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Publié le 29 Août 2020

S'occuper du maïs - photo coll. Nardèse

S'occuper du maïs - photo coll. Nardèse

Louis Bruno était agriculteur en Lauragais, fermier plus exactement. Retraité, il a consigné ses souvenirs dans des cahiers que sa famille partage avec nous aujourd'hui. Dans de précédents posts, il racontait les moissons (voir ici), et les battages (voir là). Dans l'extrait d'aujourd'hui, il présente les autres activités du mois d'août à la métairie.

"Parallèlement à ce travail capital qu'était le battage que faisait-on à la borde en ce mois d'août ?

Eh bien par exemple on avait arraché les haricots secs très consommés à ce moment-là. On les battait au sol puis on les nettoyait au tarare suivant le même procédé que les fèves. On déchaumait quelque peu avec la petite charrue.

On repassait aussi quelques jachères destinées au prochain semis de blé. On écimait le maïs après que les pollens de la crête eussent fécondé l'épi. Cette opération activait la maturité quelque peu au détriment du rendement en grain mais la masse végétale qu'elle procurait était très précieuse pour la consommation des bovins surtout au cours des années de sécheresse estivale.

Les pâturages étaient réduits en paillasson et les coupes de de regain réduites à peu ou rien du tout, ce qui créait d'énormes difficultés pour assurer la nourriture des bêtes d'étable et d'écurie. S'ajoutait à cela une baisse considérable des rendements et des difficultés d'approvisionnement en eau.

De ces années là, il y en eut une très longue série entre 1940 et 1950, période où il convient de citer la triste et mémorable traversée de la guerre, cortège de peine et de malheurs, départ des hommes valides, occupation, captivité, déportation... sans commentaire. "

 

La suite des écrits de Louis Bruno, prochainement, avec notamment un post sur les marchés hebdomadaires.

Vous pouvez aussi retrouver les témoignages d'Aimé Boyer sur l'entretien du maïs (cliquez ici) et sur les fèves (voir là).

Un immense merci à Daniel Bruno - ainsi qu'à Christiane et Jean-François Bruno - pour avoir partagé les écrits passionnants de Louis.

Merci à Berthe pour les photo transmises

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

 

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois, #Lauragais, #Occitanie

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Publié le 22 Août 2020

Un tracteur à chenille (Photo coll. Nardèse)

Un tracteur à chenille (Photo coll. Nardèse)

Dans les écrits d'Emile, on voit régulièrement que les labours sont confiés à une entreprise surtout dans les périodes où le tracteur est absent. Aimé Boyer nous raconte comment cela se passait :

 

"Les charrues balances permettaient la réalisation du labour à plat. Quand une partie de la charrue était dans la terre, l’autre est en l’air grâce à un système de glissière. Actionné par la force du tracteur, l'appareil changeait de position grâce à un sytème proche du balancier.

Dans le Lauragais elles était équipées de deux socs de chaque côté et de deux roues, qui constituaient l’axe de la balance. 

Le tracteur à chenille qui les tractait avait deux caractéristiques essentielles à savoir pour la première, un rayon de braquage très court sur une roue bloquée et la deuxième résidait dans l'adhésion au sol. (voir ici une vidéo de démonstration)

 

L'entrepreneur mandatait un chauffeur pour le tracteur et un conducteur pour la charrue qui se remplaçaient.Il y avait un volant de chaque côté avec un siège.

L’agriculteur dont on labourait la terre était là pour accrocher et décrocher la charrue au tracteur grâce à un câble d’acier torsadé.

Équipé d’un gros anneau. en arrivant au bout du sillon, le tracteur donnait un petit coup de marche arrière qui permettait de décrocher et poser le câble sur la charrue en l’air.

Après avoir tourné, le tracteur revenait se mettre en place, l’agriculteur accrochait l'anneau en passant et venait se positionner pour aider à basculer la charrue. Pendant que le conducteur  était venu se positionner sur la charrue en l’air, le tracteur sans s’arrêter, déclenchait le mécanisme de balance. Le conducteur s’appliquait à faire aller les roues au plus près de la tranche du guéret (nb : dans un champ labouré, terre non encore labourée). Le tracteur positionné sur le guéret suivant l’inclinaison du champ tenait  la charrue au plus près de la tranche.

A minuit on procédait à un changement d’équipe. Ils venait remplacer la première équipe jusqu'à midi. L’agriculteur se débrouillait pour avoir un remplaçant, cela pouvait durer deux ou trois jours.. Quel calme quand tout cela était terminé... Le labour à plus de 40 centimètres produisait de grosses mottes qui allaient fondre avec le gel qui comme l'a dit Louis Bruno et donnait envie de marcher pieds nus…. nous ne nous en privions pas. 

  

A midi lors de la relève on faisait le plein, graissage, nettoyage, remplacement des socs, tourner le carrelé si besoin, et boire un petit jaune, fabriqué maison, avec de l’extrait d’anis et de l’eau de vie,.

Ce type de charrues, était largement utilisé par nos amis vignerons, de l’autre côté de la Montagne Noire."

 

Un immense merci à Aimé Boyer pour ses témoignages toujours passionnants

Merci à Berthe Tissinier pour les photo transmises

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois, #Occitanie

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Publié le 8 Août 2020

Coopérative Agricole de Baziège Photo confiée par Serge Arnaud

Coopérative Agricole de Baziège Photo confiée par Serge Arnaud

Louis Bruno était agriculteur en Lauragais, fermier plus exactement. Retraité, il a consigné ses souvenirs dans des cahiers que sa famille partage avec nous aujourd'hui. Dans de précédents posts (ici et ), nous avions découvert sa description des travaux de printemps puis les activités de début d'été (). La semaine dernière, il racontait les moissons (voir ici), voici ses écrits concernant les battages.

"Le battage était assuré par des entrepreneurs possédant un ou plusieurs matériels lesquels comprenaient un tracteur pour le déplacement et l'entraînement de l'ensemble, une batteuse et une presse à lier la paille en balles.

Chaque entrepreneur possédait sa clientèle et se déplaçait à tour de rôle de borde en borde fournissant les machines précitées, 4 hommes dont un responsable qui conduisait et 3 empailleurs, le reste du personnel nécessaire soit 15 personnes minimum émanait d'un groupe de voisins travaillant en entraide mutuelle. C'était un travail pénible et éprouvant sous les chaleur torride et dans la poussière de l'aube au crépuscule mais auquel on participait volontiers étant donné l'ambiance conviviale et gaie qui régnait entre amis, jeunes et vieux, copains et copines.

Ce travail durait de 40 jours à 2 mois suivant les années et le volume des récoltes, les rendements ne dépassaient guère les 15 à 20 hectolitres l'arpent malgré les progrès de la recherche génétique sur les variétés déjà amorcés. Une partie de la récolte était stockée au grenier, futures semences, besoin domestique, échange blé plain avec le boulanger ou règlement en nature des services du forgeron (affutages divers). 

Le restant était vendu aux négociants ou livré aux coopératives qui déjà se créaient petit à petit par exemple succursales de la CPB Rue Ozenne Toulouse CAB Baziège CAL Castelnaudary laquelle lançait également avec le syndicat Agricole Audois les premières entreprises de gros labour, chenillard Caterpillar traînant les charrues balance trisocs Carrière-Guyot.

Parallèlement à ce travail capital qu'était le battage que faisait-on à la borde en ce mois d'août ?"

Nous le découvrirons dans quelques temps lors d'un prochain post consacré aux écrits de Louis Bruno.

 

Sur le même sujet retrouvez les battages vus par Aimé Boyer , Berthe Tissinier ou encore Paulette Durand. Je les remercie encore pour ces contributions précédemment publiées. (Cliquez sur leurs noms pour retrouver chaque post)

Un immense merci à Daniel Bruno - ainsi qu'à Christiane et Jean-François Bruno - pour avoir partagé les écrits passionnants de Louis.

Merci à Serge et Berthe pour les photo transmises

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

Les battages Photo confiée par Berthe Tissinier

Les battages Photo confiée par Berthe Tissinier

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois, #Occitanie, #Lauragais

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Publié le 2 Août 2020

Photo coll. J-c Rouzaud

Photo coll. J-c Rouzaud

Louis Bruno était agriculteur en Lauragais, fermier plus exactement. Retraité, il a consigné ses souvenirs dans des cahiers que sa famille partage avec nous aujourd'hui. Dans de précédents posts (ici et ), nous avions découvert sa description des travaux de printemps puis les activités de début d'été (). 

"Pas de trêve possible, piquage des faux et leur mise en condition pour détourer les champs et permettre le premier passage de la moissonneuse lieuse, lesquelles avaient été pourvues de leurs toiles élévatrices et vu leurs lames passées à la meule à aiguiser.

On faisait aussi ferrer de neuf les boeufs et les chevaux car désormais leurs onglets ou sabots ne supporteraient pas le coup.

La moisson devait se faire par temps sec en l'absence de rosée mais avant la surmaturité, le grain finissant mieux en gerbes assemblées en "tavels" tas de douze unités assemblées tout à la suite du passage de la lieuse tirée par des attelages de boeufs ou chevaux que l'on remplaçait deux fois par jour afin de profiter des heures favorables et avancer le plus vite possible craignant aussi le risque d'égrenage (grêle ou vent d'autan).

Avait-on tout juste fini la "sego" que sans même prendre le temps de souffler on étrennait l'aire de battage ou sol par l'égrenage des fèves récoltées, tiges entières, arrachées à la main , étalées au sol et battues au rouleau de pierre.

Commençait alors le gerboyage qui consistait à acheminer la récolte sur l'aire précitée et la rassembler en de beaux gerbiers dressés jusqu'à 8 à 10 mètres de haut ou bien entreposée dans les hangars pour ceux qui en avaient suffisamment. Vers la fin de la deuxième décade de juillet, les dépiquions pouvaient commencer mais entre temps, il fallait aussi faire une deuxième coupe de regain toujours précieuse pour les réserves d'hiver, abondante ou modeste, tributaire des orages d'été."
 

(les battages à suivre dans un nouveau post au cours de la semaine prochaine)

Un immense merci à Daniel Bruno - ainsi qu'à Christiane et Jean-François Bruno - pour avoir partagé les écrits passionnants de Louis.

Merci àJ -C Rouzaud pour la photo transmise

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

 

 

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois, #Lauragais, #Occitanie

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Publié le 30 Juillet 2020

"Armoires, tiroirs et pots à épices", le 2e épisode de la Borde Perdue est paru

Novembre 1951. Les Bourrel arrivent enfin à destination. La nouvelle métairie au drôle de nom si inquiétant est à découvrir et à aménager. Il faut vite s'installer et s'occuper des animaux...

Traditions, méthodes de travail, mode de vie dans le Lauragais d'antan colorent ce récit.

Pour suivre les péripéties, de cette famille de métayers à la recherche de la quiétude et d'une vie moins contrainte, rendez-vous sur http://www.bordeperdue.fr

 

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Rédigé par Emile

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Publié le 26 Juillet 2020

Photo Bruno Alasset

Photo Bruno Alasset

La sécheresse estivale actuelle si elle n'est pas rare n'en fait espérer que plus fort la pluie. L'occasion sur une nouvelle page de nos Carnets de recenser quelques dictions occitans de circonstance.

Parfois dès l'aube l'espoir naît 

Alba roja vent o ploja

Aube rouge, vent ou pluie

Mais souvent  dans le Lauragais, c'est le vent d'autan qui l'emporte.

Lorsque la sécheresse dure, on s'accroche aux espoirs des lendemains :

Longa secada, longa pluejada

Longue sécheresse, longue période de pluie

Mais quand la pluie vient...

Corta pluèja, grand fangas

Courte pluie, grande boue

Qui peur s'appliquer à un certain nombre de situations de la vie courante...

Puèja menuda, cap de gota perduda

Pluie fine, aucune goutte perdue

L'orage s'invite parfois même dans les situations de la vie courante.

Plou pas cada cop que trona

Il ne pleut pas chaque fois qu'il tonne

Les plus observateurs, à  la campagne, savent que le nid des pies est un signe :

Quand l'agaça fa bas son nis trona sovent l'estiu

Quand la pie fait son nid bas, il tonne souvent durant l'été

Pour les plus résignés :

Totjorn plou sus banhats

Il pleut toujours sur les mouillés

C'est aussi le titre du 1er chapitre du web roman feuilleton lauragais lancé cette semaine et que je vous invite à suivre sur : https://www.bordeperdue.fr

Si vous connaissez d'autres dictons, expressions ou proverbes sur l'eau, la pluie, l'orage, la sécheresse, le tonnerre, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons la petite collection de ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile

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Rédigé par Emile

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Publié le 24 Juillet 2020

"Ceux de la Borde Perdue", web roman feuilleton lauragais est en ligne

Le prologue et le 1er chapitre de "Ceux de la Borde Perdue" sont désormais en ligne sur le nouveau site Borde Perdue

Il s'agit un travail de fiction inspiré de la vie des métayers des années 50 que nous explorons ici depuis plus de 4 ans maintenant.

C'est le destin de Louise, jeune femme d'une trentaine d'années, que vous y découvrirez. Elle vit chez les Bourrel, famille de métayers qui n'a pas été épargnée par le destin à tel point qu'au village, en chuchotant, on les appelle les "maffrés". Ils s'installent en novembre 51 à la Borde Perdue, sur la commune de Florac-Lauragais. Pourquoi ont-ils changé de bail aussi brutalement, à la surprise générale, alors qu'ils travaillaient la métairie d'En Peyre depuis les années 20 ? Louise, accaparée par le quotidien de la métairie, trouvera-t-elle encore sa place au sein de cette singulière famille ?

Bonne lecture. N'hésitez pas, si cela vous plaît, à le partager et faire connaître.

Twitter : @Borde_Perdue

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais, #Occitanie

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Publié le 10 Juillet 2020

Lauragais d'Autrefois (87) : le bois des bordes

Dans les baux de métayage, une partie était consacrée au bois des exploitations dont les métayers ne pouvait jouir à leur guise. Il était important que la propriété soit entretenue que les arbres ne soit ni dangereux, ni un obstacle aux culture.

Voici l'exemple d'un article issu d'un bail :

 

Peupliers, chênes, sapins étaient utilisés comme bois de charpentes des maisons. 

"On disait souvent « Casse dreit  pibol cochat » (Chêne debout Peuplier couché) règle incontournable, pratiquée par les charpentiers.

Le bois était très utilisé et travaillé dans les fermes pour équiper les étables : les bat-flancs, les mangeoires en chêne ou construire des cabanes pour loger la basse-cour. L’hiver on fabriquait des outils agraires : des rouleaux, des herses, etc.. Les masses, les mals pour fendre le bois

On creusait des mangeoires dans des troncs d’arbres. J’ai vu mon grand-père avec le vilebrequin, la gouge, la masse en bois et la hachette. On fabriquait aussi des passerelles pour traverser les ruisseaux et bien-sûr, des échelles de toutes longueurs. J’en oublie sûrement…" précise Aimé Boyer

 

Le bois de chauffage

C'était l'unique moyen de chauffage grâce aux cheminées qui trônaient dans la pièce principale des métairies. Selon les contrats, le propriétaire avait l’exclusivité de la parcelle de bois, le métayer avait les baliveaux, les buissons utilisés pour construire les clapiers et la moitié des branches quand le propriétaire vendait la coupe et qu’il fallait après cela nettoyer la parcelle.

"Tous les arbres des limites des champs étaient tolérés pour le métayer. Tout au long de l'année, on veillait en effet à ce que ces arbres n'aient pas de branches basses sur leurs troncs afin d'aérer les cultures et aussi laisser grossir le bois de tête qu'il fallait élaguer, émonder dans un système de rotation annuel que dictait le bon sens." On avait aussi la possibilité de prendre à couper à mi-fruit une parcelle de bois d'un propriétaire voisin", ajoute encore Aimé.

 

L'élagage 

Il poursuit : "Avec une échelle de bois et la hachette, il m’est difficile de décrire la méthode de taille, ni même je ne pourrais pas vous le montrer. Vous dire qu’une fois finie, l’entaille faite avec la hachette était lisse et permettait une cicatrisation rapide de la taille (Contrairement à la scie, ou la tronçonneuse) 

Il fallait faire attention de ne pas laisser des crochets, des bouts qui dépassaient sinon les voisins ne manquaient pas de nous demander en riant si c’était pour pendre les jambons"

                                     

Anecdote 

" A mon retour du régiment, après avoir salué ma mère avec des pleurs de joie. Je suis allé rejoindre mon père qui élaguait des trembles au fond du pré. Après la joie des retrouvailles, en remontant a la maison, je lui ai dit que l'après-midi, je viendrais l’aider. Il a souri. 

Et après une petite sieste, j’ai pris mon échelle, ma hachette.Tape- ci, tape-là, mes bras se sont rapidement ankylosés.J’ai compris, pourquoi mon père avait souri : j'avais perdu l'endurance et la force nécessaires."

 

Nous reviendrons prochainement sur le bois pour évoquer les meubles et certains essences.

                                                     

Merci à Aimé Boyer pour son témoignage précieux.

Si vous avez vous-aussi des souvenirs liés à ces travaux du bois, n'hésitez pas à me les adresser. Nous les publierons ici. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Rédigé par Emile

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Publié le 5 Juillet 2020

Lauragais d'Autrefois (86) : souvenirs des premières moissonneuses-batteuses (suite)

Suite à la publication concernant les premières moissonneuses-batteuses (ici), Aimé Boyer m'a adressé ses souvenirs. Ils constituent un témoignage très éclairant quant à cette transition.

" Oui l'arrivé de la moissonneuses-batteuses a ouvert un changement radical des comportements des agriculteurs.
La pompe à graisse, tous les matins, le filtre à air et la vérification de la tension des courroies et chaînes ont fait de l'agriculteur un mécanicien à part entière.

Se sont multipliés les trousseaux de clés : plate, à pipe, cliquets, les crics, les palans. Quant aux marteaux, ils étaient déjà la!
Bref, la modernisation agricole...  Finies les colles de battage sur le sol que nous avons déjà évoquées et qui apportaient, malgré le travail, du lien social.
La modernisation était un mal nécessaire. L'agriculteur devenait un entrepreneur.

J'ai conduit une Massey- Haris dans les années 52/53 avant de partir au régiment.
Les premières moissonneuses, on faisait les sacs sur la machine ! Une fois pleins, on les posait sur une glissière que l'on déclenchait tout les trois sacs pour les déposer au sol. Ces sacs étaient mal attachés et pesaient presque tous 100 kilos. On était balloté en tous sens, choqué au rembarres, se cognant la tête à la trémie, en équilibre sur une jambe en montant et sur l'autre en descendant. Le Lauragais n'est pas renommé pour être plat...

A la tombée de la nuit il fallait ramasser les sacs, pour les mettre à l’abri : c’était un travail très pénible. Heureusement plus tard sont venues les trémies pour faire en vrac. Et tout le travail à deux ou trois hommes, consistait à ramasser la paille, la charger à la fourche, c'était très lourd, la mettre à l'abri ou faire un pailler. Pour faire ce travail on formait des petites colles avec deux ou trois voisins.

C'est à peu près à la même période, il me semble, que sont arrivées les ramasseuses à maïs tractées et aussi faire les sacs sur la machine un rang." 
 

Merci à Aimé Boyer pour son témoignage et à Jean-Claude Rouzaud pour la photo transmise. Il s'agissait de la 1ère moissonneuse-batteuse menée par le fermier du château de Montmaur probablement dans les années 50.

 

Si vous avez vous-aussi des souvenirs des moissons d'antan, des premières moissonneuses-batteuses ou des anecdotes liées à ces travaux, n'hésitez pas à me les adresser. Nous les publierons ici. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Rédigé par Emile

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Publié le 1 Juillet 2020

photo : coll. J-C Rouzaud

photo : coll. J-C Rouzaud

Nous avons souvent décrit ici les moissons dans les années 40 et 50 avec le passage de la faucheuse, les gerbes, les tabels... Ce long travail estival s'est trouvé fortement réduit à l'arrivée de la moissonneuse-batteuse non seulement dans sa durée mais aussi dans la peine physique du travailleur. Pour autant subsistaient la poussière, la chaleur écrasante des débuts d'été et arrivaient aussi les ennuis mécaniques encore plus redoutés lorsque le temps devenait menaçant...

Merci à Jean-Claude Rouzaud pour la photo transmise. Il s'agissait de la 1ère moissonneuse-batteuse menée par le fermier du château de Montmaur probablement dans les années 50.

 

Si vous avez des souvenirs des moissons d'antan, des premières moissonneuses-batteuses ou des anecdotes liées à ces travaux, n'hésitez pas à me les adresser. Nous les publierons ici. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Publié le 27 Juin 2020

Petit focus sur les floraisons de saison comme nous l'avions fait il y a quelques semaines grâce à Marilys Benoît que je remercie.

 

En ce tout début d'été, nous allons évoquer les floraisons de la deuxième moitié du printemps en lauragais.

 

« Au mes de mai, cada casse met sans huèlhas ». Au mois de mai, chaque chêne met ses feuilles. Le chêne pubescent (cassou), aux feuilles velues sur leur face inférieure, est fréquent. Ses feuilles sont marcescentes, c'est à dire qu'elles restent sur l'arbre tout l'hiver, desséchées, et tombent lors de la pousse des jeunes feuilles.

 

Dans les pelouses ou les bords de routes, de nombreuses espèces fleurissent en mai-juin.

 

Le coquelicot s'annonce début mai, notamment dans les champs et dans les lieux en friche, et le dicton dit : « Quand la cap-roseta es florida, l'oèlha es gandida ». Quand le coquelicot est fleuri, la brebis est à l'abri de l'hiver.  Les pétales, en infusion, aident à l'endormissement. La floraison s'étale jusque fin juin.

 

Sur les pelouses ensoleillées, l'urosperme ou lampistrelle commune, étale ses capitules jaune vifs, souvent lavés de rouge à l'extérieur.

 

Les marguerites sont présentes mêlées au lotier corniculé  (boulumague, cap-arrous, lotgèr, pinausel) 

 

Il n'est pas rare de profiter du glaïeul des moissons et de ses fleurs rose fuschia. 

Les dernières orchidées sont en fleur en mai, telle la surprenante serapia lingua  , la loroglosse à odeur de bouc, bien nommée  et l'anacamptis pyramidale 

 

 

Mai a vu la floraison d'arbustes dans les haies et bords de bois, comme le cornouiller sanguin (esclamè y sanguî). Ses rameaux, cueillis en hiver, étaient utilisés pour la confection d'objet de vannerie. Le troène des bois (ligoustrè, bretoina,berdét, trogue) est aussi de la partie , ainsi que l'églantine (galabardo, salabarda, arrouméc, gabardé, arrosèr sauvatge), dont les fleurs sont prisées par le cétoine doré. 

 

Textes et photos Marilys Benoît

 

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Publié le 23 Juin 2020

Lauragais d'Autrefois (83) : traditions et croyances autour des feux de la Saint-Jean

Aimé Boyer se souvient aujourd'hui des traditions autour du feu de la Saint-Jean qui était allumé dans chaque ferme à la tombée de la nuit. 

 

"Pour célébrer l'arrivée de l'été, la tradition était d'allumer un grand feu. Seules les familles endeuillées dans l'année s'abstenaient. Quelques jours avant le 24 juin, nous disposions des fagots en forme de pyramide à un endroit qui puisse être vu par le plus grand nombre de voisins.

A la tombée de la nuit, à la veille de la Saint-Jean, chacun allumait alors son feu et nous comptions aussi ceux allumés par les voisins.

 

Protéger les récoltes et la famille

Le feu était béni et nous disions des prières dont certaines en patois. Pour protéger les récoltes, nous passions des plants 7 fois au dessus du feu ainsi qu'une ou deux bouteilles de vin que nous mettions de côté et qui étaient réservées pour soigner les maux de ventre (humains ou animaux).

 

Sauter 7 fois

Tout le monde avait ensuite sauter 7 fois par dessus le feu. 7 fois mais pas plus ! Sinon nous considérions que cela pouvait porter malheur.

Pour ceux qui ne pouvaient pas sauter, on passait leurs sabots tenus au bout d'une fourche dans le feu en prenant garde de ne pas les y faire tomber. Dans les fermes où il y avait de jeunes mariés, le couple devait sauter en se tenant par la main pour être assuré d'avoir du bonheur toute l'année.

 

Protéger la maison et l'exploitation

Enfin quand le feu s'éteignait, on prenait un tison encore fumant que l'on lançait sur la toiture de la maison pour la protéger de la foudre et de l'incendie.

Les cendres étaient ensuite jetées dans les champs pour protéger les récoltes."

 

Merci à Aimé pour son témoignage.

                

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Publié le 20 Juin 2020

Lauragais d'Autrefois (82) : les souvenirs d'Aimé, la préparation du millas

 

L'article consacré au millas, il y a quelques semaines, a réveillé des souvenirs chez Aimé. Je les partage avec vous aujourd'hui.

 

"Pour ne pas entamer le quota de blé déposé chez le boulanger, on remplaçait de temps en temps le pain par du millas fabriqué à partir du maïs. Les grains étaient moulus au moulin à vent ou à eau qui faisait tourner une pierre sur une autre fixe avec la complicité du meunier qui alimentait les meules différemment que lorsque le broyât était destiné aux animaux. Là, la farine était plus douce aux toucher.

N'oublions pas que les fermes étaient occupées généralement par des familles nombreuses : jusqu'à 10  personnes et parfois même plus. Si l'on ramène cela à uns journée de nourriture cela pouvait donc faire 30 repas sans pain, qu’il fallait bien remplacer en économisant du blé.

                                                                  

D’abord on programmait le plat : un civet de  lièvre , de lapin de garenne, une daube de langue de bœuf - ou même de  corbeau par temps de disette - un ragoût de poulet ou de veau.

Le chaudron en fonte permettait de maintenir la température quand le feu de bois était capricieux. Il fallait simplement de l'eau, de la farine; du sel et... le savoir-faire du préposé.

 

Assis devant le chaudron en fonte posé sur une pierre milliaire, un tablier en toile posé sur les genoux retombant sur les pieds, la personne chargée de ce travail ne devait quitter son  poste sous aucun prétexte. Il fallait touiller sans cesse, calmement la cuillère ou le bâton de bois spécialement fabriqué pour cela. L'extrémité était taillée en forme de spatule.

Quand l’onctuosité était jugée correcte par celui ou celle qui menait la préparation, l’annonce qu'il était temps de vider était faite. C'était là un moment très important qui conditionnait la réussite de l’œuvre entreprise.

Une grande table  avait été dressée et recouverte d’un drap de lit costaud. On l'avait au préalable enfariné.

 

Deux personnes prenaient le chaudron par les poignées grâce à des chiffons pour ne pas se brûler et le basculaient au dessus de la table en essayant de répandre la mixture le plus régulièrement possible.  En même temps, une autre personne soulevait et reposait la table pour permettre un étalement régulier de la préparation.

Si le millas était réussi, il ne fallait pas que le milieu dépasse 3 centimètres d’épaisseur. (Allez je vous autorise à la limite un centimètre de plus !)
 

Il ne restait plus, une fois refroidi, qu'à couper des tranches et là, à la dégustation, chacun ses goûts : certains aimaient essayer de récupérer le plus de sauce avec des petits dés piqués au bout de la fourchette. C'était tout un travail : le millas n’est pas absorbant. Je vous assure que c'était un repas qui tenait chaud au corps. Les croûtes au fond du chaudron étaient récupérées par certains qui aimaient le consommer avec du vin. 

Plus tard, on pouvait aussi le frire à la poêle après l'avoir sucré.  Le lendemain, pour souper, s’il en restait, on le dégustait avec un œuf mollet ou au plat."

 

Des souvenirs qui titillent les papilles...

 

Merci à Aimé pour son témoignage.

                

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Publié le 13 Juin 2020

Les fenaisons photo coll. Nardèse

Les fenaisons photo coll. Nardèse

Louis Bruno était agriculteur en Lauragais, fermier plus exactement. Retraité, il a consigné ses souvenirs dans des cahiers que sa famille partage avec nous aujourd'hui. Dans de précédents posts (ici et ), nous avons découvert sa description des travaux de printemps. Aujourd'hui, nous nous intéresserons à la troisième partie de ce compte rendu précis. On y voit les activités se diversifier, se multiplier mais aussi s’intensifier. Chacun dans la maisonnée a son rôle à jouer pour que l’exploitation familiale tourne à plein régime

Fin mai

C'est alors que commençaient les choses sérieuses, les interminables journées de 15 à 16 h de boulot car tandis que la fenaison battait son plein, ce sacré maïs, lui, avait levé et bien levé à tel point qu'il était prêt à biner, manuellement le dos en l'air, rang après rang et pied après pied le débarrassent des adventices indésirables tout en l'éclaircissant, ne laissant pousser qu'un nombre de plantes optimum disons environ 4 pieds par mètre linéaire."

Juin : un mois d’activités harassantes et intensives

IL fallait donc mener de concert sarclage de maïs et rentrée des foins entravée souvent par les orages et le manque de soleil. Il s'ensuivait une longue série de besognes : coupes, râtelage, secouage, retournage bouquets, mise en tas pour enfin le charger ne gros voyages sur les charrettes et l'acheminer vers les granges et les hangars. Tout personne valide avait du pain sur la planche et n'avait pas à se faire prier. 

Les fourrages enfin dans les grandes ont se retrouvait en juin, mi-juin, même, le maïs était bon à buter par le passage entre les rangs du butoir  ou bien de la houe à cheval, opération toutefois plus rapide que le sarclage et démariage. Heureusement car les premières coupes de regain montraient déjà le bout du nez ne laissant aucun répit tandis que la Saint Jean se pointait à l'horizon et que les céréales d'hiver viraient de couleur présageant que la moisson débuterait aux premiers jours de juillet.

A suivre dans un prochain post...

Un immense merci à Daniel Bruno - ainsi qu'à Christiane et Jean-François Bruno - pour avoir partagé les écrits passionnants de Louis.

Merci à Berthe pour la photo transmise

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Publié le 10 Juin 2020

Lauragais d'Autrefois (79) : le petit-déjeuner dans les campagnes d'antan

Nous avons déjà évoqué ici les moments de repas et de collation dans les campagnes d'antan. Ils ont été explorés sous l'aspect convivial essentiellement lors des grands rassemblements liés aux travaux ou aux événements familiaux. Les repas du quotidien étaient évidemment adaptés aux saisons et aux productions animales, potagères et fruitières de l'exploitation familiale du moment. Ils étaient aussi en adéquation avec les travaux entrepris : les longues journées estivales avec les travaux de force (les battages par exemple) nécessitaient plusieurs prises alimentaires dans la journée bien au delà des 3 repas habituels.

 

Déjeuner, petit-déjeuner, dîner, souper ?

 

Jetons d'abord un oeil du côté de la terminologie. Dans le Lauragais encore aujourd'hui, la terminologie utilisée pour chaque repas est un peu différente de ce qu'elle est ailleurs. Hérités de l'occitan, déjeuner prend souvent la place de petit-déjeuner quand dîner est substitué à déjeuner (le repas de midi donc.. vous suivez toujours ?) et souper est souvent préféré à dîner... pour le repas du soir donc. Ces éléments de langue font aussi intégralement partie de notre patrimoine immatériel commun.

 

Voici donc la terminologie en occitan :

petite-déjeuner : dejunar

repas de midi : dinnar

repas du soir : sopar

 

C'est au déjeuner, enfin au petit-déjeuner, que nous nous intéresserons aujourd'hui. Dans les campagnes des années 40 et 50, il est plutôt riches en matières grasses animales. La charcuterie fabriquée maison y figure en bonne place mais on trouve également les oeufs, les restes de repas de la veille, de la soupe froide -comme celle de fèves au printemps par exemple - et parfois quelques fruits.

Il est plus sucré pour les enfants avec du miel lorsqu'on en a, des confitures maison, des fruits de saison et quelques laitages.

Café et thé sont encore des invités très rares à cette période tout comme oranges et bananes.

 

Un petit-déjeuner agrémenté des produits de saison

 

Aimé Boyer se souvient de ce qui venait agrémenter le petit déjeuner au fil des saisons :

"Au printemps, nous dégustions à la croque-sel, des mousserons dont nous protégions jalousement le secret des coins où ils poussaient, des tiges de moutarde pelées avant la floraison ainsi que les premières fèves. En été, les melons s'invitaient ainsi que les fruits encore verts de l'amandier, du noisetier et du noyer. En automne, devenus des fruits secs, ils figuraient encore aux menus matinaux. Venaient s'y joindre parfois des sardines salées et des raisins".

 

Il y avait aussi quelques incontournables quelle que soit la saison comme le pain à l'ail, la cansalade (poitrine de porc salée) et l'oignon à la croque sel.

 

Ce moment où la ferme s'éveille

 

Ces moments étaient selon les familles assez ritualisés. Aimé se souvent :

"Le père se levait bien avant le soleil. Après un brin de toilette rapide, il allait passer plus d'une heure dans l'écurie pour nourrir les bêtes, sortir le fumier avec la brouette, refaire une litière propre, faire téter les veaux, traire et brosser et carder les vaches.

Ce travail terminé, il revenait dans la cuisine avec une casserole de lait, ouvrait les fenêtres sans trop de ménagement.

 

Il allumait la radio (Aqui Radio Andorra !) pour finir de réveiller la maison. Il coupait une tranche de pain avec un peu de lard, prenait sa bouteille sous le bras pour aller chercher du vin. En passant, il ouvrait le poulailler. La ferme s'éveillait. 

dans les années 50, il y avait du café. Mon père y rajoutait parfois une goutte de marc. Les conversations, elles, tournaient, autour du programme et des urgences de la journée".

 

Remerciements : Aimé Boyer

 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Rédigé par Emile

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Publié le 6 Juin 2020

Lauragais d'Autrefois (78) : semer, biner, sarcler, buter le maïs (2/2)

Nous nous sommes intéressés ici au ramassage du maïs à la saison d'automne. Voici le deuxième post consacré aux semis que nous a récemment décrits Louis Bruno ainsi qu'au binage et sarclage qui va occuper les posts d'Emile durant de nombreux jours en juin. 

Le témoignage d'Aimé Boyer nous a éclairé sur le choix et la préparation de la parcelle, voici aujourd'hui la façon dont se déroulaient les événements.

 

Semer (semenar)

Aimé raconte :

"Le moment venu, le maïs (le milh) était dans un seau, on laissait tomber, au fur et à mesure la semence mais il m’est difficile de vous décrire ce gestequi dénotait un certain savoir faire. Les vaches attelées au joug normal, au dessus du sillon semé, avec la charrue, le versoir couché. L'attelage, tenu énergiquement,  tout le long du sillon,  on faisait glisser la terre sur le grain. Souvent la maîtresse de maison participait aux semis pendant que la daube frémissait devant le feu."    

 

Sarcler et biner (sarclar et binar)

Quelques temps après sa sortie de terre, le sarclage était une action essentielle comme le binage. Le sarclage consiste à supprimer les adventices, les mauvaises herbes tandis que le binage en cassant la croûte superficielle pour aérer et ameublir le sol. Il était également nécessaire de d'éclaircir si les pieds avaient été semés trop près.

« Entre une coupe de foin, soufrer ou sulfater la vigne, l'entretien des pommes de terre, les fèves, le sarclage devait être inclus dans l'emploi du temps.

Dès qu’il était un peu plus gros, lors u 2 ou 3e sarclage, la sarcleuse liée à l'attelage permettait de réaliser cette action (deux socs posés en V réglable en largeur).

On avait aussi un genre de cultivateur, avec plusieurs dents, réglable lui-aussi en largeur. Sarcler sans répit, éclaircir, avancer la terre au plus près du pied. »

 

Buter (buter)

Quand le sarclage était fini on butait le maïs avec la houe réglable en largeur, pour aller au plus près du pied. « On terminait avec le sarcloir, (foussou -fossor- que d’aucuns appellent houe)  avancer la terre tout le long, du sillon au pied du maïs.  

On prenait soin à chaque bout d’arrondir Le sillon surtout s’il était au bord du chemin (un peu de fierté vis à vis des voisins). Il ne restait plus qu’à souhaiter de la pluie... malgré le fourrage à sécher. »

 

Ecrêter (descrestar)

« Bien plus tard, lorsque la cabosse était fécondée, (Voir soie sèche) on étêtait avec un opinel. Une main coupait la crête (cresta) et venait la poser sur le bras libre, tout un art du savoir-faire, pour en faire un gros fagot qui était liés avec une crête, j'aurais du mal à vous expliquer comment. Quelques temps après - entre temps, il y avait eu les moissons - il fallait sortir par brassées, ces fagots, sur les épaules qui passaient au-dessus du pied de maïs qui avait bien grandi. Il fallait se protéger le cou, les feuilles taillaient. On faisait des tas, au bout du champ, avant de venir le charger. » 

 

Remerciements : Aimé Boyer

 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Eclaircir le maïs

Eclaircir le maïs

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Publié le 3 Juin 2020

Lauragais d'Autrefois (77) : le maïs, de la préparation aux semis (1/2)

Nous nous sommes intéressés ici au ramassage du maïs à la saison d'automne. Nous allons aujourd'hui et sur 2 posts consécutifs consacrer une focale aux semis que nous a récemment décrit Louis Bruno ainsi qu'au binage et sarclage qui va occuper les posts d'Emile durant de nombreux jours en juin. 

Le témoignage d'Aimé Boyer va nous éclairer sur la façon dont se déroulaient les événements : du choix de la parcelle jusqu'au sarclage de printemps.

 

Avant l'hiver, le choix de la parcelle 

 

La parcelle est choisie avec soin. Il la faut la plus adaptée possible à la culture de cette plante. De ce choix dépendront les rendements qu'on espère les meilleurs possibles. "Le Lauragais n’a pas des terres homogènes comme La Touraine ou le Plat Pays. Sur les hauts de crête, là où la roche affleure à la surface, il est inutile d'essayer de semer du maïs. Les vallées sont favorisées, mais attention, on prend alors le risque des inondations.", explique Aimé.

Le choix se porte donc souvent sur une parcelle de céréales de l'année précédente qui a bénéficié de fumure adaptée. "On a déjà porté le fumier, chargé sur la charrette, on le faisait tomber avec le croc en tirant. Cela permettait de faire un tas assez haut, on essayait de faire une ligne droite, on éparpillait avec la fourche. On déchaumait, léger, pour couvrir le fumier avec la charrue que nous a montrée Laure.

Parmi les mauvaises herbes, il y a le chiendent qui pousse en surface;  Cette plante n’aime pas trop qu’on l’embête avec la sècheresse? Bien sur on en profitait. Ces travaux se faisait fin d’été, pour êtres labourés fin d’automne début d’hiver, avec le brabant, tiré par deux paires de vaches car chez nous, nous n’avions pas de bœufs."

 

Au début du printemps la préparation

 

Il faut procéder à un nivellement du labour avec la herse ou la canadienne. Le but faire de la terre meuble, et de détruire les premières mauvaises herbes qui avaient poussé pendant l’hiver. "Non sans avoir pris soin de ramasser celle qu'on mangeait en salade" précise Aimé.

Pour faire les sillons rectilignes, autant que possibles, des jalons sont installés, souvent des jambes de maïs de l'année précédente. "Pour essayer de faire le premier sillon droit, ce n’était pas trop important, mais on avait la fierté du savoir faire : avec le joug à coulisse, la houe (alaïré), type de charrue à deux versoirs, avec un soc en V.

Pour faire le premier sillon il n’y avait pas de repère, hormis le jalon, mais je crois que les vaches avaient une intuition.

Au retour, une des bêtes passait dans le sillon tracé, Il n’y avait plus qu’a suivre le joug à coulisse. En restant bien calé, pour avoir un sillon toujours droit.  Par contre je ne me souviens plus si on semait du maïs au bout du champ,les contornières  - si quelqu’un peut apporter son éclairage ??)- , voilà  a il n’y avait plus qu’à attendre que le coucou chante. (Al temps del cocut le matin plaou le ser es issut - Au temps du coucou, le matin il pleut le soir la terre est ressuyée.) Autres repères le lilas, l’azerolier, 

 

Le maïs lui avait été préparé pendant l’hiver dans l’écurie ou le soir au coin du feu. Aimé précise : "On égrenait le blanc (semences tirées du tas), le jaune n’était pas encore en vogue. On enlevait les premiers rangs, du bout de la cabosse trop petit, et celui du fond trop gros.

Avoir du grain calibré était important, car sinon dans la main, ça pouvait être compliqué."

 

Dans le prochain post, semis, sarclage, entretien du maïs...

Remerciements : Aimé Boyer

 

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Publié le 30 Mai 2020

Photo coll. JC Rouzaud

Photo coll. JC Rouzaud

Louis Bruno était agriculteur en Lauragais, fermier plus exactement. Retraité, il a consigné ses souvenirs dans des cahiers que sa famille partage avec nous aujourd'hui. Dans un précédent post (ici), nous avons découvert sa description des travaux de printemps. Aujourd'hui, nous nous intéresserons à la deuxième partie de ce compte rendu précis. On y voit les activités se diversifier, se multiplier mais aussi s’intensifier. Chacun dans la maisonnée a son rôle à jouer pour que l’exploitation familiale tourne à plein régime.

En avril

"C'était le moment de reprendre les labours d'hiver bien disloqués par les gelées. Les terres étaient d'une finesse à vous donner envie de marcher pieds nus et la structure du sol impeccable du fait d'un tas de facteurs trop longs à citer et aussi discutables mais il n'en est pas moins qu'il en est rarement de même à ce jour malgré les moyens existants.

Le temps des semis de maïs approchant à grands pas  l'opération suivante consistait à billonner ces terres. "Cal bourdonna" disait-on avec une paire de boeufs et la petite charrue. Cela donnait souvent lieu à une petite compétition, un défi bon enfant entre voisins à qui les alignerait le mieux et cela faisait dire à ceux qui se croyaient battus "M'en fouti, rego torto levo récolto"*.

Ensuite le feu vert ayant été donné par la floraison de l'aubépine le semis du maïs démarrait-on. On refendait le billon à la charrue tandis qu'au fur et à mesure l'"enregaïre" souvent une femme, laissait tomber les grains dans le sillon et recouverts au retour par une mince couche de terre obtenue par un fin réglage et une façon particulière de tenir l'araire. Il était rarissime que fin avril les émaillés de maïs ne fussent terminées, remettant à quelques jours plus tard un semis de haricots secs pour la consommation familiale de l'année.

En mai

Mai étant intervenu avec sa douceur avec sa douceur ses beaux jours, matin et soir, les bêtes des étables se délectaient d'herbe tendre aux pâturages situés en bordure de rivières, ruisseaux au bas-fonds humides propices à la repousse tandis que dès la deuxième décade du mois commençait la fenaison des premières coupes. La faucheuse mécanique était déjà présente et seuls recoins et les parcelles inaccessibles étaient réservées à la bonne vieille "dalio" **.

C'est alors que commençaient les choses sérieuses, les interminables journées de 15 à 16 h de boulot car tandis que la fenaison battait son plein, ce sacré maïs, lui, avait levé et bien levé à tel point qu'il était prêt à biner, manuellement le dos en l'air, rang après rang et pied après pied le débarrassent des adventices indésirables tout en l'éclaircissant, ne laissant pousser qu'un nombre de plantes optimum disons environ 4 pieds par mètre linéaire."

* je m'en moque, sillon droit lève récolte

** la faux

La suite des travaux de juin vus pas Louis Bruno à suivre dans un prochain post.

Un immense merci à Daniel Bruno - ainsi qu'à Christiane et Jean-François Bruno - pour avoir partagé les écrits passionnants de Louis.

Merci à Jean-Claude Rouzaud pour la photo transmise.

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Publié le 27 Mai 2020

Lauragais d'Autrefois (75) : l'âne, roi des dictons occitans (l'ase)

S'il est un animal qui est le roi des expressions et locutions occitanes, c'est bien l'âne. On le convoque en toutes occasions. Voici quelques exemples de phrases idiomatiques qui ornaient les conversations du Lauragais d'autrefois. Ce n'est qu'un très petit aperçu des dictons qui lui sont consacrés, nous aurons l'occasion d'y revenir dans un nouveau post.

Acibada un ase, te pagarà ambe de pets.

Nourris un âne avec de l'avoine, il te paiera avec des pets.

Far l'ase per aver de bren

Faire l'âne pour avoir du son.

Esser bavard coma un ase qu'estrena una brida.

Être orgueilleux comme un âne qui étrenne une bride.

Esser afairat coma un ase de vendémia.

Être occupé comme un âne de vendanges.

Tanlèu un ase a bramat qu'un autre brama.

Sitôt un âne a brait qu'un autre s'y met.

A la fièra, i a plan d'ases que se semblan.

A la foire, il y a beaucoup d'ânes qui se ressemblent.

Esser franc coma un ase quand recula.

Être franc comme un âne qui recule

S'en trufa coma un ase d'un cop de capèl.

S'en moquer comme un âne d'un coup de chapeau.

Remerciements : Laure Pagès, photographe animalière d’un jour

Si vous connaissez d'autres dictons, expressions ou proverbes sur cet animal emblématique, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons la petite collection de ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Publié le 24 Mai 2020

Lauragais d'Autrefois (74) : maladroits, fainéants, paresseux, tire-au-flanc à l'honneur des expressions occitanes

Parce qu'il n'y a pas de raison pour qu'ils n'aient pas leurs expressions, locutions et dictons consacrés, voici un petit passage de revue de ces virgules imagées des conversations du Lauragais et de l'Occitanie d'autrefois.

Le trabalh fait i fa pas paur

Le travail fait ne lui fait pas peur

Es fenhant coma una colòbra.

Il est fainéant comme une couleuvre.

I a pas pus valent qu'un fenhant que se met en colèra.

Il n'y a pas plus vaillant qu'un fainéant qui se met en colère.

Le cotel d'un fenhant copa totjorn plan.

Le couteau d'un fainéant coupe toujours bien.

Mais que voulez vous, il arrive à tout le monde d'avoir la flemme (aver la canha), les pigres (paresseux), les langonhas, les molàs (mollassons)l'ont plus souvent que d'autres.

Il serait injuste d'oublier les maladroits (maladreits, malaisits)

Es adreit coma un porc que monta a l'escala.

Il est adroit comme un cochon qui monte à l'échelle.

Quand on est maladroit, on s'y prend tellement mal qu'on est capable d'attacher l'âne par la queue (bridar l'ase per la coa)

 

Si vous connaissez d'autres dictons, expressions ou proverbes sur ce thème, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons la petite collection de ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Publié le 9 Mai 2020

Evier creusé dans une pierre et son évacuation en façade
Evier creusé dans une pierre et son évacuation en façade

Evier creusé dans une pierre et son évacuation en façade

Dans "L'eau des collines", Marcel Pagnol souligne la préciosité de ce liquide dans nos vies quotidiennes et celles des agriculteurs pour  leurs activités. Longtemps en Lauragais, les fermes étaient équipées d'un puits, d'une citerne, d'un cuvier, d'une auge, d'une mare qui nécessitaient transport et suscitaient des inquiétudes vives lors des pénuries.

En 1948, est créée l'Institution interdépartementale pour l'aménagement hydraulique de la Montagne Noire devenue aujourd'hui l'Institution des eaux de la montagne noire (IEMN). Le barrage des Cammazes est patiemment érigé entre 1953 et 1958 ainsi que les usines de potabilisation pour ensuite alimenter les communes du Lauragais et au delà.

Dans les métairies des années 50, cette arrivée a apporté un confort très apprécié.

 

Les métairies avant l'eau courante

 

La corvée d'eau mobilisait régulièrement les membres de la familles. Hommes, bêtes, potagers tous avaient besoin d'eau. Elle se faisait rare lors des sécheresse et parfois difficile à atteindre lors des grands froids. Il fallait par exemple casser la glace épaisse de la mare pour faire boire les animaux durant l'hiver 1956. 

 

Aimé Boyer nous décrit la vie d'avant l'eau courante :

 

"Il n’y avait pas d’eau courante mais souvent un puits, plus ou moins loin de la ferme suivant la source trouvée par un sourcier. A ces puits, il y avait rarement des pompes, c’était le seau, une corde ou un tour munie d'une chaîne,.

Les puits où l'on  puisait avec la corde étaient fermés à ras de sol, recouverts de tronc d’arbres, disposés de façon à avoir une trappe fermée avec de grosses branches. On les enlevait pour pouvoir être au dessus du puits. Il ne suffisait pas de descendre le seau, il fallait aussi qu'il se retourne pour se remplir.

Les puits équipés d’un tour étaient bâtis, l’arbre du tour était posé sur le mur de part et d'autre. Ces tours étaient très souvent équipés d’une chaîne, Il était plus compliqué de tourner le seau pour le noyer, des astucieux installaient, un pois bricolé avec du fil de fer sur un côté du seau. Au contact de l’eau, il se renversait.

Il y avait aussi des poulies à gorges pendues au sommet du puits. Il fallait remplir des auges ou comportes pour faire boire les bovins ou brebis. Des barriques posées sur une charrette, pour la basse cour et on utilisait le seau ou la cruche pour la maisonnée.

 Parmi les corvées dues par le métayer,  on trouvait parfois celles de porter avec des seaux pour les vider dans une citerne en haut de la maison du propriétaire parfois pour remplir les baignoires."

 

Le confort nouveau des métairies équipées

                                                         

Il poursuit :

 

"En 1969, j’ai déménagé, cette métairie était équipée avec l’eau de la Montagne Noire, Il y avait un robinet au dessus de l’évier, adapté à la cuvette, qui n’était pourtant pas prévue pour en être équipée. Une petite fenêtre était posée devant l’évier. Cette cuvette était creusée dans une pierre avec au fond un trou pour en assurer l’évacuation.

Devant la porte de l’écurie, se trouvait également un robinet prévu pour alimenter une auge. J’ai commencé par poser une comporte. J’ai donc goûté au plaisir d’ouvrir ce robinet, l’hiver, pendant que mes vaches buvaient goulûment. Quel luxe, comparé à l’auge qui se trouvait au fond du pré.

Bien sûr, je ne me suis pas arrêté là.  Il y avait une pièce sous l’escalier, que j’ai aménagée rapidement pour y poser un chauffe eau électrique, un receveur de douche, un lavabo. Sur cette lancée, j’ai même alimenté l’évier en eau chaude en bricolant un peu la cuvette.

L’année suivante, j’ai installé les abreuvoirs automatiques dans l’étable en les fixant à la mangeoire.

Sans oublier ensuite de poser un robinet dans les bâtiments de la basse cour. Ainsi s'est trouvée terminée i la corvées d’eau, avec la charrette. Ouf !

 Rapidement, pour ne pas perdre la main ; du confort : j’ai fabriqué une fosse septique avec un puisard, rempli de galets de l’Agout avec un WC. Finie la cachette derrière la haie du jardin, finie la cabane au fond du jardin..."

 

C'est aussi ce qu'Emile a fait en mai 1960, l'aménagement de water-closet grâce à l'eau courante.

 

L'arrivée de l'eau a apporté un confort nouveau dans les campagnes et a aussi réduit largement la peine en provoquant la disparition des corvées liées à l'eau.

 

Je remercie Aimé Boyer pour son éclairage précieux sur cette question. Si vous aussi avez des souvenirs de changements à la ferme, de l'arrivée de progrès dans les années 40,50 ou 60, n'hésitez pas à me les adresser pour publication. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

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Rédigé par Emile

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Publié le 6 Mai 2020

Lauragais d'Autrefois (69) : ces dictons occitans du joli mois de mai et des hautes herbes

Quelque proverbes et dictons de saison à l'heure où les bords des champs fleurissent...

Mai fa la faba pro que la trobe plan sarclada.

Mai fait la fève pourvu qu'il la trouve bien sarclée.

En mai, plèja del matin diu pas empachar de partir.

En mai, la pluie du matin ne doit pas empêcher de partir. (elle ne dure pas)

Maissanta èrba jamai no creva.

Mauvaise herbe, jamais ne meurt.

Es pas aquel que ganha le fen que le manja.

Ce n'est pas celui qui gagne le foin qui le mange. (en référence à l'ouvrier ou au métayer et au propriétaire des terres)

Se fa pas fais de tota èrba mai se fa garlanda de tota flor.

On ne fait pas faix de toute herbe mais on fait une guirlande de toute fleur. (toute herbe n'est pas bonne pour le bétail mais on peut faire des décorations de toute fleur)

Mise à jour (merci à JC Escude via K.Sou)

Borron de mai emplis le chai 

Bourgeon de mai emplit le chai

 

Si vous connaissez d'autres dictons ou proverbes sur le printemps, le joli mois de mai, les mauvaises herbes, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

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Rédigé par Emile

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Publié le 26 Avril 2020

Dans un extrait récent des carnets, le jeudi 21 avril 1960, Emile a noté que Monsieur Pech est venu retirer des balles de paille.

Voici l'authentique photo de ce camion envoyé par Jean-Claude Rouzaud :

Les nombreuses mentions consacrées aux pailles et fourrages témoignent de l'importance que cela revêtait pour le paysan des années 50. Ils constituaient litière et nourriture pour le bétail. 

A la signature d'un contrat de métayage, leur volume stocké était estimé à l'arrivée du preneur et figurait dans l'inventaire annexé au contrat et il devait y en avoir autant à leur départ. 

Voici l'extrait du contrat de la métairie d'Emile :

Et de l'inventaire d'arrivée à la métairie :

Les fenaisons occupaient une grande partie du printemps et constituaient un long travail pénible. Entre le début du printemps et l'automne, s'échelonnaient ainsi 4 coupes. Il fallait faucher, laisser sécher et ramasser avec une charrette qui faisait de multiples allers-retours jusqu'au champ avant de les stocker. L'inquiétude majeur concernait les caprices météorologiques qui pouvaient tremper le foin. 

Voici une faucheuse, photo d'Aimé Boyer :

Cette photo envoyée par Berthe Tissiner et déjà publiée ici, rappelle ces travaux :

Lorsqu'on le pouvait, on en vendait une partie pour un revenu complémentaire.

Aimé Boyer se souvient :

"Le marchand de foin était habituellement sur le marché, au cours de l’hiver et rentrait en contact avec d’habituels vendeurs, du surplus de fourrage. Les vignerons du Languedoc Roussillon ne produisaient pas suffisamment de fourrage pour alimenter les chevaux qu’ils utilisaient pour travailler leurs vignes, Les foins et fourrages du Lauragais, région voisine, leur convenaient parfaitement.

Bien-sûr, avant l'achat définitif, le marchand  venait se rendre compte sur place de la qualité l'année. Pour vérifier, il enfonçait, sa main dans le tas de fourrage, le sentait, regardait sa couleur avant de  proposer un prix, Mais si le prix ne convenait pas, il allait un peu plus loin dans le tas, reprenait une poignée et parfois annonçait  un prix plus élevé,

L'affaire se discutait ensuite dans la cuisine, on  s’attablait et on discutait à bâtons rompus devant l’incontournable bouteille de vin. On concluait la vente. Puis, il venait chercher en vrac avec un camion ou bien venait le mettre en balles avec la presse à foin déjà décrite dans les Carnets d'Emile."

 

Cette presse à foin à bras, nous avait été décrite ici, par Emile Teysseyre :

"Le foin était transporté en vrac durant très longtemps, ce qui n'était guère pratique. Les Américains nous ont apporté ces presses à foin que l'on remplissait de foin avant que deux hommes assurent la remontée d'une plateforme qui compressait le foin. Un véritable travail de force qui nécessitait d'actionner deux leviers latéraux. Il fallait ensuite manuellement, avec une aiguille adaptée faire passer le fil de fer à travers la botte réalisée pour la lier en 5 endroits."

 

Emile en avait fabriqué un modèle réduit dont voici le cliché :

En voici une photo lors d'une démonstration adressée par Jean-Claude Rouzaud :

 

 

Enfin, voici une presse photographiée grâce à l'association Le Pastel :

 

 

L'article consacré aux battages, grâce au témoignage d'Aimé, présentait la façon dont les balles se faisaient grâce à la presse (voir ici) et comment elles étaient stockés : sous les hangars lorsque c'était possible et en élaborant un pailler pour le surplus (voir ici).

En voici une photo proposée par Berthe Tissiner :

Pour finit petit lexique occitan bien imparfait sur cette thématique (rappel les -a finaux se prononcent o) :

fourrage : la pastura

le foin : le fen

la paille : la palha

le fenil : la fenial

le pailler : le palhèr

faucher : dalhar

 

 

Merci à Berthe Tissinier, Jean-Claude Rouzaud, Aimé Boyer, Emile Teysseyre, l'association le Pastel.

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Publié le 20 Avril 2020

Cavalcade à Baziège (photo coll.Serge Arnaud)

Cavalcade à Baziège (photo coll.Serge Arnaud)

Le confinement que nous observons en raison du coronavirus depuis le 17 mars met en évidence l'importance du lien social dans notre quotidien. Si les moyens modernes - numériques notamment - permettent de garder le contact, ils ne pallient pas complètement l'absence d'échanges directs. 

Dans les campagnes d'antan, les occasions d'échanges humains étaient moins fréquentes mais la sociabilité avait cependant un certain nombre d'occasions de s'exprimer : travail, commerce, religion, liens familiaux et amicaux... En voici quelques exemples...

Foires et marchés

Même si les métayers avaient développé, comme on l'a souvent vu ici, une autoconsommation importante (potager, élevage...), la famille se rendait à un rythme hebdomadaire au moins au marché. On y vendait de la volaille et cela permettait, grâce à l'argent gagné, de faire des courses d'appoint(sel, sucre, etc...). 

Le marché, les foires constituaient des lieux de socialisation importants. On y rencontrait ses connaissances, amis, familles, voisins et on y échangeait des nouvelles, on y parlait métier, avancées de travaux, famille quand on ne négociait pas l'achat ou la vente de bestiaux.

Les fêtes de village

Lors de la fête de son village ou de manifestations traditionnelles (voir illustration), souvent à la belle saison, il était de tradition d'inviter une partie de la famille pour un repas parfois deux. Ainsi, une partie de la famille était reçue le dimanche à midi, l'autre  le soir. En effet, dans une même métairie, on veillait à ce que quelqu'un soit toujours présent pour le soin à apporter aux animaux. En conséquence, un roulement s'instituait pour se rendre à l'invitation, qui au "dîner" (repas de midi en Occitanie), qui au "souper " (repas du soir) après être allé au bal. 

En dehors de ces moments, on prend également visite de temps à autre, pour prendre quelques nouvelles lorsqu'on a l'occasion de passer à proximité de la ferme d'une connaissance.

La religion

Se rendre à la messe, aux célébrations pour Noël (voir ici) ou Pâques fournissait aussi l'occasion d'échanger sur le parvis de l'église ou d'échanger sur le chemin lorsqu'entre voisins on gagnait ainsi le village souvent à pied en l'absence de moyens de transport (voir ici). A cela s'ajoutent les mariages, communions, baptêmes  qui réunissent famille et connaissances proches. Pour les enterrements, les proches mais aussi plus largement la communauté villageoise vient témoigner de leur soutien à la famille endeuillée. 

L'entraide lors des travaux

Les grands événements annuels amenaient familles, voisin, amis à se réunir pour s'entraider. On se rendait ainsi les journées ce qui amenaient à se fréquenter souvent : moissons, battages, vendanges, cochons, canards nécessitaient de la main d'oeuvre.

Des posts consacrés à ces grands travaux (voir post sur les battages  par exemple ou celui sur le cochon ) émanent de longues journées de travail mais aussi de grandes parties de fous-rires et de moments de convivialité autour de grandes tablées joyeuses.

L'entraide se mettaient en place lorsqu'un accident ou une maladie survenait dans une métairie, on apportait de l'aide ou on soignait le bétail lorsqu'un paysan était alité dans la maison voisine (voir ici).

Les prestations, ces journées dues à la municipalité dans le cadre du paiement en nature de la taxe vicinale réunissaient aussi quelques jours par an les hommes du village pour tailler les haies, entretenir, haies, chemins et fossés (voir ici).

Les veillées hivernales

Après les emblavures, il était de coutume de se réunir de temps à autre le soir pour échanger des nouvelles, jouer à la manille ou à la belote le temps d'une soirée amicale (voir article à ce sujet ici).

Pour les familles paysannes du Lauragais, le lien social était donc  un élément essentiel de vie quotidienne et régulièrement entretenu en différentes occasions tout au long de l'année. Ces échanges, réunions et rencontres, nous n'en avons noté ici que quelques exemples, relevaient de relations de travail, amicales ou familiales et ce maillage constituait le tissu social, essentiel à la vie rurale.

Si vous avez des témoignages, des photos de la vie d'antan dans les fermes et métairies lauragaises, n'hésitez pas à me les faire parvenir, je les publierai : lauragais@lescarnetsdemile.fr ou 0625549345

 

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Scène de village à Montmaur 1950, photo coll. JC Rouzaud

Scène de village à Montmaur 1950, photo coll. JC Rouzaud

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Publié le 11 Avril 2020

Photo d'illustration Bruno Alasset Instagram : bruno31290

Photo d'illustration Bruno Alasset Instagram : bruno31290

La période pascale dans la campagne lauragaise des années 50 revêtait un caractère particulier au regard des traditions religieuses qui l'accompagnaient. En l'absence de moyens de transports, on organisait l'emploi du temps. Les nombreux travaux printaniers dans les champs, à la vigne, à l'écurie qui jalonnaient cette période nécessitaient une organisation rigoureuse si la famille souhaitait assister aux célébrations religieuses.

 

Voici les souvenirs d'Aimé Boyer, métayer :

   

"Que de kilomètres parcourus pour la religion. J’habitais à deux kilomètres du village, et au bord de la route. Mais d’autres familles se situaient à cinq ou six kilomètres. Et, comme ils n’étaient pas au bord de la route, ils devaient prendre leurs chaussures à la main pour en changer et laisser les sabots sous des racines d’arbre ou d’un gros buisson.

Le matin des Cendres, avant d’aller à l’école, on passait à l'église pour assister à une messe basse qui était une messe non chantée suivie de l’imposition des Cendres avec lesquelles on nous faisait une croix sur le front. Je me souviens que nous l'effacions avant d’arriver à l’école, pour ne pas être moqués."

 

Des Rameaux jusqu'à Pâques

" Huit jours avant Pâques, on prenait quelques rameaux de laurier, à défaut de buis, pour les faire bénir, à la mémoire de l’entrée du Christ dans Jérusalem et de sa Passion. Au retour avant de rentrer le bouquet, on en laissait la moitié dehors ; il ne fallait pas le rentrer dedans car il devait être distribué dans les champs l’après-midi, pour protéger les récoltes. Le reste, un brin posé dans chaque pièce sans oublier l’écurie, les volières, et même la cave. Le reste était stocké dans l’armoire en cas de deuil, de maladie etc...

Tout au long de la semaine Sainte, nous rejoignions souvent l'église pour le chemin de croix, la veillée pascale, les temps de prière Beaucoup de kilomètres à pied et d’allers-retours de la ferme au village et de longues conversations joyeuses sur le chemin.

Pâques était un moment très attendu, une grande fête dans les familles lauragaises. Bien sûr un bon repas partagé clôturait cette période pascale après la messe du jour de Pâques."

 

En attendant, les Rogations, bénir les culture et les travaux des champs

"Trois jours avant l’Ascension, on allait en procession bénir les cultures, les travaux des champs (les deux premiers jours étaient consacrés à la campagne). Sur les routes du Lauragais il y a des croix érigées et posées sur des socles de 1m.50 environ. Les familles paysannes les aménageaient en guise de reposoir : un linge blanc, un Christ, une image pieuse, un bouquet de fleurs, ce dont on disposait ; c’est là que la procession se retrouvait parfois même en passant à travers champs. Le troisième jour des Rogations était souligné par une messe, avec une procession sur la place du village, devant la Croix des Missions. C’était ainsi à Caraman, je me souviens. À chaque reposoir il y avait des offrandes, des produits de la ferme."

 

Merci à Aimé Boyer pour ses souvenirs si précis et évocateurs.

 

Si vous avez des témoignages sur la vie rurale dans les fermes et métairies lauragaises des année 30,40 ou 50, n'hésitez pas à me les faire parvenir ou à me contacter je les publierai : lauragais@lescarnetsdemile.fr ou 0625549345

 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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