occitanie

Publié le 23 Octobre 2019

Près de la cour de la ferme, le crib est prêt à accueillir le maïs récolté.

Près de la cour de la ferme, le crib est prêt à accueillir le maïs récolté.

Grâce aux photos de la famille Nadèse, des photos confiées par Serge et d'un témoignage confié par Aimé, nous llons consacrer quelques posts à la récolte et au stockage du maïs. A suivre ici dans les jours à venir...

Si vous aussi avez des documents, des témoignages, des éléments à ce sujet, n'hésitez pas à nous les adresser pour publication et partage (lauragais@lescarnetsdemile.fr).

Merci à Berthe pour la photo.

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

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Rédigé par Emile

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Publié le 16 Octobre 2019

Lauragais d'Autrefois (24) : l'âme du vin (se sovenir del vin)

Le temps y est suspendu... Dans la vieille cave, entre ombres et lumières, de vieux pressoirs ou ce qu'il en reste témoignent de l'activité vinicole passée. De l'existence, jadis, de ce vin du Lauragais.

Le bois des vieux tonneaux est sec depuis belle lurette ; la cuve esseulée résonne, vide... Cette odeur si caractéristique des lieux du vin flotte encore un peu dans l'air... On pourrait même s'attendre à voir surgir les vignerons bruyants au coin de la porte déchargeant les comportes... Pourtant au dehors, sur les coteaux, plus un cep de vigne ne subsiste. Ni vendange, ni vendangeurs...

Souvenirs des automnes d'autrefois...

Merci à Laure pour le partage de ses jolies photos.

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Rédigé par Emile

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Publié le 12 Octobre 2019

Lauragais d'Autrefois (23) : retour sur les vendanges, le truèlh, las gaspas e l'enfonilh

Nous avons évoqué récemment les vendanges (voir article ici) , voici grâce aux souvenirs d'Aimé B. l'avant et l'après vendanges avec des éléments que l'on retrouve souvent dans les carnets d'Emile mais de façon moins détaillée.

Merci Aimé, encore une fois, d'avoir pris le temps de nous faire part de vos souvenirs.

        

"Avant les vendanges, préparer la cuve...

Les cuves en ciment étaient rares. Avant d'y déposer le produit des vendanges, il fallait préparer la cuve. D'abord il était nécessaire de la laver. Pour les cuves en bois, les plus nombreuses, il était nécessaire quelques jours avant de les mettre à tremper. En effet, elles étaient faites de lames de bois posées côte à côte (les douelles), et fabriquées grâce au savoir-faire d'un tonnelier, mais avaient séché depuis l'année précédente. Il fallait donc faire gonfler le bois pour assurer l'étanchéité de la cuve. Chacun avait sa technique pour les mouiller : pompe à sulfater, balai, sacs de jute (saches) humides posés dessus.

Devant le trou du robinet on posait un tampon de paille, calé avec une grosse pierre pour éviter qu’un grain de raisin ne vienne obstruer le robinet.

 

Après la vendange et la fermentation...

Couler le vin, décuver : C'était l'action qui consistait à tirer le vin de la cuve après un temps de fermentation. Le moment venu était décidé par le paysan seul en fonction du temps et de l'estimation qu'il faisait de l'avancée de la fermentation. Par un gros robinet sur le côté inférieur de la cuve, on récupérait le vin dans une comporte,. Avec une pompe à vin ou le plus souvent avec un décalitre, on vidait le vin dans la barrique (muid, demi-muid...) grâce à un entonnoir (l'enfonilh en occitan) posé sur le dessus. ça sentait bon le vin nouveau et de temps en temps, il fallait le goûter, c'était l'un de nos plaisirs simples de cette saison.

      

Une fois le vin tiré de la cuve , par précaution on enlevait avec le croc à fumier une petite couche du raisin (las gaspas) qui pouvait être moisi au contact de l’air. On rentrait ensuite dans la cuve non sans s'être assuré avec le briquet que l’air à l’intérieur de la cuve était bien respirable. Après avoir remis en place l’échafaudage qui avait servi au remplissage et avoir posé dessus deux ou trois comportes, avec une fourche ou autre outil, on les remplissait en tassant un peu pour réduire le volume.

On ne laissait rien dans la cuve mais on ne la lavait pas, il fallait laisser cette pellicule de tanin, accrochée à la paroi pour protéger le bois, jusqu'à l’année suivante. (La vendange etait devenue du Marc)

 

Le pressoir (le truèlh)

Dans le Lauragais, quelques agriculteurs avaient un pressoir à cliquets que les voisins utilisaient  comme, d'ailleurs,  le matériel de battage. il était monté sur roues équipées d’un timon type charrette pour la traction animale. Il fallait aller le chercher quand on en avait besoin, en accord avec le propriétaire, qui venait pour manipuler ce pressoir.  

Pour le remplir, il fallait monter le mécanisme de vissage, enlever les cales, la demi-lune et le remplir avec les comportes que l’on venait de sortir de la cuve. Il ne fallait pas attendre top longtemps et bien l’éparpiller de façon homogène puis poser les deux cales demi lune, de chaque cotées de la vis.  Et, par-dessus, on posait les autres cales, en croix. Le mécanisme comprenait entre autre deux cliquets pour visser, (et pour dévisser il fallait tourner les cliquets) avec la barre et un mouvement de va-et-vient pour faire couler le jus qui restait dans les grappes (las gaspas). Pas trop vite, il fallait laisser faire doucement, pour récupérer le maximum.

Pour vider, on tournait les cliquets, et par le même mouvement de va-et-vient, le mécanisme se dévissait.  On enlevait l’ensemble des cales, on démontait les claies tenues par un système de crochets et on récupérait le marc de raisin.

On prenait soin de le ranger dans des comportes, bien tassé, pour le porter au bouilleur de cru.

 

L’alambic : Distiller consiste à faire bouillir (Bouilleur de cru) de la matière alcoolisée. Transformée en vapeur,  il fallait la faire refroidir dans un serpentin enroulé dans l’eau froide et le miracle se produisait. L'eau de vie, la gnole ou l'aigardent comme on disait en occitan était là.  On apportait non seulement le marc mais aussi son bois.

A l’alambic il n’y avait pas que ça, il y avait de la braise, pour faire des grillades, on n’allait pas à l’alambic, sans prendre un bouteille de vin nouveau. Il y avait beaucoup de visiteurs curieux, qui venait voir, goûter, profiter du parfum, refaire le monde ou même pour certains trafiquer un peu mais ça c'est une autre histoire...."

 

Merci à Laure P. pour la photo des vendanges en Lauragais et à Aimé pour le schéma du pressoir  vis qu'il a commenté.

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Lauragais d'Autrefois (23) : retour sur les vendanges, le truèlh, las gaspas e l'enfonilh

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Rédigé par Emile

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Publié le 18 Septembre 2019

Lauragais d'Autrefois (17) : biner le maïs
Lauragais d'Autrefois (17) : biner le maïs

Le binage du maïs est une étape importante de sa culture. Elle permet de se débarrasser bien-sûr au passage de quelques mauvaises herbes mais sa fonction principale est de briser la croûte. Cette action limite d'une part l'évaporation de l'eau, rend le sol plus perméable à la pluie - l'eau peut ainsi atteindre les racines - et la couche superficielle contenant les micro-organismes est rendue également plus perméable à l'air assurant ainsi une meilleure croissance et une meilleure santé de la plante.

Les photos représentent une bineuse à traction mécanique, le guidage du deuxième homme permettait plus de précision pour ne pas blesser ou arracher des pieds de maïs.

Vous avez dit maïs ? Nous en reparlerons bientôt ici.

Merci à la famille Nardèze pour le partage de ces clichés très parlants.

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Lauragais d'Autrefois (17) : biner le maïs

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Rédigé par Emile

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Publié le 14 Septembre 2019

Le Lauragais d'Autrefois (15) : Le Lauragais des moulins/Le Lauraguès dels molins

Ces lignes ont déjà été publiées ici. Je vous les propose à nouveau enrichies des photos confiées par Serge A.

En 1959, lorsque Emile rédige les pages publiées ici actuellement, il n'y a guère plus de métayers dans le Lauragais. Les grandes heures des moulins sont déjà, elles-aussi, au rang des souvenirs.

S'il évoque pourtant fréquemment dans ses lignes le Moulin du poivre, ce n'est que pour évoquer les terres qui entourent les ruines de ce moulin qu'Emile travaille.

S'il était nommé ainsi, ce moulin, ce n'est pas parce que le meunier (le molinier en occitan)  moulait cette épice. C'est parce qu'il "se faisait du poivre", c'est à dire beaucoup de souci car son moulin n’était pas l'un des mieux exposés aux vent dominants, Cers et Autan.

Les collines du Lauragais était hérissées quelques décennies plus tôt de nombreux moulins qui connaissaient une activité considérable jusqu'au début du XXe siècle. Le meunier était d'ailleurs un personnage prestigieux de la vie locale. En effet, les moulins jouaient un rôle essentiel dans la vie sociale et économique du Lauragais. Les farines de blé et, dans une moindre mesure, de maïs étaient prépondérantes dans la nourriture quotidienne. Le pain, le millas pour ne citer qu'eux en étaient des éléments centraux.

D'un moulin à l'autre, les meuniers, parfois à l'aide de longues vues, observaient les actions de leurs homologues sur les toiles tendues ou repliées sur les ailes, ce qui constituait de précieuses indications sur l'évolution des vents parfois si capricieux qui, d'alliés et de force motrice, pouvaient devenir ennemis et source de dégradations sur l'outil de travail. La vigilance du meunier était constante, l'inquiétude de tous les instants...

Le déclin des moulins lauragais s'est enclenché au moment de la 1ère guerre mondiale et s'est encore renforcé avec l'apparition des concasseurs électriques dans les décennies suivantes.

Un regain de l'activité des meules de pierre a pourtant eu lieu lors de le 2nde guerre mondiale. Les meuniers sont ainsi remontés aux ailes. Les concasseurs électriques, mis sous scellés, les moulins sont devenus des outils de travail contrôlés par des perquisitions de gendarmerie et des autorisations de moulage strictes. Cela n'a pas empêché le développement de fraudes, pour contourner la rigueur des tickets de rationnement. De nuit, lorsqu'on le pouvait on apportait un peu de blé pour pouvoir échanger de la farine auprès du boulanger contre un peu de pain. On s'y rendait par des chemins détournés, jamais le même, la peur au ventre de tomber sur un éventuel contrôle.

Après la guerre, le déclin des moulins s'est accéléré. Pour ne plus payer la patente d'une activité qui ne suffisait plus à faire vivre les familles de meuniers, certains ont démonté aux-mêmes les ailes et les toits de leurs moulins, se tournant vers l'agriculture et quittant à regrets leurs outils de travail qui, peu à peu, ont continué  se délabrer. Certains ont été rasés, d'autres restent encore fièrement dressés, privés de leurs ailes, se fissurant lentement comme pour rappeler le labeur d'antan des moliniers si directement lié à l'activité agricole.

Regardez bien en traversant le Lauragais, ils sont encore là, saluant notre passage et nous susurrant de nous souvenir encore un peu de leurs ailes absentes qui battaient l'air pour "faire farine" comme on disait alors.

Lexique occitan :

le moulin : le molin

le meunier : le molinier

les ailes : las alas, las telas

la meule : la mòla

le blé : le blat

le maïs : le mil

L'avoine : la civada

Sur ce sujet, on pourra lire le passionnant ouvrage de Jean et Huguette Bézian, Les grandes heures de moulins occitans, Plon, Terre Humaine, 1994, recueil de témoignages de meuniers très éclairants sur l'évolution ce métier disparu et fourmillant d'anecdotes.

Je remercie encore Serge pour les clichés des moulins de Baziège qu'il m'a transmis pour les partager avec vous.

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Le Lauragais d'Autrefois (15) : Le Lauragais des moulins/Le Lauraguès dels molins
Le Lauragais d'Autrefois (15) : Le Lauragais des moulins/Le Lauraguès dels molins

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Rédigé par Emile

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Publié le 11 Septembre 2019

Dessins de Jeannot Bélinguier : le joug, la redonda et le tresegat

Dessins de Jeannot Bélinguier : le joug, la redonda et le tresegat

Pour attacher la charrue ou le brabant au joug qui permettait aux bœufs de les tirer, une pièce était essentielle le tresegat. Afin de mieux comprendre la fonction de cette pièce, commençons par la redonda, l'anneau le plus simple.

Les explications sont fournies par Marie-Hélène Cazeaux, en occitan, et tirées d'une veillée partagée en occitan à Caignac :

Lauragais d'Autrefois (14) : qu'es aquò un tresegat ?

"La redonda (prononcer redoundo) sert pour les outils qui roulent et principalement la charrette.Une cheville devant, une derrière, le tiradon était bien tenu."

Lauragais d'Autrefois (14) : qu'es aquò un tresegat ?

Sur des dessins de Jeannot Belinguier, on voit très bien les trois pièces du tresegat (noms donnés par le forgeron de Juzes)

Lauragais d'Autrefois (14) : qu'es aquò un tresegat ?

"Le tresegat était pour les outils tirés, les charrues... il y avait un peu plus de jeu.

La tresèga (de tressa, tresse) était un anneau de branches tordues ou de cuir, pendu à la cheville du joug et le tiradon y passait dedans : une cheville de chaque côté pour qu'il ne puisse pas avancer ni s'extraire de l'anneau. Le tresegat sert à la même chose mais est en fer."

Voici enfin une photo de l'objet envoyée par Aimé B :

Lauragais d'Autrefois (14) : qu'es aquò un tresegat ?

Un grand merci à Marie-Hélène Cazeaux et Jeannot Belinguier pour ce partage ainsi qu'à Aimé pour la photo du tresegat.

 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Rédigé par Emile

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Publié le 10 Août 2019

On l'aura compris à le lire ici chaque jour, Emile parle et écrit un français de très bonne qualité. Il a du goût pour cela sans doute transmis par son père qui lui aussi, doté d'un esprit curieux, aime lire, écrire, faire des essais. Si Emile reste dans un exercice factuel qui consiste à relater les faits de son quotidien de travail, dorment aussi sur l'étagère des cahiers de Joseph, son père, qui datent des années 30. On y trouve non seulement des croquis mais des tentatives poétiques, des essais de chansons essentiellement tournés vers le sentiment amoureux...

Dans les écrits du quotidien d'Emile, on trouve cependant quelques occitanismes. Ils peuvent être relatifs aux outils par exemple. Ainsi l'andusac remplace avantageusement la bêche, le terme de fosso (qu'il écrira comme on le prononce en occitan : foussou) est préféré à celui de houe. On trouve aussi quelques syntaxes héritées de l'occitan. La place de l'adjectif y est parfois similaire : il parle par exemple de "la vache vieille" pour la distinguer des autres et non de "la vieille vache".

Le Lauragais, au cœur de l'Occitanie, est évidemment le royaume de la langue occitane, l'occitan languedocien pour être précis. Au quotidien, la langue parlée dans les fermes, les métairies comme celle d'Emile est encore majoritairement teintée d'occitan. Alors, bien-sûr, les lois Ferry ont contribué à l'enseignement de la langue française à l'Ecole et les instituteurs de la première moitié du XXe siècle ont veillé à bouter le dénommé "patois" hors la classe et même, lorsque c'était possible hors de la cour de récréation. Son utilisation accidentelle ou dissimulée parfois maladroitement pouvait conduire à des sévères sanctions ou punition.

Mais dans les campagnes lauragaises, les échanges se font en occitan encore en 1958. Emile parle le languedocienn avec ses parents, ses grands-parents, sa femme, ses amis paysans. Cette langue très imagée où roulent les r et dont le sel est faite d'expressions idiomatiques savoureuses. Par contre, on veille à parler français aux enfants. Une attention scrupuleuse est portée à leur scolarité et à la maîtrise de l'orthographe et de la grammaire françaises. On parle aussi le français, sans difficulté, à l'extérieur avec le médecin, l'administration, le propriétaire. Le passage d'une langue à l'autre se fait sans même que l'on s'en rende compte.

De cet occitan, on ne connait cependant que la langue orale et on n'en maîtrise pas l'écrit. On rit parfois aux facéties de La Catinou et de son Jacouti, les héros de Charles Mouly, publiées dans les colonnes de La Dépêche du Midi qu'on achète de temps à autre.

Aujourd'hui encore, même s'il est en devenu marginal, l'occitan vient colorer la langue quotidienne du Lauragais. Dans certaines écoles, les élèves y sont initiés. Superflu ? On ne prendra qu'un seul exemple : une langue ayant une racine commune avec le français et dont on prononce les -s finaux du pluriel n'a-t-elle rien à apporter à l'apprentissage de ce dernier ? Et d'ailleurs n'est-il pas capital de protéger, préserver et faire vivre ce patrimoine immatériel qu'est cette langue belle ?

Des Carnets d'Emile, en tout cas, la réponse semble surgir d'entre les lignes...

 

Français et occitan mêlés, la langue belle d'Emile et les siens en 1959

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Rédigé par Emile

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Publié le 23 Juillet 2019

En 1959, lorsque Emile rédige les pages publiées ici actuellement, il n'y a guère plus de métayers dans le Lauragais. Les grandes heures des moulins sont déjà, elles-aussi, au rang des souvenirs.

S'il évoque pourtant fréquemment dans ses lignes le Moulin du poivre, ce n'est que pour évoquer les terres qui entourent les ruines de ce moulin qu'Emile travaille.

S'il était nommé ainsi, ce moulin, ce n'est pas parce que le meunier (le molinier en occitan)  moulait cette épice. C'est parce qu'il "se faisait du poivre", c'est à dire beaucoup de souci car son moulin n’était pas l'un des mieux exposés aux vent dominants, Cers et Autan.

Les collines du Lauragais était hérissées quelques décennies plus tôt de nombreux moulins qui connaissaient une activité considérable jusqu'au début du XXe siècle. Le meunier était d'ailleurs un personnage prestigieux de la vie locale. En effet, les moulins jouaient un rôle essentiel dans la vie sociale et économique du Lauragais. Les farines de blé et, dans une moindre mesure, de maïs étaient prépondérantes dans la nourriture quotidienne. Le pain, le millas pour ne citer qu'eux en étaient des éléments centraux.

D'un moulin à l'autre, les meuniers, parfois à l'aide de longues vues, observaient les actions de leurs homologues sur les toiles tendues ou repliées sur les ailes, ce qui constituait de précieuses indications sur l'évolution des vents parfois si capricieux qui, d'alliés et de force motrice, pouvaient devenir ennemis et source de dégradations sur l'outil de travail. La vigilance du meunier était constante, l'inquiétude de tous les instants...

Le déclin des moulins lauragais s'est enclenché au moment de la 1ère guerre mondiale et s'est encore renforcé avec l'apparition des concasseurs électriques dans les décennies suivantes.

Un regain de l'activité des meules de pierre a pourtant eu lieu lors de le 2nde guerre mondiale. Les meuniers sont ainsi remontés aux ailes. Les concasseurs électriques, mis sous scellés, les moulins sont devenus des outils de travail contrôlés par des perquisitions de gendarmerie et des autorisations de moulage strictes. Cela n'a pas empêché le développement de fraudes, pour contourner la rigueur des tickets de rationnement. De nuit, lorsqu'on le pouvait on apportait un peu de blé pour pouvoir échanger de la farine auprès du boulanger contre un peu de pain. On s'y rendait par des chemins détournés, jamais le même, la peur au ventre de tomber sur un éventuel contrôle.

Après la guerre, le déclin des moulins s'est accéléré. Pour ne plus payer la patente d'une activité qui ne suffisait plus à faire vivre les familles de meuniers, certains ont démonté aux-mêmes les ailes et les toits de leurs moulins, se tournant vers l'agriculture et quittant à regrets leurs outils de travail qui, peu à peu, ont continué  se délabrer. Certains ont été rasés, d'autres restent encore fièrement dressés, privés de leurs ailes, se fissurant lentement comme pour rappeler le labeur d'antan des moliniers si directement lié à l'activité agricole.

Regardez bien en traversant le Lauragais, ils sont encore là, saluant notre passage et nous susurrant de nous souvenir encore un peu de leurs ailes absentes qui battaient l'air pour "faire farine" comme on disait alors.

Lexique occitan :

le moulin : le molin

le meunier : le molinier

les ailes : las alas, las telas

la meule : la mòla

le blé : le blat

le maïs : le mil

L'avoine : la civada

Sur ce sujet, on pourra lire le passionnant ouvrage de Jean et Huguette Bézian, Les grandes heures de moulins occitans, Plon, Terre Humaine, 1994, recueil de témoignages de meuniers très éclairants sur l'évolution ce métier disparu et fourmillant d'anecdotes.

Sur les vents du Lauragais, on pourra relire ce post : Le Lauragais, pays des vents

Le même moulin. En arrière plan, on distingue... les éoliennes du parc avignonétain.

Le même moulin. En arrière plan, on distingue... les éoliennes du parc avignonétain.

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais, #Tradition, #Occitanie, #Occitan

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Publié le 15 Mai 2019

Il y a 3 ans naissait ce blog basé sur la seule idée de faire sortir de leurs étagères les Carnets d'Emile. lls sont le témoignage rare d'une vie d'autrefois, la vie d'un métayer et de sa famille. 

Cette vie est, dans les années 50, encore très marquée par les traditions, l'autoconsommation, des techniques de travail en évolution lente quand l'agriculture fait pourtant des progrès considérables. Le métayage est un contexte particulier qui pousse le travailleur à être vigilant, à économiser chaque denier pour mieux faire vivre les siens.

Les traces de ce Lauragais d'autrefois subsistent encore par petites bribes dans les paysages actuels. Il suffit de les chercher un peu.

Merci pour votre fidélité à ce blog. N'hésitez pas à faire connaître Les Carnets d'Emile autour de vous.

www.lescarnetsdemile.fr  et sur Twitter : @carnetsemile

Pour retrouver le tout premier post des Carnets cliquez ci-après : Mardi 15 mai 1956

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Rédigé par Emile

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Publié le 9 Janvier 2019

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais, #Métayage, #Occitanie

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Publié le 31 Décembre 2018

1958 : une année se termine à la métairie lauragaise d'Emile, des évolutions se dessinent

L'agenda, offert à Emile par des amis, se referme en ce 31 décembre 1958.

C'est la première année complète durant laquelle les travaux de la métairie ont pu être pris en charge par le tracteur. Il a été acheté par le patron en octobre 1957, pour mémoire.

Cela allège certaines tâches qui ne prennent plus autant de temps qu'auparavant, la préparation des terres en général et les labours notamment. Elles sont devenues moins pénibles pour le métayer. Cependant, les bœufs -  s'ils sont moins sollicités et moins nombreux (on est passé de 6 à 2 en début d'année civile) - n'ont pas perdu toute leur utilité. Tirer les charrettes de fourrage, labourer les bords ou les endroits difficilement accessibles constituent autant de tâches qui leur reviennent encore. Et pendant qu'un homme travaille avec le tracteur, un autre peut réaliser en parallèle grâce à la traction animale d'autres travaux.

Le tracteur, on l'a vu, tombe en panne de temps à autre, nécessite réglages et révisions, fait montre de caprices mécaniques et génère ainsi quelques imprévus contrariants dans l'emploi du temps.

Le rythme des saisons, les 4 grandes ordonnatrices de l'agenda du travailleur, lui est immuable : le bois de chauffage, la vigne, les fenaisons, les semailles, les moissons, l'entretien du potager, l'élevage des bêtes pour la consommation familiale et la vente ont continué à battre leur incontournable mesure au fil des mois et des caprices du temps.

Ainsi, la famille s'active, la famille s'affaire pour se nourrir, pour joindre les deux bouts, compléter les revenus un peu maigres d'une terre dont on partage dépenses et recettes à moitié. Ainsi tous courent du marché au champ et du poulailler à la vigne en se répartissant les tâches, en surmontant les contretemps, en accueillant avec plaisir l'aide ponctuelle de la famille et des voisins, en apportant la leur à ces mêmes personnes pour les travaux d'envergure.

Déjà 1959 se dessine. Quelles péripéties, quels progrès nouveaux apportera-t-elle dans son sillage ?  Ce n'est pas un agenda mais un cahier d'écolier dans lequel Emile s'est astreint à noter chaque jour les rituels et que nous découvrirons ensemble ici au fil des jours, soixante ans plus tard.

Que tous les lecteurs fidèles de ce blog modeste soient ici chaleureusement remerciés pour leur lecture, leurs contributions, leurs remarques constructives, l'aide apportée pour faire découvrir cet endroit à d'autres et leurs témoignages chaleureux.

Nous continuerons ainsi, en 2019, à explorer ici la vie des métayers dans le Lauragais d'antan si proche de nous et pourtant déjà si lointain...

 

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Rédigé par Emile

Publié dans #Occitanie, #Lauragais

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Publié le 7 Novembre 2018

Les activités et la météo d'octobre 1958 à la métairie lauragaise d'Emile

Le mois d'octobre 1958 à la métairie d'Emile est consacré à 3 activités dominantes.

Au début du mois, les vendanges se déroulent à la vigne de la métairie mais également chez les voisins, la famille. Il faut ensuite presser le raisin et couler le vin.

Les labours occupent ensuite l'essentiel du temps mensuel des métayers, il faut en effet préparer les terres à blé pour les semis à venir. La famille consacre aussi les journées puis les soirées à la récolte du maïs et à son dépouillement (qui consiste à débarrasser manuellement chaque épi des feuilles qui l'entourent ).

Le nuage de mots réalisé à partir des relevés effectués montre la proportion de chaque activité à la fréquence à laquelle elle est citée par Emile.

Ces activités sont, encore plus qu'à la belle saison, dépendantes des conditions météorologiques. Le nuage météo révèle quant à lui, qu'en Lauragais, octobre 1958 a accueilli un froid précoce mais grâce à un vent d'autan assez présente, le beau temps a permis aux travailleurs de mener à bien leurs activités. Quelques rares jours de pluie modérée sont cependant venus rythmer le mois à intervalles réguliers.

Les activités et la météo d'octobre 1958 à la métairie lauragaise d'Emile

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais, #Occitanie, #Travaux agricoles

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Publié le 3 Novembre 2018

Bruine

Le matin labouré au Genivre.

Le soir nous sommes allés à la Clinique du Lauragais faire opérer Henriette des amygdales par le Docteur Seroude de Toulouse. Elle est restée à la clinqiue.

Lundi 3 novembre 1958 - L'opération des amygdales

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Rédigé par Emile

Publié dans #emploi du temps, #Occitanie

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Publié le 2 Novembre 2018

Gelée blanche

Nous sommes allés au cimetière à Montmaur.

Mon beau-père est venu dîner. En Estève et au Mas sont passés..

Dimanche 2 novembre 1958 - la visite au cimetière

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Rédigé par Emile

Publié dans #emploi du temps, #Lauragais, #Occitanie

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Publié le 30 Octobre 2018

Après quelques jours de pause, les publications d'Emile reprendront le 31 octobre avec une journée exceptionnelle qui comptera une publication par heure entre 8h et 19h.

C'est l'occasion de découvrir ou de redécouvrir ce blog qui traite de l'agriculture en Lauragais. Il y a 60 ans, chaque jour, Emile, un métayer consignait ses activités et celles de sa famille. C'est une vie au rythme des saisons qui est ainsi dépeinte, une vie d'autrefois où l'on oscille encore entre progrès et tradition, une vie âpre et laborieuse au plus près de la terre et de la nature.

N'hésitez pas à partager l'adresse de ce blog pour le faire connaître autour de vous.

S.

 

31 octobre : une publication d'Emile par heure
31 octobre : une publication d'Emile par heure

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Rédigé par Syndicat

Publié dans #Lauragais, #Travaux agricoles, #Occitanie

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Publié le 2 Juillet 2018

La météo du Lauragais en juin 1958

Grâce à la technique du nuage de mots, on peut mettre en évidence la dominante météorologique du mois de juin 1958 sur le Lauragais en fonction des occurrences de chaque mot dans les carnets.

On a distingué volontairement orageux (possibilité) et orage (plus qu'une hypothèse !).

Il en ressort une dominance nette du vent d'autan (marin) sur le vent de cers.

Pluie et beau temps ont le même nombre de mentions. Couvert et brumeux sont très présents.

Peut-on conclure à un mois de juin 1958 météorologiquement très mitigé sur le Lauragais ou les ressentis d'Emile étaient-ils trop subjectifs ?

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Rédigé par Emile

Publié dans #Occitanie, #Lauragais

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Publié le 1 Mai 2018

Al bòrd dels camins del Lauragués/ Au bord des chemins du Lauragais (4) Al bòrd dels camins del Lauragués/ Au bord des chemins du Lauragais (4)
Al bòrd dels camins del Lauragués/ Au bord des chemins du Lauragais (4) Al bòrd dels camins del Lauragués/ Au bord des chemins du Lauragais (4)

Au bord des chemins du Lauragais :

Renoncule âcre (bouton d'or)

Ornithogale

Cardamine des prés

Muscari chevelu

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais, #Occitanie, #Les plantes du Lauragais

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Publié le 29 Avril 2018

Al bòrd dels camins del Lauragués/ Au bord des chemins du Lauragais (3)Al bòrd dels camins del Lauragués/ Au bord des chemins du Lauragais (3)
Al bòrd dels camins del Lauragués/ Au bord des chemins du Lauragais (3)Al bòrd dels camins del Lauragués/ Au bord des chemins du Lauragais (3)

Le bouquet que nous offre le Lauragais en ce moment :

Orchis pourpre

Pulmonaire

Stellaire holostée

Pervenche

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais, #Occitanie, #Les plantes du Lauragais

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Publié le 7 Avril 2018

Al bòrd dels camins del Lauragués/ Au bord des chemins du Lauragais (2)

Nom : véronique commune

Cossi se ditz dins le Lauragués : veronica

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais, #Occitanie, #Occitan, #Les plantes du Lauragais

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Publié le 5 Avril 2018

Al bòrd dels camins del Lauragués/ Au bord des chemins du Lauragais (1)

Nom : primevère officinale

Nom communément utilisé : coucou

Cossi se ditz dins le Lauragués : primadèla / cocut

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais, #Occitanie, #Occitan, #Les plantes du Lauragais

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Publié le 31 Mars 2018

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais, #Occitanie

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Publié le 29 Mars 2018

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais, #Occitan, #Occitanie

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Publié le 28 Février 2018

Le diction parait adaptée à la météo lauragaise du jour : La neige de février est comme de l'eau dans un panier... Autant dire qu'en général, elle ne tient pas longtemps...

J'ai souvent entendu Emile employer ce dicton occitan.

Et pour le vent d'autan ?

Photo d'illustration

Photo d'illustration

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Rédigé par Emile

Publié dans #Occitanie, #Lauragais

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Publié le 26 Février 2018

*Le froid est arrivé sur le Lauragais*Le froid est arrivé sur le Lauragais
*Le froid est arrivé sur le Lauragais

*Le froid est arrivé sur le Lauragais

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Rédigé par Emile

Publié dans #Occitanie, #Lauragais, #Occitan

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