Publié le 28 Août 2021

Photo coll.Nardèse

Photo coll.Nardèse

Je vous propose de redécouvrir aujourd'hui un témoignage concernant les battages que j'avais publié il y a deux ans environ.

« Le fauchage réalisé, nous faisions des gerbes puis des tabels dans les champs, ces petits tas de gerbes inclinés qui attendaient le passage de la charrette pour les rapporter dans la cour de la ferme. Là, nous faisions de gigantesques gerbiers. Le blé, l’orge et l’avoine stockés ainsi attendaient le passage de la machine à dépiquer qui appartenait au forgeron du village. Les gerbiers étaient surmontés de gerbes inclinées pour faciliter l’écoulement éventuel de l’eau et nous louions aussi des bâches pour les protéger en attendant de dépiquer.

On s’entraidait ces jours-là, entre voisins, cousins, famille et on se rendait les journées de travail. C’était d’ailleurs un travail pénible sous la chaleur. Il fallait transporter les gerbes, les sacs de grain. Mais c’était joyeux, on riait beaucoup malgré la difficulté. Nous les femmes de la maison, nous participions de différentes façons. Certaines devait assurer le repas pour tout ce monde : il fallait qu’ils soient copieux, tout le monde avait très faim.  D’autres, comme moi, aidions aux battages. On disait dépiquer.

On attendait impatiemment que ce soit notre tour. Le jour donné, on installait, de très bonne heure, la batteuse dans la cour à côté du gerbier. On installait les courroies que l’on reliait au tracteur qui produisait la force motrice. Le forgeron venait avec son tracteur Ford ainsi qu’une presse pour faire les balles de paille au fur et à mesure. 

Dans un grand fracas mécanique et beaucoup de poussière, la machine se mettait en marche. 

Une personne était chargée, de mettre les gerbes dans le bon sens sur la rampe qui les montait en haut de l’appareil. Là, une personne, souvent c’était moi à la maison, j’étais la femme la plus jeune, les récupérait au fur et à mesure, les déliait rapidement en prenant soin de sectionner la corde au niveau du nœud. On récupérait tout. On en faisait de gros bouquets afin de pouvoir s’en resservir pour les petits travaux du quotidien.

Parfois, pour plaisanter, la cadence de l’arrivée des gerbes augmentait trop ou on les plaçait à l’envers sur la rampe, je donnais un petit coup de coude et la gerbe dégringolait sur l’envoyeur. On riait.

Une autre personne récupérait les gerbes que j’avais déliées pour les engouffrer dans l’ouverture de la machine qui les happait. D’un côté, le grain tombait par des bouches pour remplir des sacs de jute, ils pesaient 80 kg. On remplaçait vite fait un sac plein par un vide et on les transportait sous le hangar en attendant que le camion de la C.A.L. (Coopérative Agricole Lauragaise) vienne les récupérer. Cette opération de force mobilisait trois ou quatre hommes assez jeunes. 

De l’autre côté de l’imposante machine, la paille tombait directement dans la presse qu’on avait pris soin d’installer tout près. A intervalles réguliers, une personne était chargée d’introduire une aiguille dans les bottes de foin, il s’agit en fait d’un outil pointu permettant de séparer l’agglomérat de paille pour le diviser en balles régulières. Une autre personne, munie d’une fourche de bois récupérait les àbets qui jonchaient le sol, c’étaient des débris de paille mais là encore, on ne voulait rien en perdre.

Cette opération était extrêmement poussiéreuse et la chaleur qui régnait la plupart du temps n'arrangeaient rien à l’affaire. 

Parfois, l’un de nous, innocemment, se rendait près de l’échappement du tracteur pour se débarrasser d’un peu de poussière. Il suffisait d’une accélération facétieuse pour qu’il se retrouve noir corbeau. Cela faisait rire tout le monde. On ne parlait pas encore du danger des particules.

Ce jour là, on faisait successivement, en changeant les grilles, l'avoine, l'orge et le blé. Une dizaine d’années plus tard, au début des années 60, tout cela était terminé. Les moissonneuses-batteuses avaient pris le relais sauf dans les penchants qu’on faisait encore à la faux. »

Merci à Paulette D., ma grand-mère, pour son témoignage et à Berthe Tissinier pour la photo

 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

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Publié le 28 Août 2021

Mardi 28 août 1951 - la métairie de Folcarde

Vent marin très fort

Avons continué à dépiquer à la métairie de Folcarde 

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Publié le 27 Août 2021

Lundi 27 août 1951 - dépiquer à Folcarde

Beau temps

Le matin avons biné la jeune vigne et commencé à la vieille. le soir avons commencé à dépiquer à la métairie de Folcarde avons fait 100 hl de blé

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Publié le 26 Août 2021

Dimanche 26 août 1951 - les deux lapins

Ouverture de la chasse

Beau temps chaud

Suis allé à la chasse j'ai tué deux lapins. Camille et Paulette sont allés dîner à Roou et le soir à la fête à Marès. 

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Publié le 25 Août 2021

Lauragais d'antan : le secret du bois de la borde

Dans le bois de la borde, en novembre 1951, il y fait froid pourtant y naît un secret qu'on va essayer de dissimuler.

Pendant ce temps, au village, des confidences s'échangent...

Les travaux de la métairie qui se poursuivent laissent un peu de place aux sentiments...

Un nouvel épisode de Ceux de la Borde Perdue à retrouver ici

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Publié le 25 Août 2021

Samedi 25 août 1951 - Choux-fleurs

Brume et pluie de 7 à 10 heures

Avons fini de dépiquer aux Bourrels à midi. Le soir avons planté les choux-fleurs et des poireaux

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Publié le 24 Août 2021

Jeudi 23 août 1951 - les lames de la faucheuse

Beau temps - Le matin avons réparé les lames de la faucheuse le soir avons dépiqué moi et Camille à Ramelou

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Publié le 24 Août 2021

Vendredi 24 août 1951 - Dépiquer aux Borrels

Beau temps 

Avons dépiqué aux Bourrels

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Publié le 22 Août 2021

Mercredi 22 août 1951 - les poireaux et les choux

Le matin avons planté des poireaux et des choux. Le soir avons fini d'arracher des ronces à la vigne vieille. Antonin Marc sa femme Yvonne et son fils Alain sont venus nous voir.

Donné du blé à Seloudre 30 kg

A Zanata des Bourrels 16 kg

Avoine à Seloudre 10 kg

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Publié le 21 Août 2021

Mardi 21 août 1951 - ceinture pour la hernie

Pluie dans la nuit

Suis allé à Villefranche acheter une ceinture pour la hernie 2639 f et 300 f à Mr Izard. J'ai payé à Rouquet Jean un cuvier 3000 f 

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Publié le 20 Août 2021

Lundi 20 août 1951 - Biner sous la pluie

Pluie tout le jour à partir de huit heures

Le matin avons commencé à biner la jeune vigne le soir avons fait le terrassement à la garde ??

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Publié le 19 Août 2021

Dimanche 19 août 1951 - le baptême des nouvelles cloches

Vent marin léger et chaud Ciel couvert à la nuit

Le matin avons fini de sulfater les vignes. Le soir j'ai fait un peu de sieste et j'ai brûlé des chaumes. Joséphine est allée à Labastide d'Anjou au baptême de nouvelles cloches

Yves et Emile Pagès sont venus souper

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Publié le 18 Août 2021

Lauragais d’Antan : l’incident de la carriole

Quand Léonce traverse Florac en novembre 1952 en rentrant de chez le bouilleur de cru il ne s’attend pas à l’incident dont il va être victime. Lui ne pense qu’à l’aigardenta qu’il transporte. Mais au village, la rumeur enfle…

Un nouvel épisode de la saga des métayers Ceux de la Borde Perdue #occitanie #lauragais #agriculture

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Publié le 18 Août 2021

Samedi 18 août 1951 - du monde à la veillée

Beau temps chaud

Avons fini de relever les vignes et sulfaté la jeune et commencé à la vieille. Elie et Anna Puget sont venus à la veillée

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Publié le 17 Août 2021

Vendredi 17 août 1951 - la foire à Villefranche

Beau temps ciel heureux le matin

J'ai fini de relever la vigne vieille et commencé à la jeune. Camille et Paulette sont allés à la foire de Villefranche

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Publié le 16 Août 2021

Jeudi 16 août 1951 - le camion des silos de Castelnaudary

Ciel couvert le matin clair le soir et chaud 

Le matin avons chargé le camion des silos de Castelnaudary qui est venu chercher 50 sacs de blé. J'ai mené les trois paires de boeufs faire bénir à St Assiscle. Avons ventilé 12 sacs de grains de luzerne. Le soir Camille a semé les navets au champ du jardin et avons relevé et emoché à la vigne vieille. 

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Publié le 15 Août 2021

Mercredi 15 août 1951 - à la Chartreuse

Beau temps chaud orageux le soir

Sommes allés dîner à la Chartreuse Camille Paulette Joséphine et moi

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Publié le 14 Août 2021

Photo coll. C et JF Bruno

Photo coll. C et JF Bruno

Nous opérons aujourd'hui un retour sur une tradition qui se déroulait dans les campagnes lauragaises notamment : la fête de la Saint Roch qui a perduré jusque dans les années 50.

Le 16 août 1951, Jean écrit :

Saint-Roch était imploré pour la protection du bétail et des récoltes et cela donnait lieu à des cérémonies annuelles dans nombre de villages du Lauragais.

Aimé Boyer décrit l'une d'entre elles : 

"Le 16 août, on allait avec une paire de bœufs, vaches, chevaux sur la place du village faire bénir les animaux et les récoltes. On choisissait la plus belle paire. Les bêtes étaient cardées, brossées, les queue frisées, un peu de blanc d’Espagne, le joug vernis.

Sur le joug, on déposait un spécimen des cultures : des épis de blé, orge, avoine, quelques pieds de maïs avec leurs cabosses, fèves, tresses d’ail, d'oignons... On agrémentait cela de quelques pieds de luzerne, fétuque etc… et bien-sûr quelques fleurs.

Le tout  était arrangé en forme de couronne posée sur le joug et attaché avec un long sarment de vigne avec ses grappes de raisins. 

On se rendait au village. En route bien-sûr, le convoi s’allongeait, on s’interpellait, on racontait quelques blagues.

En arrivant on s’installait en rond, le prêtre venait en procession, la croix, l’aspersoir et bénissait les animaux un par un, avec les prières adaptées à la situation. Il y avait beaucoup de monde.  La famille se déplaçait  y compris le propriétaire des métairies ou les régisseurs. On déposait l’incontournable panière des offrandes, toujours des produits de la ferme. "

Au retour, certaines familles faisaient consommer des éléments végétaux qui avaient été bénis lors de la cérémonie aux animaux qui étaient restés à la borde, des crêtes de maïs par exemple.

Lorsque cette tradition s'est perdue, elle a toutefois perduré parfois sous une forme plus intimiste avec, ce jour-là, la visite du prêtre dans les bordes qui le souhaitaient pour bénir maison, animaux et récoltes.

 

Un immense merci à Aimé Boyer pour ses témoignages toujours passionnants

Merci à JF et C Bruno pour la photo d'illustration.

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Statue de saint Roch, église de Giroussens (81)

Statue de saint Roch, église de Giroussens (81)

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Publié le 14 Août 2021

Mardi 14 août 1951 - la vieille vigne

Ciel couvert le matin et ensoleillé le soir

Le matin avons relevé et accroché à la vigne vieille. Le soir avons fini de battre la luzerne au champ du ruisseau

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Publié le 13 Août 2021

Lundi 13 août 1951 - chargé les fèves

Ciel couvert temps frais. Avons chargé les fèves au champ du hangar trois charrettes le soir. Avons continué à battre la luzerne. Les femmes ont fait la luzerne

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Publié le 12 Août 2021

Dimanche 12 août 1951 - commander un cuvier et une cuve

Beau temps - Le matin je suis allé à Gardouch commander un Cuvier pour faire la lessive à Jean Rouquet qui m'a fait le prix de 5000 f. Le soir avons battu un peu de luzerne au champ du ruisseau. Après souper suis allé à Villefranche commander une cuve pour faire bouillir la vendange à Espitalier 30 hl qui me couteront 30000f. Je lui ai donné 5000f.

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Publié le 11 Août 2021

Lauragais d'antan : chez le bouilleur de cru

Novembre 1951 - Le vin a été coulé. Il est temps de se rendre chez le bouilleur de cru avec le marc pour obtenir l'aigardenta, la précieuse eau-de-vie. Les activités d'automne s'enchaînent, les tourments chez les Bourrel également... La rumeur enfle...

Un nouvel épisode de Ceux de la Borde Perdue à découvrir ici

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Publié le 11 Août 2021

Samedi 11 aout 1951 - le hangar

Ciel nuageux temps frais beau temps

Avons rentré 200 balles de paille dans le hangar et relevé deux rangées de vigne. Subra a pris 250 litres de vin à 25 f = 6250 f fait en ce jour 16750 f. Les femmes ont plumé les oies.

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Publié le 10 Août 2021

Vendredi 10 août 1951 - relever la vigne

Vent d'ouest avec petites rafales de pluie le soir

Avons fini de dépiquer chez Lanegrasse à onze heures il a eu 120 hl de blé 110 d'avoine et 35 de pommelle

Le soir avons relevé la vigne vieille

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Publié le 9 Août 2021

Jeudi 9 août 1951 - les sacs

Temps frais

Avons fini de dépiquer à 9 heures

Avons eu blé   141

avoine              226

pommelle           29

en tout             396 sacs

Le soir après dîner avons commencé de dépiquer chez le patron au Tivoli

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