Publié le 23 Février 2020

Mardi 23 février 1960 - une bonbonne de vin

Averses 

Tirer les bords au champ de la G.

J'ai porté une bonbonne de vin à la Tiquet.

Henri Rouquet est venu.

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #emploi du temps

Repost0

Publié le 22 Février 2020

Lundi 22 février 1960 - l'orage de février

Beau- Orage tonnerre le soir

Jeté l'ammonitre sur le blé mais la pluie m'en a sorti. Préparé pour les pommes de terre.

2e piqûre de Régine

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #emploi du temps

Repost0

Publié le 21 Février 2020

Lauragais d'Autrefois (51) : la saucisse, les tastets, les costelons (Tuer le cochon, épisode 3)

Après les précédents posts consacrés au jour du cochon, la journée suivante est consacrée aux préparations et aux salaisons.

 

Tôt le matin, le cochon est dépendu, transporté jusqu’au lieu de transformation – le plus souvent une remise aménagée avec des tables à tréteaux - et découpé de bonne heure. Souvent le saigneur dirige les opérations et effectue lui même ce découpage.

 

La découpe

"Les deux quartier de porc sur la table, on a défini les besoins, combien de jambons, de cansalade (poitrine roulée salée), de lard, de jarrets. Il déballe son attirail de la sacoche, il y a des outils nouveaux, scies à métaux, couteaux à désosser, petite massette, etc… Il sépare et n’oublie pas de garder dans les morceaux de choix, la carbonade prévue pour  griller... ", se souvient Aimé.

Costelons, lard, jambon, poitrine, viande pour saucisse et saucisson, carré, filet sont ainsi séparés. D'un côté, les morceaux qui seront mis en salaison, de l'autre viande et gras qui serviront pour saucisse, saucissons et pâtés.

Après un petit déjeuner au cours duquel quelques morceaux de choix ont été grillés, la viande pour chacune des spécialités est hachée et assaisonnée. D'abord à la main puis plus tard et selon les traditions de chaque borde avec les machines à couper et à empocher.

 

Les tastets

Sel et poivre sont pesés ou parfois simplement a vista de nas (à vue de nez) et ajoutés. Une femme est alors chargée à bras nus de mélanger dans une grasala pour arriver à un mélange homogène et équilibré. L’opération est répétée à plusieurs reprises avant de réaliser saucisse puis saucissons. On propose régulièrement des tastets, ces petits échantillons qu'on pose sur la grille et qui permettent de goûter pour juger de l’équilibre de l’assaisonnement.

Ce moment réunit beaucoup de monde et est l'occasion de faire une pause autour d'un verre de vin. Lorsqu'on arrive à l’assaisonnement souhaité, les travaux se poursuivent. L'avis du saigneur est souvent prépondérant.

 

La saucisse, les saucissons

Aimé poursuit : " Les femmes embuquent la saucisse, avec les mains un entonnoir adapté pour la grosseur des boyaux.Mais avec la machine qu’a apportée la voisine, elles contrôlent mieux le tassement.  Le geste est précis, il faut faire glisser la bande de boyaux sur le bec de l’entonnoir, en tournant lentement et en tenant le réservoir plein pour éviter les poches d’air et piquer de temps en temps  l'aiguille. "

Pendant ce temps, un homme se charge des jambons qu’il assaisonne avec précision en faisant pénétrer sel et poivre dans tous les interstices de la viande. Il les enferme ensuite dans des torchons de coton blanc avant de les suspendre à une poutre pour qu’ils sèchent lentement.

"Après le repas, les hommes ont posé le chaudron en fonte sur le feu pour faire la graisse douce. Ils se sont mis à pendre le boudin. Une barre de saule déjà est posée sur le dossier de deux chaises. Le pichon - c’était moi- assis sur une chaise empêche les chaises de basculer avec le poids à venir. Les boudins les plus longs sont attachés  chaque extrémité à la barre, les plus courts d'un seul côté.

La barre est ensuite attachée aux chevrons du plafond.

 

Ils se sont mis ensuite à pendre la saucisse, cette manœuvre consistait à attacher le bout, et toute la suite enroulées au tour de la barre à la distance ne pas toucher. La hauteur réglée pour avoir une jolie barre bien régulière, chaque bande de saucisse était attachée à la suivante"

 

Les femmes se sont mises elles à préparer les saucisson qui seront ensuite pendus à leur tour.

La graisse fondue est récupérée dans des pots de grès.

 

" On a bien sûr récupéré les fritons... Mais il reste encore à faire pour le lendemain. Le soir après le souper, on met en place le salé. Dans une grasala, une couche de gros sel ménager, une couche de viandes, os, bas morceaux et ainsi de suite... En sachant, que la viande ne s’imprègne que de besoin."

 

Récit du dernier jour à venir dans le prochain post

 

Je remercie Aimé pour son éclairage et la famille Nardèse pour la photo transmise.

 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois, #Occitan, #Occitanie, #Lauragais

Repost0

Publié le 21 Février 2020

Dimanche 21 février 1960 - la saucisse

Vent d'autan

Avons fait la saucisse

Roou Touzet Tiquet Estève sont venus nous aider. Josette P. dite "Bepi"est venue.

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #emploi du temps

Repost0

Publié le 20 Février 2020

Samedi 20 février 1960 - Tuer le cochon

Avons tué le cochon 204 kg foie sang

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #emploi du temps

Repost0

Publié le 19 Février 2020

Vendredi 19 février 1960 - se préparer

Pluvieux

Labouré à la pointe mais nous avons abandonné.

préparé pour tuer le cochon.

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #emploi du temps

Repost0

Publié le 18 Février 2020

Rédigé par Emile

Publié dans #Presse, Médias, Interventions

Repost0

Publié le 18 Février 2020

Jeudi 18 février 1960 - la pointe

Fini d'étendre le fumier. Le soir labouré à la pointe

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #emploi du temps

Repost0

Publié le 17 Février 2020

Mercredi 17 février 1960 - des transactions

Vent d'autan pluvieux

Étendu du fumier tout le jour. Bonnes de Revel nous a porté une truie pleine 44000

ils nous a pris la vieille, il a fallu lui rendre 5000F

Visite I*

 

* le médecin

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #emploi du temps

Repost0

Publié le 16 Février 2020

Mardi 16 février 1960 - le fumier et le labour

Vent d'autan

Fini de sortir le fumier. 4 remorques. en tout 16 remorques. Le soir labouré à la pointe

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #emploi du temps

Repost0

Publié le 15 Février 2020

coll. Laure Pagès

coll. Laure Pagès

La journée importante du cochon bat son plein. Après une première partie narrée ici (Lauragais d'Autrefois (48) : tuer le cochon (tuar le pòrc) - épisode 1), voici la suite de la journée.

 

Le cochon pendu, le saigneur reprend son ouvrage. Avec un couteau effilé, il vérifie qu'il n'y a plus de soies. La tête est rapidement emportée pour être nettoyée et préparée pour le boudin.

Aimé  se souvient, qu'enfant, il était chargé d'en apporter certains éléments le plus rapidement possible en cuisine : "J’en profitais pour jeter en coup d’œil. Le feu était très occupé, la grande ola posée sur l'escramal,  une grosse topina devant le feu, une autre petite casserole encore sur les trépieds et le four de campagne. ça commençait à sentir bon. Sur la table les couverts et assiettes étaient prêts à être distribués. Deux soupières attendaient elles-aussi.  Je repartais pour annoncer à l’équipe ce que je venais de voir. Nous commencions à avoir faim."

Pendant que je parlais, le saigneur n’avait pas perdu de temps, il avait ouvert tout le long du ventre, sans toucher les intestins. J’arrivais à point pour récupérer le foie."

 

Les femmes sont revenues et se mettent en place de chaque côté du cochon, en tenant le grand torchon chaud si possible,

Elles récupèrent rapidement les boyaux et partent sans tarder les préparer, il ne faut pas les laisser refroidir.

Le cochon est presque prêt. Le saigneur a posé des bambous qu’il avait dans sa musette pour tenir la carcasse écartée. Il faut qu’elle refroidisse. On porte la maie à l'extérieur, on la lave méticuleusement de toute trace. Elle va resservir sous peu, les voisins ne tarderont probablement pas à venir la chercher. Par précaution on monte le cochon au maximum. Les hommes procèdent ensuite au nettoyage des billots, racloirs et ustensiles utilisés plus tôt dans la matinée. On range ensuite tout le matériel avec un soin particulier pour celui du saigneur. On ferme les portes du local en prenant soin de laisser un léger courant d’air. 

Les femmes ont mis rapidement à cuire des éléments de la tête et d’autres abats au chaudron durant deux heures environ. Elles nettoient, les boyaux avec beaucoup de soin. Ils servent pour le boudin et la saucisse. Parfois on passe de la pièce très chaude avec les grands chaudrons au froid extérieur car il est nécessaire d'aller rincer les boyaux auprès du puits ou au ruisseau. Il faut également une certaine habileté pour les retourner, l'intérieur devant l’extérieur.

Les morceaux mis à bouillir au chaudron sont ensuite découpés en petits morceaux. En général on a mis une planche à découper (le talhador) en équilibre sur les rebords d’une grasala, on saisi les morceaux avec une grande fourchette, on les découpe et on les fait tomber dans le récipient. Côté hommes comme côté femmes, ces instants de travail sont souvent des moments d’échanges joyeux puisqu’on y accueille la famille, les voisins ou les amis proches venus apporter leur aide. Les éclats de rire fusent.

Ces morceaux sont ensuite mélangés avec le sang, assaisonnés et empochés dans les boyaux avec un entonnoir adapté pour constituer le boudin qu’on remet à cuire dans le chaudron, une heure durant.

Aimé se souvient : " En cuisant la graisse va fondre et va venir s’infiltrer dans les plis du boudin ficelé. En refroidissent la graisse se fige et le vide est en place pour une longue conservation. Pendant la cuisson avec une aiguille attachée à un bâton, on les piquait de temps en temps méticuleusement,en faisant tourner chaque boudin.  Pour bien le conserver, il ne fallait pas qu’il reste de l’air à l’intérieur."

Ils sont ensuite extraits et mis à refroidir sur de la paille dans une grande panière avant d'être suspendus et mis à sécher. Bien-sûr, on en goûte un peu, cela fait partie de la fête.Ceux qui ont éclaté pendant la cuisson sont consommés illico.

Un grand repas réunit tout le monde le soir mais on ne se couche pas tard pour autant. La journée du lendemain débute aux aurores. Parfois, une partie de manille endiablée prolonge la soirée plus qu'on ne l'aurait souhaité mais la convivialité a pris l'avantage...

La suite des opérations à suivre dans un prochain post…

 

Je remercie Aimé pour son éclairage précieux, Laure Pagès et la famille Nardèse pour leurs fabuleuses photos.

 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

 

 

La veillée après une journée à préparer le cochon (photo coll. Nardèse)

La veillée après une journée à préparer le cochon (photo coll. Nardèse)

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois

Repost0

Publié le 15 Février 2020

Lundi 15 février 1960 - le marché de Castelnaudary

Gelée- beau

Continué à sortir du fumier 8 remorques

Maman est allée à Castel

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #emploi du temps

Repost0

Publié le 14 Février 2020

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #Presse, Médias, Interventions

Repost0

Publié le 14 Février 2020

Dimanche 14 février 1960 - des visites

Gelée

Après dîner nous sommes allés à Roou.

Les S. sont venus

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #emploi du temps

Repost0

Publié le 14 Février 2020

Dimanche 14 février 1960 - des visites

Gelée

Après dîner nous sommes allés à Roou.

Les S. sont venus

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #emploi du temps

Repost0

Publié le 13 Février 2020

Samedi 13 février 1960 - les pignons du tracteur

Je suis allé chercher le tracteur chez Rouzau qu'on avait coupé 2 pignons dans le pont

Vendu un repoupet * à Revel 19000

Sorti 4 remorques de fumier

 

* jeune veau

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #emploi du temps

Repost0

Publié le 12 Février 2020

coll. L. Pagès

coll. L. Pagès

Les mentions relatives à l'aviculture sont fréquentes dans les carnets d'Emile. L'élevage des poules, poulets, canards et oies tient en effet une place importante dans l'économie familiale.

On commande fréquemment des poussins à la Coopérative Agricole Lauragaise qu'on élève pour, d'une part nourrir la famille, mais aussi les vendre et compléter ainsi les revenus de l'exploitation. Chez les métayers, le revenu n'est en effet que dans la moitié de la récolte, l'autre moitié étant pour le propriétaire des terres. Certains habitués viennent directement les acheter à la métairie mais on en vend aussi beaucoup au marché de Castelnaudary (11) qui a lieu chaque lundi. Il ne faut guère plus de quelques semaines et, certes, beaucoup de soins pour amener un poulet à être vendu.

D'autre part, les poules pondeuses fournissent les œufs que l'on vend à raison de plusieurs douzaines par semaine aux clients fidèles.

A la saison d'automne, commence la période du gavage des canards gras. Les canards ont été élevés depuis la fin de l'été en plein air puis durant 3 semaines sont gavés avant d'être vendus prêts  être transformés ou, selon le choix de l'acquéreur, déjà transformés. Les confits, les foies gras, les salés sont autant de savoir-faire que l'on met ainsi en valeur. Selon les métairies, on fait le choix de gaver les canards, des "mulards" pour la plupart, au maïs blanc ou au maïs jaune.

Certaines exploitations sont davantage tournées vers les oies, ce n'est pas le cas chez Emile, où l'on en élève quelques-unes chaque année mais une moindre proportion.

On peut également encore trouver chez certains quelques dindons ou pintades.

Cet élevage avicole est alors, pour l'essentiel, dévolu aux femmes. Les fermières ont ainsi en charge toutes les tâches de soins, nourrissage, abattage, transformation et vente qui concernent ces animaux et complètent de façon importante le revenu de l'exploitation confiée aux métayers.

Petit lexique occitan :

  • La volaille : la polalha
  • la poule : la pola, la galina
  • le coq : le pol
  • le poussin : le poleto
  • le canard : le tiron
  • le dindon : le piòt
  • la dinde : la piòta
  • la pintade : la pinta o la pinca
  • l'oie : l'auca
  • le jars : l'auc o le gabre
  • l'oeuf : l'uòu

Je remercie Laure Pagès, Christiane et Jean-François Bruno et Marie-Pierre Guisiti pour les documents.

 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

doc personnel

doc personnel

Coll. C et JF Bruno

Coll. C et JF Bruno

Une bibliographie d'époque (doc. MP Guisti)

Une bibliographie d'époque (doc. MP Guisti)

Voir les commentaires

Repost0

Publié le 12 Février 2020

Vendredi 12 février 1960 - brûler les tronçons de maïs

Beau Brouillard

Fini de jeter l'ammonitre sur les blés tendres. Approché les bords à la terre de maïs. Brûlé des tronçons. Henri d'Estève est venu nous voir Mémé

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #emploi du temps

Repost0

Publié le 11 Février 2020

Jeudi 11 février 1960 - le médecin passe encore

Vent d'autan léger

Mis 550 kg d'ammonitre au blé autour du moulin du poivre

Fini de jeter le super sur le fourrage

Visite I.

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #emploi du temps

Repost0

Publié le 10 Février 2020

Mercredi 10 février 1960 - le tracteur enlevé

Vent d'autan gelée

Sorti du terrier à la pointe. Les Rouzau sont venus prendre le tracteur pour le réparer. Je suis allé à Roou. Paulette en Estève

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #emploi du temps, #Lauragais

Repost0

Publié le 9 Février 2020

Mardi 9 février 1960 - la panne de tracteur

Geelée

Labouré à la pointe. Je suis tombé en panne du pont du tracteur. Rouzau est venu le voir. Tué le cochon en Estève.

Visite I*

* le médecin

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #emploi du temps

Repost0

Publié le 8 Février 2020

Lauragais d'Autrefois (48) : Tuer le cochon (tuar le pòrc) (épisode 1)

Dans les années 40 et 50, à la métairie, parmi les éléments importants de l’alimentation familiale, il y a le cochon. Tuer le cochon était un des moments importants qui rythmaient la vie des familles paysannes du Lauragais comme les vendanges ou les battages...

 

En janvier ou février, vient donc le moment de tuer le cochon qui a été nourri et élevé une dizaine de mois. Il consomme du maïs qu’on réduit en farine ou dont on fait une sorte de bouillie, des restes de table, des pommes de terre qui se sont mal conservées et qu’on a faites bouillir. Il faut que l’animal soit gras mais pas à l’excès et c’est d’un œil expert qu'on estime le temps venu.

Le jour choisi, on espère qu’il ne fera pas un vent d’autan trop fort car d’une part la température extérieure remonte, ce n’est pas souhaitable et d’autre part, on considère que les conditions atmosphériques propices à la conservation de la viande ne sont pas réunies.

Aimé se souvient : "Déterminer la date faisait l'objet de beaucoup d'attention : cela ne devait pas avoir lieu lors de la lune nouvelle. Elle était défavorable à la conservation des viandes. S'il s'agissait d'une truie, on faisait attention à la date de ses chaleurs. Elles duraient trois ou quatre jours. On vérifiait que l’emploi du temps ne soit pas occupé, il fallait en effet compter près de quatre jours de travail sans répit."

 

Se préparer

Toute la journée de la veille, la maisonnée s’est affairée aux derniers préparatifs matériels pour que tout se déroule au mieux : on a installé des tables à tréteaux dans la remise pour les travaux de transformation de la viande, les stocks de sel et de poivre ont été refaits, les chaudrons et les grasales, ces grands récipients de terre vernie pour faire les préparations ont été récurés, les torchons à jambon repassés. On a nettoyé la maie (la mait) qu'on a remplie d'eau quelques jours avant pour la rendre étanche en faisant gonfler le bois. En cuisine, on a commencé à jouer des marmites et des ustensiles dès potron-minet : la tablée du soir sera large et affamée. On s’inquiète : y en aura-t-il suffisamment ?  On fait montre de sa générosité et de son envie de partage lors des ces grandes occasions qui sont de grosses journées de labeur mais conservent aussi un petit air de fête. Aimé ajoute "Il y avait les repas (de fête) à préparer pour plus de dix ou douze personnes durant deux jours pleins. Au moins cinq hommes et quatre ou cinq femmes dynamique, et les enfants."

On a en effet prévenu quelques jours plus tôt la famille proche, les amis, les voisins afin que tous puissent apporter leur aide le grand jour.

 

Le jour du cochon

Le saigneur vient avec ses outils, ses longs couteaux aux lames effilées et affûtées de frais et quelques racloirs. Il n’est nullement impressionné il tue beaucoup de cochons au cours de la saison hivernale, son savoir-faire et sa précision sont appréciés. "Il déballe sa musette, type sacoche du facteur, la pose sur une balle de paille. Il passe un coup de fusil pour aiguiser les couteaux, démêle ses cordes de plusieurs dimensions et vérifie l’installation la maie.

Il rentre enfin dans la porchère avec une poignée de maïs, le porc étant à jeun depuis la veille et passe avec son savoir faire la corde dans la gueule calée derrière la mâchoire,  des hommes entrent à leur tour et attachent les pattes avec un double nœud. On installe ensuite l'animal sur la maie rétournée. Plusieurs hommes le tiennent fortement par les pattes avant que le saigneur ne fasse son œuvre. Une femme est là avec une bassine, pour récupérer le sang, qu’elle brasse fortement, pour empêcher la coagulation."

Le sang est récupéré et débarrassé de ses impuretés en étant agité manuellement, on en extrait alors ce qui a coagulé.

Le porc est ensuite installé dans la maie pour être ébouillanté puis raclé pour ôter les soies, les pieds sont récurés soigneusement. Pour terminer le nettoyage puis être éviscéré, il est ensuite pendu par les pattes arrière. « Quand on estime, qu’il est correctement propre, qu’il n’y a plus de soies, il faut soulever la maie, la poser sur une cale, l’eau s’accumule au point bas  pour être récupérée,  dans un panier posé sur un seau pour trier les soies, de l’eau et éviter que les volailles de la basse-cour ne les consomment, ce qui pourrait leur provoquer une occlusion  Le saigneur est devenu charcutier, avec une coutèle, il a procédé aux premières entailles, le palonnier va être installer pour hisser le cochon en hauteur… Avant de passer  la suite, on faisait parfois une pause en buvant un petit verre de vin.»

 

La suite des opérations à suivre dans un prochain post…

 

Je remercie Aimé pour son éclairage précieux et la famille Nardèse pour ses fabuleuses photos.

 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

Un événement important de l'année chez les familles lauragaises d'alors
Un événement important de l'année chez les familles lauragaises d'alors

Un événement important de l'année chez les familles lauragaises d'alors

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois, #Lauragais, #Occitan, #Occitanie

Repost0

Publié le 8 Février 2020

Lundi 8 février 1960 - 4 sacs d'orge

Neige le matin

Avons semé 4 sacs d'orge sous le chemin des Clauzes. 

Bressoles de st Jean sont venus ainsi que Camille

1ère piqûre de Régine

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #emploi du temps

Repost0

Publié le 7 Février 2020

Dimanche 7 février 1960 - la grippe frappe encore

Froid

Le matin nous sommes allés à Roou voir mon beau-père qui a la grippe. Le soir passé la herse pour semer l'orge

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #emploi du temps

Repost0

Publié le 6 Février 2020

Samedi 6 février  1960 -  le loto de la coopérative scolaire

Beau gelée

Avons jeté 800kg de mélange super ammoniaque pour semer l'orge. Commencé à mettre l'ammonitre sur le blé de la pièce du jardin. Le soir je suis allé avec Huguette à Montmaur à un loto de la coopérative scolaire

Visite I* 

* le médecin

Voir les commentaires

Rédigé par Emile

Publié dans #emploi du temps

Repost0