Publié le 10 Juin 2020
Brumeux
Commencé à emballer de l'esparcette pour Pech 67 balles
Biné du maïs
Saillie truie à la Bartolle payé 1000 F
Les carnets d'Emile en Lauragais
Les carnets d'Emile sont les souvenirs de mes aïeux, métayers dans le Lauragais, qui consignaient chaque jour le labeur familial sur un journal de bord. Nous sommes en 1951 au coeur de l'Occitanie. Je recueille aussi la mémoire des traditions, des méthodes de travail, du quotidien au fil des saisons grâce à des documents authentiques (blog participatif)
Publié le 10 Juin 2020
Brumeux
Commencé à emballer de l'esparcette pour Pech 67 balles
Biné du maïs
Saillie truie à la Bartolle payé 1000 F
Publié le 10 Juin 2020
Nous avons déjà évoqué ici les moments de repas et de collation dans les campagnes d'antan. Ils ont été explorés sous l'aspect convivial essentiellement lors des grands rassemblements liés aux travaux ou aux événements familiaux. Les repas du quotidien étaient évidemment adaptés aux saisons et aux productions animales, potagères et fruitières de l'exploitation familiale du moment. Ils étaient aussi en adéquation avec les travaux entrepris : les longues journées estivales avec les travaux de force (les battages par exemple) nécessitaient plusieurs prises alimentaires dans la journée bien au delà des 3 repas habituels.
Déjeuner, petit-déjeuner, dîner, souper ?
Jetons d'abord un oeil du côté de la terminologie. Dans le Lauragais encore aujourd'hui, la terminologie utilisée pour chaque repas est un peu différente de ce qu'elle est ailleurs. Hérités de l'occitan, déjeuner prend souvent la place de petit-déjeuner quand dîner est substitué à déjeuner (le repas de midi donc.. vous suivez toujours ?) et souper est souvent préféré à dîner... pour le repas du soir donc. Ces éléments de langue font aussi intégralement partie de notre patrimoine immatériel commun.
Voici donc la terminologie en occitan :
petite-déjeuner : dejunar
repas de midi : dinnar
repas du soir : sopar
C'est au déjeuner, enfin au petit-déjeuner, que nous nous intéresserons aujourd'hui. Dans les campagnes des années 40 et 50, il est plutôt riches en matières grasses animales. La charcuterie fabriquée maison y figure en bonne place mais on trouve également les oeufs, les restes de repas de la veille, de la soupe froide -comme celle de fèves au printemps par exemple - et parfois quelques fruits.
Il est plus sucré pour les enfants avec du miel lorsqu'on en a, des confitures maison, des fruits de saison et quelques laitages.
Café et thé sont encore des invités très rares à cette période tout comme oranges et bananes.
Un petit-déjeuner agrémenté des produits de saison
Aimé Boyer se souvient de ce qui venait agrémenter le petit déjeuner au fil des saisons :
"Au printemps, nous dégustions à la croque-sel, des mousserons dont nous protégions jalousement le secret des coins où ils poussaient, des tiges de moutarde pelées avant la floraison ainsi que les premières fèves. En été, les melons s'invitaient ainsi que les fruits encore verts de l'amandier, du noisetier et du noyer. En automne, devenus des fruits secs, ils figuraient encore aux menus matinaux. Venaient s'y joindre parfois des sardines salées et des raisins".
Il y avait aussi quelques incontournables quelle que soit la saison comme le pain à l'ail, la cansalade (poitrine de porc salée) et l'oignon à la croque sel.
Ce moment où la ferme s'éveille
Ces moments étaient selon les familles assez ritualisés. Aimé se souvent :
"Le père se levait bien avant le soleil. Après un brin de toilette rapide, il allait passer plus d'une heure dans l'écurie pour nourrir les bêtes, sortir le fumier avec la brouette, refaire une litière propre, faire téter les veaux, traire et brosser et carder les vaches.
Ce travail terminé, il revenait dans la cuisine avec une casserole de lait, ouvrait les fenêtres sans trop de ménagement.
Il allumait la radio (Aqui Radio Andorra !) pour finir de réveiller la maison. Il coupait une tranche de pain avec un peu de lard, prenait sa bouteille sous le bras pour aller chercher du vin. En passant, il ouvrait le poulailler. La ferme s'éveillait.
dans les années 50, il y avait du café. Mon père y rajoutait parfois une goutte de marc. Les conversations, elles, tournaient, autour du programme et des urgences de la journée".
Remerciements : Aimé Boyer
Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)
Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.
Publié le 9 Juin 2020
Beau Chaud
Avons labouré avec Garoste* . 80 ares à la pointe sous la rigole que nous n'avons pu rien y semer
* entreprise qui louait ses services, équipée d'un matériel adapté
Publié le 8 Juin 2020
Beau chaud. Sarclé et biné du maïs. Vendu l'esparcette * à Pech 11F le kg.
* voir à ce sujet l'article sur la vente des foins et fourrages (cliquez ici)
Publié le 7 Juin 2020
Beau
Nous sommes allés à Castel. Acheté des souliers pour moi 25 NF Paulette 32 NF. Planté oignons. Semé salade. Coupé mauvaises herbes pré.
Publié le 6 Juin 2020
Nous nous sommes intéressés ici au ramassage du maïs à la saison d'automne. Voici le deuxième post consacré aux semis que nous a récemment décrits Louis Bruno ainsi qu'au binage et sarclage qui va occuper les posts d'Emile durant de nombreux jours en juin.
Le témoignage d'Aimé Boyer nous a éclairé sur le choix et la préparation de la parcelle, voici aujourd'hui la façon dont se déroulaient les événements.
Semer (semenar)
Aimé raconte :
"Le moment venu, le maïs (le milh) était dans un seau, on laissait tomber, au fur et à mesure la semence mais il m’est difficile de vous décrire ce gestequi dénotait un certain savoir faire. Les vaches attelées au joug normal, au dessus du sillon semé, avec la charrue, le versoir couché. L'attelage, tenu énergiquement, tout le long du sillon, on faisait glisser la terre sur le grain. Souvent la maîtresse de maison participait aux semis pendant que la daube frémissait devant le feu."
Sarcler et biner (sarclar et binar)
Quelques temps après sa sortie de terre, le sarclage était une action essentielle comme le binage. Le sarclage consiste à supprimer les adventices, les mauvaises herbes tandis que le binage en cassant la croûte superficielle pour aérer et ameublir le sol. Il était également nécessaire de d'éclaircir si les pieds avaient été semés trop près.
« Entre une coupe de foin, soufrer ou sulfater la vigne, l'entretien des pommes de terre, les fèves, le sarclage devait être inclus dans l'emploi du temps.
Dès qu’il était un peu plus gros, lors u 2 ou 3e sarclage, la sarcleuse liée à l'attelage permettait de réaliser cette action (deux socs posés en V réglable en largeur).
On avait aussi un genre de cultivateur, avec plusieurs dents, réglable lui-aussi en largeur. Sarcler sans répit, éclaircir, avancer la terre au plus près du pied. »
Buter (buter)
Quand le sarclage était fini on butait le maïs avec la houe réglable en largeur, pour aller au plus près du pied. « On terminait avec le sarcloir, (foussou -fossor- que d’aucuns appellent houe) avancer la terre tout le long, du sillon au pied du maïs.
On prenait soin à chaque bout d’arrondir Le sillon surtout s’il était au bord du chemin (un peu de fierté vis à vis des voisins). Il ne restait plus qu’à souhaiter de la pluie... malgré le fourrage à sécher. »
Ecrêter (descrestar)
« Bien plus tard, lorsque la cabosse était fécondée, (Voir soie sèche) on étêtait avec un opinel. Une main coupait la crête (cresta) et venait la poser sur le bras libre, tout un art du savoir-faire, pour en faire un gros fagot qui était liés avec une crête, j'aurais du mal à vous expliquer comment. Quelques temps après - entre temps, il y avait eu les moissons - il fallait sortir par brassées, ces fagots, sur les épaules qui passaient au-dessus du pied de maïs qui avait bien grandi. Il fallait se protéger le cou, les feuilles taillaient. On faisait des tas, au bout du champ, avant de venir le charger. »
Remerciements : Aimé Boyer
Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)
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Publié le 6 Juin 2020
Publié le 5 Juin 2020
Vent d'autan
Nous sommes allés dîner à Roou. Antonin et Yvonne Marc sont venus nous inviter pour la 1ère C.* d'Alain.
Le neveu de Strapin a pris un porcelet 22 kgx 330 7200 F
* communion
Publié le 4 Juin 2020
Publié le 3 Juin 2020
Nous nous sommes intéressés ici au ramassage du maïs à la saison d'automne. Nous allons aujourd'hui et sur 2 posts consécutifs consacrer une focale aux semis que nous a récemment décrit Louis Bruno ainsi qu'au binage et sarclage qui va occuper les posts d'Emile durant de nombreux jours en juin.
Le témoignage d'Aimé Boyer va nous éclairer sur la façon dont se déroulaient les événements : du choix de la parcelle jusqu'au sarclage de printemps.
Avant l'hiver, le choix de la parcelle
La parcelle est choisie avec soin. Il la faut la plus adaptée possible à la culture de cette plante. De ce choix dépendront les rendements qu'on espère les meilleurs possibles. "Le Lauragais n’a pas des terres homogènes comme La Touraine ou le Plat Pays. Sur les hauts de crête, là où la roche affleure à la surface, il est inutile d'essayer de semer du maïs. Les vallées sont favorisées, mais attention, on prend alors le risque des inondations.", explique Aimé.
Le choix se porte donc souvent sur une parcelle de céréales de l'année précédente qui a bénéficié de fumure adaptée. "On a déjà porté le fumier, chargé sur la charrette, on le faisait tomber avec le croc en tirant. Cela permettait de faire un tas assez haut, on essayait de faire une ligne droite, on éparpillait avec la fourche. On déchaumait, léger, pour couvrir le fumier avec la charrue que nous a montrée Laure.
Parmi les mauvaises herbes, il y a le chiendent qui pousse en surface; Cette plante n’aime pas trop qu’on l’embête avec la sècheresse? Bien sur on en profitait. Ces travaux se faisait fin d’été, pour êtres labourés fin d’automne début d’hiver, avec le brabant, tiré par deux paires de vaches car chez nous, nous n’avions pas de bœufs."
Au début du printemps la préparation
Il faut procéder à un nivellement du labour avec la herse ou la canadienne. Le but faire de la terre meuble, et de détruire les premières mauvaises herbes qui avaient poussé pendant l’hiver. "Non sans avoir pris soin de ramasser celle qu'on mangeait en salade" précise Aimé.
Pour faire les sillons rectilignes, autant que possibles, des jalons sont installés, souvent des jambes de maïs de l'année précédente. "Pour essayer de faire le premier sillon droit, ce n’était pas trop important, mais on avait la fierté du savoir faire : avec le joug à coulisse, la houe (alaïré), type de charrue à deux versoirs, avec un soc en V.
Pour faire le premier sillon il n’y avait pas de repère, hormis le jalon, mais je crois que les vaches avaient une intuition.
Au retour, une des bêtes passait dans le sillon tracé, Il n’y avait plus qu’a suivre le joug à coulisse. En restant bien calé, pour avoir un sillon toujours droit. Par contre je ne me souviens plus si on semait du maïs au bout du champ,les contornières - si quelqu’un peut apporter son éclairage ??)- , voilà a il n’y avait plus qu’à attendre que le coucou chante. (Al temps del cocut le matin plaou le ser es issut - Au temps du coucou, le matin il pleut le soir la terre est ressuyée.) Autres repères le lilas, l’azerolier,
Le maïs lui avait été préparé pendant l’hiver dans l’écurie ou le soir au coin du feu. Aimé précise : "On égrenait le blanc (semences tirées du tas), le jaune n’était pas encore en vogue. On enlevait les premiers rangs, du bout de la cabosse trop petit, et celui du fond trop gros.
Avoir du grain calibré était important, car sinon dans la main, ça pouvait être compliqué."
Dans le prochain post, semis, sarclage, entretien du maïs...
Remerciements : Aimé Boyer
Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)
Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.
Publié le 3 Juin 2020
Vent d'autan
Continué à sarcler et biner du maïs. Fini le champ sous le jardin.
Paulette est allée au dentiste finir de se faire arranger une dent
Publié le 2 Juin 2020
Publié le 1 Juin 2020
Beau chaleur
Continué à biner et sarcler du maïs
Avant la nuit, je suis allé au Segala voir Faugères