Publié le 20 Février 2024

Samedi 20 février 1954 - les boeufs à la foire

J'ai mené les boeufs noirs à la foire à Montmaur et je ne les ai pas vendus. Le soir j'ai piqué du bois pour faire des fagots. temps froid rafales de pluie glacée.

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Publié le 19 Février 2024

Vendredi 19 février 1954 - le moulin à vent

Vent d'ouest avec rafales de pluie

Le matin Camille et Yves sont allés aux prestations. Le soir avons commencé à remonter le moulin à vent. Paulette est allée à Estèbe lui aider à faire la saucisse. Camille est allé la chercher et souper.

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Publié le 18 Février 2024

Jeudi 18 février 1954 - peser les boeufs

Vent du nord très froid

Camille et Yves sont allés aux prestations. Moi suis allé à Airoux faire peser les boeufs noirs qui ont pesé 1625 kg. Le soir suis allé aux Clauzes chercher deux sacs de farine. Les Seloudres sont venus.

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Publié le 17 Février 2024

Photo coll. Rouzaud

Photo coll. Rouzaud

Les fèves avaient une place de choix dans les exploitations agricoles d'antan pour l’alimentation, qu'elle soit animale ou humaine, et la rotation culturale. On semait quand on le pouvait les graminées sur les légumineuses et vice versa.

 

Des semis avec le brabant - Semenar las favas

Aimé Boyer se souvient :

"On les semait le plus souvent, sur une milliaire, avec le brabant sans oublier d'incorporer le fumier.

À partir du 11 novembre suite au déménagement - au changement de borde pour les métayers - lorsque c'était le cas et jusqu’en février. On allait au champ avec un sac de fèves posé sur le brabant, sans oublier un petit panier. On faisant un premier sillon en rabattant le labour sur un bord de champ. C'était le labour à plat.

Et, au troisième sillon, le panier posé et bien calé sur le brabant, tout en menant les vaches qui savaient ce qu'elles avaient à faire. on semait en égrenant sans forcément s’appliquer à le faire graine par graine. Puis on posait le panier au sol, avant de tourner le brabant, on faisait trois sillons supplémentaires, et on reprenait le panier qui était resté au bout, Et on répétait cette opération sur un hectare environ."

 

Un sarclage difficile au début du printemps -sarclar et deserbar

Il poursuit :

« Quant elles était nées, il fallait les sarcler, ce n’était pas une mince affaire ! Elles avaient étés semées l’hiver donc la terre était molle. Cela signifie que le printemps venu, il n’y avait pas de terre meuble. C'était surtout le désherbage manuel qui était l’essentiel de l’action. Et quelques fois il fallait le faire deux fois avant quelles fleurissent."

Vers la table - A taula !

Apres la floraison, dès que le grain était formé, un premier ramassage permettait d'en déguster à croque sel.

En omelette, on faisait revenir les fèves dans la poêle et on vidait dessus les œufs battus. On les cuisinait en sauce, préparées un peu comme la mongetada. On les servait aussi en soupe avec des légumes classiques.  

Les petites fèves mélangées avec le pain dans la soupière et consommées aussi avec les légumes après la soupe. La soupe était une recette à base de pain. 

La soupe était épaisse tellement que la cuillère tenait debout dans l’assiette. Elles étaient cuites en purée, vidées sur le pain dans la soupière.  Quelle joie de déjeuner avec une assiette de soupe refroidie, un carré de lard coupé en dés, sur une tranche de pain tiré de la marque et arrosée du vin de la vigne. 

Cela constituait notre régime alimentaire journalier durant un bon mois de l'année."

 

La récolte des fèves sèches - batre las favas

« Quant elles étaient mûres bien noires, pied compris, on les ramassait le matin avec la rosée, sinon elles s’égrenaient. De petits tas étaient rassemblés toutes les trois ou quatre rangées. Il fallait aussi les charger sur les charrettes disponibles.     

Il fallait ensuite se préoccuper de la préparation du terrain pour les battre avec le rouleau en bois à traction animale.

La préparation consistait, sur un sol plat, à couper l’herbe en faisant glisser le dessous du sarcloir sans faire de trou dans la terre.On formait un espace circulaire, pour permettre à l’attelage de tourner sans faire de manœuvre. 

Le jour J, les fèves était étalées sur le sol en bonne couche en prenant soin de ne pas en mettre au centre, toujours pour la même raison de manœuvres à réaliser.  Le rouleau en bois tiré par nos braves vaches allait tourner en rond toute la journée. Cela s'entrecoupait de longues pauses. Quand on avait fais quelques tours sur les fèves qui craquaient sous le pois du rouleau, on écartait l’attelage hors de l'espace, à l'ombre, et avec la fourche on retournait les pieds. On brassait pour faire tomber les fèves au sol et redonner du volume à la récolte. On reprenait alors nos vaches qui en avaient profité pour ruminer.

On refaisait quelques tours de plus et on allait délier les vaches qui avaient suffisamment tourné en rond.

 

Puis c'était à notre tour de jouer, équipés de chapeaux, un mouchoir calé dessous comme les légionnaires, on tournait en donnant du volume on faisait tomber les dernières fèves rebelles accrochées aux fanes. On faisait plusieurs tas de toutes ces tiges et feuilles qui n’étaient pas tombées car elles allaient être rentrées à l’abri pour être consommées plus tard en récompenses à nos bonnes vaches.

Avec le revers du râteau à foin, on poussait pour faire plusieurs tas de graines mais aussi de résidus divers : feuilles, tiges cassées, fanes écrasées sans oublier de la terre portée du champ avec les racines et du sol de battage.

On installait ensuite au pied d’un tas, une ou deux couvertures ou draps. Et on posait dessus le moulin, à ventiler à traction manuelle. Toute la famille participait, chacun avait son poste, avec pour mission de remplacer de temps en temps le chauffeur.

Avec une pelle ou un seau ont alimentait la trémie, quelqu’un tournait le ventilateur qui activait aussi plusieurs grilles de différentes dimensions superposées en étages et animées en va-et-vient. Elles étaient suffisamment inclinées pour que les fèves descendent sur une dernière grille de dimension adaptée afin d'éliminer les derniers rejets trop lourds pour le ventilateur comme la terre par exemple. 

Une personne était chargée de récupérer les graines et de remplir des saches pas trop abondamment : il allait falloir les monter au grenier. 

Pour les derniers débris laissés sur place, la basse-cour, les pigeons, pies et corbeaux allaient s’occuper du nettoyage sans oublier les tourterelles et oiseaux nombreux.

 

Toutes ces graines, une fois la semence réservée de côté, étaient consommées de différentes façons selon les animaux. »

 

 

Merci à Aimé Boyer pour son témoignage ainsi qu'à Jean-Claude Rouzaud pour le partage de ses clichés.

 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

 

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Publié le 17 Février 2024

Mercredi 17 février 1954 - la grange

Vent du nord froid

Le matin avons chargé une charrette de fourrage sur la grange de la Ginelle pour la porter ici. Le soir Camille et Yves sont allés aux prestations. Moi j'ai coupé des broussailles au fond du pré.

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Publié le 16 Février 2024

Mardi 16 février 1954 - les fagots, les prestations

Temps brumeux un peu froid

J'ai continué à faire des fagots. Camille et Yves sont allés aux prestations.

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Publié le 15 Février 2024

Lundi 15 février 1954 - les prestations

Temps doux pluie à trois heures

Camille et Yves sont allés aux prestations. Moi j'ai piqué du bois et allé chercher des betteraves à la Ginelle chez Joseph Jeanjean

Ma belle-mère est venue.

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Publié le 14 Février 2024

Dimanche 14 février 1954 - la moto à Lassalle

Beau temps pluie à trois heures

J'ai nettoyé le fossé du petit pré. Le soir Henri Rouquet de Prat du Ségala est venu nous voir. Camille et Paulette sont allés à Roou. Camille est allé chercher la moto à Lassalle chez Imbert qui était en réparation; Payé 900 f.

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Publié le 13 Février 2024

Samedi 13 février 1954 - pour le repas de noce

Beau temps et pluie à trois heures

Camille et Yves sont allés aux prestations. Moi et les femmes avons continué à faire des fagots au fond du pré. 

Julien Millabet d'en Gil Belesta le futur beau-père de sa fille ainsi et Roger Puget d'en Bezombes sont passés et m'ont pris à Labastide chez Belinguier Hotel pour voir le prix du repas de la noce de sa fille.

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Publié le 12 Février 2024

Vendredi 12 février 1954 - prestations et fagots

Beau temps

Camille et Yves sont allés aux prestations. Moi et les femmes Avon,s fait des fagots de bois au fond du pré.

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Publié le 11 Février 2024

Jeudi 11 février 1954 - le dossier pour les assurances

Vent d'ouest fort avec petites rafales de pluie

Camille et Yves sont allés aux prestations moi j'ai fait des fagots. Suis allé à Airoux me faire signer une déclaration pour établir un dossier pour les assurances sociales et j'ai fait réponse.

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Publié le 10 Février 2024

Réalisation d'un pailler en Lauragais dans les années 50

Réalisation d'un pailler en Lauragais dans les années 50

Dans les posts précédents consacrés aux battages, a été évoqué largement le pressage des balles de paille. Leur stockage sous les hangars lorsqu'on avait de la place était une préoccupation importante. Pour le surplus, à l'extérieur, on réalisait un pailler.

 

"Pour réaliser le pailler, on montait sur trois ou quatre rangs droits, rectangulaires, avec une méthode précise pour croiser les balles.    

Puis on continuait à monter en réduisant les rangs pour finir par un sommet pyramidal ou en escalier qui était rempli de paille en vrac et terminé au faîtage avec une méthode et un savoir-faire méticuleux pour ne pas qu’il y ait des gouttières ni des infiltrations d'eau. Car la paille était aussi un élément important pour les animaux de la métairie. 

Il y avait aussi le pailler en vrac mais ça, c’est une autre histoire. Pendant la guerre, les agriculteurs qui n’avaient pas pu trouver du fil de fer au marché noir, n’utilisaient pas la presse  et utilisaient donc une autre méthode pour réaliser ce pailler en vrac."

Je remercie Aimé Boyer  pour son témoignage et la famille Nardèze qui m'a confié de précieux clichés dont celui du pailler présenté ici.

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Publié le 10 Février 2024

Mercredi 10 février 1954 - la grippe

Temps lourd pluie à la nuit

Le matin suis resté au lit jusqu'à midi je suis grippé. Le soir j'ai piqué au bois pour faire des fagots. Yves est allé aux prestations tout le jour et Camille rien que le soir

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Publié le 9 Février 2024

Mardi 9 février 1954 - pluie fine

Plus fine moins dans la soirée

Le matin avons fait une raie pour enlever l'eau du fumier. Le soir avons sorti du bois au bord de la rigole. 

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Publié le 8 Février 2024

Lundi 8 février 1954 - le petit hangar

Commencement de la fonte de la neige. Le matin avons fait de la place au petit hangar de l'est empilé des balles de paille pour faire de la place pour rentrer faucheuses et râteau. Camille est allé à Castel chercher du blanc fixe pour blanchir la cuisine ce qu'il a fait le soir. Moi avec Yves avons reculé du vin.

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Publié le 7 Février 2024

Dimanche 7 février 1954 - soigner les boeufs

Soleil mais la neige n'a pas fondu. J'ai soigné les boeufs. Rey Louis est venu se faire tailler les cheveux.

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Publié le 6 Février 2024

Samedi 6 février 1954 - la neige n'a pas fondu

Temps moins froid mais la neige n'a pas fondu 13 centimètres. Avons fini l'échelle. Le soir avons monté le fourrage le dernier de la grange du poulailler sur l'autre

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Publié le 5 Février 2024

Vendredi 5 février 1954 - quatre sacs cousus

Froid neige tout le jour

Le matin avons nettoyé la grange sur le poulailler

J'ai cousu quatre sacs pour faire une toile pour porter de la paille. J'ai commencé une échelle

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Publié le 4 Février 2024

Jeudi 4 février 1954 - les buissons, les prestations

Même temps quelques flocons de neige le soir

Continué à couper des buissons le soir. Camille et Yves sont allés aux prestations.

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Publié le 3 Février 2024

Mercredi 3 février 1954 - les broussailles

Glace toute la journée moins 10

Avons coupé des broussailles au fond du pré

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Publié le 2 Février 2024

Mardi 2 février 1954 - le cochon

Même temps

Suis allé aider à tuer les cochons chez Rey Louis en touzet

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Publié le 1 Février 2024

Lundi 1er février 1954 - les prestations

Froid très vif moins 10

J'ai coupé des ronces au fond du pré. Camille et Yves sont allés aux prestations l'après-midi. le soir Yves est parti pour aller tuer le cochon chez André Albarède à Laval.

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Publié le 31 Janvier 2024

Dimanche 31 janvier 1954 - les fagots

Glace froid très vif vent du nord

J'ai fait un chevalet pour lier les fagots de bois.

Papa et maman sont allés dîner à Estèbe. Alfred Cazenneuve est venu les chercher avec l'auto.

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Publié le 30 Janvier 2024

Samedi 30 janvier 1954 - les fagots

Nuages vent d'ouest un peu froid

J'ai continué à couper du bois au fond du pré. Camille et Yves sont revenus en couper et faire des fagots finis à la Ginelle.

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Publié le 29 Janvier 2024

Vendredi 29 janvier 1954 - à la grange

Beau temps

J'ai continué à couper du bois au fond du pré. Le matin avons monté du fourrage sur la grange. Camille et Yves ont continué à faire du bois à la Ginelle.

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