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Publié le 12 Septembre 2020

Photo d'illustration - Documents d'époque

Photo d'illustration - Documents d'époque

  

La période de la guerre telle qu'elle a été vécue dans les bordes et les campagnes du Lauragais fait l'objet de témoignages. En voici un, exceptionnel, celui d'Aimé Boyer. Il avait 6 ans lorsque la 2nde Guerre Mondiale a commencé, 12 lorsqu'elle s'est enfin achevée. Son enfance a donc été profondément marquée par cette période qu'il a vécue près de Caraman. Voici les souvenirs qu'ils nous a confiés, ceux d'un gamin du Lauragais dans une période complexe de l'Histoire :

" Il y avait un chef de district par canton qui organisait le ramassage - les réquisitions - entre autres, des animaux, du grain etc…dans chaque ferme et selon leur superficie, pour nourrir l’occupant. 

Les Allemands passaient souvent dans les fermes, par deux, ouvraient les armoires, les placards. Il fallait leur donner à manger, leur faire cuire des œufs à la poêle. Si ma mère n’avait pas le temps, ils se les faisaient cuire eux-mêmes. Pendant que l’un faisait cuire, l’autre allait chercher du vin à la cave, j’ai souvent vu les mâchoires de mon père se crisper. En d’autres endroits c’était le jambon ou des légumes dans le jardin qu'ils choisissaient.

Ils faisaient des manœuvres régulièrement et ils passaient quand bon leur semblait sur la rangée de melons, en colonne, et dans le champ de blé, en tirailleurs, se couchant à tout moment. Il fallait voir la tête des melons et du champ de blé après leur passage, sans oublier celle de mon père !

On m'a aussi raconté cette anecdote : lors d'une soirée de beuverie - ils avaient dû abuser de l'eau de vie - ils auraient fait monter un cheval dans la chambre grand dam des habitants de la ferme.

Bien entendu il n’y avait pas d’armes car elles étaient réquisitionnées. Pour améliorer le quotidien, on attrapait donc des lapins avec des bourses - j’y étais très adroit - et aussi le furet. Mes parents avaient aussi acheté un petit moulin manuel pour faire de la farine en cachette afin de fabriquer du pain. 

A partir de 1940, nous avons vu arriver des personnes nouvelles qui cherchaient des denrées alimentaires. C’étaient des Toulousains qui venaient avec le train, et s’aventuraient à travers la campagne, sans aucun repère au début.

Les premières fois il y eut des contacts modestes, et comme ils revenaient toutes les semaines, des rapports d’amitié se sont crées et sont allés bien au delà de la fin de la guerre. Ils ont participé à notre vie, nos fêtes, nos deuils. Ils ont assisté au mariage des enfants qu’ils avaient connus petits. Il y a eu aussi des échanges, de type troc, et qu’on appelait communément marché noir. Ces Toulousains avaient accès , par des connaissances, des amis, à l’industrie. Ils pouvaient trouver des pneus de vélo, des sandales, des vêtements, du soufre, du vitriol, et toutes sortes de produits utiles à la vie courante.      

Le poste radio n'était pas autorisé. Le nôtre était caché sous le lit. Mon père et ma mère écoutaient les messages Les Français parlent aux Français, mais ne comprenaient pas ce qu’ils signifiaient.

Puis vint le débarquement en Normandie. Il nous tenait motivés ! Nous suivions, à l’aide de punaises, la progression des Alliés sur une carte pendue derrière la porte. Ma mère avait trouvé une carte de l’Europe. De même, nous suivions l’avancée de l’Armée Rouge. C’est moi qui, tous les soirs, m’acquittait de cette tâche.

J'ai  aussi des souvenirs de bombardements et particulièrement ceux de l’aéroport de Montaudran par l'aviation anglo-américaine le 6 avril 1944. Même si nous étions loin, en pleine nuit, nous entendions le vrombissement des nombreux avions, des bombes qui tombaient en sifflant avant d’exploser en illuminant le ciel puis le retour des avions qui passaient entre Caraman et Villefranche ; ils laissaient tomber les enveloppes des bombes que nous ramassions comme des souvenirs."

D'autres souvenirs d'Aimé Boyer sur le sujet dans un prochain post. Je le remercie très sincèrement de m’avoir une nouvelle fois confié cette tranche de vie exceptionnelle.

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

 

  

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois

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Publié le 29 Août 2020

S'occuper du maïs - photo coll. Nardèse

S'occuper du maïs - photo coll. Nardèse

Louis Bruno était agriculteur en Lauragais, fermier plus exactement. Retraité, il a consigné ses souvenirs dans des cahiers que sa famille partage avec nous aujourd'hui. Dans de précédents posts, il racontait les moissons (voir ici), et les battages (voir là). Dans l'extrait d'aujourd'hui, il présente les autres activités du mois d'août à la métairie.

"Parallèlement à ce travail capital qu'était le battage que faisait-on à la borde en ce mois d'août ?

Eh bien par exemple on avait arraché les haricots secs très consommés à ce moment-là. On les battait au sol puis on les nettoyait au tarare suivant le même procédé que les fèves. On déchaumait quelque peu avec la petite charrue.

On repassait aussi quelques jachères destinées au prochain semis de blé. On écimait le maïs après que les pollens de la crête eussent fécondé l'épi. Cette opération activait la maturité quelque peu au détriment du rendement en grain mais la masse végétale qu'elle procurait était très précieuse pour la consommation des bovins surtout au cours des années de sécheresse estivale.

Les pâturages étaient réduits en paillasson et les coupes de de regain réduites à peu ou rien du tout, ce qui créait d'énormes difficultés pour assurer la nourriture des bêtes d'étable et d'écurie. S'ajoutait à cela une baisse considérable des rendements et des difficultés d'approvisionnement en eau.

De ces années là, il y en eut une très longue série entre 1940 et 1950, période où il convient de citer la triste et mémorable traversée de la guerre, cortège de peine et de malheurs, départ des hommes valides, occupation, captivité, déportation... sans commentaire. "

 

La suite des écrits de Louis Bruno, prochainement, avec notamment un post sur les marchés hebdomadaires.

Vous pouvez aussi retrouver les témoignages d'Aimé Boyer sur l'entretien du maïs (cliquez ici) et sur les fèves (voir là).

Un immense merci à Daniel Bruno - ainsi qu'à Christiane et Jean-François Bruno - pour avoir partagé les écrits passionnants de Louis.

Merci à Berthe pour les photo transmises

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois, #Lauragais, #Occitanie

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Publié le 22 Août 2020

Un tracteur à chenille (Photo coll. Nardèse)

Un tracteur à chenille (Photo coll. Nardèse)

Dans les écrits d'Emile, on voit régulièrement que les labours sont confiés à une entreprise surtout dans les périodes où le tracteur est absent. Aimé Boyer nous raconte comment cela se passait :

 

"Les charrues balances permettaient la réalisation du labour à plat. Quand une partie de la charrue était dans la terre, l’autre est en l’air grâce à un système de glissière. Actionné par la force du tracteur, l'appareil changeait de position grâce à un sytème proche du balancier.

Dans le Lauragais elles était équipées de deux socs de chaque côté et de deux roues, qui constituaient l’axe de la balance. 

Le tracteur à chenille qui les tractait avait deux caractéristiques essentielles à savoir pour la première, un rayon de braquage très court sur une roue bloquée et la deuxième résidait dans l'adhésion au sol. (voir ici une vidéo de démonstration)

 

L'entrepreneur mandatait un chauffeur pour le tracteur et un conducteur pour la charrue qui se remplaçaient.Il y avait un volant de chaque côté avec un siège.

L’agriculteur dont on labourait la terre était là pour accrocher et décrocher la charrue au tracteur grâce à un câble d’acier torsadé.

Équipé d’un gros anneau. en arrivant au bout du sillon, le tracteur donnait un petit coup de marche arrière qui permettait de décrocher et poser le câble sur la charrue en l’air.

Après avoir tourné, le tracteur revenait se mettre en place, l’agriculteur accrochait l'anneau en passant et venait se positionner pour aider à basculer la charrue. Pendant que le conducteur  était venu se positionner sur la charrue en l’air, le tracteur sans s’arrêter, déclenchait le mécanisme de balance. Le conducteur s’appliquait à faire aller les roues au plus près de la tranche du guéret (nb : dans un champ labouré, terre non encore labourée). Le tracteur positionné sur le guéret suivant l’inclinaison du champ tenait  la charrue au plus près de la tranche.

A minuit on procédait à un changement d’équipe. Ils venait remplacer la première équipe jusqu'à midi. L’agriculteur se débrouillait pour avoir un remplaçant, cela pouvait durer deux ou trois jours.. Quel calme quand tout cela était terminé... Le labour à plus de 40 centimètres produisait de grosses mottes qui allaient fondre avec le gel qui comme l'a dit Louis Bruno et donnait envie de marcher pieds nus…. nous ne nous en privions pas. 

  

A midi lors de la relève on faisait le plein, graissage, nettoyage, remplacement des socs, tourner le carrelé si besoin, et boire un petit jaune, fabriqué maison, avec de l’extrait d’anis et de l’eau de vie,.

Ce type de charrues, était largement utilisé par nos amis vignerons, de l’autre côté de la Montagne Noire."

 

Un immense merci à Aimé Boyer pour ses témoignages toujours passionnants

Merci à Berthe Tissinier pour les photo transmises

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois, #Occitanie

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Publié le 16 Août 2020

Photo coll. famille Nardèse

Photo coll. famille Nardèse

Nous opérons aujourd'hui un retour sur une tradition des campagnes lauragaises : la fête de la Saint Roch qui a perduré jusque dans les années 50. Saint-Roch était imploré pour la protection du bétail et des récoltes et cela donnait lieu à des cérémonies annuelles dans nombre de villages du Lauragais.

Aimé Boyer décrit l'une d'entre elles : 

"Le 16 août, on allait avec une paire de bœufs, vaches, chevaux sur la place du village faire bénir les animaux et les récoltes. On choisissait la plus belle paire. Les bêtes étaient cardées, brossées, les queue frisées, un peu de blanc d’Espagne, le joug vernis.

Sur le joug, on déposait un spécimen des cultures : des épis de blé, orge, avoine, quelques pieds de maïs avec leurs cabosses, fèves, tresses d’ail, d'oignons... On agrémentait cela de quelques pieds de luzerne, fétuque etc… et bien-sûr quelques fleurs.

Le tout  était arrangé en forme de couronne posée sur le joug et attaché avec un long sarment de vigne avec ses grappes de raisins. 

On se rendait au village. En route bien-sûr, le convoi s’allongeait, on s’interpellait, on racontait quelques blagues.

En arrivant on s’installait en rond, le prêtre venait en procession, la croix, l’aspersoir et bénissait les animaux un par un, avec les prières adaptées à la situation. Il y avait beaucoup de monde.  La famille se déplaçait  y compris le propriétaire des métairies ou les régisseurs. On déposait l’incontournable panière des offrandes, toujours des produits de la ferme. "

 

Au retour, certaines familles faisaient consommer des éléments végétaux qui avaient été bénis lors de la cérémonie aux animaux qui étaient restés à la borde.

Lorsque cette tradition s'est perdue, elle a toutefois perduré parfois sous une forme plus intimiste avec, ce jour-là, la visite du prêtre dans les bordes qui le souhaitaient pour bénir maison, animaux et récoltes.

 

Un immense merci à Aimé Boyer pour ses témoignages toujours passionnants

Merci à Berthe Tissinier pour les photo transmises

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

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Rédigé par Emile

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Publié le 8 Août 2020

Coopérative Agricole de Baziège Photo confiée par Serge Arnaud

Coopérative Agricole de Baziège Photo confiée par Serge Arnaud

Louis Bruno était agriculteur en Lauragais, fermier plus exactement. Retraité, il a consigné ses souvenirs dans des cahiers que sa famille partage avec nous aujourd'hui. Dans de précédents posts (ici et ), nous avions découvert sa description des travaux de printemps puis les activités de début d'été (). La semaine dernière, il racontait les moissons (voir ici), voici ses écrits concernant les battages.

"Le battage était assuré par des entrepreneurs possédant un ou plusieurs matériels lesquels comprenaient un tracteur pour le déplacement et l'entraînement de l'ensemble, une batteuse et une presse à lier la paille en balles.

Chaque entrepreneur possédait sa clientèle et se déplaçait à tour de rôle de borde en borde fournissant les machines précitées, 4 hommes dont un responsable qui conduisait et 3 empailleurs, le reste du personnel nécessaire soit 15 personnes minimum émanait d'un groupe de voisins travaillant en entraide mutuelle. C'était un travail pénible et éprouvant sous les chaleur torride et dans la poussière de l'aube au crépuscule mais auquel on participait volontiers étant donné l'ambiance conviviale et gaie qui régnait entre amis, jeunes et vieux, copains et copines.

Ce travail durait de 40 jours à 2 mois suivant les années et le volume des récoltes, les rendements ne dépassaient guère les 15 à 20 hectolitres l'arpent malgré les progrès de la recherche génétique sur les variétés déjà amorcés. Une partie de la récolte était stockée au grenier, futures semences, besoin domestique, échange blé plain avec le boulanger ou règlement en nature des services du forgeron (affutages divers). 

Le restant était vendu aux négociants ou livré aux coopératives qui déjà se créaient petit à petit par exemple succursales de la CPB Rue Ozenne Toulouse CAB Baziège CAL Castelnaudary laquelle lançait également avec le syndicat Agricole Audois les premières entreprises de gros labour, chenillard Caterpillar traînant les charrues balance trisocs Carrière-Guyot.

Parallèlement à ce travail capital qu'était le battage que faisait-on à la borde en ce mois d'août ?"

Nous le découvrirons dans quelques temps lors d'un prochain post consacré aux écrits de Louis Bruno.

 

Sur le même sujet retrouvez les battages vus par Aimé Boyer , Berthe Tissinier ou encore Paulette Durand. Je les remercie encore pour ces contributions précédemment publiées. (Cliquez sur leurs noms pour retrouver chaque post)

Un immense merci à Daniel Bruno - ainsi qu'à Christiane et Jean-François Bruno - pour avoir partagé les écrits passionnants de Louis.

Merci à Serge et Berthe pour les photo transmises

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Les battages Photo confiée par Berthe Tissinier

Les battages Photo confiée par Berthe Tissinier

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Rédigé par Emile

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Publié le 2 Août 2020

Photo coll. J-c Rouzaud

Photo coll. J-c Rouzaud

Louis Bruno était agriculteur en Lauragais, fermier plus exactement. Retraité, il a consigné ses souvenirs dans des cahiers que sa famille partage avec nous aujourd'hui. Dans de précédents posts (ici et ), nous avions découvert sa description des travaux de printemps puis les activités de début d'été (). 

"Pas de trêve possible, piquage des faux et leur mise en condition pour détourer les champs et permettre le premier passage de la moissonneuse lieuse, lesquelles avaient été pourvues de leurs toiles élévatrices et vu leurs lames passées à la meule à aiguiser.

On faisait aussi ferrer de neuf les boeufs et les chevaux car désormais leurs onglets ou sabots ne supporteraient pas le coup.

La moisson devait se faire par temps sec en l'absence de rosée mais avant la surmaturité, le grain finissant mieux en gerbes assemblées en "tavels" tas de douze unités assemblées tout à la suite du passage de la lieuse tirée par des attelages de boeufs ou chevaux que l'on remplaçait deux fois par jour afin de profiter des heures favorables et avancer le plus vite possible craignant aussi le risque d'égrenage (grêle ou vent d'autan).

Avait-on tout juste fini la "sego" que sans même prendre le temps de souffler on étrennait l'aire de battage ou sol par l'égrenage des fèves récoltées, tiges entières, arrachées à la main , étalées au sol et battues au rouleau de pierre.

Commençait alors le gerboyage qui consistait à acheminer la récolte sur l'aire précitée et la rassembler en de beaux gerbiers dressés jusqu'à 8 à 10 mètres de haut ou bien entreposée dans les hangars pour ceux qui en avaient suffisamment. Vers la fin de la deuxième décade de juillet, les dépiquions pouvaient commencer mais entre temps, il fallait aussi faire une deuxième coupe de regain toujours précieuse pour les réserves d'hiver, abondante ou modeste, tributaire des orages d'été."
 

(les battages à suivre dans un nouveau post au cours de la semaine prochaine)

Un immense merci à Daniel Bruno - ainsi qu'à Christiane et Jean-François Bruno - pour avoir partagé les écrits passionnants de Louis.

Merci àJ -C Rouzaud pour la photo transmise

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Rédigé par Emile

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Publié le 26 Juillet 2020

Photo Bruno Alasset

Photo Bruno Alasset

La sécheresse estivale actuelle si elle n'est pas rare n'en fait espérer que plus fort la pluie. L'occasion sur une nouvelle page de nos Carnets de recenser quelques dictions occitans de circonstance.

Parfois dès l'aube l'espoir naît 

Alba roja vent o ploja

Aube rouge, vent ou pluie

Mais souvent  dans le Lauragais, c'est le vent d'autan qui l'emporte.

Lorsque la sécheresse dure, on s'accroche aux espoirs des lendemains :

Longa secada, longa pluejada

Longue sécheresse, longue période de pluie

Mais quand la pluie vient...

Corta pluèja, grand fangas

Courte pluie, grande boue

Qui peur s'appliquer à un certain nombre de situations de la vie courante...

Puèja menuda, cap de gota perduda

Pluie fine, aucune goutte perdue

L'orage s'invite parfois même dans les situations de la vie courante.

Plou pas cada cop que trona

Il ne pleut pas chaque fois qu'il tonne

Les plus observateurs, à  la campagne, savent que le nid des pies est un signe :

Quand l'agaça fa bas son nis trona sovent l'estiu

Quand la pie fait son nid bas, il tonne souvent durant l'été

Pour les plus résignés :

Totjorn plou sus banhats

Il pleut toujours sur les mouillés

C'est aussi le titre du 1er chapitre du web roman feuilleton lauragais lancé cette semaine et que je vous invite à suivre sur : https://www.bordeperdue.fr

Si vous connaissez d'autres dictons, expressions ou proverbes sur l'eau, la pluie, l'orage, la sécheresse, le tonnerre, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons la petite collection de ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Rédigé par Emile

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Publié le 19 Juillet 2020

Lauragais d'Autrefois : bientôt "Ceux de la Borde Perdue", un web roman feuilleton lauragais

Nous avons pris l'habitude depuis 4 ans de partager le quotidien d'Emile, grâce à la publication quotidienne de ses écrits mais aussi de faire des focus sur des sujets particuliers ayant trait à l'agriculture d'antan grâce à vos photos et témoignages dans la page Lauragais d'Autrefois.

Votre fidélité et vos visites sont un encouragement à poursuivre le travail autour de cette mémoire qui constitue une partie de notre patrimoine du Lauragais.

Cet été, je vous propose une nouvelle aventure, celle de la fiction. Elle aura le cadre que nous aimons, les bordes des années 50 et le travail de la terre. Elle prendra la forme d'un nouveau site sur lequel vous pourrez retrouver à intervalles plus ou moins réguliers les épisodes de ce web roman feuilleton intitulé Ceux de la Borde Perdue.

C'est le destin de Louise, jeune femme d'une trentaine d'années, que vous y découvrirez. Elle vit chez les Bourrel, famille de métayers qui n'a pas été épargnée par le destin à tel point qu'au village, en chuchotant, on les appelle les "maffrés". Ils s'installent en novembre 51 à la Borde Perdue, sur la commune de Florac-Lauragais. Pourquoi ont-ils changé de bail aussi brutalement, à la surprise générale, alors qu'ils travaillaient la métairie d'En Peyre depuis les années 20 ? Louise, accaparée par le quotidien de la métairie, trouvera-t-elle encore sa place au sein de cette singulière famille ?

A suivre bientôt sur le site dédié qui porte le nom de cette métairie de fiction, la Borde Perdue : www.bordeperdue.fr 

Vous serez prévenus ici lorsque le site sera en ligne, d'ici quelques jours. Encore un peu de patience...

Twitter : @Borde_Perdue

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Publié le 17 Juillet 2020

Lauragais d'Autrefois (86) : les progrès de la moisson, vers le vrac

Nous avons évoqué récemment les premières moissonneuses-batteuses pour lesquelles il fallait faire des sacs de grain à même la machine (voir ici).

Voici la suite du témoignage d'Aimé Boyer à ce sujet. Ce système n'a pas duré très longtemps au profit du vrac :

 

"Ces machines n’avaient pas de cabine aussi l'année suivante avait-on installé des parasols attachés avec des ficèlles de Lieuse pour le chauffeurs et les enssacheurs pour un confort... rudimentaire.

 

Est venu ensuite le vrac, d'abord pour faire des sacs au sol, avec des trémies fabriquées maison. Il s'agissait d'une grande caisse carrée, posée sur la remorque. A l'intérieur posé au fond de la caisse, un montage triangulaire avec la pointe en haut permettant au grain de s'écouler vers les bords où deux trappes était aménagées de chaque côté de la caisse avec une fermeture à glissière, ouvrant vers le haut, pour laisser passer le grain, qui s'écoulait dans une sache, tenue sur le côté par deux crochets.

Pour finir de vider le caisson, on  passait la main dans les angles, scétait plus que parfait, il n'y avait plus qu’à décrocher le sac et L'attacher. Stoker celui-ci, si possible à l'abri. Progrès en marche.

La fabrication de ces trémies maison a occasionné un chamboulement commercial.

On sollicitait :

La scierie: chevrons, Planches, Tasseaux, etc.... 

La quincaillerie: Pointe, Boulons, Cornières, Vis à bois, Perceuses Mèches à bois, à fer. 

La droguerie: quelques-uns la peignaient 

Le forgeron: Il fallait donner des formes, les trappes à glissières fonctionnaient mieux en fer qu'en bois (fluctuant avec l'humidité).

Cette méthode n'a duré que quelques temps. On est ensuite passé au vrac total, après quelques temps de planches incliné, fabriqués par des forgerons astucieux, et vendues dans le commerce.

On peut citer un autre exemple, la pipe. C'est le nom donné aux vis sans fin qui équipaient les moissonneuses-batteuses atteuses,pour vider le grain en vrac

Les premières machines était équipées de pipes pliables, quand on était rentré dans le champ, avec une tringle adaptée, on tirait et plaquait la vis à la machine avant de la fermer avec un verrou à levier tandis que la tringle était posée, tendue au bout de la pipe pour soutenir le balancement. de celle ci.

On ne refermait la pipe que le champ fini, et la trémie vidée. Si un incident empêchant de vider celle ci  il était prévu une trappe pour vider par dessous. Je ne vous dis pas l'opération, avec un seau...

Assis sous mon tilleul je les ai vus, l'autre jour, rien n'a changé, dans le geste, sauf le perfectionnement des machines.

Les bennes ont fait leur apparition. Et un peu plus tard encore,  les containers, posés dans les champs par les camions des coopératives, ou les marchands de grains. Cela perdure encore aujourd'hui.

Toutes ces modifications ont été entraînées par la modernisation des fabricants de matériel agricole (toujours plus performants).  Il a fallu suivre. Dans les années 50-60, des Agriculteurs on créés des entreprises qui on permis un atout à la modernisation du machinisme."

Un grand merci à Aimé pour son témoignage. Nous reviendrons prochainement sur les moissons.

Si vous avez vous-aussi des souvenirs, des témoignages, des photos liés aux moissons, n'hésitez pas à me les adresser. Nous les publierons ici. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Publié le 10 Juillet 2020

Lauragais d'Autrefois (87) : le bois des bordes

Dans les baux de métayage, une partie était consacrée au bois des exploitations dont les métayers ne pouvait jouir à leur guise. Il était important que la propriété soit entretenue que les arbres ne soit ni dangereux, ni un obstacle aux culture.

Voici l'exemple d'un article issu d'un bail :

 

Peupliers, chênes, sapins étaient utilisés comme bois de charpentes des maisons. 

"On disait souvent « Casse dreit  pibol cochat » (Chêne debout Peuplier couché) règle incontournable, pratiquée par les charpentiers.

Le bois était très utilisé et travaillé dans les fermes pour équiper les étables : les bat-flancs, les mangeoires en chêne ou construire des cabanes pour loger la basse-cour. L’hiver on fabriquait des outils agraires : des rouleaux, des herses, etc.. Les masses, les mals pour fendre le bois

On creusait des mangeoires dans des troncs d’arbres. J’ai vu mon grand-père avec le vilebrequin, la gouge, la masse en bois et la hachette. On fabriquait aussi des passerelles pour traverser les ruisseaux et bien-sûr, des échelles de toutes longueurs. J’en oublie sûrement…" précise Aimé Boyer

 

Le bois de chauffage

C'était l'unique moyen de chauffage grâce aux cheminées qui trônaient dans la pièce principale des métairies. Selon les contrats, le propriétaire avait l’exclusivité de la parcelle de bois, le métayer avait les baliveaux, les buissons utilisés pour construire les clapiers et la moitié des branches quand le propriétaire vendait la coupe et qu’il fallait après cela nettoyer la parcelle.

"Tous les arbres des limites des champs étaient tolérés pour le métayer. Tout au long de l'année, on veillait en effet à ce que ces arbres n'aient pas de branches basses sur leurs troncs afin d'aérer les cultures et aussi laisser grossir le bois de tête qu'il fallait élaguer, émonder dans un système de rotation annuel que dictait le bon sens." On avait aussi la possibilité de prendre à couper à mi-fruit une parcelle de bois d'un propriétaire voisin", ajoute encore Aimé.

 

L'élagage 

Il poursuit : "Avec une échelle de bois et la hachette, il m’est difficile de décrire la méthode de taille, ni même je ne pourrais pas vous le montrer. Vous dire qu’une fois finie, l’entaille faite avec la hachette était lisse et permettait une cicatrisation rapide de la taille (Contrairement à la scie, ou la tronçonneuse) 

Il fallait faire attention de ne pas laisser des crochets, des bouts qui dépassaient sinon les voisins ne manquaient pas de nous demander en riant si c’était pour pendre les jambons"

                                     

Anecdote 

" A mon retour du régiment, après avoir salué ma mère avec des pleurs de joie. Je suis allé rejoindre mon père qui élaguait des trembles au fond du pré. Après la joie des retrouvailles, en remontant a la maison, je lui ai dit que l'après-midi, je viendrais l’aider. Il a souri. 

Et après une petite sieste, j’ai pris mon échelle, ma hachette.Tape- ci, tape-là, mes bras se sont rapidement ankylosés.J’ai compris, pourquoi mon père avait souri : j'avais perdu l'endurance et la force nécessaires."

 

Nous reviendrons prochainement sur le bois pour évoquer les meubles et certains essences.

                                                     

Merci à Aimé Boyer pour son témoignage précieux.

Si vous avez vous-aussi des souvenirs liés à ces travaux du bois, n'hésitez pas à me les adresser. Nous les publierons ici. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Publié le 5 Juillet 2020

Lauragais d'Autrefois (86) : souvenirs des premières moissonneuses-batteuses (suite)

Suite à la publication concernant les premières moissonneuses-batteuses (ici), Aimé Boyer m'a adressé ses souvenirs. Ils constituent un témoignage très éclairant quant à cette transition.

" Oui l'arrivé de la moissonneuses-batteuses a ouvert un changement radical des comportements des agriculteurs.
La pompe à graisse, tous les matins, le filtre à air et la vérification de la tension des courroies et chaînes ont fait de l'agriculteur un mécanicien à part entière.

Se sont multipliés les trousseaux de clés : plate, à pipe, cliquets, les crics, les palans. Quant aux marteaux, ils étaient déjà la!
Bref, la modernisation agricole...  Finies les colles de battage sur le sol que nous avons déjà évoquées et qui apportaient, malgré le travail, du lien social.
La modernisation était un mal nécessaire. L'agriculteur devenait un entrepreneur.

J'ai conduit une Massey- Haris dans les années 52/53 avant de partir au régiment.
Les premières moissonneuses, on faisait les sacs sur la machine ! Une fois pleins, on les posait sur une glissière que l'on déclenchait tout les trois sacs pour les déposer au sol. Ces sacs étaient mal attachés et pesaient presque tous 100 kilos. On était balloté en tous sens, choqué au rembarres, se cognant la tête à la trémie, en équilibre sur une jambe en montant et sur l'autre en descendant. Le Lauragais n'est pas renommé pour être plat...

A la tombée de la nuit il fallait ramasser les sacs, pour les mettre à l’abri : c’était un travail très pénible. Heureusement plus tard sont venues les trémies pour faire en vrac. Et tout le travail à deux ou trois hommes, consistait à ramasser la paille, la charger à la fourche, c'était très lourd, la mettre à l'abri ou faire un pailler. Pour faire ce travail on formait des petites colles avec deux ou trois voisins.

C'est à peu près à la même période, il me semble, que sont arrivées les ramasseuses à maïs tractées et aussi faire les sacs sur la machine un rang." 
 

Merci à Aimé Boyer pour son témoignage et à Jean-Claude Rouzaud pour la photo transmise. Il s'agissait de la 1ère moissonneuse-batteuse menée par le fermier du château de Montmaur probablement dans les années 50.

 

Si vous avez vous-aussi des souvenirs des moissons d'antan, des premières moissonneuses-batteuses ou des anecdotes liées à ces travaux, n'hésitez pas à me les adresser. Nous les publierons ici. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Publié le 1 Juillet 2020

photo : coll. J-C Rouzaud

photo : coll. J-C Rouzaud

Nous avons souvent décrit ici les moissons dans les années 40 et 50 avec le passage de la faucheuse, les gerbes, les tabels... Ce long travail estival s'est trouvé fortement réduit à l'arrivée de la moissonneuse-batteuse non seulement dans sa durée mais aussi dans la peine physique du travailleur. Pour autant subsistaient la poussière, la chaleur écrasante des débuts d'été et arrivaient aussi les ennuis mécaniques encore plus redoutés lorsque le temps devenait menaçant...

Merci à Jean-Claude Rouzaud pour la photo transmise. Il s'agissait de la 1ère moissonneuse-batteuse menée par le fermier du château de Montmaur probablement dans les années 50.

 

Si vous avez des souvenirs des moissons d'antan, des premières moissonneuses-batteuses ou des anecdotes liées à ces travaux, n'hésitez pas à me les adresser. Nous les publierons ici. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Publié le 27 Juin 2020

Petit focus sur les floraisons de saison comme nous l'avions fait il y a quelques semaines grâce à Marilys Benoît que je remercie.

 

En ce tout début d'été, nous allons évoquer les floraisons de la deuxième moitié du printemps en lauragais.

 

« Au mes de mai, cada casse met sans huèlhas ». Au mois de mai, chaque chêne met ses feuilles. Le chêne pubescent (cassou), aux feuilles velues sur leur face inférieure, est fréquent. Ses feuilles sont marcescentes, c'est à dire qu'elles restent sur l'arbre tout l'hiver, desséchées, et tombent lors de la pousse des jeunes feuilles.

 

Dans les pelouses ou les bords de routes, de nombreuses espèces fleurissent en mai-juin.

 

Le coquelicot s'annonce début mai, notamment dans les champs et dans les lieux en friche, et le dicton dit : « Quand la cap-roseta es florida, l'oèlha es gandida ». Quand le coquelicot est fleuri, la brebis est à l'abri de l'hiver.  Les pétales, en infusion, aident à l'endormissement. La floraison s'étale jusque fin juin.

 

Sur les pelouses ensoleillées, l'urosperme ou lampistrelle commune, étale ses capitules jaune vifs, souvent lavés de rouge à l'extérieur.

 

Les marguerites sont présentes mêlées au lotier corniculé  (boulumague, cap-arrous, lotgèr, pinausel) 

 

Il n'est pas rare de profiter du glaïeul des moissons et de ses fleurs rose fuschia. 

Les dernières orchidées sont en fleur en mai, telle la surprenante serapia lingua  , la loroglosse à odeur de bouc, bien nommée  et l'anacamptis pyramidale 

 

 

Mai a vu la floraison d'arbustes dans les haies et bords de bois, comme le cornouiller sanguin (esclamè y sanguî). Ses rameaux, cueillis en hiver, étaient utilisés pour la confection d'objet de vannerie. Le troène des bois (ligoustrè, bretoina,berdét, trogue) est aussi de la partie , ainsi que l'églantine (galabardo, salabarda, arrouméc, gabardé, arrosèr sauvatge), dont les fleurs sont prisées par le cétoine doré. 

 

Textes et photos Marilys Benoît

 

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Publié le 23 Juin 2020

Lauragais d'Autrefois (83) : traditions et croyances autour des feux de la Saint-Jean

Aimé Boyer se souvient aujourd'hui des traditions autour du feu de la Saint-Jean qui était allumé dans chaque ferme à la tombée de la nuit. 

 

"Pour célébrer l'arrivée de l'été, la tradition était d'allumer un grand feu. Seules les familles endeuillées dans l'année s'abstenaient. Quelques jours avant le 24 juin, nous disposions des fagots en forme de pyramide à un endroit qui puisse être vu par le plus grand nombre de voisins.

A la tombée de la nuit, à la veille de la Saint-Jean, chacun allumait alors son feu et nous comptions aussi ceux allumés par les voisins.

 

Protéger les récoltes et la famille

Le feu était béni et nous disions des prières dont certaines en patois. Pour protéger les récoltes, nous passions des plants 7 fois au dessus du feu ainsi qu'une ou deux bouteilles de vin que nous mettions de côté et qui étaient réservées pour soigner les maux de ventre (humains ou animaux).

 

Sauter 7 fois

Tout le monde avait ensuite sauter 7 fois par dessus le feu. 7 fois mais pas plus ! Sinon nous considérions que cela pouvait porter malheur.

Pour ceux qui ne pouvaient pas sauter, on passait leurs sabots tenus au bout d'une fourche dans le feu en prenant garde de ne pas les y faire tomber. Dans les fermes où il y avait de jeunes mariés, le couple devait sauter en se tenant par la main pour être assuré d'avoir du bonheur toute l'année.

 

Protéger la maison et l'exploitation

Enfin quand le feu s'éteignait, on prenait un tison encore fumant que l'on lançait sur la toiture de la maison pour la protéger de la foudre et de l'incendie.

Les cendres étaient ensuite jetées dans les champs pour protéger les récoltes."

 

Merci à Aimé pour son témoignage.

                

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Publié le 20 Juin 2020

Lauragais d'Autrefois (82) : les souvenirs d'Aimé, la préparation du millas

 

L'article consacré au millas, il y a quelques semaines, a réveillé des souvenirs chez Aimé. Je les partage avec vous aujourd'hui.

 

"Pour ne pas entamer le quota de blé déposé chez le boulanger, on remplaçait de temps en temps le pain par du millas fabriqué à partir du maïs. Les grains étaient moulus au moulin à vent ou à eau qui faisait tourner une pierre sur une autre fixe avec la complicité du meunier qui alimentait les meules différemment que lorsque le broyât était destiné aux animaux. Là, la farine était plus douce aux toucher.

N'oublions pas que les fermes étaient occupées généralement par des familles nombreuses : jusqu'à 10  personnes et parfois même plus. Si l'on ramène cela à uns journée de nourriture cela pouvait donc faire 30 repas sans pain, qu’il fallait bien remplacer en économisant du blé.

                                                                  

D’abord on programmait le plat : un civet de  lièvre , de lapin de garenne, une daube de langue de bœuf - ou même de  corbeau par temps de disette - un ragoût de poulet ou de veau.

Le chaudron en fonte permettait de maintenir la température quand le feu de bois était capricieux. Il fallait simplement de l'eau, de la farine; du sel et... le savoir-faire du préposé.

 

Assis devant le chaudron en fonte posé sur une pierre milliaire, un tablier en toile posé sur les genoux retombant sur les pieds, la personne chargée de ce travail ne devait quitter son  poste sous aucun prétexte. Il fallait touiller sans cesse, calmement la cuillère ou le bâton de bois spécialement fabriqué pour cela. L'extrémité était taillée en forme de spatule.

Quand l’onctuosité était jugée correcte par celui ou celle qui menait la préparation, l’annonce qu'il était temps de vider était faite. C'était là un moment très important qui conditionnait la réussite de l’œuvre entreprise.

Une grande table  avait été dressée et recouverte d’un drap de lit costaud. On l'avait au préalable enfariné.

 

Deux personnes prenaient le chaudron par les poignées grâce à des chiffons pour ne pas se brûler et le basculaient au dessus de la table en essayant de répandre la mixture le plus régulièrement possible.  En même temps, une autre personne soulevait et reposait la table pour permettre un étalement régulier de la préparation.

Si le millas était réussi, il ne fallait pas que le milieu dépasse 3 centimètres d’épaisseur. (Allez je vous autorise à la limite un centimètre de plus !)
 

Il ne restait plus, une fois refroidi, qu'à couper des tranches et là, à la dégustation, chacun ses goûts : certains aimaient essayer de récupérer le plus de sauce avec des petits dés piqués au bout de la fourchette. C'était tout un travail : le millas n’est pas absorbant. Je vous assure que c'était un repas qui tenait chaud au corps. Les croûtes au fond du chaudron étaient récupérées par certains qui aimaient le consommer avec du vin. 

Plus tard, on pouvait aussi le frire à la poêle après l'avoir sucré.  Le lendemain, pour souper, s’il en restait, on le dégustait avec un œuf mollet ou au plat."

 

Des souvenirs qui titillent les papilles...

 

Merci à Aimé pour son témoignage.

                

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Publié le 17 Juin 2020

Lauragais d'Autrefois (81) : dictons occitans, plantes et fleurs sauvages de juin (le mes de junh)

Les bouquets changeants des bords des champs sont composés de nouvelles fleurs au mois de juin. Après avoir passé en revue les plantes du début du printemps grâce à Marilys Benoît (voir article ici), voici quelques photos de ces plantes d'avant l'été.

Voici leur traduction occitane:

coquelicotrosèla, capròsa 

mauve : malva

séneçon : saniçon

matricaire : matricària, èrba de la maire

gessegèissa, bega, garòta.

 

Nous rajouterons à ce bouquet quelques dictons occitans de saison :

Es pas aquel que ganha le fen que le manja.

Ce n'est pas celui qui gagne le foin qui le mange. (en référence au travail de l'ouvrier et au propriétaire)

Mes de jun, dalha al punh

Mois de juin, faux à la main

Solelh de junh ne ruina degun.

Le soleil de juin ne ruine personne

 

Si vous connaissez d'autres dictons, expressions ou proverbes sur cette thématique, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons la petite collection de ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Lauragais d'Autrefois (81) : dictons occitans, plantes et fleurs sauvages de juin (le mes de junh)

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Publié le 13 Juin 2020

Les fenaisons photo coll. Nardèse

Les fenaisons photo coll. Nardèse

Louis Bruno était agriculteur en Lauragais, fermier plus exactement. Retraité, il a consigné ses souvenirs dans des cahiers que sa famille partage avec nous aujourd'hui. Dans de précédents posts (ici et ), nous avons découvert sa description des travaux de printemps. Aujourd'hui, nous nous intéresserons à la troisième partie de ce compte rendu précis. On y voit les activités se diversifier, se multiplier mais aussi s’intensifier. Chacun dans la maisonnée a son rôle à jouer pour que l’exploitation familiale tourne à plein régime

Fin mai

C'est alors que commençaient les choses sérieuses, les interminables journées de 15 à 16 h de boulot car tandis que la fenaison battait son plein, ce sacré maïs, lui, avait levé et bien levé à tel point qu'il était prêt à biner, manuellement le dos en l'air, rang après rang et pied après pied le débarrassent des adventices indésirables tout en l'éclaircissant, ne laissant pousser qu'un nombre de plantes optimum disons environ 4 pieds par mètre linéaire."

Juin : un mois d’activités harassantes et intensives

IL fallait donc mener de concert sarclage de maïs et rentrée des foins entravée souvent par les orages et le manque de soleil. Il s'ensuivait une longue série de besognes : coupes, râtelage, secouage, retournage bouquets, mise en tas pour enfin le charger ne gros voyages sur les charrettes et l'acheminer vers les granges et les hangars. Tout personne valide avait du pain sur la planche et n'avait pas à se faire prier. 

Les fourrages enfin dans les grandes ont se retrouvait en juin, mi-juin, même, le maïs était bon à buter par le passage entre les rangs du butoir  ou bien de la houe à cheval, opération toutefois plus rapide que le sarclage et démariage. Heureusement car les premières coupes de regain montraient déjà le bout du nez ne laissant aucun répit tandis que la Saint Jean se pointait à l'horizon et que les céréales d'hiver viraient de couleur présageant que la moisson débuterait aux premiers jours de juillet.

A suivre dans un prochain post...

Un immense merci à Daniel Bruno - ainsi qu'à Christiane et Jean-François Bruno - pour avoir partagé les écrits passionnants de Louis.

Merci à Berthe pour la photo transmise

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Publié le 10 Juin 2020

Lauragais d'Autrefois (79) : le petit-déjeuner dans les campagnes d'antan

Nous avons déjà évoqué ici les moments de repas et de collation dans les campagnes d'antan. Ils ont été explorés sous l'aspect convivial essentiellement lors des grands rassemblements liés aux travaux ou aux événements familiaux. Les repas du quotidien étaient évidemment adaptés aux saisons et aux productions animales, potagères et fruitières de l'exploitation familiale du moment. Ils étaient aussi en adéquation avec les travaux entrepris : les longues journées estivales avec les travaux de force (les battages par exemple) nécessitaient plusieurs prises alimentaires dans la journée bien au delà des 3 repas habituels.

 

Déjeuner, petit-déjeuner, dîner, souper ?

 

Jetons d'abord un oeil du côté de la terminologie. Dans le Lauragais encore aujourd'hui, la terminologie utilisée pour chaque repas est un peu différente de ce qu'elle est ailleurs. Hérités de l'occitan, déjeuner prend souvent la place de petit-déjeuner quand dîner est substitué à déjeuner (le repas de midi donc.. vous suivez toujours ?) et souper est souvent préféré à dîner... pour le repas du soir donc. Ces éléments de langue font aussi intégralement partie de notre patrimoine immatériel commun.

 

Voici donc la terminologie en occitan :

petite-déjeuner : dejunar

repas de midi : dinnar

repas du soir : sopar

 

C'est au déjeuner, enfin au petit-déjeuner, que nous nous intéresserons aujourd'hui. Dans les campagnes des années 40 et 50, il est plutôt riches en matières grasses animales. La charcuterie fabriquée maison y figure en bonne place mais on trouve également les oeufs, les restes de repas de la veille, de la soupe froide -comme celle de fèves au printemps par exemple - et parfois quelques fruits.

Il est plus sucré pour les enfants avec du miel lorsqu'on en a, des confitures maison, des fruits de saison et quelques laitages.

Café et thé sont encore des invités très rares à cette période tout comme oranges et bananes.

 

Un petit-déjeuner agrémenté des produits de saison

 

Aimé Boyer se souvient de ce qui venait agrémenter le petit déjeuner au fil des saisons :

"Au printemps, nous dégustions à la croque-sel, des mousserons dont nous protégions jalousement le secret des coins où ils poussaient, des tiges de moutarde pelées avant la floraison ainsi que les premières fèves. En été, les melons s'invitaient ainsi que les fruits encore verts de l'amandier, du noisetier et du noyer. En automne, devenus des fruits secs, ils figuraient encore aux menus matinaux. Venaient s'y joindre parfois des sardines salées et des raisins".

 

Il y avait aussi quelques incontournables quelle que soit la saison comme le pain à l'ail, la cansalade (poitrine de porc salée) et l'oignon à la croque sel.

 

Ce moment où la ferme s'éveille

 

Ces moments étaient selon les familles assez ritualisés. Aimé se souvent :

"Le père se levait bien avant le soleil. Après un brin de toilette rapide, il allait passer plus d'une heure dans l'écurie pour nourrir les bêtes, sortir le fumier avec la brouette, refaire une litière propre, faire téter les veaux, traire et brosser et carder les vaches.

Ce travail terminé, il revenait dans la cuisine avec une casserole de lait, ouvrait les fenêtres sans trop de ménagement.

 

Il allumait la radio (Aqui Radio Andorra !) pour finir de réveiller la maison. Il coupait une tranche de pain avec un peu de lard, prenait sa bouteille sous le bras pour aller chercher du vin. En passant, il ouvrait le poulailler. La ferme s'éveillait. 

dans les années 50, il y avait du café. Mon père y rajoutait parfois une goutte de marc. Les conversations, elles, tournaient, autour du programme et des urgences de la journée".

 

Remerciements : Aimé Boyer

 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Publié le 6 Juin 2020

Lauragais d'Autrefois (78) : semer, biner, sarcler, buter le maïs (2/2)

Nous nous sommes intéressés ici au ramassage du maïs à la saison d'automne. Voici le deuxième post consacré aux semis que nous a récemment décrits Louis Bruno ainsi qu'au binage et sarclage qui va occuper les posts d'Emile durant de nombreux jours en juin. 

Le témoignage d'Aimé Boyer nous a éclairé sur le choix et la préparation de la parcelle, voici aujourd'hui la façon dont se déroulaient les événements.

 

Semer (semenar)

Aimé raconte :

"Le moment venu, le maïs (le milh) était dans un seau, on laissait tomber, au fur et à mesure la semence mais il m’est difficile de vous décrire ce gestequi dénotait un certain savoir faire. Les vaches attelées au joug normal, au dessus du sillon semé, avec la charrue, le versoir couché. L'attelage, tenu énergiquement,  tout le long du sillon,  on faisait glisser la terre sur le grain. Souvent la maîtresse de maison participait aux semis pendant que la daube frémissait devant le feu."    

 

Sarcler et biner (sarclar et binar)

Quelques temps après sa sortie de terre, le sarclage était une action essentielle comme le binage. Le sarclage consiste à supprimer les adventices, les mauvaises herbes tandis que le binage en cassant la croûte superficielle pour aérer et ameublir le sol. Il était également nécessaire de d'éclaircir si les pieds avaient été semés trop près.

« Entre une coupe de foin, soufrer ou sulfater la vigne, l'entretien des pommes de terre, les fèves, le sarclage devait être inclus dans l'emploi du temps.

Dès qu’il était un peu plus gros, lors u 2 ou 3e sarclage, la sarcleuse liée à l'attelage permettait de réaliser cette action (deux socs posés en V réglable en largeur).

On avait aussi un genre de cultivateur, avec plusieurs dents, réglable lui-aussi en largeur. Sarcler sans répit, éclaircir, avancer la terre au plus près du pied. »

 

Buter (buter)

Quand le sarclage était fini on butait le maïs avec la houe réglable en largeur, pour aller au plus près du pied. « On terminait avec le sarcloir, (foussou -fossor- que d’aucuns appellent houe)  avancer la terre tout le long, du sillon au pied du maïs.  

On prenait soin à chaque bout d’arrondir Le sillon surtout s’il était au bord du chemin (un peu de fierté vis à vis des voisins). Il ne restait plus qu’à souhaiter de la pluie... malgré le fourrage à sécher. »

 

Ecrêter (descrestar)

« Bien plus tard, lorsque la cabosse était fécondée, (Voir soie sèche) on étêtait avec un opinel. Une main coupait la crête (cresta) et venait la poser sur le bras libre, tout un art du savoir-faire, pour en faire un gros fagot qui était liés avec une crête, j'aurais du mal à vous expliquer comment. Quelques temps après - entre temps, il y avait eu les moissons - il fallait sortir par brassées, ces fagots, sur les épaules qui passaient au-dessus du pied de maïs qui avait bien grandi. Il fallait se protéger le cou, les feuilles taillaient. On faisait des tas, au bout du champ, avant de venir le charger. » 

 

Remerciements : Aimé Boyer

 

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Eclaircir le maïs

Eclaircir le maïs

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Publié le 3 Juin 2020

Lauragais d'Autrefois (77) : le maïs, de la préparation aux semis (1/2)

Nous nous sommes intéressés ici au ramassage du maïs à la saison d'automne. Nous allons aujourd'hui et sur 2 posts consécutifs consacrer une focale aux semis que nous a récemment décrit Louis Bruno ainsi qu'au binage et sarclage qui va occuper les posts d'Emile durant de nombreux jours en juin. 

Le témoignage d'Aimé Boyer va nous éclairer sur la façon dont se déroulaient les événements : du choix de la parcelle jusqu'au sarclage de printemps.

 

Avant l'hiver, le choix de la parcelle 

 

La parcelle est choisie avec soin. Il la faut la plus adaptée possible à la culture de cette plante. De ce choix dépendront les rendements qu'on espère les meilleurs possibles. "Le Lauragais n’a pas des terres homogènes comme La Touraine ou le Plat Pays. Sur les hauts de crête, là où la roche affleure à la surface, il est inutile d'essayer de semer du maïs. Les vallées sont favorisées, mais attention, on prend alors le risque des inondations.", explique Aimé.

Le choix se porte donc souvent sur une parcelle de céréales de l'année précédente qui a bénéficié de fumure adaptée. "On a déjà porté le fumier, chargé sur la charrette, on le faisait tomber avec le croc en tirant. Cela permettait de faire un tas assez haut, on essayait de faire une ligne droite, on éparpillait avec la fourche. On déchaumait, léger, pour couvrir le fumier avec la charrue que nous a montrée Laure.

Parmi les mauvaises herbes, il y a le chiendent qui pousse en surface;  Cette plante n’aime pas trop qu’on l’embête avec la sècheresse? Bien sur on en profitait. Ces travaux se faisait fin d’été, pour êtres labourés fin d’automne début d’hiver, avec le brabant, tiré par deux paires de vaches car chez nous, nous n’avions pas de bœufs."

 

Au début du printemps la préparation

 

Il faut procéder à un nivellement du labour avec la herse ou la canadienne. Le but faire de la terre meuble, et de détruire les premières mauvaises herbes qui avaient poussé pendant l’hiver. "Non sans avoir pris soin de ramasser celle qu'on mangeait en salade" précise Aimé.

Pour faire les sillons rectilignes, autant que possibles, des jalons sont installés, souvent des jambes de maïs de l'année précédente. "Pour essayer de faire le premier sillon droit, ce n’était pas trop important, mais on avait la fierté du savoir faire : avec le joug à coulisse, la houe (alaïré), type de charrue à deux versoirs, avec un soc en V.

Pour faire le premier sillon il n’y avait pas de repère, hormis le jalon, mais je crois que les vaches avaient une intuition.

Au retour, une des bêtes passait dans le sillon tracé, Il n’y avait plus qu’a suivre le joug à coulisse. En restant bien calé, pour avoir un sillon toujours droit.  Par contre je ne me souviens plus si on semait du maïs au bout du champ,les contornières  - si quelqu’un peut apporter son éclairage ??)- , voilà  a il n’y avait plus qu’à attendre que le coucou chante. (Al temps del cocut le matin plaou le ser es issut - Au temps du coucou, le matin il pleut le soir la terre est ressuyée.) Autres repères le lilas, l’azerolier, 

 

Le maïs lui avait été préparé pendant l’hiver dans l’écurie ou le soir au coin du feu. Aimé précise : "On égrenait le blanc (semences tirées du tas), le jaune n’était pas encore en vogue. On enlevait les premiers rangs, du bout de la cabosse trop petit, et celui du fond trop gros.

Avoir du grain calibré était important, car sinon dans la main, ça pouvait être compliqué."

 

Dans le prochain post, semis, sarclage, entretien du maïs...

Remerciements : Aimé Boyer

 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

 

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Publié le 30 Mai 2020

Photo coll. JC Rouzaud

Photo coll. JC Rouzaud

Louis Bruno était agriculteur en Lauragais, fermier plus exactement. Retraité, il a consigné ses souvenirs dans des cahiers que sa famille partage avec nous aujourd'hui. Dans un précédent post (ici), nous avons découvert sa description des travaux de printemps. Aujourd'hui, nous nous intéresserons à la deuxième partie de ce compte rendu précis. On y voit les activités se diversifier, se multiplier mais aussi s’intensifier. Chacun dans la maisonnée a son rôle à jouer pour que l’exploitation familiale tourne à plein régime.

En avril

"C'était le moment de reprendre les labours d'hiver bien disloqués par les gelées. Les terres étaient d'une finesse à vous donner envie de marcher pieds nus et la structure du sol impeccable du fait d'un tas de facteurs trop longs à citer et aussi discutables mais il n'en est pas moins qu'il en est rarement de même à ce jour malgré les moyens existants.

Le temps des semis de maïs approchant à grands pas  l'opération suivante consistait à billonner ces terres. "Cal bourdonna" disait-on avec une paire de boeufs et la petite charrue. Cela donnait souvent lieu à une petite compétition, un défi bon enfant entre voisins à qui les alignerait le mieux et cela faisait dire à ceux qui se croyaient battus "M'en fouti, rego torto levo récolto"*.

Ensuite le feu vert ayant été donné par la floraison de l'aubépine le semis du maïs démarrait-on. On refendait le billon à la charrue tandis qu'au fur et à mesure l'"enregaïre" souvent une femme, laissait tomber les grains dans le sillon et recouverts au retour par une mince couche de terre obtenue par un fin réglage et une façon particulière de tenir l'araire. Il était rarissime que fin avril les émaillés de maïs ne fussent terminées, remettant à quelques jours plus tard un semis de haricots secs pour la consommation familiale de l'année.

En mai

Mai étant intervenu avec sa douceur avec sa douceur ses beaux jours, matin et soir, les bêtes des étables se délectaient d'herbe tendre aux pâturages situés en bordure de rivières, ruisseaux au bas-fonds humides propices à la repousse tandis que dès la deuxième décade du mois commençait la fenaison des premières coupes. La faucheuse mécanique était déjà présente et seuls recoins et les parcelles inaccessibles étaient réservées à la bonne vieille "dalio" **.

C'est alors que commençaient les choses sérieuses, les interminables journées de 15 à 16 h de boulot car tandis que la fenaison battait son plein, ce sacré maïs, lui, avait levé et bien levé à tel point qu'il était prêt à biner, manuellement le dos en l'air, rang après rang et pied après pied le débarrassent des adventices indésirables tout en l'éclaircissant, ne laissant pousser qu'un nombre de plantes optimum disons environ 4 pieds par mètre linéaire."

* je m'en moque, sillon droit lève récolte

** la faux

La suite des travaux de juin vus pas Louis Bruno à suivre dans un prochain post.

Un immense merci à Daniel Bruno - ainsi qu'à Christiane et Jean-François Bruno - pour avoir partagé les écrits passionnants de Louis.

Merci à Jean-Claude Rouzaud pour la photo transmise.

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Publié le 27 Mai 2020

Lauragais d'Autrefois (75) : l'âne, roi des dictons occitans (l'ase)

S'il est un animal qui est le roi des expressions et locutions occitanes, c'est bien l'âne. On le convoque en toutes occasions. Voici quelques exemples de phrases idiomatiques qui ornaient les conversations du Lauragais d'autrefois. Ce n'est qu'un très petit aperçu des dictons qui lui sont consacrés, nous aurons l'occasion d'y revenir dans un nouveau post.

Acibada un ase, te pagarà ambe de pets.

Nourris un âne avec de l'avoine, il te paiera avec des pets.

Far l'ase per aver de bren

Faire l'âne pour avoir du son.

Esser bavard coma un ase qu'estrena una brida.

Être orgueilleux comme un âne qui étrenne une bride.

Esser afairat coma un ase de vendémia.

Être occupé comme un âne de vendanges.

Tanlèu un ase a bramat qu'un autre brama.

Sitôt un âne a brait qu'un autre s'y met.

A la fièra, i a plan d'ases que se semblan.

A la foire, il y a beaucoup d'ânes qui se ressemblent.

Esser franc coma un ase quand recula.

Être franc comme un âne qui recule

S'en trufa coma un ase d'un cop de capèl.

S'en moquer comme un âne d'un coup de chapeau.

Remerciements : Laure Pagès, photographe animalière d’un jour

Si vous connaissez d'autres dictons, expressions ou proverbes sur cet animal emblématique, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons la petite collection de ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois, #Occitan, #Occitanie, #Lauragais

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Publié le 24 Mai 2020

Lauragais d'Autrefois (74) : maladroits, fainéants, paresseux, tire-au-flanc à l'honneur des expressions occitanes

Parce qu'il n'y a pas de raison pour qu'ils n'aient pas leurs expressions, locutions et dictons consacrés, voici un petit passage de revue de ces virgules imagées des conversations du Lauragais et de l'Occitanie d'autrefois.

Le trabalh fait i fa pas paur

Le travail fait ne lui fait pas peur

Es fenhant coma una colòbra.

Il est fainéant comme une couleuvre.

I a pas pus valent qu'un fenhant que se met en colèra.

Il n'y a pas plus vaillant qu'un fainéant qui se met en colère.

Le cotel d'un fenhant copa totjorn plan.

Le couteau d'un fainéant coupe toujours bien.

Mais que voulez vous, il arrive à tout le monde d'avoir la flemme (aver la canha), les pigres (paresseux), les langonhas, les molàs (mollassons)l'ont plus souvent que d'autres.

Il serait injuste d'oublier les maladroits (maladreits, malaisits)

Es adreit coma un porc que monta a l'escala.

Il est adroit comme un cochon qui monte à l'échelle.

Quand on est maladroit, on s'y prend tellement mal qu'on est capable d'attacher l'âne par la queue (bridar l'ase per la coa)

 

Si vous connaissez d'autres dictons, expressions ou proverbes sur ce thème, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons la petite collection de ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Publié le 21 Mai 2020

Ouvrage sur l'élevage des lapins, Ed. La maison rustique, 1947 (coll. Laure Pagès)

Ouvrage sur l'élevage des lapins, Ed. La maison rustique, 1947 (coll. Laure Pagès)

Au fil de notre exploration du Lauragais d'autrefois, il a été mis en évidence la nécessité pour les familles de fermiers ou de métayers de complémenter les revenus, complémenter l'ordinaire pour les siens.

Parmi ces activités du quotidien, il en est une qui demandait un peu de travail de préparation mais permettait d'avoir à sa disposition des lapins de Garenne plus ou moins facilement.

Près des métairies, étaient ainsi érigés des clapiers. Il fallait, si on voulait favoriser le bien-être des animaux et leur survie, respecter quelques critères. Aimé Boyer en témoigne : "Il fallait bien-sûr choisir un emplacement pas trop éloignés de la maison mais où, tout de même, il n'y avait pas trop de passage. On évitait évidemment les zones inondables et on choisissait un endroit pas trop exposé au vent, surtout le vent d'Ouest."

Commençait ensuite l'installation de quelques têtes d'arbres : ormeaux et frênes. Aimé poursuit : "Elles étaient difficiles à fendre. On les entassait ensuite en veillant à couvrir une bonne surface au face au sol. Nous prenions soin ensuite d'éparpiller dessus quelques fourchées de fumier de lapins domestiques."

Enfin, l'amoncellement était recouvert due buissons : aubépines, pruneliers bien tassés. "Pour cela, on montait sur le tas avec les sabots à cause des épines tout en veillant à la bonne tenue de l'ouvrage. "

Pour peupler ce nouveau clapier, on furetait avec des bourses et une ou deux femelles étaient ainsi installées dans leur nouveau logis. Ne restait plus qu'à attendre le peuplement, souvent rapide, des lieux en espérant que chats et autres prédateurs ne capturent pas avant les jeunes lapins.

"L'idéal, reprend Aimé, était qu'il y ait une haie entre le clapier et la maison. A des heures bien précises de la journée, il fallait alors se cacher, attendre patiemment la sortie des lapins et choisir, selon les besoins du jour, lequel serait cuisiné en civet, poêlé avec une persillade..."

Cela n'empêchait nullement en parallèle et selon les métairies l'élevage de lapins domestiques pour la consommation familiale mais aussi vendus sur les marchés... Nous y reviendrons...

Petit lexique occitan :

lapin : lapin, conilh

lapine : lapina, conilha

lapereau : lapinon

lapinière : lapinièra, conilhèra

portée de lapins : lapinada

(rappel : le a final se prononce o et le on final se prononce ou)

Remerciements :  Aimé Boyer et Laure Pagès

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Publié le 13 Mai 2020

Un petit arrêt sur images botaniques... Quelques fleurs et plantes incontournables de ce début de printemps que l'on peut rencontrer au bord des champs ou au au détour des chemins.

Eclairagae par Marilys Benoit-Esquerre

 

En mars et en avril, la végétation se réveille puis explose rapidement en Lauragais, avec en particulier la floraison des premières orchidées, principalement sur les coteaux calcaires.

 

Les délicates ophrys, miniatures des orchidées tropicales, ouvrent le bal dès la deuxième quinzaine de mars, suivies de près par l'orchis pourpre, espèce typique de la région.

Ophrys en forme d'araignée et orchis pourpre (cliquez sur les photos pour les faire apparaître sur votre écran)Ophrys en forme d'araignée et orchis pourpre (cliquez sur les photos pour les faire apparaître sur votre écran)

Ophrys en forme d'araignée et orchis pourpre (cliquez sur les photos pour les faire apparaître sur votre écran)

En avril, tout s'accélère. La viorne lantane régale les insectes pollinisateurs, et les fleurs de la  discrète petite orchis porte-homme, ou « homme pendu », s'ouvrent peu à peu.

viorne lantane et orchis porte-hommeviorne lantane et orchis porte-homme

viorne lantane et orchis porte-homme

L'aubépine monogyne prend le relais , embaume et attire nombre d'insectes. Ses fleurs et les jeunes feuilles sont utilisées depuis l'antiquité pour leurs propriétés calmantes et régulatrices du système cardio-vasculaire. On en fait de délicieuses infusions.

Aubépine monogyne

Aubépine monogyne

Dans les pelouses, on peut trouver le muscari à toupet. La sauge verveine se dresse sur les talus ou au bord des chemins en terrain sec.

muscari à toupet et sauge verveinemuscari à toupet et sauge verveine

muscari à toupet et sauge verveine

Petit lexique occitan :

orchidée: orquidèa

aubépine : albespin, pometa de pastre

sauge : sàlvia, veni-me-quèrre 

viorne : atatièr 

Je remercie beaucoup Marilys Benoit-Esquerre pour ses textes et photos, une respiration printanière.

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