Publié le 21 Décembre 2022
Vent d'ouest fort pluie fine le soir
J'ai travaillé tout le jour à peindre mon vélo. Eugène du château des Borrels est venu me tailler les cheveux et lui-aussi.
Anna de Roou est venue.
Les carnets d'Emile sont les souvenirs de mes aïeux, métayers dans le Lauragais, qui consignaient chaque jour le labeur familial sur un journal de bord. Nous sommes en 1951 au coeur de l'Occitanie. Je recueille aussi la mémoire des traditions, des méthodes de travail, du quotidien au fil des saisons grâce à des documents authentiques (blog participatif)
Publié le 21 Décembre 2022
Vent d'ouest fort pluie fine le soir
J'ai travaillé tout le jour à peindre mon vélo. Eugène du château des Borrels est venu me tailler les cheveux et lui-aussi.
Anna de Roou est venue.
Publié le 20 Décembre 2022
Ciel couvert beau temps
Le main avons démonté et raclé mon vélo pour le peindre. Gaston Lanegrasse est venu pour nous dire qu'il avait vendu la paille à Lagasse 3,50 le nouvelle et 3 f la vieille le soir. Avons continué à curer le fossé du grand champ
Publié le 19 Décembre 2022
Ciel couvert pluie tout le soir
Le matin suis allé à Villefranche toucher les chèques du règlement du patron et le lait en tout 130000f.
Le soir avons remonté le vélo d'Yves que nous avions peint.
Fine et Paulette sont venues aussi vendre des dindons à 3500 F.
Publié le 18 Décembre 2022
Vent d'ouest fort et froid
Le matin j'ai fini de réparer le moulin à vent. Le soir avons continué à faire le fossé du grand champ après Gatson Lanegrasse est venu nous mettre d'accord pour le grain qui reste sur le grenier. IL a pris 14 sacs d'avoine et nous avons le reste au blé 31 sacs à vendre à moitié.
Publié le 17 Décembre 2022
Vent d'ouest très fort
Avons sorti le moulin à vent pour faire de la farine. Le vent l'a renversé et coupé. J'ai travaillé tout le jour à le réparer.
Publié le 16 Décembre 2022
Publié le 15 Décembre 2022
Mauvais temps neige
Avons fait de la farine au moulin à vent
Démonte le vélo d'Yves pour le peindre. Camille est allé tuer le cochon aux Bartousses.
Publié le 14 Décembre 2022
Rafales de pluie la soirée
Suis allé au Tivoli régler les comptes avec le patron Lanegrasse
Camille et Paulette sont allés aider à faire la saucisse à Esteve. Émile est venu souper.
Publié le 13 Décembre 2022
Publié le 12 Décembre 2022
Pluie presque tout le jour
J'ai fait une brosse pour brosser les boeufs. Fine et Paulette et Yves sont allés à Villefranche
L'hongreur Boubonnes de Bord Saint Bernard est venu castrer 15 cochons payé 900 f.
Publié le 11 Décembre 2022
Degel un peu de pluie le matin
Avons lavé des futailles et arrangé du vin. Le soir avons fait des bûches
Publié le 10 Décembre 2022
Après ce post passant en revue quelques occasions de rencontres (voir ici), les photos partagées par Berthe nous ont rappelé les fêtes locales d'antan (voir là). Aujourd'hui voici les souvenirs d'Aimé concernant les journées de fêtes locales et patronales lorsqu'elles ont repris après la 2nde Guerre mondiale :
"Après la guerre, les bals des fêtes patronales qui s'étaient interrompus dans chaque village du Lauragais ont repris. Nos aînés qui avaient été privés de ce plaisir simple en étaient heureux.
Des pistes de danse herbeuses
Les pistes de danse étaient parfois précaires : souvent dans l’herbe. Quelques fois cependant les balochants (genre de comité de fêtes) avaient enlevé l’herbe comme on faisait pour battre les fèves avec le rouleau en bois.
Inconvénients majeurs : s’il pleuvait, c’était la boue, s’il faisait sec, c’était la poussière. Peu importe : avec un orchestre de quatre ou cinq musiciens, ces inconvénients ne décourageaient pas les jeunes de l’époque. Il faut dire que c’était une occasion de rencontres qui se terminait parfois par un mariage.
Chacun espérait y trouver l’âme sœur ou l'esprit frère.
Lors des fêtes patronales , il y avait une messe suivie par les croyants et d’autres moins croyants par esprit de partage. S'ensuivait un recueillement au monument aux morts de la commune.
Un repas de fête, des invitations
Pour l'occasion, on avait invité les parents qui habitaient dans les communes voisines. Un bon repas festif était partagé : on y servait soupe de poule farcie, fois gras. La poule découpée se mangeait avec une pointe de moutarde, le filet de bœuf avec de la sauce madère, le tout ccompagné du vin de la ferme, en dessert la crème à la louche accompagnée de sa madeleine faite maison, cuite au four de campagne. On l'agrémentait parfois d’un petit vin blanc acheté à l’épicerie du village. Le café, lui était plus rare et on n'tait pas bien riche. Une petite prune s'ensuivait.. La discussion animée et joyeuse tournait autour de la famille, des évènements incontournables, on parlait un peu de politique. Tout cela dans un esprit bon enfant.
Chacun repartait, avec la promesse de se revoir bientôt.
Des bals l'après-midi et en soirée
Les plus jeunes allaient au bal de l’après midi. Le soir le bal reprenait, les anciens accompagnaient alors les jeunes et particulièrement les jeunes filles. On y dansait la polka ou encore le quadrille,
Dans les villages les plus grands, il y avait deux ou trois jours de fêtes. Et des Manèges, Des stands de tir, à la carabine etc…
D’autres organisaient des jeux collectifs Quelques communes organisaient des bals le 14 Juillet, d’autres le 11 Novembre."
Merci à Berthe Tissinier et Aimé Boyer
Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)
Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.
Publié le 10 Décembre 2022
un peu de dégel le soir mais froid tout le jour
Avons commencé à curer le fossé entre le grand champ et celui du hangar. Paulette est allée tuer les oies à Roou.
Publié le 9 Décembre 2022
Publié le 8 Décembre 2022
Glace froid très vif tout le jour
Le matin j'ai fait une caisse pour l'avoine des vaches. Le soir avons nettoyé le fossé entre le champ des aygalots limite du Matelot et tiré le bord. Joséphine est allée à Villefranche se faire piquer.
Publié le 7 Décembre 2022
Ciel brumeux le matin froid tr!s vif glace tout le jour
J'ai débroussaillé le tour du clapier au grand bois.
Mme Alquier est venue chercher 25 l de vin.
Publié le 6 Décembre 2022
Forte gelée ciel clair vent d'ouest très froid
Le matin j'ai fait un manche à une pelle bêche et avons commencé à nettoyer le fossé limite au matelot
Le soir avons fini de labourer les bords du champ de la terre mais au haut du grand champ
Publié le 5 Décembre 2022
Vent d'ouest très froid glace
Le matin j'ai fini une table le soir avons fini de labourer pour la paumelle au champ des aygalots.
Fine est allée à Villefranche se faire piquer chez le docteur Izard.
Publié le 4 Décembre 2022
Vent d'ouest très froid
Avons continué à labourer avec les trois brabants au champ des aygalots pour la paumelle
Publié le 3 Décembre 2022
Aimé Boyer m'a fait parvenir ce témoignage, celui de sa naissance telle qu'on la lui a racontée :
"Je suis né l’année où Hitler a pris le pouvoir en Allemagne, en 1933.
On m’a dit que ce jour-là, il y avait beaucoup de neige. Il n’y avait pas de téléphone et moi j’ai décidé qu’il fallait aller voir. Mon père est allé chercher le voisin, A.B., faire appel aux voisins c’était fréquent et incontournable en ce temps-là.
Un long chemin enneigé et semé d'embûches pour prévenir le médecin
A. B après avoir salué ma mère et vu la situation, est parti à Caraman à 12 km pendant que son épouse est restée, prête à devenir en sage femme.
Le trajet ne fut pas simple. Il a pris le vélo mais au bout de quelques kilomètres, il l'a jeté dans le fossé et a continué à pied car il y avait vraiment trop de neige.
En outre, il n’y avait pas de chemin pour aller jusqu'à la route. Pour la rejoindre, ils y allaient en sabots, changeaient de chaussures, et cachaient les sabots sous un buisson, une racine d’arbre. Malgré ces précautions, quelques farceurs déplaçaient parfois les sabots, il fallait rentrer pieds nus.
Il n’y avait pas non plus de pont pour traverser le ruisseau, les attelages passaient à gué ; il fallait attendre que l’étiage soit modéré. Pour traverser à pied il y avait une passerelle, un arbre couché en travers du ruisseau, équarri à la hache, une branche d’acacia, ou autre bois, bricolé en guise de parapet ou bien, dernière solution, il fallait faire un grand détour.
Pendant tout ce temps, mon père alimentait le feu pour que la maison soit chaude quand l’enfant arriverait. On ne savait pas le sexe du nouveau venu. Il portait aussi de temps à autre de la braise dans un chaudron dans la chambre, il n’y avait pas le chauffage central. Le feu était alimenté par de grosses bûches ou arbres fendus avec les coins et la masse et bien-sûr du petit bois. Le feu tenait une grande place dans les maisons surtout en agriculture pour avoir l’hiver de l’eau chaude et faire cuire toute la nourriture.
Notre brave voisin, après un long trajet compliqué, est enfin arrivé chez le docteur qui n’était pas là ; il était route de Saint Anatoly pour aider à la naissance de N., qui est devenu plus tard mon copain de classe et de jeunesse.
Après, sans doute un remontant, en l’honneur du nouveau venu, ils ont repris la route via Caraman et se sont arrêtés au cabinet du docteur pour refaire la trousse de matériel médical stérile.
Et tous ces événements se sont passés au petit matin. Je n’ai jamais su, comment ils étaient venus à pied ou à cheval. Ma mère assistée par la voisine, se faisait beaucoup de souci et commençait à trouver le temps long.
Un enfant est né
Enfin ils sont arrivés, et le docteur s’est occupé tout de suite de ma mère, et de moi. Je me garderai de détailler tous les gestes qui suivent une naissance, juste vous dire q’on m’a enveloppé dans des langes en tissu que mon père avait pris soin de réchauffer, pendus au dossier d’une chaisedevant le feu.
Je suis né pauvre, dans une chambre sans chauffage, et sans lumière.
Le bon docteur et notre dévoué voisin n’avaient pas déjeuné quand tout a été terminé et moi endormi. Vers dix heures, mon père a fait réchauffer une soupe de pain tranché en fines lamelles tirées de la marque de deux kilos, sans doute du boudin, saucisse car en décembre on avait souvent rangé le cochon.
Et pendu au plafond, ceci raconté par le docteur plus tard, quand j’allais à l’école : une pleine grille de moineaux ; mon père n’était pas braconnier mais l’hiver, comme l’a chanté Jean Ferrat, « la caille et le perdreau, et la tomme de chèvre… En dessert sans doute des noix, amandes, noisettes et l’incontournable confiture maison, du vin tiré de la barrique du fond de la cave.
Pour l’occasion, mon père a ouvert une bouteille de prune de l’année, histoire de goûter. Il n’y avait pas de café.
La longue histoire de la bouteille
Cette bouteille a une longue histoire : il l'a rouverte pour mon baptême en famille et aussi pour ma communion solennelle, j’y ai alors eu droit avec un sucre. Et quand les parents de mon épouse sont venus pour la première fois, il y avait projet de mariage, avec de généreuses explications du parcours de cette bouteille. J’ai pu en boire à mon tour mais j’étais alors un homme."
Mes sincères remerciements à Aimé pour ce témoignage
Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)
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Publié le 3 Décembre 2022
Brouillard épais et pluie fine le matin. Le soir vent d'ouest très froid.
Avons continué à labourer pour la paumelle au champ des aygalots.
Publié le 2 Décembre 2022
Beau temps chaud
Avons tué les oies 24. Gaston est venu en prendre 12. Julie est venue et Anna de Roou nous aider. Je suis allé porter Julie le soir avec la moto.
Avons continué à labourer pour la paumelle avec les trois brabants.
Publié le 1 Décembre 2022
Publié le 30 Novembre 2022
Vent marin
Le matin suis allé à Villefranche acheter une ceinture bandage pour hernie qui m'a coûté 2496 francs
Camille Puget est venu souper à l'occasion de la fête de Saint Assiscle.
Publié le 29 Novembre 2022
Vent marin
Continué à labourer derrière la maison
Moi le matin j'ai fumé le haut de ce champ avec du terreau. Le soir. j'ai commencé à labourer pour la paumelle au champ des aygalots.