Publié le 18 Juin 2023
Beau temps nuageuxLe matin j'ai attaché à la vigne
Le soir avons étendu et chargé quatre charrettes de foin
Les carnets d'Emile sont les souvenirs de mes aïeux, métayers dans le Lauragais, qui consignaient chaque jour le labeur familial sur un journal de bord. Nous sommes en 1951 au coeur de l'Occitanie. Je recueille aussi la mémoire des traditions, des méthodes de travail, du quotidien au fil des saisons grâce à des documents authentiques (blog participatif)
Publié le 18 Juin 2023
Beau temps nuageuxLe matin j'ai attaché à la vigne
Le soir avons étendu et chargé quatre charrettes de foin
Publié le 17 Juin 2023
Cet élément central de l'alimentation était au coeur des préoccupations de nos campagnes. Dans les villages, il y avait souvent le boulanger à qui le paysan confiait des sacs de blé gardés lors de la récolte et mis à part.
C'est encore le cas pour Emile lorsqu'il récolte le blé : une partie du grain est stockée pour la maisonnée (bêtes et futurs semis), une autre part à la coopérative agricole et une autre est conservée "pour le boulanger".
Un lecteur de ce blog, Robert, me précise : "Dans mon souvenir, on apportait 80 kg de blé pour le boulanger qui étaient envoyés au meunier et on avait ainsi droit à 52 kg de pain pesé. Le son était vendu pour les volailles."
Dans les hameaux les plus reculés, certaines fermes ou métairies avaient un four à pain près de la cheminée mais il y avait parfois un four à pain commun où chacun pouvait faire son pain un jour donné. La pâte était pétrie dans une maie avec le levain d'une fournée précédente. Chacun faisait une marque sur la pâte pour retrouver le sien après la cuisson.
Le four était chauffé longuement avant d'être débarrassé des braises lorsque la température était jugée correcte. L'un des habitants était souvent chargé d'enfourner et de surveiller la cuisson.
Ce système a disparu dans les années d'avant-guerre au profit de boulangers ambulants qui faisaient leurs tournées ou bien allait-on acheter son pain familial au village. le boulanger faisait souvent crédit et on payait en fin de mois. On conservait le pain plusieurs jours au fur et à mesure de sa consommation dans une huche ou un linge dans un endroit frais.
Quelques mots occitans :
Le boulanger (mot d'origine picarde vent de boulenc (celui qui fait des boules)) : fornièr, fornièra
pain : le pan
levain : levat o levam
four : forn
farine : farina
pâte : pasta
Merci à Robert Berto pour le partage.
Si vous avez des souvenirs, des témoignages lié au pain des campagnes lauragaises d'autrefois, n'hésitez pas à me les adresser. Nous les publierons ici : lauragais@lescarnetsdemile.fr
Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)
Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.
Publié le 17 Juin 2023
Mauvais temps pluie tout le jour
Le matin avons attaché un peu de vigne et après avons fait du nettoyage dedans
Publié le 16 Juin 2023
Quelques gouttes de pluie presque tout le jour
Le matin j'ai biné un peu de vigne le soir avons attaché
Publié le 15 Juin 2023
Brumes le matin et rafales de pluie. Avons fini de sarcler le maïs. Le soir j'ai commencé de biner la vigne. Camille de Roou est venu aider Paulette à porter Huguette.
dans la marge : quatre ans aujourd'hui que Pagès Jacques mon beau-père est mort.
Publié le 14 Juin 2023
Pluie jusqu'à neuf heures. vent d'ouest le soir.
Suis allé aux Quatre Cussous prendre le plan des terres. Le soir j'ai attaché à la vigne. Camille Paulette et Huguette sont allés à Roou. Emile de la Chartreuse est venu souper.
Publié le 13 Juin 2023
Publié le 12 Juin 2023
Ciel nuageux assez beau temps frais
Avons arraché des ravenelles pour le maïs. Le soir avons ramassé le foin. Fine est allée avec Gaston acheter 30 oies à 1700 f la paire.
Publié le 11 Juin 2023
Brume le matin, ciel mi-couvert. Le soir avec petits orages sans pluie
Suis allé au Tivoli régler avec le patron. Le soir avons attaché la vigne. Louis Rey en Touzet est venu avec Cécile Moïse Ginette Jaquie et tante Anna nous inviter pour la première communion de Moïse le 28 juin.
Publié le 10 Juin 2023
Ciel mi-couvert un peu de soleil le soir
J'ai fini d'attacher la jeune vigne. Eux ont sarclé du maïs.
Publié le 9 Juin 2023
Mauvais temps froid vent d'ouest avec pluie dans la nuit et le matin
Le matin avons nettoyé la lieuse et moi j'ai fait des balais
Publié le 8 Juin 2023
Publié le 7 Juin 2023
Publié le 6 Juin 2023
Pluie dans la nuit et la matinée. Orage mené par le vent marin très fort. Avons fini les passages au pré
Publié le 5 Juin 2023
Vent marin
Le matin avons déchargé quatre charrettes de fourrage. Le soir suis allé accompagner Camille à Toulouse pour passer son permis de conduire moto. Il a été ajourné.
Publié le 4 Juin 2023
Beau temps
Le matin avons sarclé du maïs. Le soir avons chargé de charrettes de fourrage aux frênes et ramassé le reste
Publié le 3 Juin 2023
Vent d'ouest froid nuages orageux
Avons sarclé du maïs et étendu du fourrage au champ des frênes. Henri Rouquet et l'Italien d'en Berline sont passés pour dîner venant demander pour la mort du vieux d'Estadieu
Publié le 2 Juin 2023
Mauvais temps rafales de pluie froid
Le matin avons réparé les pneus à la moto
Le soir avons fait les passages au pré
Publié le 1 Juin 2023
Mauvais temps rafales de pluie et vent d'ouest fort
Avons fini de couper le fourrage aux frênes et ramassé l'autre. Nettoyé les deux champs sous l vivier. Les Seloudres sont venus nous voir.
Publié le 31 Mai 2023
vent d'ouest fort un peu de pluie le matin. J'ai aiguisé des lames de faucheuse. Le soir j'ai sarclé le sorgho et travaillé au jardin et attaché une rangée de vigne. Yves est allé à Toulouse avec Maurice son beau-frère Juliette. Sa soeur a eu un garçon.
Publié le 30 Mai 2023
Publié le 29 Mai 2023
Vent d'ouest très fort. Le matin j'ai fini de biner le maïs. Camille et Yves ont coupé du fourrage au champ des frênes. Le soir avons chargé trois charrettes sous le vivier et ramassé derrière la maison.
Publié le 28 Mai 2023
A l'invitation du Comptoir du Lauragais, je serai présent au marché des producteurs et artisans locaux le samedi 3 juin de 10h à 17h pour y présenter Ceux de la Borde Perdue, la saga des métayers d'antan aux Editions Il est Midi.
On accède à l'aire de Port-Lauragais par l'autoroute A61 ou depuis la 813, par le chemin départemental 80 (à l'angle de la boulangerie) à Avignonet-Lauragais.
Au plaisir de vous y rencontrer...
Publié le 28 Mai 2023
Brume le matin vent d'ouest fort
Avons sarclé le Maïs au haut du grand champ et déchargé deux charrettes de fourrage
Publié le 27 Mai 2023
Je vous repropose aujourd'hui un témoignage d'Aimé.
La traction animale, lorsqu'elle était encore la force motrice principale de travail, générait beaucoup de transactions. Il était important pour le paysan d'avoir des paires de boeufs homogènes, dociles, calmes et beaux. Les nombreuses foires et multiples marchés drainaient vendeurs et acheteurs de tout un territoire.
Aux grande foires de Salies-du-Salat, Mirepoix, et aussi dans l’Aveyron, on trouvait de solides et rudes animaux qui avaient passé l’été en estive. La race gasconne à la robe gris foncé, excellente pour la traction, était particulièrement prisée.
La mena
Pour les acquérir et les récupérer, les maquignons partaient en voiture à plusieurs et revenaient à pied en accompagnant les bêtes. Ce déplacement étaient appelé la mena en occitan.
Aimé se souvient : "A deux reprises, j’ai été invité à participer, à cette aventure. Car, oui, c’était une aventure ! Les maquignons se regroupaient et partaient la veille avec une auto (une traction avant Citroën 15 ou 11). Le lendemain, dès 3 heures du matin, les meneurs, s'arrêtaient en route pour un petit déjeuner. Puis, en arrivant, on commençait à rassembler les animaux marqués avec les ciseaux, au dessus de la cuisse, à côté de la queue. Le troupeaux était composé de bœufs, de braus (veaux d'un an environ), de vaches, de génisses.
Vers deux heures de l’après-midi, nous étions prêts pour la première étape. Ces animaux qui descendaient de l'estive se regroupaient assez rapidement. Lorsque nous sortions de la ville, les rues avaient été désertées pour l’occasion. Une fois dans la campagne, j’ai compris pourquoi j’avais été invité.
En effet, sur la route, les bêtes commençaient à prendre le large, dans les champs autour, il y avait de l’herbe, des arbres, autant de tentations pour eux.
J’avais 16 ou 17 ans et j’étais très véloce, pour traverser le fossé, un bond me suffisait. Mais les bêtes repartaient de l’autre côté. Pichon - c'est ainsi qu’on m’appelait - passa delà ! me criait-on (Petit, passe là-bas !). Nous suivions les chemin de traverse (les carretals) qui étaient bien entretenus en raison des passages fréquents. Il n’y avait pas des chemin empierré, il y avait des sources à niveau constant. Plus loin en avant, les deux voitures passaient au devant pour vérifier les obstacles possibles et prévenir les agriculteurs du passage du troupeau Il valait mieux que leurs bêtes ne voient pas le troupeau qui déambulait."
Station de nuit
La nuit avec les animaux avait était prévue au préalable. L'arrêt se faisait chez des amis, des connaissances. Un carré de pré avait été clôturé pour l'occasion, avec des piquets et des fils, il y avait du foin et de de l’eau.
Aimé poursuit : "Nous allions manger, à tour de rôle, une portion au restaurant du coin. Les maquignons dormait à l’hôtel et nous, les meneurs couchés dans la paille, dans une couverture, au plus près des animaux. Ça faisait partie du jeu. Nous repartions le lendemain, tôt, dès le point du jour."
Un curieux cortège
"En route, on nous apportait un copieux petit déjeuner fait de la cochonnaille et autres victuailles bien arrosées. En route les gens venaient nous voir passer : les enfants, les anciens qui nous racontaient leurs parcours.
Nous arrivions enfin à Caraman à la tombée de la nuit. Là on rejoignait un pré, aménagé comme celui de l’étape. Des amis des maquignons venaient récupérer les animaux de chacun d'entre eux. C’était un moment agréable, nous passions presque pour des héros. Et j'ai eu la chance de vivre cette expérience."
L'arrivée du camion, la fin de la mena
"Nos maquignons se sont ensuite cotisés pour acheter un gros camion, s’allouer les services d'un chauffeur et ont fait aussi du transport pour d’autres personnes. En suivant cet exemple, d’autres personnes se sont équipées à leur tour de petites bétaillères et portaient des animaux chez les particuliers ou sur les marchés de la région. Veaux, porcelets, etc...
Certains sont devenus négociants en jeunes veaux (repopets).
Aujourd’hui bien-sûr, rien n'est plus pareil. Tout ce système commercial a disparu. Sur la canton de Caraman, au début des années 60, on recensait plus de 5000 têtes de bovins, aujourd'hui je crois qu'il y en a à peine plus de 600".
Merci à Aimé pour ce témoignage très éclairant et rare et à Serge Arnaud pour le document iconographique.
Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)
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