Publié le 13 Février 2020

Samedi 13 février 1960 - les pignons du tracteur

Je suis allé chercher le tracteur chez Rouzau qu'on avait coupé 2 pignons dans le pont

Vendu un repoupet * à Revel 19000

Sorti 4 remorques de fumier

 

* jeune veau

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Publié le 12 Février 2020

Vendredi 12 février 1960 - brûler les tronçons de maïs

Beau Brouillard

Fini de jeter l'ammonitre sur les blés tendres. Approché les bords à la terre de maïs. Brûlé des tronçons. Henri d'Estève est venu nous voir Mémé

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Publié le 11 Février 2020

Jeudi 11 février 1960 - le médecin passe encore

Vent d'autan léger

Mis 550 kg d'ammonitre au blé autour du moulin du poivre

Fini de jeter le super sur le fourrage

Visite I.

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Publié le 10 Février 2020

Mercredi 10 février 1960 - le tracteur enlevé

Vent d'autan gelée

Sorti du terrier à la pointe. Les Rouzau sont venus prendre le tracteur pour le réparer. Je suis allé à Roou. Paulette en Estève

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Publié le 9 Février 2020

Mardi 9 février 1960 - la panne de tracteur

Geelée

Labouré à la pointe. Je suis tombé en panne du pont du tracteur. Rouzau est venu le voir. Tué le cochon en Estève.

Visite I*

* le médecin

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Publié le 8 Février 2020

Lauragais d'Autrefois (48) : Tuer le cochon (tuar le pòrc) (épisode 1)

Dans les années 40 et 50, à la métairie, parmi les éléments importants de l’alimentation familiale, il y a le cochon. Tuer le cochon était un des moments importants qui rythmaient la vie des familles paysannes du Lauragais comme les vendanges ou les battages...

 

En janvier ou février, vient donc le moment de tuer le cochon qui a été nourri et élevé une dizaine de mois. Il consomme du maïs qu’on réduit en farine ou dont on fait une sorte de bouillie, des restes de table, des pommes de terre qui se sont mal conservées et qu’on a faites bouillir. Il faut que l’animal soit gras mais pas à l’excès et c’est d’un œil expert qu'on estime le temps venu.

Le jour choisi, on espère qu’il ne fera pas un vent d’autan trop fort car d’une part la température extérieure remonte, ce n’est pas souhaitable et d’autre part, on considère que les conditions atmosphériques propices à la conservation de la viande ne sont pas réunies.

Aimé se souvient : "Déterminer la date faisait l'objet de beaucoup d'attention : cela ne devait pas avoir lieu lors de la lune nouvelle. Elle était défavorable à la conservation des viandes. S'il s'agissait d'une truie, on faisait attention à la date de ses chaleurs. Elles duraient trois ou quatre jours. On vérifiait que l’emploi du temps ne soit pas occupé, il fallait en effet compter près de quatre jours de travail sans répit."

 

Se préparer

Toute la journée de la veille, la maisonnée s’est affairée aux derniers préparatifs matériels pour que tout se déroule au mieux : on a installé des tables à tréteaux dans la remise pour les travaux de transformation de la viande, les stocks de sel et de poivre ont été refaits, les chaudrons et les grasales, ces grands récipients de terre vernie pour faire les préparations ont été récurés, les torchons à jambon repassés. On a nettoyé la maie (la mait) qu'on a remplie d'eau quelques jours avant pour la rendre étanche en faisant gonfler le bois. En cuisine, on a commencé à jouer des marmites et des ustensiles dès potron-minet : la tablée du soir sera large et affamée. On s’inquiète : y en aura-t-il suffisamment ?  On fait montre de sa générosité et de son envie de partage lors des ces grandes occasions qui sont de grosses journées de labeur mais conservent aussi un petit air de fête. Aimé ajoute "Il y avait les repas (de fête) à préparer pour plus de dix ou douze personnes durant deux jours pleins. Au moins cinq hommes et quatre ou cinq femmes dynamique, et les enfants."

On a en effet prévenu quelques jours plus tôt la famille proche, les amis, les voisins afin que tous puissent apporter leur aide le grand jour.

 

Le jour du cochon

Le saigneur vient avec ses outils, ses longs couteaux aux lames effilées et affûtées de frais et quelques racloirs. Il n’est nullement impressionné il tue beaucoup de cochons au cours de la saison hivernale, son savoir-faire et sa précision sont appréciés. "Il déballe sa musette, type sacoche du facteur, la pose sur une balle de paille. Il passe un coup de fusil pour aiguiser les couteaux, démêle ses cordes de plusieurs dimensions et vérifie l’installation la maie.

Il rentre enfin dans la porchère avec une poignée de maïs, le porc étant à jeun depuis la veille et passe avec son savoir faire la corde dans la gueule calée derrière la mâchoire,  des hommes entrent à leur tour et attachent les pattes avec un double nœud. On installe ensuite l'animal sur la maie rétournée. Plusieurs hommes le tiennent fortement par les pattes avant que le saigneur ne fasse son œuvre. Une femme est là avec une bassine, pour récupérer le sang, qu’elle brasse fortement, pour empêcher la coagulation."

Le sang est récupéré et débarrassé de ses impuretés en étant agité manuellement, on en extrait alors ce qui a coagulé.

Le porc est ensuite installé dans la maie pour être ébouillanté puis raclé pour ôter les soies, les pieds sont récurés soigneusement. Pour terminer le nettoyage puis être éviscéré, il est ensuite pendu par les pattes arrière. « Quand on estime, qu’il est correctement propre, qu’il n’y a plus de soies, il faut soulever la maie, la poser sur une cale, l’eau s’accumule au point bas  pour être récupérée,  dans un panier posé sur un seau pour trier les soies, de l’eau et éviter que les volailles de la basse-cour ne les consomment, ce qui pourrait leur provoquer une occlusion  Le saigneur est devenu charcutier, avec une coutèle, il a procédé aux premières entailles, le palonnier va être installer pour hisser le cochon en hauteur… Avant de passer  la suite, on faisait parfois une pause en buvant un petit verre de vin.»

 

La suite des opérations à suivre dans un prochain post…

 

Je remercie Aimé pour son éclairage précieux et la famille Nardèse pour ses fabuleuses photos.

 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

Un événement important de l'année chez les familles lauragaises d'alors
Un événement important de l'année chez les familles lauragaises d'alors

Un événement important de l'année chez les familles lauragaises d'alors

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Publié le 8 Février 2020

Lundi 8 février 1960 - 4 sacs d'orge

Neige le matin

Avons semé 4 sacs d'orge sous le chemin des Clauzes. 

Bressoles de st Jean sont venus ainsi que Camille

1ère piqûre de Régine

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Publié le 7 Février 2020

Dimanche 7 février 1960 - la grippe frappe encore

Froid

Le matin nous sommes allés à Roou voir mon beau-père qui a la grippe. Le soir passé la herse pour semer l'orge

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Publié le 6 Février 2020

Samedi 6 février  1960 -  le loto de la coopérative scolaire

Beau gelée

Avons jeté 800kg de mélange super ammoniaque pour semer l'orge. Commencé à mettre l'ammonitre sur le blé de la pièce du jardin. Le soir je suis allé avec Huguette à Montmaur à un loto de la coopérative scolaire

Visite I* 

* le médecin

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Publié le 5 Février 2020

Vendredi 5 février 1960 - vendre du lard

Beau ?

Le matin sommes allés à Villefranche vendre 21kg 400 de lard à 200 F le kg

Le soir fait du bois

Alfred et Mimi sont venus voir mémé

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Publié le 4 Février 2020

Jeudi 4 février 1960 - le canadien

Beau pluie à la nuit

Fini de semer les 400 kg de blé dur

Continué à labourer à la pointe et passé le canadien au champ sous le chemin des Clauzes pour semer l'orge

Visite I*

* le médecin

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Publié le 3 Février 2020

Mercredi 3 février 1960 - semer et labourer

Vent d'autan

Continué à semer le blé dur et labouré à la pointe

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Publié le 2 Février 2020

Mardi 2 février 1960 - la borne milliaire

Beau

Avons fini de jeter le Phosamo pour le blé dur à la Perrière Mis 1000 kg. Commencé à semer le blé dur après dîner à la borne à la milliaire de la pointe

Mon beau-père est venu souper.

Visite I*

* le médecin

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Publié le 1 Février 2020

Lauragais d'Autrefois (47) : entretenir le tracteur (entreténer le tractor)

Le bouleversement qu'a constitué l'arrivée du tracteur dans les campagnes lauragaises a été évoqué ici à  plusieurs reprises. Que ce soit à travers l'émotion d'Emile rencontré au mois de septembre (article ici) ou la présentation d'un tracteur à chenilles (voir ici) ou encore des documents au sujet de l'abandon des boeufs pour l'engin motorisé (voir là), la radicalité de ce changement dans les pratiques de travail, la peine allégée du labeur se font jour de façon évidente. Le glissement ne s'est pas fait sans discussion au sein des familles, les anciens étant parfois un peu dubitatifs ou récalcitrants face au progrès, ni quelques craintes face à ces nouveaux engins à dompter ou bien encore quelque retard lorsqu'on était dans un contrat de type métayage.

Outre les photos, ce sont parfois des documents d'époque qui nous ramènent à cette réalité comme ici ce manuel d'instructions d'un Massey Ferguson le fameux MF 835 DS qui a été fabriqué de 1956 à 1964 et dont voici quelques extraits.

Au dessous, un nouvel extrait de la brochure éditée alors par le ministère de l'agriculture "Savez-vous utiliser votre tracteur ?" et déjà présentée ici.

Merci à Marie-Pierre Guisti pour le partage de sa trouvaille sur le MF 835 DS.

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Lauragais d'Autrefois (47) : entretenir le tracteur (entreténer le tractor)
Lauragais d'Autrefois (47) : entretenir le tracteur (entreténer le tractor)
Lauragais d'Autrefois (47) : entretenir le tracteur (entreténer le tractor)
Lauragais d'Autrefois (47) : entretenir le tracteur (entreténer le tractor)
Lauragais d'Autrefois (47) : entretenir le tracteur (entreténer le tractor)

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Publié le 1 Février 2020

Lundi 1er février 1960 - la herse

Gelée beau

Passé la herse et jeté du Phosamo pour semer le blé dur. Bressoles de St Jean est venu ainsi que Rouquet Gilbert et Tante Marie

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Publié le 31 Janvier 2020

Dimanche 31 janvier 1960 - la grippe

Gelée beau

Fait du bois. Visite I* pour mémé qui a la grippe

*le médecin

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Publié le 30 Janvier 2020

Le foirail de Baziège

Le foirail de Baziège

La traction animale, lorsqu'elle était encore la force motrice principale de travail, générait beaucoup de transactions. Il était important pour le paysan d'avoir des paires de boeufs homogènes, dociles, calmes et beaux. Les nombreuses foires et multiples marchés drainaient vendeurs et acheteurs de tout un territoire.

Aux grande foires de Salies-du-Salat, Mirepoix, et aussi dans l’Aveyron, on trouvait de solides et rudes animaux qui avaient passé l’été en estive. La race gasconne à la robe gris foncé, excellente pour la traction, était particulièrement prisée. 

La mena

Pour les acquérir et les récupérer, les maquignons partaient en voiture à plusieurs et revenaient à pied en accompagnant les bêtes. Ce déplacement étaient appelé la mena en occitan.

Aimé se souvient : "A deux reprises, j’ai été invité à participer, à cette aventure. Car, oui, c’était une aventure ! Les maquignons se regroupaient et partaient la veille avec une auto (une traction avant Citroën 15 ou 11). Le lendemain, dès 3 heures du matin, les meneurs, s'arrêtaient en route pour un petit déjeuner. Puis,  en arrivant, on commençait à rassembler les animaux marqués avec les ciseaux, au dessus de la cuisse, à côté de la queue. Le troupeaux était composé de bœufs, de braus (veaux d'un an environ), de vaches, de génisses. 

Vers deux heures de l’après-midi, nous étions prêts pour la première étape. Ces animaux qui descendaient de l'estive se regroupaient assez rapidement. Lorsque nous sortions de la ville, les rues avaient été désertées pour l’occasion. Une fois dans la campagne, j’ai compris pourquoi j’avais été invité.

En effet, sur la route, les bêtes commençaient à prendre le large, dans les champs autour, il y avait de l’herbe, des arbres, autant de tentations pour eux.

       J’avais 16 ou 17 ans et j’étais très véloce, pour traverser le fossé, un bond me suffisait. Mais les bêtes repartaient de l’autre côté.  Pichon - c'est ainsi qu’on m’appelait -  passa delà ! me criait-on (Petit, passe là-bas !). Nous suivions les chemin de traverse (les carretals) qui étaient bien entretenus en raison des passages fréquents. Il n’y avait pas des chemin empierré, il y avait des sources à niveau constant.      Plus loin en avant, les deux voitures passaient au devant pour vérifier les obstacles possibles et prévenir les agriculteurs du passage du troupeau Il valait mieux que leurs bêtes ne voient pas le troupeau qui déambulait."

 

Station de nuit

        La nuit avec les animaux avait était prévue au préalable. L'arrêt se faisait chez des amis, des connaissances. Un carré de pré avait été clôturé pour l'occasion, avec des piquets et des fils, il y avait du foin et de de l’eau.

       Aimé poursuit : "Nous allions manger, à tour de rôle, une portion au restaurant du coin. Les maquignons dormait à l’hôtel et nous, les meneurs couchés dans la paille, dans une couverture, au plus près des animaux. Ça faisait partie du jeu. Nous repartions le lendemain, tôt, dès le point du jour."

 

Un curieux cortège

"En route, on nous apportait un copieux petit déjeuner fait de la cochonnaille et autres victuailles bien arrosées. En route les gens venaient nous voir passer : les enfants, les anciens qui nous racontaient leurs parcours.

      Nous arrivions enfin à Caraman à la tombée de la nuit. Là on rejoignait un pré, aménagé comme celui de l’étape. Des amis des maquignons venaient récupérer les animaux de chacun d'entre eux. C’était un moment agréable, nous passions presque pour des héros. Et j'ai eu la chance de vivre cette expérience."

              

L'arrivée du camion, la fin de la mena

"Nos maquignons se sont ensuite cotisés pour acheter un gros camion, s’allouer les services d'un chauffeur et ont fait aussi du transport pour d’autres personnes. En suivant cet exemple, d’autres personnes se sont équipées à leur tour de petites bétaillères et portaient des animaux chez les particuliers ou sur les marchés de la région. Veaux, porcelets, etc...

          Certains sont devenus négociants en jeunes veaux (repopets).

Aujourd’hui bien-sûr, rien n'est plus pareil. Tout ce système commercial a disparu. Sur la canton de Caraman, au début des années 60, on recensait plus de 5000 têtes de bovins, aujourd'hui je crois qu'il y en a à peine plus de 600".

 

Merci à Aimé pour ce témoignage très éclairant et rare et à Serge Arnaud pour le document iconographique.

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Publié le 30 Janvier 2020

Samedi 30 janvier 1960 - du bois encore

Gelée beau

Avons continué à faire du bois au fond du pré

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Publié le 29 Janvier 2020

Vendredi 29 janvier 1960 - le bois

Pluie la nuit.

Avons coupé du bois au pré

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Publié le 28 Janvier 2020

Jeudi 28 janvier 1960 - 3 remorques de fourrage

Pluie dans la nuit, belle journée

Porté 3 remorques de fourrage de la G. ici.

Visite I* pour mémé

le médecin

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Publié le 27 Janvier 2020

Les 4 saisons du Lauragais (photos B.Alasset, Insta : bruno31290)

Les 4 saisons du Lauragais (photos B.Alasset, Insta : bruno31290)

Bienvenue sur le blog "Les carnets d'Emile". Ici se raconte le Lauragais agricole d'autrefois, celui des années 40 et 50. Le Lauragais, cette zone géographique d’Occitanie, à l'intersection de quatre départements : Haute-Garonne, Aude, Tarn et Ariège est historiquement de tradition rurale,  domaine du vent d’autan et de l'occitan languedocien que les anciens préfèrent appeler le patois.

Vous pouvez naviguer sur ce blog en utilisant les onglets, en haut de la page, pour avoir les articles par thématique :

- "Au quotidien" regroupe les pages de l'authentique carnet de travail du métayer, Emile, mon grand-père, d'il y a exactement 60 ans.

- "Lauragais Agricole d’Autrefois" compile photos d'époque et témoignages exceptionnels que les lecteurs m’adressent en réponse à mon appel du mois d'août (cliquez ici). On y traite techniques de travail, cultures, vie quotidienne à la métairie, traditions, proverbes...

Vous pouvez aussi retrouver les carnets d'Emile sur Twitter : @carnetsemile et Instagram : lescarnetsdemile

Onglet "Au quotidien", une mémoire du travail

Chaque soir, le métayer couchait sur le papier sa journée de travail et son quotidien : détail de ses activités agricoles, considérations météorologiques, événements familiaux ou collectifs (fête locale…).

Cet homme, c'était mon grand-père. Il ne s'appelait pas tout à fait Emile, je respecte son extrême pudeur en lui laissant son anonymat. C'était un taiseux qui écrivait ! On ne trouvera, au long des pages, ni envolées lyriques ni colériques :  les sentiments ne se disaient pas, ni ne s’écrivaient, il les gardait pour lui, comme souvent à la campagne, à cette époque.  Il ne s'intéresse qu'aux faits puisque ces carnets doivent pouvoir servir pour la suite de la vie à la ferme, ils servent de référence pour comparer, expliquer, jauger les récoltes, les modes de culture, les gains…

A la suite de son père, il a ainsi écrit son travail de paysan des années 40 à la fin des années 80, saison après saison, d'une écriture soignée et avec une constance remarquable.

Ce témoignage est rare dans le monde paysan des années 50 et le caractère exceptionnel est encore renforcé par le fait que le métayage est, au milieu du XXe siècle, un mode d'exploitation déjà presque obsolète puiqu'il concerne seulement 3,4% des exploitations en 1954 selon l'INSEE.

Se révèle ainsi toute la difficulté d'être un miejaire, celui qui partage avec le propriétaire, le produit des quelques hectares qu'il travaille. Les petites parcelles viennent se nicher entre les coteaux joufflus du Lauragais et la Rigole de la plaine qui serpente vers le partage des eaux du Canal du Midi à Naurouze. Pour faire vivre les 4 générations qui habitent sous le même toit et participent toutes de la vie à la ferme, il faut déployer une énergie sans pareille. L'élevage permet de se nourrir et de compléter les revenus tout comme le potager aux dimensions conséquentes.

Emile écrit en creux le portrait d'un Lauragais aujourd'hui disparu, l'esquisse d'un métier exigeant engoncé dans des traditions que viennent percuter les progrès inouïs  des années 50, même si cette ‘exploitation, du fait du statut de « métayage" y accèdera à un rythme nettement plus lent.

Ces carnets ont longtemps reposé sur les étagères familiales avant que, grâce à ce blog, ils permettent d'évoquer ce Lauragais d'autrefois dont les paysages actuels portent encore les traces. Un dialogue à travers le temps...

Onglet "Lauragais agricole d'Autrefois", des témoignages, des documents d'époque

Depuis août 2019, face à l'intérêt des lecteurs et des témoignages reçus, ce blog est devenu participatif par la publication de photos, de documents d'époque, de témoignages que les lecteurs envoient. Chacun peut ainsi faire vivre la mémoire du monde agricole des années 40 au début des années 60.

Et il émane de ces témoignages des moments et des modes de vie parfois oubliés, des anecdotes surprenantes, des méthodes de travail aujourd'hui disparues, des curiosités proverbiales savoureuses…

Ensemble, nous pouvons faire vivre cette mémoire du travail et de la vie agricoles d'antan.

Bonne navigation sur "Les carnets d'Emile".

Bienvenue dans le Lauragais d'autrefois entre les pages des carnets d'Emile

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Publié le 27 Janvier 2020

Mercredi 27 janvier 1960 - les bords avec les bœufs

Fini de labourer le sainfoin de la G. Fait  les bords avec les bœufs au champ sous le chemin des Clauzes. Visite I.* pour mémé qui a la grippe. A Roou sont venus. Castré 4 petits cochons 600 F.

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Publié le 26 Janvier 2020

Mardi 26 janvier 1960 - Deux cochons

Vent d'autan humide

Tué 2 cochons en Touzet 144 et 164 kg

Fini de labourer le champ sous la Perrière 

Malrieu a fait des anneaux pour le palonnier de la herse

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Publié le 25 Janvier 2020

Lundi 25 janvier 1960 - le bois et le fourrage

Pluie dans la nuit beau - Fait du bois à la mare du pré. J'ai réglé le fourrage chez Pech - 62600 F 

Le Seloudres sont venus

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Publié le 24 Janvier 2020

Dimanche 24 janvier 1960 - les fèves

Vent d'autan

Semé des fèves

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