Publié le 3 Janvier 2017
Jeudi 3 janvier - Beau doux - Avons continué à faire du bois sur la rigole au soinfoin sous le moulin. Le soir je suis allé souper à Roou.
Les carnets d'Emile sont les souvenirs de mes aïeux, métayers dans le Lauragais, qui consignaient chaque jour le labeur familial sur un journal de bord. Nous sommes en 1951 au coeur de l'Occitanie. Je recueille aussi la mémoire des traditions, des méthodes de travail, du quotidien au fil des saisons grâce à des documents authentiques (blog participatif)
Publié le 3 Janvier 2017
Jeudi 3 janvier - Beau doux - Avons continué à faire du bois sur la rigole au soinfoin sous le moulin. Le soir je suis allé souper à Roou.
Publié le 2 Janvier 2017
Mercredi 2 janvier - Gelée le matin la pluie à la nuit - Le matin je suis allé à Montmaur à la Poste payer l'assurance sociale 18300 frs pour moi et Yves et l'assurance incendie pour ma chambre 1119 frs. Le soir continué à faire des fagots. Camille est venu chercher Eliette et Henriette pour tuer les canards demain.
Publié le 1 Janvier 2017
Année 1957
Mardi 1 janvier 1957 - Pluie la nuit belle journée - Le matin avons coupé un frêne pour faire des marches d'une échelle et continué à faire du bois en haut de la pièce derrière la maison. Tante Marie est venue. Yves est allé souper en Sicre.
Dans l'actualité : La Sarre est rattachée à la RSA
Publié le 1 Janvier 2017
une Très bonne année 2017 à tous les lecteurs fidèles de ce blog !
Que santé, joie, et prospérité soient au rendez-vous des prochains mois !
Publié le 31 Décembre 2016
Mercredi 26 - Quelque peu de pluie - Avons coupé un frêne. Jean A est venu nous aider
Jeudi 27 - Gelée le matin belle journée. Avons fendu du bois au sol. Monsieur Paul est arrivé
Vendredi 28 - Vent d'autan couvert - Sommes allés à Villefranche vendre une truie vieille 228 kg x 170 f = 38760 . Le soir avons fendu du bois
Samedi 29 - Vent d'autan avec pluie et froid - Le matin j'ai fait farine et avons fendu du bois et remué le maïs. maman est allée tuer les canards à Montmaur
Dimanche 30 - Vent avec pluie dans la nuit - Papa et maman et Henriette sont allés dîner à Montmaur
Lundi 31 - Vent marin tourné le soir avec pluie. Le matin sommes allés chercher du fourrage à la G.. Le soir avons coupé du bois. Eliette est allée à Castel.
Publié le 30 Décembre 2016
C'est sans doute l'un des derniers soirs de l'année 1956, dans la cuisine, attablé non loin de la grande cheminée qui fume un peu si on ne laisse pas un filet d'air pénétrer par la porte du couloir qui mène à l'étable, alors qu'il vient de rédiger les activités du jour, que Emile relit les pages qu'il a écrites au cours des mois précédents.
Sans doute mesure-t-il la multiplicité et la variété des tâches qu'il a menées avec sa famille, peut-être n'en perçoit-il plus la rudesse, habitué à un labeur contraignant qui use les corps faute de la lente diffusion des progrès agricoles. Les techniques traditionnelles ont encore grand mal à les laisser se diffuser dans le cadre du métayage.
Si l'on égrène les saisons avec lui, en tournant les pages des carnets, on trouve la mention d'un hiver particulièrement rigoureux marqué par la grande vague de froid qui a atteint tout l'hémisphère Nord à partir de début février. Emile a mentionné ainsi tout au long du mois de février "grand froid", "bourrasques de neige", "froid très vif" , "très forte gelée" . Cette période est occupée à tuer le cochon, à de la vannerie et à la fabrique d'outils, râteaux, balais, de "bancs pour laver". Quand le temps le permet, les journées sont consacrées au curage des fossés, à faire du bois.
L'hiver rigoureux a des conséquences ainsi faut-il refaire un certain nombre de semis dès le printemps. Le froid a eu raison de l'avoine, des pois, des fèves notamment. L'activité reprend ensuite très densément : l'engrais chimique est épandu, le soin apporté à la vigne reprend, les semis puis l'entretien (sarclage et binage) du maïs. Viennent plus tard les fenaisons et les activités manuelles et chronophages de désherbage et de débroussaillage.
L'été1956 s'ouvre sur les moissons, période intense de travaux. Elles occupent le plus clair du temps des métayers en juillet avec dans l'ordre l'orge, le blé puis l'avoine. Elles engendrent des tâches qui découlent les unes des autres : faire les passages pour permettre le passage de la moissonneuse puis réaliser des gerbes (gerboyer) et les entasser et/ou les transporter avec la charrette avant de dépiquer, tâche réalisée au mois d'août.
Les labours occupent ensuite une large partie de l'automne avant les nouveaux semis. Emile mentionne souvent les activités autour des vendanges qui sont réalisées le 9 et le 10 octobre.
Emile se rend-il compte en tournant les pages qu'elles portent aussi le témoignage d'une très importante activité concernant le potager consacré à la subsistance familiale ? Betteraves, pommes de terre, petits pois, fèves, oignons sont cultivés en quantité...`
Porte-t-il son attention sur les nombreuses mentions autour des animaux que la famille élève pour se nourrir mais aussi pour vendre afin de compléter les revenus de la terre dont les récoltes sont partagées à moitié avec le propriétaire ? Le marché de Castelnaudary et ceux de Villefranche ou Puylaurens dans une moindre mesure permettent de réaliser certaines ventes tandis que d'autres se font directement à la métairie.
Le tracteur n'ayant pas fait son entrée dans la cour de la ferme on y trouve les préoccupations concernant les boeufs qu'on change régulièrement par paires auprès du maquignon d'Avignonet-Lauragais ou qu'on essaie de vendre à la foire locale et pour lesquels on s'inquiète lorsqu'ils sont souffrants.
Peut-être Emile, en ce soir de décembre 1956, reprend-il aussi les événements familiaux : les naissances, les mariages ? Au fil des 48 pages du cahier d'écolier consacrées à l'année 1956, il retrouve les évocations des décès qu'il a marquées pour les rendre évidentes d'une croix dans la marge. Sans doute trop fatigué ne choisit-il pas de s'attarder sur le nombre de fois où il a évoqué le vent gênant (plus de cent fois sans compter les vents légers) ?
En refermant son cahier ce soir-là, avant d'aller se coucher après avoir tisonné les braises, il pense peut-être à tout ce qu'il devra mener en 1957 mais sans doute ne se doute-t-il pas que, 60 ans plus tard, on relira encore ses carnets qui évoquent une certaine Histoire du Lauragais et livrent un aperçu de ses traditions paysannes.
Publié le 25 Décembre 2016
Lundi 24 - Gelée le matin plus doux dans la journée - Avons fumé et travaillé les asperges. Yves est allé sortir du fumier en G. Le soir sommes allés à la messe de minuit
Mardi 25 - Brumeux doux
Noël
Publié le 23 Décembre 2016
Mardi 18 décembre - Vente marin - Avons fini de herser et commencé de rouler de herser au Genivre. Avons coupé et rentré les tronçons de sur le Genivre. Labouré le jardin de la G.
Mercredi 19 - Beau doux - Avons sorti du fumier et commencé à semer les fèves - continué à rouler au Genivre - Avons tué 19 canards - Sont venus Cécile d'en T, Tante Julie et Marie et O. de roou. C. est venu souper
Jeudi 20 - Brumeux - Le matin continué à semer les sortir du fumier et le soir continué à semer les fèves. J'ai porté Eliette à Roou pour tuer les canards - le soir j'y suis allé souper . J'ai porté 1 kg de foie de canard aux S. 2000 frs
Vendredi 21 - Brouillard froid - Avons fini de semer les fèves et semé l'ail à la pointe du champ de Cers. Je suis allé chercher Eliette à Roou.
Samedi 22 - Brumeux froid - Le matin avons approché les bords du champ du Poste et le soir travaillé au bord du champ du Genivre - moi j'ai coupé du bois entre les 2 champs du moulin du poivre.
Dimanche 23 - Brumeux froid - C. de Roou est venu porter Henriette. Papa est allé à la G pour signer les inventaires.
Publié le 17 Décembre 2016
Lundi 17 Décembre 1956 - Avons fini de semer le blé au genivre - fini de semer tout le blé ce jour - Avons mis au Genivre 8 sacs. Avons semé en total 20 sacs plus 200 kg de la CAL. Le soir sommes allés à Roou porter 50 poussins de la CAL
Publié le 16 Décembre 2016
Dimanche 16 - Vent marin - Avons continué de semer le blé à la pièce du Genivre. P. De Labastide est venu chercher des arbres dans le pré. Louis d'en T. est venu dire pour l'anniversaire de sa mère.
Publié le 15 Décembre 2016
Publié le 13 Décembre 2016
Publié le 13 Décembre 2016
Vendredi 14 - Beau - Avons jeté 1900 kg de Super au Genivre - Je suis allé à Borde Basse payer la saillie de 2 vaches 2000 frs
dans la marge : Vidange moto 3500 km
Publié le 12 Décembre 2016
Mercredi 12 - Brume et pluie - Le matin avons hersé au Genivre le soir. Le soir avons porté 2 charrettes de gravier au portail du chemin. Je suis allé à Labastide chercher de l'essence - Eliette est allée tuer les oies en Estève.
Publié le 11 Décembre 2016
Mardi 11 - Beau clair avons fini de labourer la millère du Genivre. Commencé de herser. Le curé de Labstide est venu il a pris 2000 frs*
Le chiffonnier de Revel a pris la plume d'engrais** à 1000 f le kg et le duvet à 2500 f le kg.
* denier du culte ?
** utilisée à cet effet ou s'agit-il d'une erreur d'Emile ? Il s'agit des plumes des 14 oies tuées quelques jours plus tôt
Publié le 11 Décembre 2016
Dans les carnets d'Emile en 1956, le début des semis de blé intervient après ceux de l'avoine puis de l'orge le 16 novembre et ils s'étendent jusqu'au 17 décembre inclus. Les caprices de la météo, une mécanisation encore en développement et les nombreuses autres activités à mener en parallèle (fin des labours, récolte de la betterave, ...) en expliquent la durée assez importante (quatre semaines).
Tout au longs années 1950, la famille d'Emile cultive essentiellement 2 variétés de blé : le blé du Docteur Mazet dit blé Mazet et l'Etoile de Choisy.
L'Etoile de Choisy est le résultat des premiers travaux de sélection végétale de l'INRA et a été inscrite au catalogue français en 1950. Elle allie grande précocité et bonne résistance au froid et sa culture est très prisée dans le Sud-Ouest de la France et l'ouest audois notamment.
Le blé Mazet est une variété apparue en 1935 et présentée comme "un blé de force, de très bonne qualité (faisant) un pain extraordinaire".
Les carnets d'Emile ne permettent pas de déterminer précisément l'assolement ou les surfaces ensemencées proportionnellement aux autres cultures. Cela fait l'objet d'autres documents que nous ne détenons pas.
Au terme de ces semis 56, Emile tire le bilan suivant "Avons semé au total 20 sacs plus 200 kg de la C.A.L.". Rappelons que la C.A.L. est la Coopérative Agricole Lauragaise. Les 200 kg achetés à la coopérative sont de la variété Etoile de Choisy et ont été semés dans leur intégralité au "champ long". La très large majorité du blé semé provient donc encore de la production stockée lors de la récolte précédente.
Même s'ils sont intéressants, on ne peut cependant pas tirer généralité des seuls éléments issus des carnets puisque, rappelons-le, nous sommes dans le contexte très particulier, largement minoritaire et déjà très déclinant de ce mode d'exploitation des terres qu'est le métayage.
Publié le 10 Décembre 2016
Lundi 10 - Brumeux doux - Avons continué de labourer au Genivre. Les S sont venus chercher 1900 grammes de foie d'oie à 3500 frs le kg.
Publié le 9 Décembre 2016
Publié le 8 Décembre 2016
Samedi 8 - brouillard épais - Avons continué de labourer au Genivre et avons tué 14 oues. Mémé, tante d'Estève et ma belle-mère sont venues nous aider. Yves est allé tuer le cochon en Bourrel.
La CAL a livré 5000kg de Super
Publié le 8 Décembre 2016
Vendredi 7 - Beau - Avons continué de labourer au Genivre et rentré 2 charrettes de tronçons. Le soir sommes allés souper à Roou
Publié le 6 Décembre 2016
Publié le 5 Décembre 2016
Mercredi 5 - Brumeux - Avons commencé à labourer la pièce de millère du Genivre avec les trois paires Brabants *
* charrue
Publié le 4 Décembre 2016
Où il est question de la pénurie d'essence, des expérimentatons de la caravelle par Air France et des Prix littéraires attribués dont le Goncourt (il l'aura 2 fois) à Romain Gary pour Les racnes du ciel...
Publié le 4 Décembre 2016
Mardi 4 - Brumeux avons fini de labourer et avons semé le petit blé au petit champ sous la rigole. Avons donné 2 cochons en T. 22 et 23 kg à 230 f le kg ainsi qu'un à P. d'Airoux 17 kg
Publié le 4 Décembre 2016
Emile et les siens vivent ces deux mois d'automne de façon intense : les activités sont nombreuses alors que le temps devient plus frais voire froid et parfois bien capricieux (le vent, toujours le vent... et pas forcément celui qu'on aurait soupçonné, le Cers peut aussi avoir ses humeurs).
Octobre voit un événement important dans la vie locale : les vendanges. On produit ainsi le vin de table consommé tout le reste de l'année et on en vend une partie. On les prépare bien en amont (lavage des comportes, préparation des lieux de stockage...). Les vendanges demandent au moins une grosse journée de travail puis on met le raisin à la cave. Il est coulé et pressé une dizaine de jours plus tard avec un pressoir qui n'appartient pas à la famille (qu'on loue probablement) avant d'être mis en cuves.
Les vendanges sont un travail collectif non seulement de la famille mais aussi de voisins et amis à qui on rendra ces journées de travail en allant les aider en retour. On se loue même à la journée pour vendanger et compléter les revenus.
Les labours sont un autre des labeurs d'octobre. La fréquence des mentions en montre l'importance dans l'emploi du temps mais aussi la longueur, faute de n'être pas encore mécanisé.
Les labours se poursuivront et se termineront en Novembre.
C'est aussi au cours de ce mois que seront réalisés les semis d'avoine, d'orge et bien-sûr de blé.
La récolte du maïs demande un travail conséquent dont la pénibilité (transport des sacs notamment) s'inscrit aussi dans la longueur. Il faudra ensuite le débarrasser de ses spathes (le dépouiller dit Emile). Les cannes de maïs (tronçons dixit Emile) doivent ensuite être enlevées du champ et brûlées (on en gardera cependant une partie pour donner aux animaux).
On note aussi, pour la consommation familiale, la récolte en quantités importantes des betteraves.