Publié le 23 Mars 2020
Publié le 22 Mars 2020
Publié le 21 Mars 2020
Louis Bruno était agriculteur en Lauragais, fermier plus exactement. Retraité, il a consigné ses souvenirs dans des cahiers que sa famille partage avec nous aujourd'hui. Avant de décrire une année entière de travaux des champs, il décrit les différentes structures des exploitations lauragaises. Un témoignage exceptionnel et passionnant.
Dans son introduction, Louis Bruno estime la moyenne des exploitations "de 15 à 30 arpents (un arpent =60 ares), exceptionnellement quelques unités qualifiées de grandes pouvaient comporter 60 ou 80 arpents". Il détaille ensuite les différents types d'exploitations avec force détails.
1- Les grands domaines avec maîtres-valets
Louis Bruno évoque donc l'existence de quelques grands domaines avec château ou maison de maître. Les terres labourables étaient subdivisées en plusieurs bordes, chacune gérée par un maître-valet.
Il écrit :
"Sur ces domaines, existait souvent un régisseur ou homme d'affaires payé par le propriétaire lequel supervisait et dirigeait travaux et affaires surtout dans le cas d'exploitation par des familles de gagés ou maîtres-valets. Ces derniers agissaient sur ordres donnés ne prenant eux-mêmes aucune initiative. Ils recevaient outre quelque maigre salaire en espèces, des gages en nature : blé, maïs, vin, pourcentage sur les étables, un lopin de terre pour leurs légumes et la possibilité d'un petit élevage de basse-cour."
2 - Les bordes ou métairies
"Le métayage était très courant, dans ce cas les initiatives concernant la conduite de l'exploitation étaient prises en concertation entre le bailleur et le preneur. On partageait les récoltes, les ventes issues des étables, les portes,oies, dindons, canards, seulement les poules et poulets bénéficiaient aux mi-fruitiers moyennant une rente annuelle au propriétaire établie sur un nombre d'oeufs et de paires de poulets prêts à rôtir. Les fournitures diverses, frais d'exploitation, les services et les engrais éventuels à part égale preneur-bailleur."
3 - Les fermes
"Le bail de fermage existait aussi, hélas un peu moins courant faute d'avances chez les preneurs. Le cas échéant, les terres et les bâtiments étaient donnés à bail de 3-6-9 ans résiliable ou renouvelable (sans statut avant 1945) avec inventaire de cheptel vif c'est à dire bêtes de somme pour le travail et cheptel mort matériel d'exploitation. Lequel se résumait à peu de choses par rapport à nos jours le preneur payait une rente annuelle fixée en nombre de sacs de blé loyal et marchand d'un poids de 80 kg l'un. Le fermier travaillait à sa guise tout en respectant les classes sur le bail."
4 - Les petites propriétés
"Enfin, quelques familles de plus ou moins petits propriétaires possédant leur unité de travail les conduisaient avec soin et persévérance et vivaient dans un confort relatif et en toute sécurité."
5- De l'instabilité et des changements
Louis Bruno évoque enfin le peuplement et l'instabilité assez répandue de certains preneurs et bailleurs.
" Du fait que les fermes étaient bien plus nombreuses, les campagnes étaient nettement plus peuplées. En 1954, 30 exploitations étaient encore ouvertes à Mauremont, commune totalisant 550 hectares très peu mécanisées. Une main d'oeuvre considérable s'imposait au minimum un UTH (unité de travail homme) et un attelage de boeufs ou chevaux par tranche de 10 hectares.
En ces temps là, les déménagements n'étaient pas choses rares et ce pour diverses raisons. Soit à cause d'incompatibilité entre preneur et bailleur ou bien parce que les enfants avaient grandi et il fallait un peu plus d'espace vital pour que chacun gagnât sa croûte. D'autres pauvres bougres, on ne savait trop pourquoi, roulaient leur bosse tous les ans, cherchant fortune d'un lieu à l'autre et c'était aussi néfaste pour les familles concernées que pour les terres qui faisaient l'objet d'un minimum de soins et s'appauvrissaient au fil des changements."
Louis Bruno dessine là un portrait précis des campagnes Lauragais des années 40 et 50 et de la façon de vivre. Dans les prochaines publications issues de ses écrits, on s'intéressera au travail et aux tâches relatives à chaque saison de l'année.
Un immense merci à Daniel Bruno - ainsi qu'à Christiane et Jean-François Bruno - pour avoir partagé les écrits passionnants de Louis.
Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)
Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.
Publié le 21 Mars 2020
Sarclé les fèves et les asperges
Huguette a manqué l'école parce que elle a pris froid
Commencé de souper à 5h 1/2
Publié le 20 Mars 2020
Publié le 19 Mars 2020
Beau
Le matin fini de charrier le bois pour Mme Castaing
Le soir mis pour la 2e fois 500 kg d'ammonite au blé de la pièce du jardin et pour la 1ère fois à l'orge de la pointe 400 kg
Publié le 18 Mars 2020
Pierre Touja m'a contacté pour me parler de son enfance dans le Lauragais des années 30. Dans la première partie (qu'on peut retrouver en cliquant ici), il révélait que ses parents, originaires de Gardouch, travaillaient au château de Dabeaux où étaient alors accueillis des enfants qui avaient des difficultés familiales. A peine âgé de trois ans, le petit garçon échappant à la surveillance de ses parents, fut victime d'un accident. La faucheuse dans le pré, suite à un mouvement des animaux de trait, lui sectionna définitivement la jambe gauche. On lui sauva cependant la vie.
Grandir
Et c’est ainsi que je grandis à Dabeaux au fil des ans sans plus être un enfant caché. Les effectifs du château grossirent et on eut plus que jamais besoin de mes parents. Mon enfance fut rendue singulière par mon absence de jambe et les tentatives que l’on fit pour la compenser furent couronnés de succès très mitigés. Les prothèses pouvaient alors peser jusqu’à 8 kg, ce qui est bien lourd pour le dos fragile d’un jeune enfant en plein croissance. Pour ne pas le léser davantage, on revint quelques temps à des béquilles de fortune d’une fabrication simple et rudimentaire.
L’enfance reprit bien vite ses droits. Je rentrais souvent à Gardouch passer quelques vacances chez mes grands-parents, ma tante et mon oncle qui me choyaient. L’insouciance chevillée au corps, j’avais cependant conscience d’avoir un statut un peu spécial. Je lisais souvent dans le regard de mes camarades la curiosité que mon état leur inspirait.
Des étés insouciants
L’été, nous nous baignions à l’abreuvoir au bord du Canal. Robert Boulech, l’instituteur, nous recommandait d’attendre que les péniches s’éloignent car leurs fonds plats soulevaient la vase mais nous étions trop impatients et replongions aussitôt. Aux voûtes de Villefranche, nous organisions des concours de natation et, malgré mon handicap, je me débrouillais plutôt bien à ma grande fierté.
Une opération dans la cuisine
L’adolescence venant, la croissance de ce qui restait de tibia et de péroné devenait dangereuse et provoquait des risques de blessures sur le moignon. Nous consultâmes le docteur Paul Izard qui estima qu’une nouvelle opération devenait nécessaire. On ne m’en dit pas grand-chose sur l’instant. On essaie toujours de préserver les enfants des peurs qu’on pourrait leur provoquer.
Un jour on m’indiqua que le vendredi suivant, je ne mangerais pas ou alors rien d’autre que du chewing gum . La date de l’intervention redoutée avait enfin été fixée.
La cuisine de mes grands-parents fut, ce jour-là, entièrement recouverte de draps tendus. Je me souviens encore de l’arrivée la voiture du professeur toulousain. Sur la galerie, une table avec un piètement métallique avait été solidement fixée.
Il était flanqué de son assistante qui ne fit pas montre d’une bienveillance débordante même au moment de m’endormir à l’aide d’un masque à l’éther. « Respire, petit, respire », m’encourageait le docteur Izard. Sa présence me réconfortait grandement.
Et c’est ainsi que je fus opéré dans la cuisine gardouchoise de mes grands-parents par un bel après-midi. Dehors le soleil brillait.
La convalescence dura quelques temps. On prit le plus grand soin de moi. On me nourrit de pigeon pour me rendre mes forces et, pour me distraire, ma tante me promenait grâce à une brouette dans son jardin au bord du canal.
Les années passant, l’adolescent laissa place à l’homme. Et tout au long de ma vie, j’ai pu voir les progrès de la technologie médicale et les prothèses qui sont devenues de plus en plus perfectionnées, légères et ergonomiques. Comme elle est loin cette première prothèse si lourde dont on m’harnachait et qui me déformait le dos. Je garde de ces années le souvenir d’une enfance singulière au cœur du Lauragais avec en point d’orgue cette opération, un vendredi après-midi dans une cuisine villageoise.
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Publié le 18 Mars 2020
Beau frais
Le matin coupé et charrié des arbres secs au jardin de Barbaste et charrié du bois du verger
Le soir charrié du bois pour la Ginelle
Publié le 17 Mars 2020
Brumeux
Avons transvasé le vin pour la 2e fois.
Il reste 4 demi-muids et 2 barriques de 250.
Alfred est venu chercher 2 paires de pigeons.
Publié le 16 Mars 2020
Publié le 15 Mars 2020
Publié le 14 Mars 2020
Vent d'autan - Pech a retiré 95 balles de paille 4570 kg et 12 sacs d'avoine à 70 kg = 840 kg
Le soir nous sommes allés au bois de la Ginelle
A Roou sont venus souper
Publié le 14 Mars 2020
Pierre Touja - dit Pépé - m'a contacté pour me confier son histoire, l'histoire d'une enfance singulière au coeur du Lauragais des années 30 et 40. Elle est jalonnée de journées ensoleillées au bord du Canal du Midi mais aussi d'un accident qui a changé le cours de son destin. Je l'ai mise en mots en espérant lui avoir été fidèle.
"Je suis né dans le Lauragais des années 30, à Gardouch, alors que mes parents n’étaient encore que de très jeunes adultes. Le vert Canal du Midi y glisse lentement entre les arbres tel un serpent calme. Mes grands-parents y habitaient.
Mon père, Etienne, pour gagner sa vie et la nôtre, participait à divers travaux saisonniers à la journée : fenaisons, battages, vendanges… Il louait sa force, ses bras et l’énergie de sa jeunesse dans les bordes alentours alors que la mécanisation, timide, avait décidé de se faire attendre encore un peu. Ma mère, Germaine, faisait des ménages, de l’entretien dans les maisons dont les familles voulaient bien la solliciter.
Monsieur Robert, l’instituteur du village, un homme très apprécié, leur faisait le cadeau de son amitié bienveillante. Cet homme était membre du conseil d’administration du château de Dabeaux à Aurignac où étaient alors accueillis et scolarisés des enfants qui avaient des difficultés familiales.
L’enfant caché
Il offrit à mes parents l’opportunité inespérée d’avoir du travail pour chacun d’eux : Etienne mon père s’occuperait de la ferme et entretiendrait le château, ma mère Germaine y serait femme de maison, cantinière, lingère… Une condition difficile leur fut cependant imposée, une condition intenable pour de jeunes parents : les enfants ne pourraient les y accompagner.
Mon très jeune frère fut confié à des amis toulousains provisoirement et moi, du haut de mes trois ans, je devins l’enfant caché du château. Lorsque nécessaire, dès que les pas du directeur résonnaient dans les couloirs, je me dissimulais sous les grandes marmites de la cuisine, dans les creux du bois que mon père aménageait sur la charrette lorsqu’il rentrait des bûches et mille autres cachettes encore.
Le drame
Un enfant caché n’en reste pas moins un enfant et alors que ma mère était occupée à laver du linge, j’échappai par une journée ensoleillée à sa surveillance et courus dans le pré retrouver mon père qui fauchait. Il était occupé à enlever le foin qui obstruait la bielle de la faucheuse lorsque je m’approchai. Les vaches qui tiraient l’engin eurent un mouvement et le drame se noua dans l’instant : ma jambe gauche fut sectionnée sous le genou.
On me conduisit dans l’urgence à la clinique de Saint Gaudens, le foin jugulait un peu l’hémorragie en faisant une sorte de tampon.
Aujourd’hui avec les progrès de la médecine d’urgence sans doute aurait-on sauvé ma jambe mais on me sauva bien plus ce jour-là puisqu’on me conserva la vie..."
(à suivre)
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Publié le 13 Mars 2020
Publié le 12 Mars 2020
Vent d'autan.
Travaillé au bois.
Pech a retriré 2000 kg maïs épis pour nous à 28 F -5600 payé - et 97 balles de paille à 3F 4600 F
Payé la chirurgicale* 170.NF.44
* l'assurance
Publié le 11 Mars 2020
Publié le 10 Mars 2020
Averses
Nettoyé du bois pour la G.
La CAL a livré
1000kg ammoniaque
1500 kg Super
Payé à moitié avec C. (nb : le propriétaire)
Publié le 9 Mars 2020
Publié le 8 Mars 2020
Publié le 7 Mars 2020
La force mécanique entraînée par les animaux de trait permettaient un travail essentiel des sols. Les charrues contribuaient à aérer les sols pour faciliter la minéralisation des matières organiques, à les ameublir pour permettre le bon développement des racines et à enfouir la fumure.
Comme dans d'autres domaines, les années 50 ont vu l'accélération de l'utilisation des intrants chimiques.
Les engrais organiques étaient très utilisés dans les bordes et dans les fermes puisque le animaux qu'on élevait en étaient à l'origine. "Les différents fumiers n'étaient que la copie de la terre qui les avait produits, se souvient Aimé. Si la terre était riche, le fumier l'était et vice versa..."
Selon les sols, leur utilisation plus ou moins intensive, les macro-élements (azote N pour le développement des parties aériennes de la plante, phosphore P - résistance et développement des racines - et potassium K pour la floraison et les fruits) devaient être ajoutés pour le bon développement des plantes car les assolements précédents pouvaient les avoir épuisés.
"On n'utilisait pas tous les fumiers de la même manière en raison de leurs compositions différentes. Celui des vaches et cochons ou brebis était utilisé surtout pour l'humus, celui des pigeons était idéal pour les vigne d'ailleurs on voit bien encore dans les régions de vignobles qui nous entourent, les pigeonniers. Celui des poules, la gallinassa, convenait bien pour les patates."
Les intrants chimiques développés depuis la fin du XIXe siècle ont pris leur expansion à ce moment-là : l'agriculture s'intensifiant, les élevages étant parfois moins nombreux, l'abandon des bêtes de trait, l'impulsion des coopératives agricoles ont contribué à leur donner leur essor.
Aimé se souvient " Je me suis installé avec mon épouse en 1961 en fermage,(30 hectares) et j’ai été confronté à ce problème de fumure, d’autant que j’avais vidé l’étable.
J’ai fait faire des analyses de sol, et j’ai essayé de coller à la dure réalité des besoins : l’Azote sous plusieurs formes ,l’acide phosphorique Saint Gobain, la potasse avec des scories potassiques issues des cendres des hauts fourneaux du Nord. Il ne fallait pas de vent et c'était infernal car nous n’avions pas de douche. Rapidement ces potasses ont été remplacés par des granules.
Puis on a vu se développer des compositions de diverses formules conjuguant des mélanges de ces trois composantes avec des formules adaptées aux plantes.
Nous étions devenus des pionniers avec de gros investissements. Cela nous a engagé dans la marche irréversible de la modernisation agricole avec l'appui de la recherche et des engins de plus en plus perfectionnés".
Merci à Aimé pour son éclairage et à la famille Nardèse pour la photo.
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Publié le 7 Mars 2020
Publié le 6 Mars 2020
Vent d'autan pluie à la nuit
Le matin j'ai passé le rouleau de Clauzel sur l'orge . Nous sommes allés dîner à Roou
Publié le 5 Mars 2020
Publié le 4 Mars 2020
Publié le 3 Mars 2020
Vent de cers - Payé chez Rouzaud la réparation du pont du tracteur 82479 F
Approché les bords du côté des Ouritz. Ralassé des sarments






