Publié le 11 Août 2021
Ciel nuageux temps frais beau temps
Avons rentré 200 balles de paille dans le hangar et relevé deux rangées de vigne. Subra a pris 250 litres de vin à 25 f = 6250 f fait en ce jour 16750 f. Les femmes ont plumé les oies.
Les carnets d'Emile sont les souvenirs de mes aïeux, métayers dans le Lauragais, qui consignaient chaque jour le labeur familial sur un journal de bord. Nous sommes en 1951 au coeur de l'Occitanie. Je recueille aussi la mémoire des traditions, des méthodes de travail, du quotidien au fil des saisons grâce à des documents authentiques (blog participatif)
Publié le 11 Août 2021
Ciel nuageux temps frais beau temps
Avons rentré 200 balles de paille dans le hangar et relevé deux rangées de vigne. Subra a pris 250 litres de vin à 25 f = 6250 f fait en ce jour 16750 f. Les femmes ont plumé les oies.
Publié le 10 Août 2021
Vent d'ouest avec petites rafales de pluie le soir
Avons fini de dépiquer chez Lanegrasse à onze heures il a eu 120 hl de blé 110 d'avoine et 35 de pommelle
Le soir avons relevé la vigne vieille
Publié le 9 Août 2021
Temps frais
Avons fini de dépiquer à 9 heures
Avons eu blé 141
avoine 226
pommelle 29
en tout 396 sacs
Le soir après dîner avons commencé de dépiquer chez le patron au Tivoli
Publié le 8 Août 2021
Publié le 7 Août 2021
Dans un précédent article (voir ici), Aimé nous avait parlé de la charrette et de toutes les pièces qui la composaient. Aujourd'hui, il se souvient pour nous de la façon méticuleuse avec laquelle on choisissait un chêne pour en faire un timon, pièce maîtresse.
" Le timon ( Tirado) Colonne vertébrale de la fabrication de la charrette est tout simplement un chêne droit sans nœud, tiré du bois de la métairie, c’est le charron qui vient choisir parmi les files destinées à cet usage, une bonne longueur, ni trop gros ni trop petit. sans branche le long du tronc.
Il faut rester dans l’esprit de ne pas avoir à l’équarrir, ce qui pourrait couper le fil du bois. Cette file on va la couper en sève descendante avec la bonne lune, pas nouvelle pas trop vieille. On va le stoker bien à plat pas trop longtemps le chêne se travaille plutôt vert. Cet arbre était jalousement surveillé, il y a eu quelques vol de guides, c’est l’autre nom qu’on lui donnait.
On peut aussi le cultiver. En se promenant dans un bois, en levant la tête, il y a des vides, qui laissent passer le jour le soleil même la pluie Si vous aviez la chance d’avoir un petit chêne, qui poussait en face de ce vide, il fallait couper les petites branches, ne laisser que le bouquet de tête et l’orienter éventuellement avec un tuteur, et rapidement il allait rejoindre le trou laissé à la cime par les autres arbres comme pour l’accueillir. Au bout de quelque temps, en montant, vers le jour, il allait aussi grossir mais pas trop. C’est ici, qu’intervenait le charron : "on coupe ou on attend un peu ?"
Quelques mesures indicatives : longueur utile du Plateau entre 3 mètres 40 centimètres, largeur du plateau. 80 centimètres. Diamètre du Timon sous le Joug ! à 10 centimètres Diamètre a l’arrière de la Charrette 14 à 15 centimètres.
Toute la réalisation de la charrette allait tourner autour de ce timon comme nous le montre la photo ci-dessous."
Mes remerciements sincères et amicaux à Aimé Boyer pour ce partage.
Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)
Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.
Publié le 7 Août 2021
Publié le 6 Août 2021
Vent marin fort dans la nuit jusqu'à 7 heures. Temps orageux dans la journée. Quelques gouttes de pluie ici et orage et tonnerre orage sur Revel
Avons fini de dépiquer à St Jean à 10 heures
ils ont eu 100 d'avoine et 100 de blé 55 d'orge. Le soir Marius Fauré du Tivoli est venu nous aider à couper la luzerne de grain. Camille et Paulette ont dépiqué à lamétairie du forgeron pour Roou. Gaston est venu le soir pour s'entendre pour dépiquer
Publié le 5 Août 2021
Vent marin léger
J'ai nettoyé les greniers et blanchi la chambre de derrière. Camille et Paulette sont allés charger du fourrage à Roou et le soir ils sont allés à la fête à Naurouze.
Publié le 4 Août 2021
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S2 - Chapitre 13 - Au café de Florac-Lauragais
Le café Baptiste était une institution floracaise. Certaines âmes locales disaient même que le village avait été construit autour. La vérité était qu'il focalisait toutes les attentions. D...
https://www.bordeperdue.fr/post/s2-chapitre-13-au-caf%C3%A9-de-florac-lauragais
Publié le 4 Août 2021
Publié le 3 Août 2021
Quelques gouttes de pluie le matin belle soirée
Le matin avons charrié du boi jusqu'au déjeuner le reste de la journée sommes allés dépiquer à ramelou il a eu 70 Hlde blé, 20 d'avoine 18 d'or. Paulette est allée à Villefranche vendre des lapins 500 f pièce.
Publié le 2 Août 2021
Et si on s'intéressait au soleil (le solelh) qui certes n'est pas des plus fidèles à cet été 2021 ? Voici quelques expressions et dictons choisis tirés de notre bel occitan languedocien...
Que le pol canta o non, le solelh se levará.
Que le coq chante ou non, le soleil se lèvera.
Fa un solelh de lèbre.
ll fait un soleil de lièvre.
Quand le solelh a pas lusit a miègjorn, avem la pleja tot le jorn.
Quand le soleil n'a pas lui à midi, on a la pluie tout le jour.
Solelh de jun a pas jamai ruinat digun.
Soleil de juin n'a jamais ruiné personne.
Fa un solelh a asclar le cap d'un ase.
Il fait un soleil à fendre la tête d'un âne.
On pourra aussi noter un certain nombre d'expressions comme esser a la raja del solelh (être en plein soleil) ou bien al solelh levant (au soleil levant, à l'Est) ou le champ exposé au soleil dénommé solelhar sans oublier le coup de soleil : solehada.
Jol solelh (benlèu), vos esperi un polit estiu ! Sous le soleil (peut-être), je vous souhaite un bel été.
Si vous connaissez d'autres dictons, expressions ou proverbes sur le soleil, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons la petite collection de ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr
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Publié le 2 Août 2021
Ciel. couvert un peu de pluie dans la nuit
Avons arraché des fèves tout le jour au champ du hangar le soir les femmes ont lavé
Publié le 1 Août 2021
Les occitanismes sont ces tournures ou ces mots occitans qui se sont glissés dans la langue française de notre quotidien dans le Lauragais et bien plus largement en Occitanie. Certains noms et verbes se sont ainsi francisés.
Nous commencerons par les inénarrables poches ou sacous (de l'occitan pocha et sacon) qui remplacent facilement les sacs ou sachets de courses que l'on dépose non pas dans le coffre mais dans la malle (mala) de la voiture.
Dans notre quotidien on a souvent les cheveux qui quillent (se dressent, sont ébouriffés, ou avec un épi ; de l'occitan quilhar).
En Occitanie, le dîner (dinnar) est bien souvent encore le repas de midi quand le petit-déjeuner est le déjeuner (dejunar) et le repas du soir le souper (sopar). Dans les carnets d'Emile, quand le métayer parle des activités menées dans les champs le soir, il s'agit de l'après-midi.
La bise, désormais proscrite par les gestes barrière, reste dans nos échanges courants le célèbre poutou (poton) et a donné les verbes poutouner ou poutounéjer (de potonar et potonejar) pour s'embrasser.
Quand on se fâche ici, quand on râle, on répoutègue (repotegar), on roumègue(romegar) et surtout on bisque (biscar).
On qualifie d'estequit quelqu'un de chétif.
Un sol, une toile cirée où ont été renversés des aliments ou des boissons pèguent(de pegar, coller). Même chose quand ça empègue (empegar) mais quand on s'empègue, cela peut aussi vouloir dire qu'on se confronte ou qu'on se dispute. Dans ce cas, amòrri, piòt, piròl, padena sont souvent préférés à imbécile ou idiot.
Notons qu'on s'espatarre (s'espatarrar) plus qu'on ne tombe, et que souvent au lieu d'être écrasées les choses sont escagassées (escagassar) ou espouties (espotir).
(à suivre...)
Si vous connaissez d'autres expressions ou tournures occitanes qui sont venues se glisser dans notre langue quotidienne, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr
Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)
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Publié le 1 Août 2021
Beau temps chaud
Avons fini de gerboyer le matin avons couvert la gerbière le soir arraché des ronces à la vigne vieille
Publié le 31 Juillet 2021
Vent marin orageux avec un petit orage à la nuit
Avons continué à gerboyer au blé du Souleilla et fini la gerbière
(erreur dans le quantième du mois il s'agit du 31 et non du 30 comme l'indique Jean)
Publié le 30 Juillet 2021
Vent marin assez fort
Avons commencé une gerbière de blé. Marius et Marcelin sont venus nous aider après souper. Ils sont allés dépiquer aux Touzets je les ai payés à 500 f par jour 3500 f
(erreur dans le quantième du mois il s'agit du 30 et non du 29 comme l'indique Jean)
Publié le 29 Juillet 2021
Vent marin fort
Le matin avons chargé et déchargé deux charrettes de fourrage. Le soir j'ai fait de la farine de pommelle avec le moulin à vent et j'ai taillé les melons et relevé quatre rangées de vigne à la vieille. Camille et Paulette sont allés à Roou après dîner.
(erreur dans le quantième du mois il s'agit du 29 et non du 28 comme l'indique Jean)
Publié le 28 Juillet 2021
Les derniers jours d'octobre 1952 sont un peu frisquets. Louise revient enfin à la Borde Perdue. Elle sait que les Bourrel sont soucieux. Une veillée de travail pour descolefer le maïs est l'occasion idéale pour quelques confidences...
Un nouvel épisode de la saga des métayers du Lauragais à retrouver ici :
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S2 - Chapitre 12 - Dépouiller le maïs à la veillée
Deux, peut-être trois jours plus tard, la bicyclette de Jeanne avait retrouvé une allure plus que correcte sinon flambante. Anselme et Edmond qui aimaient plus que tout faire plaisir à Louise ...
https://www.bordeperdue.fr/post/s2-chapitre-12-d%C3%A9pouiller-le-ma%C3%AFs-%C3%A0-la-veill%C3%A9e
Publié le 28 Juillet 2021
Beau temps très chaud vent marin à la nuit.
Avons fini de gerboyer l'avoine et commencé le blé. Marius et Marcelin fauyré sont venus nous aider. Yves Fauré et Camille Puget sont venus en permission et ont soupé ici
Publié le 27 Juillet 2021
Publié le 26 Juillet 2021
Beau temps
Avons commencé de gerboyer l'avoine au grand champ Marius et Marcelin Fauré du Tivoli sont venus nous aider l'après-midi
Publié le 25 Juillet 2021
Beau temps vent d'ouest frais
Le matin avons déchargé quatre charrettes de fourrage dans le grand hangar. Le soir avons gerboyé le blé resté de sous le vivier du bois
Publié le 24 Juillet 2021
Voici un témoignage d'Aimé Boyer sur les labours au brabant lorsqu'il était enfant. Quand les terres étaient un peu éloignées de la métairie, s'organisait un pique-nique.
"Les commerçants, artisans, particuliers avaient des terres, de petites surfaces disséminées autour de Caraman. Mes parents qui avaient une petite ferme exploitaient cxrtaines de ces parcelles. Celle de l’épicière était près de Caraman maios assez éloignée de notre métairie (environ 2 km). Aussi lorsque nous allions faire les gros travaux comme les labours, nous y passions la journée.
A midi ma mère avec son vélo équipé d’un porte bagage, posé sur le devant - qui servait aussi à me porter quand j’étais petit – venait nous apporter le repas. Dans un bouteillon, il ya avait la soupe, dans une tourtière enveloppée d’un chiffon pour conserver la chaleur, une sauce, un civet ou, parfois, les incontournables haricots vvec leurs morceaux de salé sans oublier la tranche de jambon et aussi le boudin. Pour le dessert une pomme, quelques noix ou amandes tirés de nos arbres faisaient l’affaire, il y avait rarement du fromage. Bien-sûr, l’incontournable vin avait toute sa place à tous les repas et même pour le 4 heures sans oublier la grosse marque de pain qui allait servir à éponger toutes ses sauces.
Pendant que ma mère étalait une couverture, installait les assiettes et couverts, mon père déliait les quatre vaches.
Pour les labours au brabant, j’étais chargé de conduire l’équipe de devant avec l’aiguillon (le tocado). On disait alors « tirer les vaches ». D’ailleurs, c’était ainsi que c’était écrit sur un petit papier que je donnais le lendemain à l’institutrice pour expliquer mon absence à l’école : « Aimé n’est pas venu hier, nous avions besoin de lui pour tirer les vaches ».
Les vaches libérées de leurs jougs allaient s’éparpiller dans le champ et en bordure pour y chercher de l’herbe à leurs goût. Tambour le chien fidèle les contrôlait sans perdre une seconde - les champs des voisins étaient toujours attirants - pendant que nous mangions de bon appétit. Le plein air, ça creuse.
A la fin, ma mère commençait à rassembler tous les ustensiles d’une table improvisée mais bien garnie. Elle prenait soin de rassembler dans la couverture les mies de pain pour les éparpiller dans la cour en arrivant à la maison : tous les animaux arrivaient alors.
Mon père s’allongeait un moment à l’ombre d’un azerolier, j’en faisais autant. Mais cela ne durait guère (Anen, dròlle, i cal tournar : allons petit, il faut s’y remettre). Mais auparavant, il roulait une grosse cigarette de tabac gris qu’il conservait dans une blague en cuir, à la poche, avec un papier cigarette Job. Il l’allumait avec son briquet amadou qu’il rangeait après avoir tiré une bonne bouffée.
Il prenait alors le joug, vérifiait si les juilles n’étaient pas emmêlées et appelait les vaches par leurs noms. Tambour faisait un petit tour pour s’assurer qu’acune ne renâcle. Les vaches venaient se positionner en s’étirant,
En face mon père posait le joug sur l’une et je me mettais en mesure de lier pendant qu’il s’occupait de l’autre.
Là j’ai vu son petit plus ! Pendant le repas il avait glissé quelques croûtons dans ces poches dont les vaches étaient friandes.
Pour lier le joug aux vaches, il y avait des gestes précis, autour des cornes en suivant une progression apprise depuis la nuit des temps. Sans oublier de poser sur leur front un coussin épais, qui allait permettre au juilles de ne pas frotter sur l’os temporal, sous les cornes, ce qui pouvait agacer certains animaux.
Quelques fois il me disait « Mena un bricon, vau far una cigarreta » (Conduis un peu le brabant je vais faire une cigarette).
Inutile de vous dire que je prenais cette charge avec l’aguillada avec mille plaisirs."
Un immense merci à Aimé Boyer pour son précieux témoignage et à Jean-Claude Rouzaud pour le partage de sa photo.
Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)
Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.
Publié le 24 Juillet 2021
Vent d'ouest frais . Le matin avons coupé du fourrage sous le petit bois et arraché des fèves le soir avons fini de charger le fourrage du grand champ trois charrettes et une de débris