Publié le 13 Décembre 2021
Vent marin très fort
J'ai continué à labourer la jeune vigne. Camille et Paulette sont allés fureter à Roou
Les carnets d'Emile en Lauragais
Les carnets d'Emile sont les souvenirs de mes aïeux, métayers dans le Lauragais, qui consignaient chaque jour le labeur familial sur un journal de bord. Nous sommes en 1951 au coeur de l'Occitanie. Je recueille aussi la mémoire des traditions, des méthodes de travail, du quotidien au fil des saisons grâce à des documents authentiques (blog participatif)
Publié le 13 Décembre 2021
Vent marin très fort
J'ai continué à labourer la jeune vigne. Camille et Paulette sont allés fureter à Roou
Publié le 12 Décembre 2021
Vent marin fort gelée le matin
J'ai commencé de la bouder la jeune vigne. Camille a commencé de labourer le petit champ ouest le puits pour les pommes de terre
Publié le 11 Décembre 2021
"Les chiens ne font pas des chats", ce dicton sur la ressemblance familiale s'invite souvent dans nos conversations.
Il en était de même autrefois si l'on en croit le nombre considérable de déclinaisons qu'on lui trouve en occitan...
Commençons par la traduction presque littérale (mais inversée) :
Les gats fan pas des gosses
mais on rencontre aussi bien d'autres animaux, surtout des oiseaux :
Les chòts fan pas de mèrles
Les hiboux ne font pas des merles.
Les corbàsses fan pas de rossinhòls
Les corbeaux ne font pas des rossignols.
Las agaças fan pas de pinsons
Les pies ne font pas de pinsons.
Les cocuts fan pas d'agaças
Les coucous ne font pas de pies.
Les chòts fan pas de canaris
Les hiboux ne font pas de canari.
Et d'autres encore...
Si vous connaissez d'autres dictons, expressions ou proverbes sur la ressemblance, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons la petite collection de ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr
Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)
Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile
Publié le 11 Décembre 2021
Publié le 10 Décembre 2021
Ciel Couvert temps doux
Camille sa mère et moi sommes allés à l'anniversaire de l'oncle Paul Puget aux Casses. En arrivant avons labouré avec les trois paires au champ du hangar.
Publié le 9 Décembre 2021
Avant l'arrivée de l'eau courante dans les fermes, la corvée du précieux liquide était un élément important de l'emploi du temps des familles. Aimé Boyer m'a confié ses souvenirs à ce sujet :
"Mes parents habitaient dans une ferme où il y avait un puits avec une pompe à piston. Ce puits n’avait pas de source. Il était alimenté par l’eau de la toiture, ce qui était déjà un grand progrès dans les années 1940.
Mais ce puit avait un grand défaut : mes parents avait des nombreux pigeons élevage - courant dans les fermes du Lauragais - qui vivaient la plupart du temps sur le toit. Aussi, quand il pleuvait, les fientes était entraînées dans le puit, ce qui rendait l’eau imbuvable et même dangereuse. Bien sûr, cela faisait l’affaire pour arroser le jardin en tant que fumure liquide. Mais même les vaches rechignaient à boire ce breuvage.
Il servait aussi de lieu de conservation, au frais. Un jeudi ma mère avait acheté la viande pour vendanger le lendemain. Elle avait descendu comme d’habitude cette viande dans le puit dans un panier pendu à une corde. Mais dans la nuit, un violent orage a inondé le panier. J’ai vu ma mère pleurer, je crois qu’elle s’est quand-même arrangée pour la cuisiner.
Notre ferme, positionnée sur un méplat, avait un autre puits à niveau constant. Bien-sûr cette eau était agréable mais de quantité limitée. Il fallait attendre pour le remplissage de l’auge, ce qui posait pas mal de problèmes l’été pour faire boire les bêtes. Il fallait aussi alimenter la bassecour, même si c’était une petite ferme et il y avait beaucoup de becs à désaltérer.
Ce méplat formait comme une petite vallée sur laquelle il y avait un pré et donc un endroit avec de nombreux joncs qui laissaient deviner un point humide. Mon père avait creusé un trou, où on arrivait en puisant avec un seau, à remplir une comporte. Cela subvenait aux besoins de la borde où il n’y avait pas bien évidemment pas de douche.
Durant l’été 1943 – ou 1945, je ne me souviens plus - est arrivée une grande sécheresse. Cette situation a obligé mes parents à aller chercher de l’eau et à emmener les vaches deux fois par jour à une fontaine à niveau constant. Elle se situait à un kilomètre environ. C’était une fontaine publique à Albiac, ouverte à tous, lavage du linge compris. Il arrivait souvent que les troupeaux se mélangent, c’était assez compliqué. Les vaches ne voulaient pas boire quand du linge avait étés rincé, c’était très compliqué.
Dans cet environnement il y avait également un puits bouché. Les agriculteurs ont décidé de le curer puis d’y installer une pompe à chapelet. Je crois que la municipalité a participé aux frais, ce qui permettait d’isoler le rinçage du linge.
Chaque fois que nous allions faire boire les bêtes ou chercher de l’eau avec la charrette nous prenions une musette avec des bouteilles pour ramener de l’eau propre pour boire ! On appelait ce lieu la fontaine.
J’y accompagnais souvent mes parents, j’étais en charge de tenir rassemblé notre petit troupeau.
Avec les allers et retours, il fallait faire 4 kilomètres par jour, c’était très compliqué malgré les échanges conviviaux avec les autres éleveurs de la commune.
Avec notre équipement, nous arrivions à économiser un déplacement par jour. Ce qui n’était pas rien.
Enfin, mon père a négocié avec le propriétaire de notre champ de pouvoir construire un puit à l’endroit des petits trous qu’il avait creusés dans le pré. Un accord verbal a été conclu : le propriétaire fournirait le matériel pour construire ce puits, mon père assurerait le creusage avec l’aide des voisins qui pourraient eux-aussi utiliser ce puits en période de sècheresse."
Un grand merci à Aimé Boyer pour sa passionnante contribution et à Laure Pagès pour la photo
Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)
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Publié le 9 Décembre 2021
Beau temps lourd
Suis allé à la chasse j'ai tué un lapins, et une buse. Hier Elie Camille et sa mère Anna sont venus à la veillée. Camille Puget est en permission agricole.
Publié le 8 Décembre 2021
Janvier 1953 - Des retrouvailles qui font chaud au coeur lorsque le quotidien des métayers est rude. Des mots prononcés, presque rien, parpèlas d'agaças, qui ont pourtant des conséquences inattendues...
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S2- Chapitre 31 - Retrouvailles, espérance et remords
Louise s'étonna de son audace lorsqu'elle appuya sa bicyclette contre la grille un peu rouillée, encore plus lorsqu'elle poussa le portail grinçant qui par chance était déverrouillé. Elle fut...
https://www.bordeperdue.fr/post/s2-chapitre-31-retrouvailles-esp%C3%A9rance-et-remords
Publié le 8 Décembre 2021
Beau temps chaud
J'ai fini de semer les fèves au coin de la vigne vieille.
Camille a continué à labourer au champ du hangar avec les trois paires; Le soir j'ai semé l'ail et planté les choux capus et oignons blancs.
Publié le 7 Décembre 2021
Un peu de pluie dans la nuit et quelques petites rafales dans la journée.
J'ai fini de semer les fèves au petit champ, est du jardin. Camille a continué de labourer au champ du hangar. Joséphine et Paulette sont allées à Villefranche vendre trois paires de dindons 3500 et 3400 la paire.
Publié le 6 Décembre 2021
Beau temps chaud le soirAvons repris de semer des fèves au petit champ du jardin.
Camille a labouré pour la paumelle au champ du hangar.
Publié le 5 Décembre 2021
Brouillard jusqu'à midi belle soirée vent marin à la nuit
Avons semé 2 sacs 1/2 derrière la maison. Avons fini de semer tout le blé
Semé en tout 30 hl de blé (15 de P4) et 15 d'Etoile de Choisy
Publié le 4 Décembre 2021
Dans les années 50, même si le mode d’autoconsommation est encore très prononcé, la nécessité de se déplacer pour une famille de métayers se fait ressentir chaque jour un peu plus.
Paulette D. nous explique : "Nous produisions beaucoup de ce que nous mangions mais bien-sûr qu'il nous fallait nous déplacer... Que ce soit pour aller prêter main forte aux voisins ou à la famille pour certains travaux, prévenir le médecin qu'on avait besoin de son diagnostic pour l'arrière grand-mère souvent malade ou pour les enfants... Il fallait aussi aller vendre des produits sur les différents marchés, les lapins, les pigeons, les œufs... Nous allions essentiellement à Castelnaudary le lundi mais aussi parfois à Villefranche, Revel ou Puylaurens même si cela était moins fréquent."
Négocier la vente ou l'achat de boeufs, rencontrer des acheteurs lors des foires, passer des commandes à la coopérative agricole, faire parfois quelques achats en ville, amener les enfants à l'école, aller prier, aller à la pêche, les déplacements motivés par des raisons liées à la vie familiale ou à la vie professionnelles étaient nombreux.
Alors comment s'y prenait-on ? "Nous essayions d'optimiser les sorties. Lorsque l'un d'entre nous partait pour le marché de Castelnaudary, il passait également à la C.A.L. (Coopérative Agricole Lauragaise) pour les affaires et au retour chez le forgeron par exemple si cela était nécessaire.", reprend Paulette.
Dans sa famille, faute de moyens suffisants et, peut-être défaut d'être complètement convaincus de son absolue nécessité, la décennie entière, celle des années 50, se fera sans que la voiture automobile n'entre dans la cour de la ferme. Cela nécessitait un investissement financier assez conséquent et un peu de temps pour obtenir le permis de conduire.
"Pour aller au village, visiter la famille, aller à la messe, on marchait beaucoup à pied. Cela ne nous posait pas de problème, nous étions habitués. Lorsque mes parents étaient jeunes au début du siècle, se souvient-elle encore, ils marchaient même les pieds nus avec leurs chaussures dans leur panier et ne les mettaient qu'avant d'arriver au village pour ne pas les user. Nous faisons attention à tout. Nous n'étions pas très fortunés et prenions grand soin du peu que l'on avait"
Mais il y a aussi la bicyclette. On en dispose d'une ou deux selon les métairies, il n'y en a pas une pour chacun. Elles sont munies de sacoches pour transporter un peu de matériel ou quelques petits animaux que l'on aurait vendus ainsi que d'une porte-bagage qui permettait d'avoir un passager.

"Pour les déplacements représentant des distances plus conséquentes, on avait parfois recours à la moto, se souvient Paulette, on en possédait une qui n'était pas de première jeunesse mais elle rendait de grands services. C’étaient les hommes qui la pilotaient. Et même la ménine (l’arrière grand-mère) jusqu'à un âge très avancé était passagère pour se rendre en visite chez sa fille qui habitait le village voisin. Parfois c'était tout une organisation. Par exemple, lorsque nous étions invités à une fête locale par la famille, mes beaux-parents prenaient la moto pour y aller dîner (nb: le repas de midi en Occitanie) pendant que nous nous occupions des animaux et de la métairie et le soir, à leur retour, c'est nous qui prenions la moto pour aller souper chez nos hôtes et profiter du bal."

Elle explique également : "Nous, les femmes de la maison, avions une certaine autonomie pour nous rendre à Castelnaudary, au marché par exemple, grâce à la ligne de bus qui s'arrêtait au bord de la route départementale qui longeait la métairie. On pouvait aussi aller l'attendre au village voisin. Le chauffeur autorisait les passagers à mettre en soute une panière ou deux contenant lapins, pigeons, poules ou poulets que nous souhaitions vendre."
Aimé rajoute : "Oui, c'est comme cela que j'ai vécu cette période 54-65 moi-aussi . L’autobus avait une remorque pour porter les veaux... Pour les cochons c'était plus compliqué, les volailles étaient dans les paniers posés sur l'impériale du bus. On n'était pas malheureux."
Et puis, la famille s'agrandissant, la situation est devenue plus complexe pour Paulette et son mari qui avaient deux fillettes en bas-âge. Pour se rendre dans la belle-famille tous ensemble, c'est le frère de Paulette qui venait récupérer tout le monde en voiture pour les ramener ensuite.
"Au tout début des années 60, mon mari a passé son permis de conduire à son tour et la famille a acheté une automobile, 4 ou 5 ans après le premier tracteur. C'est une liberté nouvelle que nous avons trouvée là. Évidemment, les temps de trajets ont considérablement réduit et les déplacements ont été grandement facilités. Mais pour autant, les vélos et la moto n'étaient jamais loin. Nous les avons gardés et ils ont continué à nous être très utiles."

Chez Aimé aussi, la famille s'est agrandie aussi a-t-il fallu prendre des décisions : "J'avais un scooter, j'ai acheté ma première auto en 64! Nous avons eu des jumeaux qui ont étés placés en couveuse à Montauban. Il a bien fallu aller les voir, ces petits. Les grands-mères, les grands-pères, tout le monde voulait les voir. J'ai acheté une B 14 Sport d'occasion qui n'avait pas roulé depuis longtemps. Aussi, à cause des durites, de Caraman à Montauban, j'ai fait connaissance avec pas mal de mécanos sur le trajet ! Il y avait même une courroie de mobylette au ventilateur. S'il y en a qui vont à l'aventure, nous c'est l'aventure qui est venue à nous !"
Merci à la famille Nardèze pour le partage de ses trésors photographiques, à J-C Rouzaud et à Paulette D., ma grand-mère, pour son témoignage ainsi qu'à Aimé B. pour sa précieuse collaboration.
Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)
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Publié le 4 Décembre 2021
Beau temps - Avons fini de semer le champ des aygalots. Mis à ce champ 420 kg de blé. Hersé derrière la maison.
Publié le 3 Décembre 2021
Publié le 2 Décembre 2021
Brumes beau temps
Le matin j'ai fait les coins et coupé quelques mottes au champ de blé des artichauts. Le soir je suis allé à la chasse. J'ai tué un lapin. Camille et Paulette sont allés à Roou; Jean Marc dagada est venu se faire tailler les cheveux.
Publié le 1 Décembre 2021
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S2 - Chapitre 30 - Le poids du soupçon
Dans la cheminée de la Borde Perdue, flambait un feu qu'on eût pu croire en colère à l'image de la famille. Le tison d'ormeau de Noël s'était terminé la veille, le 2 janvier 1953. Il avait ...
https://www.bordeperdue.fr/post/s2-chapitre-30-le-poids-du-soup%C3%A7on
Publié le 1 Décembre 2021
Gelée et glace. Vent marin léger dans la journée
Le matin avons charrié 300 fagots au grand bois. Le soir avons fini de semer le blé au champ des artichauts. Mis à ce champs de l'Etoile de Choisy 500 kg 7 sacs moins 20kg