépiquer aux Touzets je les ai payés à 500 f par jour 3500 f

(erreur dans le quantième du mois il s'agit du 30 et non du 29 comme l'indique Jean)

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Publié le 29 Juillet 2021

Dimanche 29 juillet 1951 - le moulin à vent de poche
Dimanche 29 juillet 1951 - le moulin à vent de poche

Vent marin fort

Le matin avons chargé et déchargé deux charrettes de fourrage. Le soir j'ai fait de la farine de  pommelle avec le moulin à vent et j'ai taillé les melons et relevé quatre rangées de vigne à la vieille. Camille et Paulette sont allés à Roou après dîner.

(erreur dans le quantième du mois il s'agit du 29 et non du 28 comme l'indique Jean)

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