occitanie

Publié le 27 Juin 2020

Petit focus sur les floraisons de saison comme nous l'avions fait il y a quelques semaines grâce à Marilys Benoît que je remercie.

 

En ce tout début d'été, nous allons évoquer les floraisons de la deuxième moitié du printemps en lauragais.

 

« Au mes de mai, cada casse met sans huèlhas ». Au mois de mai, chaque chêne met ses feuilles. Le chêne pubescent (cassou), aux feuilles velues sur leur face inférieure, est fréquent. Ses feuilles sont marcescentes, c'est à dire qu'elles restent sur l'arbre tout l'hiver, desséchées, et tombent lors de la pousse des jeunes feuilles.

 

Dans les pelouses ou les bords de routes, de nombreuses espèces fleurissent en mai-juin.

 

Le coquelicot s'annonce début mai, notamment dans les champs et dans les lieux en friche, et le dicton dit : « Quand la cap-roseta es florida, l'oèlha es gandida ». Quand le coquelicot est fleuri, la brebis est à l'abri de l'hiver.  Les pétales, en infusion, aident à l'endormissement. La floraison s'étale jusque fin juin.

 

Sur les pelouses ensoleillées, l'urosperme ou lampistrelle commune, étale ses capitules jaune vifs, souvent lavés de rouge à l'extérieur.

 

Les marguerites sont présentes mêlées au lotier corniculé  (boulumague, cap-arrous, lotgèr, pinausel) 

 

Il n'est pas rare de profiter du glaïeul des moissons et de ses fleurs rose fuschia. 

Les dernières orchidées sont en fleur en mai, telle la surprenante serapia lingua  , la loroglosse à odeur de bouc, bien nommée  et l'anacamptis pyramidale 

 

 

Mai a vu la floraison d'arbustes dans les haies et bords de bois, comme le cornouiller sanguin (esclamè y sanguî). Ses rameaux, cueillis en hiver, étaient utilisés pour la confection d'objet de vannerie. Le troène des bois (ligoustrè, bretoina,berdét, trogue) est aussi de la partie , ainsi que l'églantine (galabardo, salabarda, arrouméc, gabardé, arrosèr sauvatge), dont les fleurs sont prisées par le cétoine doré. 

 

Textes et photos Marilys Benoît

 

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Publié le 23 Juin 2020

Lauragais d'Autrefois (83) : traditions et croyances autour des feux de la Saint-Jean

Aimé Boyer se souvient aujourd'hui des traditions autour du feu de la Saint-Jean qui était allumé dans chaque ferme à la tombée de la nuit. 

 

"Pour célébrer l'arrivée de l'été, la tradition était d'allumer un grand feu. Seules les familles endeuillées dans l'année s'abstenaient. Quelques jours avant le 24 juin, nous disposions des fagots en forme de pyramide à un endroit qui puisse être vu par le plus grand nombre de voisins.

A la tombée de la nuit, à la veille de la Saint-Jean, chacun allumait alors son feu et nous comptions aussi ceux allumés par les voisins.

 

Protéger les récoltes et la famille

Le feu était béni et nous disions des prières dont certaines en patois. Pour protéger les récoltes, nous passions des plants 7 fois au dessus du feu ainsi qu'une ou deux bouteilles de vin que nous mettions de côté et qui étaient réservées pour soigner les maux de ventre (humains ou animaux).

 

Sauter 7 fois

Tout le monde avait ensuite sauter 7 fois par dessus le feu. 7 fois mais pas plus ! Sinon nous considérions que cela pouvait porter malheur.

Pour ceux qui ne pouvaient pas sauter, on passait leurs sabots tenus au bout d'une fourche dans le feu en prenant garde de ne pas les y faire tomber. Dans les fermes où il y avait de jeunes mariés, le couple devait sauter en se tenant par la main pour être assuré d'avoir du bonheur toute l'année.

 

Protéger la maison et l'exploitation

Enfin quand le feu s'éteignait, on prenait un tison encore fumant que l'on lançait sur la toiture de la maison pour la protéger de la foudre et de l'incendie.

Les cendres étaient ensuite jetées dans les champs pour protéger les récoltes."

 

Merci à Aimé pour son témoignage.

                

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Rédigé par Emile

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Publié le 20 Juin 2020

Lauragais d'Autrefois (82) : les souvenirs d'Aimé, la préparation du millas

 

L'article consacré au millas, il y a quelques semaines, a réveillé des souvenirs chez Aimé. Je les partage avec vous aujourd'hui.

 

"Pour ne pas entamer le quota de blé déposé chez le boulanger, on remplaçait de temps en temps le pain par du millas fabriqué à partir du maïs. Les grains étaient moulus au moulin à vent ou à eau qui faisait tourner une pierre sur une autre fixe avec la complicité du meunier qui alimentait les meules différemment que lorsque le broyât était destiné aux animaux. Là, la farine était plus douce aux toucher.

N'oublions pas que les fermes étaient occupées généralement par des familles nombreuses : jusqu'à 10  personnes et parfois même plus. Si l'on ramène cela à uns journée de nourriture cela pouvait donc faire 30 repas sans pain, qu’il fallait bien remplacer en économisant du blé.

                                                                  

D’abord on programmait le plat : un civet de  lièvre , de lapin de garenne, une daube de langue de bœuf - ou même de  corbeau par temps de disette - un ragoût de poulet ou de veau.

Le chaudron en fonte permettait de maintenir la température quand le feu de bois était capricieux. Il fallait simplement de l'eau, de la farine; du sel et... le savoir-faire du préposé.

 

Assis devant le chaudron en fonte posé sur une pierre milliaire, un tablier en toile posé sur les genoux retombant sur les pieds, la personne chargée de ce travail ne devait quitter son  poste sous aucun prétexte. Il fallait touiller sans cesse, calmement la cuillère ou le bâton de bois spécialement fabriqué pour cela. L'extrémité était taillée en forme de spatule.

Quand l’onctuosité était jugée correcte par celui ou celle qui menait la préparation, l’annonce qu'il était temps de vider était faite. C'était là un moment très important qui conditionnait la réussite de l’œuvre entreprise.

Une grande table  avait été dressée et recouverte d’un drap de lit costaud. On l'avait au préalable enfariné.

 

Deux personnes prenaient le chaudron par les poignées grâce à des chiffons pour ne pas se brûler et le basculaient au dessus de la table en essayant de répandre la mixture le plus régulièrement possible.  En même temps, une autre personne soulevait et reposait la table pour permettre un étalement régulier de la préparation.

Si le millas était réussi, il ne fallait pas que le milieu dépasse 3 centimètres d’épaisseur. (Allez je vous autorise à la limite un centimètre de plus !)
 

Il ne restait plus, une fois refroidi, qu'à couper des tranches et là, à la dégustation, chacun ses goûts : certains aimaient essayer de récupérer le plus de sauce avec des petits dés piqués au bout de la fourchette. C'était tout un travail : le millas n’est pas absorbant. Je vous assure que c'était un repas qui tenait chaud au corps. Les croûtes au fond du chaudron étaient récupérées par certains qui aimaient le consommer avec du vin. 

Plus tard, on pouvait aussi le frire à la poêle après l'avoir sucré.  Le lendemain, pour souper, s’il en restait, on le dégustait avec un œuf mollet ou au plat."

 

Des souvenirs qui titillent les papilles...

 

Merci à Aimé pour son témoignage.

                

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Publié le 13 Juin 2020

Les fenaisons photo coll. Nardèse

Les fenaisons photo coll. Nardèse

Louis Bruno était agriculteur en Lauragais, fermier plus exactement. Retraité, il a consigné ses souvenirs dans des cahiers que sa famille partage avec nous aujourd'hui. Dans de précédents posts (ici et ), nous avons découvert sa description des travaux de printemps. Aujourd'hui, nous nous intéresserons à la troisième partie de ce compte rendu précis. On y voit les activités se diversifier, se multiplier mais aussi s’intensifier. Chacun dans la maisonnée a son rôle à jouer pour que l’exploitation familiale tourne à plein régime

Fin mai

C'est alors que commençaient les choses sérieuses, les interminables journées de 15 à 16 h de boulot car tandis que la fenaison battait son plein, ce sacré maïs, lui, avait levé et bien levé à tel point qu'il était prêt à biner, manuellement le dos en l'air, rang après rang et pied après pied le débarrassent des adventices indésirables tout en l'éclaircissant, ne laissant pousser qu'un nombre de plantes optimum disons environ 4 pieds par mètre linéaire."

Juin : un mois d’activités harassantes et intensives

IL fallait donc mener de concert sarclage de maïs et rentrée des foins entravée souvent par les orages et le manque de soleil. Il s'ensuivait une longue série de besognes : coupes, râtelage, secouage, retournage bouquets, mise en tas pour enfin le charger ne gros voyages sur les charrettes et l'acheminer vers les granges et les hangars. Tout personne valide avait du pain sur la planche et n'avait pas à se faire prier. 

Les fourrages enfin dans les grandes ont se retrouvait en juin, mi-juin, même, le maïs était bon à buter par le passage entre les rangs du butoir  ou bien de la houe à cheval, opération toutefois plus rapide que le sarclage et démariage. Heureusement car les premières coupes de regain montraient déjà le bout du nez ne laissant aucun répit tandis que la Saint Jean se pointait à l'horizon et que les céréales d'hiver viraient de couleur présageant que la moisson débuterait aux premiers jours de juillet.

A suivre dans un prochain post...

Un immense merci à Daniel Bruno - ainsi qu'à Christiane et Jean-François Bruno - pour avoir partagé les écrits passionnants de Louis.

Merci à Berthe pour la photo transmise

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Publié le 10 Juin 2020

Lauragais d'Autrefois (79) : le petit-déjeuner dans les campagnes d'antan

Nous avons déjà évoqué ici les moments de repas et de collation dans les campagnes d'antan. Ils ont été explorés sous l'aspect convivial essentiellement lors des grands rassemblements liés aux travaux ou aux événements familiaux. Les repas du quotidien étaient évidemment adaptés aux saisons et aux productions animales, potagères et fruitières de l'exploitation familiale du moment. Ils étaient aussi en adéquation avec les travaux entrepris : les longues journées estivales avec les travaux de force (les battages par exemple) nécessitaient plusieurs prises alimentaires dans la journée bien au delà des 3 repas habituels.

 

Déjeuner, petit-déjeuner, dîner, souper ?

 

Jetons d'abord un oeil du côté de la terminologie. Dans le Lauragais encore aujourd'hui, la terminologie utilisée pour chaque repas est un peu différente de ce qu'elle est ailleurs. Hérités de l'occitan, déjeuner prend souvent la place de petit-déjeuner quand dîner est substitué à déjeuner (le repas de midi donc.. vous suivez toujours ?) et souper est souvent préféré à dîner... pour le repas du soir donc. Ces éléments de langue font aussi intégralement partie de notre patrimoine immatériel commun.

 

Voici donc la terminologie en occitan :

petite-déjeuner : dejunar

repas de midi : dinnar

repas du soir : sopar

 

C'est au déjeuner, enfin au petit-déjeuner, que nous nous intéresserons aujourd'hui. Dans les campagnes des années 40 et 50, il est plutôt riches en matières grasses animales. La charcuterie fabriquée maison y figure en bonne place mais on trouve également les oeufs, les restes de repas de la veille, de la soupe froide -comme celle de fèves au printemps par exemple - et parfois quelques fruits.

Il est plus sucré pour les enfants avec du miel lorsqu'on en a, des confitures maison, des fruits de saison et quelques laitages.

Café et thé sont encore des invités très rares à cette période tout comme oranges et bananes.

 

Un petit-déjeuner agrémenté des produits de saison

 

Aimé Boyer se souvient de ce qui venait agrémenter le petit déjeuner au fil des saisons :

"Au printemps, nous dégustions à la croque-sel, des mousserons dont nous protégions jalousement le secret des coins où ils poussaient, des tiges de moutarde pelées avant la floraison ainsi que les premières fèves. En été, les melons s'invitaient ainsi que les fruits encore verts de l'amandier, du noisetier et du noyer. En automne, devenus des fruits secs, ils figuraient encore aux menus matinaux. Venaient s'y joindre parfois des sardines salées et des raisins".

 

Il y avait aussi quelques incontournables quelle que soit la saison comme le pain à l'ail, la cansalade (poitrine de porc salée) et l'oignon à la croque sel.

 

Ce moment où la ferme s'éveille

 

Ces moments étaient selon les familles assez ritualisés. Aimé se souvent :

"Le père se levait bien avant le soleil. Après un brin de toilette rapide, il allait passer plus d'une heure dans l'écurie pour nourrir les bêtes, sortir le fumier avec la brouette, refaire une litière propre, faire téter les veaux, traire et brosser et carder les vaches.

Ce travail terminé, il revenait dans la cuisine avec une casserole de lait, ouvrait les fenêtres sans trop de ménagement.

 

Il allumait la radio (Aqui Radio Andorra !) pour finir de réveiller la maison. Il coupait une tranche de pain avec un peu de lard, prenait sa bouteille sous le bras pour aller chercher du vin. En passant, il ouvrait le poulailler. La ferme s'éveillait. 

dans les années 50, il y avait du café. Mon père y rajoutait parfois une goutte de marc. Les conversations, elles, tournaient, autour du programme et des urgences de la journée".

 

Remerciements : Aimé Boyer

 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Publié le 6 Juin 2020

Lauragais d'Autrefois (78) : semer, biner, sarcler, buter le maïs (2/2)

Nous nous sommes intéressés ici au ramassage du maïs à la saison d'automne. Voici le deuxième post consacré aux semis que nous a récemment décrits Louis Bruno ainsi qu'au binage et sarclage qui va occuper les posts d'Emile durant de nombreux jours en juin. 

Le témoignage d'Aimé Boyer nous a éclairé sur le choix et la préparation de la parcelle, voici aujourd'hui la façon dont se déroulaient les événements.

 

Semer (semenar)

Aimé raconte :

"Le moment venu, le maïs (le milh) était dans un seau, on laissait tomber, au fur et à mesure la semence mais il m’est difficile de vous décrire ce gestequi dénotait un certain savoir faire. Les vaches attelées au joug normal, au dessus du sillon semé, avec la charrue, le versoir couché. L'attelage, tenu énergiquement,  tout le long du sillon,  on faisait glisser la terre sur le grain. Souvent la maîtresse de maison participait aux semis pendant que la daube frémissait devant le feu."    

 

Sarcler et biner (sarclar et binar)

Quelques temps après sa sortie de terre, le sarclage était une action essentielle comme le binage. Le sarclage consiste à supprimer les adventices, les mauvaises herbes tandis que le binage en cassant la croûte superficielle pour aérer et ameublir le sol. Il était également nécessaire de d'éclaircir si les pieds avaient été semés trop près.

« Entre une coupe de foin, soufrer ou sulfater la vigne, l'entretien des pommes de terre, les fèves, le sarclage devait être inclus dans l'emploi du temps.

Dès qu’il était un peu plus gros, lors u 2 ou 3e sarclage, la sarcleuse liée à l'attelage permettait de réaliser cette action (deux socs posés en V réglable en largeur).

On avait aussi un genre de cultivateur, avec plusieurs dents, réglable lui-aussi en largeur. Sarcler sans répit, éclaircir, avancer la terre au plus près du pied. »

 

Buter (buter)

Quand le sarclage était fini on butait le maïs avec la houe réglable en largeur, pour aller au plus près du pied. « On terminait avec le sarcloir, (foussou -fossor- que d’aucuns appellent houe)  avancer la terre tout le long, du sillon au pied du maïs.  

On prenait soin à chaque bout d’arrondir Le sillon surtout s’il était au bord du chemin (un peu de fierté vis à vis des voisins). Il ne restait plus qu’à souhaiter de la pluie... malgré le fourrage à sécher. »

 

Ecrêter (descrestar)

« Bien plus tard, lorsque la cabosse était fécondée, (Voir soie sèche) on étêtait avec un opinel. Une main coupait la crête (cresta) et venait la poser sur le bras libre, tout un art du savoir-faire, pour en faire un gros fagot qui était liés avec une crête, j'aurais du mal à vous expliquer comment. Quelques temps après - entre temps, il y avait eu les moissons - il fallait sortir par brassées, ces fagots, sur les épaules qui passaient au-dessus du pied de maïs qui avait bien grandi. Il fallait se protéger le cou, les feuilles taillaient. On faisait des tas, au bout du champ, avant de venir le charger. » 

 

Remerciements : Aimé Boyer

 

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Eclaircir le maïs

Eclaircir le maïs

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Publié le 3 Juin 2020

Lauragais d'Autrefois (77) : le maïs, de la préparation aux semis (1/2)

Nous nous sommes intéressés ici au ramassage du maïs à la saison d'automne. Nous allons aujourd'hui et sur 2 posts consécutifs consacrer une focale aux semis que nous a récemment décrit Louis Bruno ainsi qu'au binage et sarclage qui va occuper les posts d'Emile durant de nombreux jours en juin. 

Le témoignage d'Aimé Boyer va nous éclairer sur la façon dont se déroulaient les événements : du choix de la parcelle jusqu'au sarclage de printemps.

 

Avant l'hiver, le choix de la parcelle 

 

La parcelle est choisie avec soin. Il la faut la plus adaptée possible à la culture de cette plante. De ce choix dépendront les rendements qu'on espère les meilleurs possibles. "Le Lauragais n’a pas des terres homogènes comme La Touraine ou le Plat Pays. Sur les hauts de crête, là où la roche affleure à la surface, il est inutile d'essayer de semer du maïs. Les vallées sont favorisées, mais attention, on prend alors le risque des inondations.", explique Aimé.

Le choix se porte donc souvent sur une parcelle de céréales de l'année précédente qui a bénéficié de fumure adaptée. "On a déjà porté le fumier, chargé sur la charrette, on le faisait tomber avec le croc en tirant. Cela permettait de faire un tas assez haut, on essayait de faire une ligne droite, on éparpillait avec la fourche. On déchaumait, léger, pour couvrir le fumier avec la charrue que nous a montrée Laure.

Parmi les mauvaises herbes, il y a le chiendent qui pousse en surface;  Cette plante n’aime pas trop qu’on l’embête avec la sècheresse? Bien sur on en profitait. Ces travaux se faisait fin d’été, pour êtres labourés fin d’automne début d’hiver, avec le brabant, tiré par deux paires de vaches car chez nous, nous n’avions pas de bœufs."

 

Au début du printemps la préparation

 

Il faut procéder à un nivellement du labour avec la herse ou la canadienne. Le but faire de la terre meuble, et de détruire les premières mauvaises herbes qui avaient poussé pendant l’hiver. "Non sans avoir pris soin de ramasser celle qu'on mangeait en salade" précise Aimé.

Pour faire les sillons rectilignes, autant que possibles, des jalons sont installés, souvent des jambes de maïs de l'année précédente. "Pour essayer de faire le premier sillon droit, ce n’était pas trop important, mais on avait la fierté du savoir faire : avec le joug à coulisse, la houe (alaïré), type de charrue à deux versoirs, avec un soc en V.

Pour faire le premier sillon il n’y avait pas de repère, hormis le jalon, mais je crois que les vaches avaient une intuition.

Au retour, une des bêtes passait dans le sillon tracé, Il n’y avait plus qu’a suivre le joug à coulisse. En restant bien calé, pour avoir un sillon toujours droit.  Par contre je ne me souviens plus si on semait du maïs au bout du champ,les contornières  - si quelqu’un peut apporter son éclairage ??)- , voilà  a il n’y avait plus qu’à attendre que le coucou chante. (Al temps del cocut le matin plaou le ser es issut - Au temps du coucou, le matin il pleut le soir la terre est ressuyée.) Autres repères le lilas, l’azerolier, 

 

Le maïs lui avait été préparé pendant l’hiver dans l’écurie ou le soir au coin du feu. Aimé précise : "On égrenait le blanc (semences tirées du tas), le jaune n’était pas encore en vogue. On enlevait les premiers rangs, du bout de la cabosse trop petit, et celui du fond trop gros.

Avoir du grain calibré était important, car sinon dans la main, ça pouvait être compliqué."

 

Dans le prochain post, semis, sarclage, entretien du maïs...

Remerciements : Aimé Boyer

 

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Publié le 30 Mai 2020

Photo coll. JC Rouzaud

Photo coll. JC Rouzaud

Louis Bruno était agriculteur en Lauragais, fermier plus exactement. Retraité, il a consigné ses souvenirs dans des cahiers que sa famille partage avec nous aujourd'hui. Dans un précédent post (ici), nous avons découvert sa description des travaux de printemps. Aujourd'hui, nous nous intéresserons à la deuxième partie de ce compte rendu précis. On y voit les activités se diversifier, se multiplier mais aussi s’intensifier. Chacun dans la maisonnée a son rôle à jouer pour que l’exploitation familiale tourne à plein régime.

En avril

"C'était le moment de reprendre les labours d'hiver bien disloqués par les gelées. Les terres étaient d'une finesse à vous donner envie de marcher pieds nus et la structure du sol impeccable du fait d'un tas de facteurs trop longs à citer et aussi discutables mais il n'en est pas moins qu'il en est rarement de même à ce jour malgré les moyens existants.

Le temps des semis de maïs approchant à grands pas  l'opération suivante consistait à billonner ces terres. "Cal bourdonna" disait-on avec une paire de boeufs et la petite charrue. Cela donnait souvent lieu à une petite compétition, un défi bon enfant entre voisins à qui les alignerait le mieux et cela faisait dire à ceux qui se croyaient battus "M'en fouti, rego torto levo récolto"*.

Ensuite le feu vert ayant été donné par la floraison de l'aubépine le semis du maïs démarrait-on. On refendait le billon à la charrue tandis qu'au fur et à mesure l'"enregaïre" souvent une femme, laissait tomber les grains dans le sillon et recouverts au retour par une mince couche de terre obtenue par un fin réglage et une façon particulière de tenir l'araire. Il était rarissime que fin avril les émaillés de maïs ne fussent terminées, remettant à quelques jours plus tard un semis de haricots secs pour la consommation familiale de l'année.

En mai

Mai étant intervenu avec sa douceur avec sa douceur ses beaux jours, matin et soir, les bêtes des étables se délectaient d'herbe tendre aux pâturages situés en bordure de rivières, ruisseaux au bas-fonds humides propices à la repousse tandis que dès la deuxième décade du mois commençait la fenaison des premières coupes. La faucheuse mécanique était déjà présente et seuls recoins et les parcelles inaccessibles étaient réservées à la bonne vieille "dalio" **.

C'est alors que commençaient les choses sérieuses, les interminables journées de 15 à 16 h de boulot car tandis que la fenaison battait son plein, ce sacré maïs, lui, avait levé et bien levé à tel point qu'il était prêt à biner, manuellement le dos en l'air, rang après rang et pied après pied le débarrassent des adventices indésirables tout en l'éclaircissant, ne laissant pousser qu'un nombre de plantes optimum disons environ 4 pieds par mètre linéaire."

* je m'en moque, sillon droit lève récolte

** la faux

La suite des travaux de juin vus pas Louis Bruno à suivre dans un prochain post.

Un immense merci à Daniel Bruno - ainsi qu'à Christiane et Jean-François Bruno - pour avoir partagé les écrits passionnants de Louis.

Merci à Jean-Claude Rouzaud pour la photo transmise.

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Publié le 27 Mai 2020

Lauragais d'Autrefois (75) : l'âne, roi des dictons occitans (l'ase)

S'il est un animal qui est le roi des expressions et locutions occitanes, c'est bien l'âne. On le convoque en toutes occasions. Voici quelques exemples de phrases idiomatiques qui ornaient les conversations du Lauragais d'autrefois. Ce n'est qu'un très petit aperçu des dictons qui lui sont consacrés, nous aurons l'occasion d'y revenir dans un nouveau post.

Acibada un ase, te pagarà ambe de pets.

Nourris un âne avec de l'avoine, il te paiera avec des pets.

Far l'ase per aver de bren

Faire l'âne pour avoir du son.

Esser bavard coma un ase qu'estrena una brida.

Être orgueilleux comme un âne qui étrenne une bride.

Esser afairat coma un ase de vendémia.

Être occupé comme un âne de vendanges.

Tanlèu un ase a bramat qu'un autre brama.

Sitôt un âne a brait qu'un autre s'y met.

A la fièra, i a plan d'ases que se semblan.

A la foire, il y a beaucoup d'ânes qui se ressemblent.

Esser franc coma un ase quand recula.

Être franc comme un âne qui recule

S'en trufa coma un ase d'un cop de capèl.

S'en moquer comme un âne d'un coup de chapeau.

Remerciements : Laure Pagès, photographe animalière d’un jour

Si vous connaissez d'autres dictons, expressions ou proverbes sur cet animal emblématique, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons la petite collection de ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Publié le 24 Mai 2020

Lauragais d'Autrefois (74) : maladroits, fainéants, paresseux, tire-au-flanc à l'honneur des expressions occitanes

Parce qu'il n'y a pas de raison pour qu'ils n'aient pas leurs expressions, locutions et dictons consacrés, voici un petit passage de revue de ces virgules imagées des conversations du Lauragais et de l'Occitanie d'autrefois.

Le trabalh fait i fa pas paur

Le travail fait ne lui fait pas peur

Es fenhant coma una colòbra.

Il est fainéant comme une couleuvre.

I a pas pus valent qu'un fenhant que se met en colèra.

Il n'y a pas plus vaillant qu'un fainéant qui se met en colère.

Le cotel d'un fenhant copa totjorn plan.

Le couteau d'un fainéant coupe toujours bien.

Mais que voulez vous, il arrive à tout le monde d'avoir la flemme (aver la canha), les pigres (paresseux), les langonhas, les molàs (mollassons)l'ont plus souvent que d'autres.

Il serait injuste d'oublier les maladroits (maladreits, malaisits)

Es adreit coma un porc que monta a l'escala.

Il est adroit comme un cochon qui monte à l'échelle.

Quand on est maladroit, on s'y prend tellement mal qu'on est capable d'attacher l'âne par la queue (bridar l'ase per la coa)

 

Si vous connaissez d'autres dictons, expressions ou proverbes sur ce thème, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons la petite collection de ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Publié le 9 Mai 2020

Evier creusé dans une pierre et son évacuation en façade
Evier creusé dans une pierre et son évacuation en façade

Evier creusé dans une pierre et son évacuation en façade

Dans "L'eau des collines", Marcel Pagnol souligne la préciosité de ce liquide dans nos vies quotidiennes et celles des agriculteurs pour  leurs activités. Longtemps en Lauragais, les fermes étaient équipées d'un puits, d'une citerne, d'un cuvier, d'une auge, d'une mare qui nécessitaient transport et suscitaient des inquiétudes vives lors des pénuries.

En 1948, est créée l'Institution interdépartementale pour l'aménagement hydraulique de la Montagne Noire devenue aujourd'hui l'Institution des eaux de la montagne noire (IEMN). Le barrage des Cammazes est patiemment érigé entre 1953 et 1958 ainsi que les usines de potabilisation pour ensuite alimenter les communes du Lauragais et au delà.

Dans les métairies des années 50, cette arrivée a apporté un confort très apprécié.

 

Les métairies avant l'eau courante

 

La corvée d'eau mobilisait régulièrement les membres de la familles. Hommes, bêtes, potagers tous avaient besoin d'eau. Elle se faisait rare lors des sécheresse et parfois difficile à atteindre lors des grands froids. Il fallait par exemple casser la glace épaisse de la mare pour faire boire les animaux durant l'hiver 1956. 

 

Aimé Boyer nous décrit la vie d'avant l'eau courante :

 

"Il n’y avait pas d’eau courante mais souvent un puits, plus ou moins loin de la ferme suivant la source trouvée par un sourcier. A ces puits, il y avait rarement des pompes, c’était le seau, une corde ou un tour munie d'une chaîne,.

Les puits où l'on  puisait avec la corde étaient fermés à ras de sol, recouverts de tronc d’arbres, disposés de façon à avoir une trappe fermée avec de grosses branches. On les enlevait pour pouvoir être au dessus du puits. Il ne suffisait pas de descendre le seau, il fallait aussi qu'il se retourne pour se remplir.

Les puits équipés d’un tour étaient bâtis, l’arbre du tour était posé sur le mur de part et d'autre. Ces tours étaient très souvent équipés d’une chaîne, Il était plus compliqué de tourner le seau pour le noyer, des astucieux installaient, un pois bricolé avec du fil de fer sur un côté du seau. Au contact de l’eau, il se renversait.

Il y avait aussi des poulies à gorges pendues au sommet du puits. Il fallait remplir des auges ou comportes pour faire boire les bovins ou brebis. Des barriques posées sur une charrette, pour la basse cour et on utilisait le seau ou la cruche pour la maisonnée.

 Parmi les corvées dues par le métayer,  on trouvait parfois celles de porter avec des seaux pour les vider dans une citerne en haut de la maison du propriétaire parfois pour remplir les baignoires."

 

Le confort nouveau des métairies équipées

                                                         

Il poursuit :

 

"En 1969, j’ai déménagé, cette métairie était équipée avec l’eau de la Montagne Noire, Il y avait un robinet au dessus de l’évier, adapté à la cuvette, qui n’était pourtant pas prévue pour en être équipée. Une petite fenêtre était posée devant l’évier. Cette cuvette était creusée dans une pierre avec au fond un trou pour en assurer l’évacuation.

Devant la porte de l’écurie, se trouvait également un robinet prévu pour alimenter une auge. J’ai commencé par poser une comporte. J’ai donc goûté au plaisir d’ouvrir ce robinet, l’hiver, pendant que mes vaches buvaient goulûment. Quel luxe, comparé à l’auge qui se trouvait au fond du pré.

Bien sûr, je ne me suis pas arrêté là.  Il y avait une pièce sous l’escalier, que j’ai aménagée rapidement pour y poser un chauffe eau électrique, un receveur de douche, un lavabo. Sur cette lancée, j’ai même alimenté l’évier en eau chaude en bricolant un peu la cuvette.

L’année suivante, j’ai installé les abreuvoirs automatiques dans l’étable en les fixant à la mangeoire.

Sans oublier ensuite de poser un robinet dans les bâtiments de la basse cour. Ainsi s'est trouvée terminée i la corvées d’eau, avec la charrette. Ouf !

 Rapidement, pour ne pas perdre la main ; du confort : j’ai fabriqué une fosse septique avec un puisard, rempli de galets de l’Agout avec un WC. Finie la cachette derrière la haie du jardin, finie la cabane au fond du jardin..."

 

C'est aussi ce qu'Emile a fait en mai 1960, l'aménagement de water-closet grâce à l'eau courante.

 

L'arrivée de l'eau a apporté un confort nouveau dans les campagnes et a aussi réduit largement la peine en provoquant la disparition des corvées liées à l'eau.

 

Je remercie Aimé Boyer pour son éclairage précieux sur cette question. Si vous aussi avez des souvenirs de changements à la ferme, de l'arrivée de progrès dans les années 40,50 ou 60, n'hésitez pas à me les adresser pour publication. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Publié le 6 Mai 2020

Lauragais d'Autrefois (69) : ces dictons occitans du joli mois de mai et des hautes herbes

Quelque proverbes et dictons de saison à l'heure où les bords des champs fleurissent...

Mai fa la faba pro que la trobe plan sarclada.

Mai fait la fève pourvu qu'il la trouve bien sarclée.

En mai, plèja del matin diu pas empachar de partir.

En mai, la pluie du matin ne doit pas empêcher de partir. (elle ne dure pas)

Maissanta èrba jamai no creva.

Mauvaise herbe, jamais ne meurt.

Es pas aquel que ganha le fen que le manja.

Ce n'est pas celui qui gagne le foin qui le mange. (en référence à l'ouvrier ou au métayer et au propriétaire des terres)

Se fa pas fais de tota èrba mai se fa garlanda de tota flor.

On ne fait pas faix de toute herbe mais on fait une guirlande de toute fleur. (toute herbe n'est pas bonne pour le bétail mais on peut faire des décorations de toute fleur)

Mise à jour (merci à JC Escude via K.Sou)

Borron de mai emplis le chai 

Bourgeon de mai emplit le chai

 

Si vous connaissez d'autres dictons ou proverbes sur le printemps, le joli mois de mai, les mauvaises herbes, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Publié le 20 Avril 2020

Cavalcade à Baziège (photo coll.Serge Arnaud)

Cavalcade à Baziège (photo coll.Serge Arnaud)

Les confinements successifs et le couvre-feu mis en place en raison de la crise sanitaire mettent en lumière à travers son atténuation l'importance du lien social dans notre quotidien. Si les moyens modernes - numériques notamment - permettent de garder le contact, ils ne pallient pas complètement l'absence d'échanges directs. 

Dans les campagnes d'antan, les occasions d'échanges humains étaient moins fréquentes mais la sociabilité avait cependant un certain nombre d'occasions de s'exprimer : travail, commerce, religion, liens familiaux et amicaux... En voici quelques exemples...

Foires et marchés

Même si les métayers avaient développé, comme on l'a souvent vu ici, une autoconsommation importante (potager, élevage...), la famille se rendait à un rythme hebdomadaire au moins au marché. On y vendait de la volaille et cela permettait, grâce à l'argent gagné, de faire des courses d'appoint(sel, sucre, etc...). 

Le marché, les foires constituaient des lieux de socialisation importants. On y rencontrait ses connaissances, amis, familles, voisins et on y échangeait des nouvelles, on y parlait métier, avancées de travaux, famille quand on ne négociait pas l'achat ou la vente de bestiaux.

Les fêtes de village

Lors de la fête de son village ou de manifestations traditionnelles (voir illustration), souvent à la belle saison, il était de tradition d'inviter une partie de la famille pour un repas parfois deux. Ainsi, une partie de la famille était reçue le dimanche à midi, l'autre  le soir. En effet, dans une même métairie, on veillait à ce que quelqu'un soit toujours présent pour le soin à apporter aux animaux. En conséquence, un roulement s'instituait pour se rendre à l'invitation, qui au "dîner" (repas de midi en Occitanie), qui au "souper " (repas du soir) après être allé au bal. 

En dehors de ces moments, on prend également visite de temps à autre, pour prendre quelques nouvelles lorsqu'on a l'occasion de passer à proximité de la ferme d'une connaissance.

La religion

Se rendre à la messe, aux célébrations pour Noël (voir ici) ou Pâques fournissait aussi l'occasion d'échanger sur le parvis de l'église ou d'échanger sur le chemin lorsqu'entre voisins on gagnait ainsi le village souvent à pied en l'absence de moyens de transport (voir ici). A cela s'ajoutent les mariages, communions, baptêmes  qui réunissent famille et connaissances proches. Pour les enterrements, les proches mais aussi plus largement la communauté villageoise vient témoigner de leur soutien à la famille endeuillée. 

L'entraide lors des travaux

Les grands événements annuels amenaient familles, voisin, amis à se réunir pour s'entraider. On se rendait ainsi les journées ce qui amenaient à se fréquenter souvent : moissons, battages, vendanges, cochons, canards nécessitaient de la main d'oeuvre.

Des posts consacrés à ces grands travaux (voir post sur les battages  par exemple ou celui sur le cochon ) émanent de longues journées de travail mais aussi de grandes parties de fous-rires et de moments de convivialité autour de grandes tablées joyeuses.

L'entraide se mettaient en place lorsqu'un accident ou une maladie survenait dans une métairie, on apportait de l'aide ou on soignait le bétail lorsqu'un paysan était alité dans la maison voisine (voir ici).

Les prestations, ces journées dues à la municipalité dans le cadre du paiement en nature de la taxe vicinale réunissaient aussi quelques jours par an les hommes du village pour tailler les haies, entretenir, haies, chemins et fossés (voir ici).

Les veillées hivernales

Après les emblavures, il était de coutume de se réunir de temps à autre le soir pour échanger des nouvelles, jouer à la manille ou à la belote le temps d'une soirée amicale (voir article à ce sujet ici).

Pour les familles paysannes du Lauragais, le lien social était donc  un élément essentiel de vie quotidienne et régulièrement entretenu en différentes occasions tout au long de l'année. Ces échanges, réunions et rencontres, nous n'en avons noté ici que quelques exemples, relevaient de relations de travail, amicales ou familiales et ce maillage constituait le tissu social, essentiel à la vie rurale.

Si vous avez des témoignages, des photos de la vie d'antan dans les fermes et métairies lauragaises, n'hésitez pas à me les faire parvenir, je les publierai : lauragais@lescarnetsdemile.fr ou 0625549345

 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Scène de village à Montmaur 1950, photo coll. JC Rouzaud

Scène de village à Montmaur 1950, photo coll. JC Rouzaud

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Publié le 9 Avril 2020

photo Coll. famille Nardèse

photo Coll. famille Nardèse

La période de confinement que nous vivons depuis quelques semaines est-elle inédite ? Elle l'est par sa dimension, sa durée et son étendue. Cependant, en faisant quelques recherches, on s'aperçoit tout de même que, dans les campagnes lauragaises, des périodes d'isolement ou de quarantaine ont été vécues en différentes circonstances provoquées non seulement par la maladie mais également par les aléas climatiques (neiges importantes, inondations...). Passage en revue de ces situations exceptionnelles...

1952 : la fièvre aphteuse

La fièvre aphteuse est cette épizootie que redoutent les éleveurs. C'est une maladie virale qui touche bovins, ovins, caprins, porcins et plus largement tous les animaux à sabots fendus. Elle est d'une grand contagiosité et a pour les éleveurs des terribles conséquences économiques.

Dans la période qui nous préoccupe sur ce blog, deux vagues sont à noter : l'une en 1938 et l'autre en 1952. Elle se manifestait par une température élevée, des aphtes et une surproduction de salive. Parfois les animaux atteints maigrissaient et s'ils parvenaient à s'en remettre, c'était rarement le cas pour les plus jeunes.

Elle n'était pas transmissible à l'homme ou alors rarement et avec des symptômes assez bénins.  

L'inquiétude suscitée par la contagion amenait alors les autorités à mettre en quarantaine certaines fermes ou métairies atteintes pour ne pas que se répande le virus d'un élevage à l'autre. La famille entière, réunie, vivait alors à l'isolement.

Aimé Boyer se souvient de l'épisode de 1952 :

" On déplorait beaucoup de pertes de jeunes bovins, les maisons étaient mises à l'isolement quarante jours durant.

Pour porter les prélèvements au laboratoire, on sollicitait les gendarmes qui étaient chargés de cette tâche. Il n'y avait pas de téléphone aussi pour communiquer, on avait posé une caisse dans la haie à la limite dela propriété. Un chiffon blanc déposé en vue signalait un besoin des habitants. C'était leur seul lien avec l'extérieur, leur seul moyen de communication bien ténu. Nous qui n'avions pas nos animaux atteints allions voir et prenions en charge : besoin de médicaments, de provisions ou autre... On reposait le torchon qui servait de signal quand le service était rendu. Aucun produit bovin ne devait sortir de la ferme, fumier compris. Des pédiluves étaient installés. C'était bien compliqué surtout que ces animaux comme les boeufs de trait ne pouvaient plus travailler. "

 

Dans les carnets d'Emile, on trouve la mention suivante de la main de Jean, le père d'Emile, datée du 27 février 1952 :

Paulette Durand, sa belle-fille, confirme la difficulté de ces moments  :

"En février 1952, j'ai accouché de ma première fille. Nous avons été très inquiets, c'était un bébé prématuré et fragile. Dans l'étable nous avions boeufs et vaches atteints de la fièvre aphteuse que le vétérinaire venait à peine de diagnostiquer. Les visites ont donc été proscrites et la plus grande prudence était de mise. Même le docteur pour venir ausculter le bébé prenait mille précautions pour s'approcher de chez nous en changeant notamment de chaussures à distance."

 

Quelques jours plus tard , dans le carnet on confirme la difficulté de la situation :

 

Les gendarmes sont venus pour établir un rapport sur la situation sanitaire. Etaient alors mises en quarantaine, les seules exploitations touchées par la maladies. Cependant, la période n'a pas duré plus d'un mois et le jeune bovin a été la seule perte. Les boeufs se sont remis et ont repris le travail pour passer la herse dès le 12 mars. Les visites à la ferme ont recommencé fin mars.

 

1956 : la neige et le froid

 

D'autres situations dues à la météo conduisaient parfois à des isolements forcés. Comme lorsqu'il y avait beaucoup de neige.

Paulette Durand se souvient :

"Certains hivers, la neige était si importante qu'il nous était impossible de quitter la ferme. Nous étions isolés du monde tant que la neige ne fondait pas, cela ne serait en général pas plus de quelques jours. En 1956, le grand froid nous a compliqué la vie. Les températures étaient telles que la glace sur la mare supportait le poids des boeufs et nous avions bien du mal à la casser chaque matin pour les abreuver."

Berthe Tissinier confirme :

"Durant cet hiver 1956 le confinement a dû être forcé et naturel mais dans les fermes il y avait de quoi subsister : du lait, des légumes secs, des volailles, des cochonnailles, du confit, du vin et de l'eau de vie !

On faisait du millas qui servait de pain et de dessert, les confitures de l'été, on faisait du beurre avec la crème de lait que l'on remuait pendant des heures dans une grande conserve, chacun à tout de rôle la secouait, cela vous faisait les bras !

La vie n'était pas la même qu'aujourd'hui, on allait chez l'épicier moins souvent. Et dès qu'on le pouvait, on s'entraidait entre voisins.

Le problème principal était pour avoir la visite d'un médecin si quelqu'un était malade..."

Des isolements qui ne duraient guère mais coupaient bel et bien les familles du reste du monde durant quelques jours...

 

Merci à Berthe, Paulette et Aimé pour leurs éclairages précieux.

 

Si vous avez des témoignages sur ces périodes particulières vécues dans les fermes et métairies lauragaises, n'hésitez pas à me les faire parvenir, je les publierai : lauragais@lescarnetsdemile.fr ou 0625549345

 

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Publié le 8 Avril 2020

Un lecteur de ce blog m'a adressé un mail concernant la grippe asiatique qui a sévi dans le monde en 1957 et plus particulièrement en France à la fin de l'année.

Le virus grippal avait commencé à se répandre en Chine en janvier pour atteindre les États Unis en juin et arriver en Europe au début de l'été. Il ne se montra réellement actif en France qu'au cours de l'automne, favorisé par la météo. Il pouvait dégénérer en pneumonies et oedèmes pulmonaires.

L'Europe n'avait pas été confrontée à ce type d'épidémie depuis la grippe espagnole de 1918 aussi certaines des es mesures prises furent insuffisantes ou mal adaptées Par exemple le vaccin protégeait contre la souche H1N1 or le virus était issu de la souche H2N2 de la grippe A.

Alain Belaud se souvient : " La grippe asiatique de 1957-58 clouait au lit des familles entières. La solidarité des voisins (guéris ou non encore touchés) s'organisait pour donner à manger aux bêtes et laisser une casserole de tisane."

Si on opère un retour en arrière dans les Carnets d'Emile, la famille ne fut pas épargnée par cette épidémie.

La première de la maisonnée à être frappée fut la grand-mère d'Emile, Léonie. De santé fragile, l'évolution de sa maladie nécessita 4 visites du docteur Izard. Emile nomme cette grippe, la "grippe mauvaise". Elle intervient dans un contexte particulier puisque sa femme Paulette attend leur deuxième enfant pour la fin de l'année.

Le 17 novembre 1957, Emile écrit :

Un mois plus tard, en décembre, ce fut à son tour d'être souffrant, à un point tel qu'il ne pouvait pas travailler. Il resta à l'intérieur une semaine durant, dans le même temps sa belle-mère Anna la contracta également obligeant Paulette à faire des allers-retours entre les deux métairies pour prêter main forte.  La solidarité familiale était un élément important. On note au cours de cette semaine là de plusieurs visites du docteur Izard au chevet du malade.

On estime à 100000 environ le nombre de victimes françaises de cette épidémie. A la métairie d'Emile, on n'en déplora cependant aucune, le rétablissement fut long mais se fit dans de bonnes conditions pour tous.

Pour aller plus loin, un article de Libération:

La grippe asiatique de 1957

Merci à Alain Belaud pour cette suggestion et les éléments qu'il m'a adressés.

 

Si vous avez des témoignages sur ces périodes particulières vécues dans les fermes et métairies lauragaises, n'hésitez pas à me les faire parvenir, je les publierai : lauragais@lescarnetsdemile.fr ou 0625549345

 

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Publié le 4 Avril 2020

Lundi 4 avril 1960 - le décavailloneur

Brumeux plus dans la soirée

Commencé à passer le canadien au champ de la Ginelle la pluie m'en a sorti.

Fini de passé le décavaillonneur* à la vigne

* ou décavaillonneuse. Décavaillonner consiste à labourer entre les pieds de vigne pour supprimer notamment les adventice (mauvaise herbe)

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Publié le 3 Avril 2020

Dimanche 3 avril 2020 - les boeufs arrivent

Orageux

J'ai fait la vidange au tracteur.

Sacaze nous a porté une paire de boeufs. Il nous a rendu 15000 sur les autres. Après souper nous sommes allés à Roou. 

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Publié le 1 Avril 2020

photo : B.Alasset Insta : Bruno31290

photo : B.Alasset Insta : Bruno31290

Dans d'étranges circonstances cette année, avril est le printemps sont pourtant bien là. Abril ou abroad en occitan languedocien marque donc les débuts de la saison du coucou. Petit florilège des expressions de saison...

Ne vous privez pas de m’adresser les vôtres pour compléter cette petite collection, je mettrai ce post à jour. Vous pouvez les envoyer à l’adresse qui suit : lauragais@lescarnetsdemile.fr

  • Abril fa la flor e mai n’a l’onor.

Avril fait la fleur et mai en a l’honneur

  • Abrial a trenta jorns mas se plaià trente e un faià pas de mal a degun.

Avril a trente jours mais s’il pleuvait trente et un, cela ne ferait de mal à personne

  • En abril, tot arbre a son grilh.

En avril, tout arbre a son bourgeon

  • Se en abril le cocut es pas encara vengut, cal que siasque mort o perdut.

Si, en avril, le coucou n’est pas encore venu, il doit être mort ou perdu.

  • A la sason del cocu, tan lèu plogut, tan lèu eissut.

A la saison du coucou, aussitôt plu aussitôt sec

 

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Publié le 31 Mars 2020

Jeudi 31 mars 1960 - de l'orage dans l'air

Beau - orageux

Continué à labourer et déchausser la vigne

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Publié le 30 Mars 2020

Mercredi 30 mars 1960 - déchausser la vigne

Doux pluie le soir

Labouré et déchaussé* la vigne

Les Seloudres sont venus.

 

* cela consiste à dégager le pied du cep de la terre qui le recouvre

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Publié le 29 Mars 2020

Mardi 29 mars 1960 - au moulin du poivre et au champ noir

Beau

Je suis allé à la sépulture de Benet

Fini de semer le fourrage en haut du champ de la Perrière

Fini de jeter l'ammonitore moulin du poivre et champ noir

Charrier les barres du fond du pré. Paulette est arrivée de Roou.

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Publié le 28 Mars 2020

photo coll. J-C Rouzaud

photo coll. J-C Rouzaud

    

Les fèves avaient une place de choix dans les exploitations agricoles d'antan pour l’alimentation, qu'elle soit animale ou humaine, et la rotation culturale. On semait quand on le pouvait les graminées sur les légumineuses et vice versa.

 

Des semis avec le brabant - Semenar las favas

Aimé Boyer se souvient :

"On les semait le plus souvent, sur une milliaire, avec le brabant sans oublier d'incorporer le fumier.

À partir du 11 novembre suite au déménagement - au changement de borde pour les métayers - lorsque c'était le cas et jusqu’en février. On allait au champ avec un sac de fèves posé sur le brabant, sans oublier un petit panier. On faisant un premier sillon en rabattant le labour sur un bord de champ. C'était le labour à plat.

Et, au troisième sillon, le panier posé et bien calé sur le brabant, tout en menant les vaches qui savaient ce qu'elles avaient à faire. on semait en égrenant sans forcément s’appliquer à le faire graine par graine. Puis on posait le panier au sol, avant de tourner le brabant, on faisait trois sillons supplémentaires, et on reprenait le panier qui était resté au bout, Et on répétait cette opération sur un hectare environ."

 

Un sarclage difficile au début du printemps -sarclar et deserbar

Il poursuit :

« Quant elles était nées, il fallait les sarcler, ce n’était pas une mince affaire ! Elles avaient étés semées l’hiver donc la terre était molle. Cela signifie que le printemps venu, il n’y avait pas de terre meuble. C'était surtout le désherbage manuel qui était l’essentiel de l’action. Et quelques fois il fallait le faire deux fois avant quelles fleurissent."

Vers la table - A taula !

Apres la floraison, dès que le grain était formé, un premier ramassage permettait d'en déguster à croque sel.

En omelette, on faisait revenir les fèves dans la poêle et on vidait dessus les œufs battus. On les cuisinait en sauce, préparées un peu comme la mongetada. On les servait aussi en soupe avec des légumes classiques.  

Les petites fèves mélangées avec le pain dans la soupière et consommées aussi avec les légumes après la soupe. La soupe était une recette à base de pain. 

La soupe était épaisse tellement que la cuillère tenait debout dans l’assiette. Elles étaient cuites en purée, vidées sur le pain dans la soupière.  Quelle joie de déjeuner avec une assiette de soupe refroidie, un carré de lard coupé en dés, sur une tranche de pain tiré de la marque et arrosée du vin de la vigne. 

Cela constituait notre régime alimentaire journalier durant un bon mois de l'année."

 

La récolte des fèves sèches - batre las favas

« Quant elles étaient mûres bien noires, pied compris, on les ramassait le matin avec la rosée, sinon elles s’égrenaient. De petits tas étaient rassemblés toutes les trois ou quatre rangées. Il fallait aussi les charger sur les charrettes disponibles.     

Il fallait ensuite se préoccuper de la préparation du terrain pour les battre avec le rouleau en bois à traction animale.

La préparation consistait, sur un sol plat, à couper l’herbe en faisant glisser le dessous du sarcloir sans faire de trou dans la terre.On formait un espace circulaire, pour permettre à l’attelage de tourner sans faire de manœuvre. 

Le jour J, les fèves était étalées sur le sol en bonne couche en prenant soin de ne pas en mettre au centre, toujours pour la même raison de manœuvres à réaliser.  Le rouleau en bois tiré par nos braves vaches allait tourner en rond toute la journée. Cela s'entrecoupait de longues pauses. Quand on avait fais quelques tours sur les fèves qui craquaient sous le pois du rouleau, on écartait l’attelage hors de l'espace, à l'ombre, et avec la fourche on retournait les pieds. On brassait pour faire tomber les fèves au sol et redonner du volume à la récolte. On reprenait alors nos vaches qui en avaient profité pour ruminer.

On refaisait quelques tours de plus et on allait délier les vaches qui avaient suffisamment tourné en rond.

 

Puis c'était à notre tour de jouer, équipés de chapeaux, un mouchoir calé dessous comme les légionnaires, on tournait en donnant du volume on faisait tomber les dernières fèves rebelles accrochées aux fanes. On faisait plusieurs tas de toutes ces tiges et feuilles qui n’étaient pas tombées car elles allaient être rentrées à l’abri pour être consommées plus tard en récompenses à nos bonnes vaches.

Avec le revers du râteau à foin, on poussait pour faire plusieurs tas de graines mais aussi de résidus divers : feuilles, tiges cassées, fanes écrasées sans oublier de la terre portée du champ avec les racines et du sol de battage.

On installait ensuite au pied d’un tas, une ou deux couvertures ou draps. Et on posait dessus le moulin, à ventiler à traction manuelle. Toute la famille participait, chacun avait son poste, avec pour mission de remplacer de temps en temps le chauffeur.

Avec une pelle ou un seau ont alimentait la trémie, quelqu’un tournait le ventilateur qui activait aussi plusieurs grilles de différentes dimensions superposées en étages et animées en va-et-vient. Elles étaient suffisamment inclinées pour que les fèves descendent sur une dernière grille de dimension adaptée afin d'éliminer les derniers rejets trop lourds pour le ventilateur comme la terre par exemple. 

Une personne était chargée de récupérer les graines et de remplir des saches pas trop abondamment : il allait falloir les monter au grenier. 

Pour les derniers débris laissés sur place, la basse-cour, les pigeons, pies et corbeaux allaient s’occuper du nettoyage sans oublier les tourterelles et oiseaux nombreux.

 

Toutes ces graines, une fois la semence réservée de côté, étaient consommées de différentes façons selon les animaux. »

 

 

Merci à Aimé Boyer pour son témoignage ainsi qu'à Jean-Claude Rouzaud pour le partage de ses clichés.

 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Publié le 28 Mars 2020

Lundi 28 mars 1960 - l'assurance de la mobylette

Pluie

Je suis allé à Castel. Payé l'assurance de la moto mobylette 11045 F. 

Coupé un arbre au fond du pré.

Paulette est allée dormir à Roou.

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Publié le 27 Mars 2020

Dimanche 27 mars 1960 - où il est question de noces et d'enterrement

Vent marin

Je suis allé à Roou et à Avignonet

Paulette et Huguette sont allées à Roou. La famille Marius de Castelnaudary sont venus nous voir pour la noce.

Mort de Benet de Montmaur 82 ans

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Publié le 25 Mars 2020

Coll. Serge Arnaud

Coll. Serge Arnaud

Le vent d'Autan qui souffle si souvent souvent dans le Lauragais renvoie à quelques écrits d'Emile.

La gêne qu'il occasionnait dans les activités du travailleur y est souvent sous-entendue. Une légende dit même que, dans l'ancien code pénal toulousain à la période médiévale, les crimes commis en période d'Autan bénéficiaient de circonstances atténuantes au regard des effets perturbateurs de ce vent sur la raison.

Mais qu'il s'agisse du vent de Cers ou du vent d'Autan, on remarque dans les carnets leur omniprésence. Leur violence n'est pas sans conséquences sur les récoltes ou les habitations. Ainsi au mois de juin 1956, le vent a fait s'abattre un arbre près, très près de la métairie ; on verra qu'il a emporté le fourrage de grain qu'on venait de faucher dans le champ voisin le jeudi 27 septembre entre autres exemples...

Emile dénomme le plus souvent vent marin le vent d'autan lorsqu'il l'évoque. Ce vent de la mer est cependant riche de très nombreuses nuances que Claude Rivals a recensées sur une Rose des vents. Ce vent des fous ou vent du Diable a tendance à faire oublier parfois la prédominance du vent de Cers en raison de sa violence et de ses rafales capricieuses : 2/3 vent d'Ouest - Cers donc - pour 1/3 vent d'Est, vent d'autan et ses nuances. Les relevés réalisés quotidiennement par Claude Bouche durant les vingt dernières années confirment que c'est toujours.

Cette proportion, si on prend les Carnets d'Emile pour l'année 1956, n'est absolument pas mise en lumière. La gêne occasionnée par le vent d'Autan au travailleur lui vaut la majorité des citations. Ainsi sur 113 évocations du vent au cours de l'année, 11 sont indéterminées, 14 évoquent le vent de Cers (accompagnées souvent d'un qualificatif "fort" ou "très fort") quand 88 sont relatives au vent d'Autan (qu'il soit "léger" ou "violent", en "rafales" ou "bourrasques").

Une année entière en Lauragais compte très peu de jours sans vent. Il vaut au Lauragais une orientation bien particulière de ses habitations, parallèles à ces vents dominants, pour préserver les huisseries, les tuiles mais aussi pour que la poussière des travaux de ferme n'evahissent pas les habitations. Celles - rares -ne respectant pas cette orientation étaient dites mal viradas (mal tournées).

Merci à Claude Bouche pour ses relevés minutieux des vents du Lauragais ainsi qu'à Serge Arnaud pour les cliches des moulins baziégeois.

 

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Le père d'Emile sur le moulin à vent qu'il avait fabriqué lui-même

Le père d'Emile sur le moulin à vent qu'il avait fabriqué lui-même

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Rédigé par Emile

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