Publié le 21 Novembre 2019
Vent d'autan - Avons semé le blé au plateau du moulin du poivre mis 2 sacs 2 cinquièmes. Hersé pour faire le blé au sainfoin.
Dans la marge : Moulin du poivre 2 sacs 2 cinquièmes
Les carnets d'Emile sont les souvenirs de mes aïeux, métayers dans le Lauragais, qui consignaient chaque jour le labeur familial sur un journal de bord. Nous sommes en 1951 au coeur de l'Occitanie. Je recueille aussi la mémoire des traditions, des méthodes de travail, du quotidien au fil des saisons grâce à des documents authentiques (blog participatif)
Publié le 21 Novembre 2019
Vent d'autan - Avons semé le blé au plateau du moulin du poivre mis 2 sacs 2 cinquièmes. Hersé pour faire le blé au sainfoin.
Dans la marge : Moulin du poivre 2 sacs 2 cinquièmes
Publié le 20 Novembre 2019
Vent d'autan fort. - Semé 6 sacs de blé au champ du jardin et fini d'y mettre l'engrais
dans la marge : jardin 6 sacs
Publié le 19 Novembre 2019
Publié le 18 Novembre 2019
Vent d'autan beau - Le matin travaillé au fossé au champ sous la vigne. Le soir labouré à la milliaire du moulin du poivre
Publié le 17 Novembre 2019
Vent d'autan pluie à 4h - Semé le premier blé au champ noir sur le sainfoin.
Dans la marge : Champ noir blé Thizier* 250kg
* Il s'agit probablement du blé Tézier du nom d'un grainetier de Valence, un blé d'hiver, une des premières variétés dites modernes
Publié le 16 Novembre 2019
Changer de métairie, de ferme, de borde, changer de propriétaire : voilà un moment fort de la vie d'un métayer, d'un fermier, d'un exploitant... Dans la première moitié du XXe siècle, c'était tout une aventure... Le déménagement était réalisé durant les premiers jours de novembre en général mais la transition avait été très largement anticipée... Aimé B. nous fait part de ses souvenirs.
Préparer la transition
"Le changement était un acte préparé à l'avance, se souvient Aimé. Il y avait d'abord la décision qui faisait l'objet d'une longue réflexion et de discussions au sein de la famille. Les raisons pouvaient être nombreuses et variées : la ferme trop petite, les conditions de faire valoir, le caractère des deux parties (ententes et relations), la qualité de la terre, la pénibilité.... Bien souvent, cette décision était prise plus d'un an à l'avance. On espérait trouver mieux en changeant, évidemment. "
Après avoir conclu la rupture de l'accord d'une part et un nouveau contrat d'autre part, les deux phases complexes mais essentielles de la décision allant de de pair, le déménagement était alors envisagé. Il était aussi nécessaire de trouver un accord avec l'exploitant, en place, le sortant. Des actes préparatoires à la prochaine arrivée étaient plus ou moins bien acceptés selon les us et coutumes. "Par exemple, explique Aimé, l'agriculteur entrant, devait parfois s'occuper de remiser la paille lors des battaisons précédant son arrivée. Ce pouvait être l'occasion de quelques blagues comme desserrer la presse, accélérer la cadence des gerbes sur le batteur en accord avec le mécano. Ce qui ne manquait pas de provoquer une belle pagaille au pailler. Cela pouvait arriver une ou deux fois suivant la façon dont le nouveau venu le prenait. S'il montrait trop sa colère, cela repartait de plus belle. Généralement cette pagaille prenait fin au passage de la buvette.même si souvent il pouvait rester quelques rancœurs. Parfois, il fallait qu'il y ait accord, aussi pour les labours d'été avec le futur occupant des lieux."
Changer de ferme
Il était nécessaire de trouver encore un autre point d'accord avec le sortant : le jour du déménagement devait être le même car le soir il fallait être en place pour apporter le soin nécessaire aux animaux tout juste installés dans la nouvelle ferme et prendre ses repères. "Selon la distance à parcourir pour le sortant et l'entrant, la ferme pouvait rester vide quelques heures et ça faisait tout drôle de trouver tout vide.", explique encore Aimé
"Ne parlons pas de tracteurs, camions, bétaillères trop modernes mais uniquement charrettes.Plusieurs voisins était invités pour donner un coup de main. La traction animale était utilisée et bienvenue : bœufs, vaches, cheval. Ce dernier était intéressant et souhaité, il pouvait faire deux voyages dans la journée sans problème. Et cet attelage était souvent équipé de petites bétaillères qui servaient habituellement pour aller au marché et qu'on utilisait là pour transporter les petites volailles, lapins etc…
Je me souviens que les petits cochons étaient installés dans le centre de la charrette, fermés de chaque côté avec un buffet, un sommier de lit ou un autre élément de mobilier...
Je me souviens encore du bruit des roues ferrées sur la route lorsque ce convoi de déménagement se déplaçait mais aussi de celui des sabots cloutés des hommes et ceux, ferrés, des vaches. Quant aux enfants en âge de marcher, ils gambadaient autour du convoi, les plus petits étaient sur la charrette avec les femmes plus âgées. Les femmes conduisaient aussi l’attelage."
Effervescence à la borde
Ce déménagement provoquait une certaine effervescence quelques jours avant. Il fallait préparer les ballots de linge, les vêtements, prévoir le repas avant de partir et ne pas emballer trop tôt la louche...
Aimé reprend : "Le matin du fameux jour, au réveil, très tôt, on s'attelait à enlever les draps, démonter les lit, les armoires... Avant de partir on balayait scrupuleusement pour ne pas laisser de poussière ou des toiles d’araignées, c'était important pour soigner sa réputation."
En arrivant dans les nouveaux lieux, il fallait rapidement installer les animaux, leur préparer les litières parfois provisoirement en attendant le lendemain et bien-sûr, il fallait aussi préparer l’habitation pour la nuit ainsi que le repas du soir.
Prendre ses marques
"Les cours de ferme d'alors étaient constituées de passages avec des pierres posées. On prenait nos marques rapidement le puits, le tas de fumier, le hangar où l'on était venu durant l’été pour rentrer le fourrage.
La famille et les voisins de celui qui arrivaient croisaient ceux qui sortaient : un vrai brassage humain qui remuait aussi beaucoup d'émotion. C'était une aventure, un moment qui laissait des traces dans les mémoires. On disait d'ailleurs que trois déménagements, émotionnellement parlant, valaient un incendie."
Se projeter dans l'avenir immédiat et le travail
"La première des choses à faire les jours suivant était de préparer les semis. Et puis s'installer : le vin nouveau, le stock de maïs, toutes les céréales, qu'on réensachait y compris pour le semis dernièrement passé au trieur, mettre dans la grange le bois de chauffage, les fagots pour allumer le feu..." Un énorme travail d'installation doublé d'une activité intense dans les champs allait alors mobiliser la famille pour de longues semaines dans son nouveau cadre de vie et d'exercice... Une réelle aventure...
Merci à Aimé, une nouvelle fois, pour son éclairage précieux.
Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)
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Publié le 16 Novembre 2019
Le vent d'autan qui préoccupe souvent Emile dans ses carnets fait l'objet de nombreux dictons en Lauragais. Ils varient selon l'endroit où l'on habite, selon les nuances de vent d'autan dont l'orientation peut varier ou les jours de la semaine qui le voient souffler.
Quelques nuances du pays caramanais et revelois :
L'auta de Mazamet, te daissa sus la set : L'autan de Mazamet te laisse sur la soif. (il ne se conclut pas par la pluie)
L'auta de Castèlnou, abèi bufa doman plòu : L'autan de Castelnaudary, aujourd'hui souffle , demain il pleut
L'auta de la montanha negra cada jorn s'énsolelha : L'autan de la montagne noire, chaque jour s'ensoleille.
Selon les jours de la semaine :
L'auta del dijòus desrapa les calhaus : le vent d'autan du jeudi arrache les cailloux ( souffle fort)
L’auta del diluns, le dimars n’en pòt pas pus : le vent d'autan du lundi n'en peut plus le mardi
Autan et météo :
L’auta sus la torrada es pas de longa durada : L’autan sur la gelée n’est pas de longue durée
Merci à Aimé pour sa collaboration.
Mise à jour du samedi 16 novembre :
L'auta del diluns n'acaba pas pus : L'autan du lundi n'en finit plus
L'auta sus la torrada fa trembla la cortada : L'autan sur la gelée fait trembler la basse-cour
L'auta del dissabte n'atuda pas las candelas del dimenge : L'autan du samedi n’éteint pas les bougies du dimanche
L'auta dels ramels bufa sus tabels : L'autan des rameaux souffle sur les tas de gerbes dans le champ
L'auta sus la torrada fa partir le boièr de per la laurada : Le vent d'autan sur la gelée fait partir le travailleur du labour
Merci à Jean N. et Pierre L. pour leurs contributions.
Mise à jour du 20 octobre 2020
L'auta del divendres s'en va a Montalban e torna le dimenge amb la pluèja.
L'autan du vendredi s'en va à Montauban et revient avec la pluie
L'auta del divendres s'en va pas a la messa le dimenge.
l'autan du vendredi ne va pas à la messe le dimanche.
Amb le vent d'auta, cal pas menar las vacas al camp.
Avec le vent d'autan, il ne faut pas conduire les vaches au champ.
Auta sus la gelada pluèja sus la vesprada.
Autan sur la gelée, pluie l'après-midi
Merci à Michèle, Jo, Jérôme et Annie-Noëlle pour leurs contributions Facebook
Si vous connaissez d'autres dictons ou proverbes sur le vent d'autan (nuances locales, durée du vent d'autan, vent d'autan selon les saisons, les jours de la semaine...), n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr
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Publié le 16 Novembre 2019
Publié le 15 Novembre 2019
Publié le 14 Novembre 2019
Publié le 12 Novembre 2019
Pluie - la main nettoyé le grenier et arrangé le pas sous le jardin le soir. chargé du maïs pour Mr C.
Publié le 11 Novembre 2019
Pluie fine par moments - Avons coupé des tronçons au maïs blanc et les avons brûlés
Il s'agit des cannes de maïs qui sont conservées pour une part pour l'alimentation des bovins. L'excès est brûlé afin que les champs puissent être ensemencés ensuite.
Publié le 10 Novembre 2019
Gelée blanche pluie dans la soirée - le matin jeté 400 kf de super au champ long sous le moulin du poivre, le soir labouré à la Perrière
Publié le 9 Novembre 2019
Froid - jeté 700 kg de Phosamo riche au champ noir et y (ai) passé le canadien pour le blé. Avons vendu un cochon 132 kg à Berthomieu 132 kg 240 F = 31680 F
1 de la part (du propriétaire) 110 x 230 = 25300 F
Réglé avec (le propriétaire)*
* le règlement annuel consistant à faire la balance entre dépenses et recettes de chacun, propriétaire et métayer, pour équilibrer les comptes
nb : il est à noter qu'Emile commet une erreur durant quelques jours en notant octobre au lieu de novembre
Publié le 8 Novembre 2019
Gelée - nous sommes allés au cimetière à Montmaur. En Estève et mon beau-père sont venus dîner. Avons payé Faugère du ramassage du maïs. 4ha x 8000 F l'hectare = 32000 F
nb : il est à noter qu'Emile commet une erreur durant quelques jours en notant octobre au lieu de novembre
Publié le 7 Novembre 2019
1ère gelée blanche. Le matin arrangé le tracteur que les tuyaux étaient bouchés. Le soir fini de semer l'avoine. semé le petit champ sous le pont et le champ du Roc. Aujourd'hui en tout semé les 3 champs, 330 kg de Rouge que nous avons prise à Barbaste de Bordeneuve
nb : il est à noter qu'Emile commet une erreur durant quelques jours en notant octobre au lieu de novembre
Publié le 6 Novembre 2019
Beau - frais - Le matin coupé des tronçons à la pointe, le soir labouré à la pointe. Mr Paul est parti
Publié le 5 Novembre 2019
Publié le 4 Novembre 2019
Publié le 3 Novembre 2019
Publié le 3 Novembre 2019
Brumeux - le matin je suis allé chercher une remorque de fourrage à la G.
Les noir ramassé 5 charrettes de betterave* et labouré au champ du jardin
*la betterave fourragère sert à l'alimentation des bovins
Publié le 2 Novembre 2019
Beau - Le matin Thomas de Castel a retiré 110 sacs de maïs. Poids 6310 kg. Le soir nous sommes allés à la foire à Castel. J'ai touché 100000 F. du blé.
Publié le 1 Novembre 2019
Publié le 31 Octobre 2019
Bruine - Le matin passe la herse au champ noir. Le soir coupé des tronçons à la pointe. J. de la G. a déménagé à Malbouisse*. A Roou, ils sont venus voir Mr Paul pour finir l'affaire de la Castagne**
*l'autre métayer du propriétaire d'Emile déménage
** les beaux-parents d'Emile changent aux aussi de métairie à cette époque. C'est la période de l'année entre deux assolements à laquelle se produisent ces changements lorsqu'ils surviennent
Publié le 30 Octobre 2019
Vent de cers froid - Semé l'avoine au champ long - Passé le canadien pour l'avoine au petit champ sous le pont et au champ du Roc