Lauragais d'Autrefois (199) : le froid à la métairie (le fred a la borda)

Publié le 7 Janvier 2023

Lauragais d'Autrefois (199) : le froid à la métairie (le fred a la borda)

Les hivers lauragais ont parfois été bien rigoureux et on raconte souvent, au coin du feu, le givre aux carreaux de la chambre le matin à la ferme ou ces immenses plumons qui trônaient sur les lits remplis de plume d'oie et d'autres encore.

Aimé Boyer partage aujourd'hui avec nous ses souvenirs de la borde en hiver :

"Je ne me souviens pas d’avoir eu froid, dans la maison 

De la cheminée à la cuisinière à bois

Notre équipement de chauffage principal était la cheminée avec de bonnes bûches noueuses. Elles étaient difficiles à fendre mais tenaient bien la braise. Le bois provenait des arbres de l’exploitation. Ils étaient centenaires et on les tirait du tour des champs qui avaient été plusieurs fois élagués.

Alimenté par ce type de bûches, le foyer gardait bien la chaleur. Il fallait bien sûr laisser une porte entrouverte pour faciliter le tirage.

Bien sûr, en hiver, on restait habillé chaudement dans la maison y compris les chaussures. Les repas commençaient toujours par une assiette de soupe bien chaude mijotée devant le feu dans l’oule et arrosé par ce vin que nous a chanté Jean Ferrat

Après le repas du soir on allait s’asseoir devant le feu et de temps en temps on tournait le dos à la flamme

Il arrivait aussi qu’on aille faire un petit tour dans l’écurie La chaleur moite des animaux nous réconfortait.

Autour des années 50 sont apparues les premières cuisinières à bois d’abord chez les propriétaires car il fallait faire un trou dans le manteau de la cheminé ou vers l’extérieur pour les installer L’inconvénient de ces cusinieres était qu’il fallait du petit bois. Finies les bûches noueuses. 

Pour la chambre des chauffages d’appoint complémentaires

Le caillou : Un galet de Garonne qui restait longtemps dans la braise était enveloppé dans plusieurs couches de tissu. Il pouvait être déplacé facilement pour être placé au point le plus sensible du corps.

Le chauffe lit : c’était un genre de casserole en cuivre fermée et équipée d’un long manche avec quelques trous sur le dessus. On le remplissait de braise et on l’installait dans le lit avant de se coucher 

Le moine :  c’était un appareil qui avait une forme particulière que je ne saurais décrire ici. On pendait une casserole remplie de braises en haut de cette structure en bois. On le posait dans le lit, on attendait demi-heure au moins avant d’aller au lit.

Dans les chambres occupées par les enfants ou les personnes âgés, on plaçait parfois un chaudron au milieu de la pièce

Pour les pieds, un chauffe pieds (calfo pèds) appareil acheté dans le commerce, un récipient en fer ou fonte avec quatre petits pieds et un couvercle, rempli de braise afin de pouvoir poser les pieds dessus.

Sans oublier des mitaines pour les mains et les bas de laine tricotés au coin du feu l’hiver."

 

Si vous aussi avez des souvenirs des hivers lauragais, n'hésitez pas à me les adresser. Nous les partagerons ici. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

Merci à Aimé Boyer pour son témoignage et à Berthe Tissinier pour la photo.

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois

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