Publié le 10 Décembre 2022
un peu de dégel le soir mais froid tout le jour
Avons commencé à curer le fossé entre le grand champ et celui du hangar. Paulette est allée tuer les oies à Roou.
Les carnets d'Emile en Lauragais
Les carnets d'Emile sont les souvenirs de mes aïeux, métayers dans le Lauragais, qui consignaient chaque jour le labeur familial sur un journal de bord. Nous sommes en 1951 au coeur de l'Occitanie. Je recueille aussi la mémoire des traditions, des méthodes de travail, du quotidien au fil des saisons grâce à des documents authentiques (blog participatif)
Publié le 10 Décembre 2022
un peu de dégel le soir mais froid tout le jour
Avons commencé à curer le fossé entre le grand champ et celui du hangar. Paulette est allée tuer les oies à Roou.
Publié le 9 Décembre 2022
Publié le 8 Décembre 2022
Glace froid très vif tout le jour
Le matin j'ai fait une caisse pour l'avoine des vaches. Le soir avons nettoyé le fossé entre le champ des aygalots limite du Matelot et tiré le bord. Joséphine est allée à Villefranche se faire piquer.
Publié le 7 Décembre 2022
Ciel brumeux le matin froid tr!s vif glace tout le jour
J'ai débroussaillé le tour du clapier au grand bois.
Mme Alquier est venue chercher 25 l de vin.
Publié le 6 Décembre 2022
Forte gelée ciel clair vent d'ouest très froid
Le matin j'ai fait un manche à une pelle bêche et avons commencé à nettoyer le fossé limite au matelot
Le soir avons fini de labourer les bords du champ de la terre mais au haut du grand champ
Publié le 5 Décembre 2022
Vent d'ouest très froid glace
Le matin j'ai fini une table le soir avons fini de labourer pour la paumelle au champ des aygalots.
Fine est allée à Villefranche se faire piquer chez le docteur Izard.
Publié le 4 Décembre 2022
Vent d'ouest très froid
Avons continué à labourer avec les trois brabants au champ des aygalots pour la paumelle
Publié le 3 Décembre 2022
Aimé Boyer m'a fait parvenir ce témoignage, celui de sa naissance telle qu'on la lui a racontée :
"Je suis né l’année où Hitler a pris le pouvoir en Allemagne, en 1933.
On m’a dit que ce jour-là, il y avait beaucoup de neige. Il n’y avait pas de téléphone et moi j’ai décidé qu’il fallait aller voir. Mon père est allé chercher le voisin, A.B., faire appel aux voisins c’était fréquent et incontournable en ce temps-là.
Un long chemin enneigé et semé d'embûches pour prévenir le médecin
A. B après avoir salué ma mère et vu la situation, est parti à Caraman à 12 km pendant que son épouse est restée, prête à devenir en sage femme.
Le trajet ne fut pas simple. Il a pris le vélo mais au bout de quelques kilomètres, il l'a jeté dans le fossé et a continué à pied car il y avait vraiment trop de neige.
En outre, il n’y avait pas de chemin pour aller jusqu'à la route. Pour la rejoindre, ils y allaient en sabots, changeaient de chaussures, et cachaient les sabots sous un buisson, une racine d’arbre. Malgré ces précautions, quelques farceurs déplaçaient parfois les sabots, il fallait rentrer pieds nus.
Il n’y avait pas non plus de pont pour traverser le ruisseau, les attelages passaient à gué ; il fallait attendre que l’étiage soit modéré. Pour traverser à pied il y avait une passerelle, un arbre couché en travers du ruisseau, équarri à la hache, une branche d’acacia, ou autre bois, bricolé en guise de parapet ou bien, dernière solution, il fallait faire un grand détour.
Pendant tout ce temps, mon père alimentait le feu pour que la maison soit chaude quand l’enfant arriverait. On ne savait pas le sexe du nouveau venu. Il portait aussi de temps à autre de la braise dans un chaudron dans la chambre, il n’y avait pas le chauffage central. Le feu était alimenté par de grosses bûches ou arbres fendus avec les coins et la masse et bien-sûr du petit bois. Le feu tenait une grande place dans les maisons surtout en agriculture pour avoir l’hiver de l’eau chaude et faire cuire toute la nourriture.
Notre brave voisin, après un long trajet compliqué, est enfin arrivé chez le docteur qui n’était pas là ; il était route de Saint Anatoly pour aider à la naissance de N., qui est devenu plus tard mon copain de classe et de jeunesse.
Après, sans doute un remontant, en l’honneur du nouveau venu, ils ont repris la route via Caraman et se sont arrêtés au cabinet du docteur pour refaire la trousse de matériel médical stérile.
Et tous ces événements se sont passés au petit matin. Je n’ai jamais su, comment ils étaient venus à pied ou à cheval. Ma mère assistée par la voisine, se faisait beaucoup de souci et commençait à trouver le temps long.
Un enfant est né
Enfin ils sont arrivés, et le docteur s’est occupé tout de suite de ma mère, et de moi. Je me garderai de détailler tous les gestes qui suivent une naissance, juste vous dire q’on m’a enveloppé dans des langes en tissu que mon père avait pris soin de réchauffer, pendus au dossier d’une chaisedevant le feu.
Je suis né pauvre, dans une chambre sans chauffage, et sans lumière.
Le bon docteur et notre dévoué voisin n’avaient pas déjeuné quand tout a été terminé et moi endormi. Vers dix heures, mon père a fait réchauffer une soupe de pain tranché en fines lamelles tirées de la marque de deux kilos, sans doute du boudin, saucisse car en décembre on avait souvent rangé le cochon.
Et pendu au plafond, ceci raconté par le docteur plus tard, quand j’allais à l’école : une pleine grille de moineaux ; mon père n’était pas braconnier mais l’hiver, comme l’a chanté Jean Ferrat, « la caille et le perdreau, et la tomme de chèvre… En dessert sans doute des noix, amandes, noisettes et l’incontournable confiture maison, du vin tiré de la barrique du fond de la cave.
Pour l’occasion, mon père a ouvert une bouteille de prune de l’année, histoire de goûter. Il n’y avait pas de café.
La longue histoire de la bouteille
Cette bouteille a une longue histoire : il l'a rouverte pour mon baptême en famille et aussi pour ma communion solennelle, j’y ai alors eu droit avec un sucre. Et quand les parents de mon épouse sont venus pour la première fois, il y avait projet de mariage, avec de généreuses explications du parcours de cette bouteille. J’ai pu en boire à mon tour mais j’étais alors un homme."
Mes sincères remerciements à Aimé pour ce témoignage
Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)
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Publié le 3 Décembre 2022
Brouillard épais et pluie fine le matin. Le soir vent d'ouest très froid.
Avons continué à labourer pour la paumelle au champ des aygalots.
Publié le 2 Décembre 2022
Beau temps chaud
Avons tué les oies 24. Gaston est venu en prendre 12. Julie est venue et Anna de Roou nous aider. Je suis allé porter Julie le soir avec la moto.
Avons continué à labourer pour la paumelle avec les trois brabants.
Publié le 1 Décembre 2022