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Publié le 30 Décembre 2019

Lauragais d'Autrefois (39) : inventaire d'arrivée à la métairie (2/2)

Dans le post précédent, nous avons commencé à examiner l'inventaire d'arrivée daté du 1er novembre 1953. (ici). La liste éclaire sur la façon dont on vit à cette époque dans le cadre du métayage. On y a recensé les boeufs, le grand volume de paille et de fourrage. La section matériel de l'inventaire à laquelle nous nous intéressons aujourd'hui est riche d'une quantité de mentions qui donnent une idée assez précise de l'environnement qu'Emile et sa famille investissent.

On trouve ainsi :

2 charrettes en bon état (3 à réparer au frais du patron)

1 semoir

2 brabants

1 herse canadienne

1 rouleau

2 charrues "pesant ensemble 80 kg"

Sont aussi cités, en vrac et non exhaustivement, beaucoup d'éléments du petit matériel et outillage du quotidien. Ces éléments ont trait au travail des champs mais aussi du potager et de l'élevage qui caractérisent le mode de vie en autoconsommation. On note ainsi parmi d'autres : des pelotes de ficelle, des liens en bon état et usagés, des brosses, des chaînes d'attache pour les boeufs, des tresegats (pour diriger les boeufs lors du labour, voir article ici), 3 jougs de labour, 1 joug à coulisse (qui permettait d'ajuster l'écartement entre les boeufs)

Sont également mentionnés des anduzats (pour andusac = bêche), des pelles, des fourches, 3 foussous (fossors= houes) ainsi qu'un certain nombre d'autres outils.

Lors de l'inventaire, la métairie a donc été passée au peigne fin pour bien lister tous les éléments, accessoires et outils de travail fournis à la famille de nouveaux métayers et qu'il faudrait trouver en cas de départ.

Cette liste de trois pages est éclairante sur la vie quotidienne des métayers en Lauragais au début des années 50. Un certain dénuement règne encore, on le remarque la mécanisation n'est pas une caractéristique de cette liste. Le matériel est encore hérité des méthodes traditionnelles d'exploitation essentiellement animales et manuelles. L'arrivée du tracteur notamment viendra bouleverser les pratiques et remettre en cause les façons de travailler pour une plus grande productivité et moins de peine.

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

Lauragais d'Autrefois (39) : inventaire d'arrivée à la métairie (2/2)
Lauragais d'Autrefois (39) : inventaire d'arrivée à la métairie (2/2)

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Publié le 10 Décembre 2018

image d'illustration

image d'illustration

La métairie dans laquelle vivent Emile et les siens est bâtie sur le modèle le plus répandu dans le Lauragais. L’habitation et les dépendances, en pierre, sont ainsi construites dans la longueur, en un seul corps. Le facteur climatique prévaut : la construction est orientée d’Ouest en Est dans le sens des vents dominants, Cers et Autan.

Le corps principal du bâtiment, présente une large porte à 2 battants qui permet d’accéder à l'étable, après avoir traversé latéralement un couloir. L'étable accueille les 6 bœufs de trait (puis deux seulement après l'arrivée du tracteur), ainsi que quelques vaches, veaux., repoupets. Cette disposition permet de jeter un œil aux bêtes en rentrant dont on a vu, ici, l'importance de leur rôle dans l'exploitation familiale y compris après l'arrivée du tracteur.

Au dessus, sur le plancher se situe un grenier qui permet le stockage de foin pour nourrir les bêtes, d’où son nom, la fenial. On y accède par une échelle de meunier puis une trappe qui se soulève en tirant sur une corde.

Si l’on suit le couloir de béton en pente douce, on arrive dans la pièce à vivre de la maison. Elle abrite la cuisine dont le sol est recouvert de tommettes rouges, un buffet, une cuisinière à charbon, une grande table et une cheminée monumentale avec un foyer immense. Le tirage de cette cheminée n’est pas de qualité et nécessite paradoxalement, même au plus froid de l’hiver, de laisser la porte du couloir entrouverte pour éviter un enfumage copieux de la maison.

Au fond de cette même pièce, un escalier de bois permet d’accéder à l’étage. Un couloir sombre dessert 4 chambres, l’une d’entre elles a été cloisonnée pour être divisée en deux à la naissance de la 2e fille du couple, l’espace y est donc assez exigu.

L’éloignement de la cheminée et son fonctionnement loin d’être optimal font que lorsque surviennent de grands froids hivernaux, du givre peut apparaître la nuit à l’intérieur des carreaux avec la condensation due à la respiration. Le plumon, ce gros édredon rempli de duvet de canard ou d’oie, n’en est que plus essentiel.

Dans la longueur du bâtiment, à l’Est, « côté vent d’autan » comme on disait, se situe un hangar, au sol en terre battue, qui abrite un lavoir en ciment.

On trouve à l’Ouest, « côté vent de Cers » cette fois, un hangar ouvert et attenant au bâtiment principal permettant d’abriter du matériel agricole. Enfin une dernière construction, plus basse, aux murs en pierre très épais et percée d’une seule ouverture, est dénommé « cave ». Comme son nom l’indique on y stocke les tonneaux de vin de la récolte familiale annuelle.

La cour est vaguement empierrée et une grande partie est herbeuse sur laquelle divaguent des volailles.

Près d’un immense ormeau, un autre bâtiment de pierre, en face du corps principal de la ferme, les y abrite pour la nuit. Il reçoit aussi les canards, on les gave à l’intérieur, la saison venue. Des boxes séparés, qu’on appelle soutes, permettent d’accueillir et élever les porcs.

Au fond de la cour près du champ, un vieux poste électrique abandonné permet de loger des clapiers pour y élever des lapins.

Un chemin vert, bordé de quelques noisetiers, descend en pente douce vers le puits situé une centaine de mètres plus bas, la mare et le potager qui est pourvu d’un bassin qui permet l’arrosage des semis et plantations.

C'est dans cet espace très délimité avec des zones dédiées à chaque aspect de l'exploitation familiale que vivent et travaillent Emile et sa famille.

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais, #Occitanie, #Métayage, #Travaux agricoles

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Publié le 7 Novembre 2018

Les activités et la météo d'octobre 1958 à la métairie lauragaise d'Emile

Le mois d'octobre 1958 à la métairie d'Emile est consacré à 3 activités dominantes.

Au début du mois, les vendanges se déroulent à la vigne de la métairie mais également chez les voisins, la famille. Il faut ensuite presser le raisin et couler le vin.

Les labours occupent ensuite l'essentiel du temps mensuel des métayers, il faut en effet préparer les terres à blé pour les semis à venir. La famille consacre aussi les journées puis les soirées à la récolte du maïs et à son dépouillement (qui consiste à débarrasser manuellement chaque épi des feuilles qui l'entourent ).

Le nuage de mots réalisé à partir des relevés effectués montre la proportion de chaque activité à la fréquence à laquelle elle est citée par Emile.

Ces activités sont, encore plus qu'à la belle saison, dépendantes des conditions météorologiques. Le nuage météo révèle quant à lui, qu'en Lauragais, octobre 1958 a accueilli un froid précoce mais grâce à un vent d'autan assez présente, le beau temps a permis aux travailleurs de mener à bien leurs activités. Quelques rares jours de pluie modérée sont cependant venus rythmer le mois à intervalles réguliers.

Les activités et la météo d'octobre 1958 à la métairie lauragaise d'Emile

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais, #Occitanie, #Travaux agricoles

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Publié le 30 Octobre 2018

Après quelques jours de pause, les publications d'Emile reprendront le 31 octobre avec une journée exceptionnelle qui comptera une publication par heure entre 8h et 19h.

C'est l'occasion de découvrir ou de redécouvrir ce blog qui traite de l'agriculture en Lauragais. Il y a 60 ans, chaque jour, Emile, un métayer consignait ses activités et celles de sa famille. C'est une vie au rythme des saisons qui est ainsi dépeinte, une vie d'autrefois où l'on oscille encore entre progrès et tradition, une vie âpre et laborieuse au plus près de la terre et de la nature.

N'hésitez pas à partager l'adresse de ce blog pour le faire connaître autour de vous.

S.

 

31 octobre : une publication d'Emile par heure
31 octobre : une publication d'Emile par heure

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Rédigé par Syndicat

Publié dans #Lauragais, #Travaux agricoles, #Occitanie

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Publié le 8 Septembre 2018

La fréquence du mot détermine sa taille

La fréquence du mot détermine sa taille

Gerboyer, dépiquer, déchaumer... Les activités d'août à la métairie d'Emile sont essentiellement tournées vers le blé... On aide les fermes voisines à dépiquer avec la machine qui fait le tour des cour de ferme en attendant que vienne le sien... Un travail âpre et difficile dans la poussière et la chaleur et qui met chacun à contribution...

 

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Rédigé par Emile

Publié dans #Travaux agricoles

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Publié le 1 Juillet 2018

Nuage de mots de juin 1958

En fonction de la fréquence du mot dans les Carnets d'Emile sa taille varie et permet de voir la proportion des activités ou les préoccupations du travailleur

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Rédigé par Emile

Publié dans #Travaux agricoles, #Lauragais

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Publié le 28 Juin 2018

Tandis que Emile retrace ses journées le soir dans ses cahiers d'écoliers, à partir d'octobre 1957, le tracteur qui arrive enfin à la métairie permet de tracer des sillons dans les champs plus rapidement que les boeufs ne l'avaient fait jusque là et avec moins de fatigue pour le paysan.

Cet inespéré engin mécanique est acheté par le propriétaire des lieux en concertation avec Emile qui, dès la fin du mois de septembre, prépare un local pour l'accueillir et le protéger.

Depuis quelques années déjà, quelques hectares de terre étaient labourées par une entreprise qui facturait ses services. Le reste de la superficie était labouré par les boeufs tirant le brabant. L'arrivée du tracteur Deutz 24cv et de la charrue Kirpy va permettre une relative autonomie.

Pour autant, la coexistence du tracteur et des boeufs va durer près de 10 ans. Le poids des traditions d'une part mais surtout l'achat nécessaire et progressif des outils qui pourront être attelés au tracteur vont rendre cette transition lente mais les forces du travailleur seront bel et bien épargnées pour nombre de tâches du quotidien.

Dès janvier 1958, le cheptel est cependant réduit. Des 6 boeufs, on n'en conservera que 2. On les trouve cependant mentionnés régulièrement (par exemple, pour passer la herse entre les rangées de la vigne, cela se fait avec un bœuf en raison de l'étroitesse de l'espace).

L'année 1958 est donc une année où Emile et les siens apprennent à travailler différemment grâce à cet engin moderne. Ils apprennent aussi à gérer les pannes et les défaillances qui vont avec. On le maîtrise encore assez difficilement et le tracteur est d'occasion.

Cependant, leur mode de travail, de vie même, est en train de basculer. S'en rendent-ils compte au moment où Emile rédige les lignes concernant cette évolution ?

 

Extrait d'une brochure du Ministère de l'Agriculture datant des années 50
Extrait d'une brochure du Ministère de l'Agriculture datant des années 50

Extrait d'une brochure du Ministère de l'Agriculture datant des années 50

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais, #Travaux agricoles, #Tradition

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Publié le 24 Juin 2018

Soufrer pour lutter contre l'oïdium, la tavelure, les acariens...

Soufrer pour lutter contre l'oïdium, la tavelure, les acariens...

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Rédigé par Emile

Publié dans #Travaux agricoles

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Publié le 30 Décembre 2017

L'année 1957 à la métairie d'Emile... Une vie dans le Lauragais...

Aux dernières heures de 1957,alors qu’Émile referme le petit cahier qui concerne l'année écoulée, qu'en retient-il ?

1957 s'est inscrite dans la continuité des précédentes. Voilà 4 ans maintenant que la famille est installée à la Grande Borde et en travaille les 38 hectares. L'hiver a comporté comme à l'ordinaire des coupes de bois, des cochons tués pour préparer les salaisons, canards et oies ont été gavés, le printemps avec son laborieux travail des fenaisons, les multiples coupes à réaliser puis à stocker, le méticuleux et précieux travail de la vigne a ourlé l'année complète, les moissons ont jalonné un été chaud, sec et laborieux...

C'est en automne, au moment des labours, que la vie de la famille a réellement pris un tournant nouveau avec l'arrivée du tracteur ( le 11 octobre exactement, un DEUTZ 24 chevaux : cliquez ici ). Il va permettre de faciliter le travail, de l'accélérer et surtout de le rendre moins pénible. Même si, depuis quelques années, une entreprise venait réaliser une partie de ces travaux avec un tracteur, les bœufs étaient tout de même très sollicités. Avec l'assentiment et le financement du propriétaire, voilà les métayers désormais dotés d'un outil de travail qui va bouleverser leurs pratiques.

En ce qui concerne les transports au quotidien, chacun circule à moto ou à vélo. Parfois, à titre exceptionnel, on a recours à la voiture du voisin ou celle du frère d'Eliette qui transportent la famille ici ou là...

1957 est aussi l'année du départ de l'aide familial, Yves, qui s'est marié et va désormais voler de ses propres ailes. Il ne sera pas remplacé.

Enfin, sur le plan familial, aux dernières lueurs de 1957, la famille s'agrandit avec la naissance de la 2e fille d'Eliette et Emile...

Que va réserver 1958 à cette famille lauragaise qui ne ménage pas sa peine et creuse son sillon avec constance et détermination ? Des nouveaux outils de travail ? Des méthodes modifiées ? De nouveaux événements familiaux ?

Réponse ici au fil des pages d'un nouvel agenda rempli par Emile, chaque jour,  avec le soin et l'application qu'on lui connait...

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais, #Tradition, #Travaux agricoles

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Publié le 12 Novembre 2017

Le long travail du maïs en Lauragais au fil des mois d'automne

Dans les bordes lauragaises, la récolte du maïs s'effectuait à la main à la fin du mois d'octobre. Cette étape n'était que le début d'un long travail de patience. Entre le vendredi 25 octobre et le lundi 11 octobre 1957,  Emile a ainsi mentionné 13 fois la tâche qui consistait à dépouiller le maïs (= descolefar le mil, en occitan mais on trouve aussi dans les dictionnaires le terme de espelofar par exemple).

Ce long travail consistait à enlever la plupart des feuilles enveloppant le maïs avant, par exemple, de tresser celles qui restaient les unes aux autres pour permettre ainsi de suspendre les épis (à l'intérieur ou à l'extérieur) et des le mettre à sécher. D'autres les stockaient dans des cribs (contenants en bois et grillage bien aérés) à l'extérieur, d'autres encore prenaient soin de les étaler sur le sol d'un grenier où l'on pouvait entretenir un courant d'air pour permettre un séchage des épis dans de bonnes conditions.

Emile, à la fin de cette opération en 1957, totalisait ainsi 423 "saches" de maïs. On imagine sans peine la tâche d'ampleur que le dépouillage représentait pour de telles quantités. Le maïs était un précieux allié utilisé pour le gavage des canards (un temps on l'égrenait à la main puis avec de petits égrenoirs mécaniques à manivelle), pour engraisser les cochons (réduit alors en farine) ou pour confectionner le milhas qui accompagnait les sauces ou se faisait dessert sucré après avoir été poêlé (et dont le Lauragais est encore très friand aujourd'hui).

Le travail autour du maïs n'était pas terminé pour autant puisqu'il fallait ensuite débarrasser le champ de ce que Emile nommait les tronçons, les jambes de maïs. Elles étaient coupées, chargées et stockées pour l'alimentation animale. Cette étape courait au début de décembre pour permettre de remettre la terre en état afin de prévoir l'assolement de l'année suivante. Lorsque Emile et les siens évaluaient que les tronçons étaient en trop grande quantité, une partie pouvait alors être brûlée.

Le long travail du maïs en Lauragais au fil des mois d'automne

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Rédigé par Emile

Publié dans #Travaux agricoles, #Tradition

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Publié le 31 Octobre 2017

Nuage de mots d'octobre 1957

La taille des mots dans le nuage est proportionnelle à la fréquence à laquelle ils ont été utilisés dans les carnets par Emile en octobre 1957.

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Rédigé par Emile

Publié dans #Travaux agricoles

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Publié le 31 Août 2017

La taille des mots est proportionnelle  la fréquence à laquelle ils sont utilisés en août 1957 dans le carnet. (Cliquez sur l'image pour agrandir)

La taille des mots est proportionnelle la fréquence à laquelle ils sont utilisés en août 1957 dans le carnet. (Cliquez sur l'image pour agrandir)

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Rédigé par Emile

Publié dans #Travaux agricoles

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Publié le 15 Août 2017

1957 : un long été pour récolter en Lauragais

Si l'on prend le carnet de 1957, le temps de la récolte est jalonnée par des étapes très précises en l'absence de moissonneuse-batteuse.

On note cependant que quelques champs d'avoine sont ainsi récoltés mais dans une proportion très faible, c'est d'ailleurs la première fois que la mention de moissonneuse- batteuse apparait dans les carnets d'Emile. Pour la large majorité des productions, la famille d'Emile  récolte encore sur un mode traditionnel.

Ainsi le 1er juillet, on "fait les passages" dans les champs de blé. Cela consistait à faucher certains endroits pour permettre le passage de la faucheuse.

Les moissons du blé, commencent dès le lendemain, le 2 juillet et continuent durant 5 jours.

A partir du 8 juillet, on met le blé en tas.

On commence à gerboyer le blé à partir du 19 et cela durera jusqu'au 2 août. On fait d'abord les "tabels", petits tas où les gerbes sont disposées pour que l'eau de pluie éventuelle s'écoule sans stagner pour ne pas engendrer de moisissure ou pourriture. Après ramassage, réaliser les gerbes et les constituer ensuite en gerbières est un travail conséquent dont la difficulté peut-être encore augmentée par la canicule. Cette étape intervient après qu'on a fait de même vers le 15 juillet avec l'orge et l'avoine cultivés dans une proportion moindre.

Cette année là, il faudra attendre les 3 et 4 septembre pour dépiquer. C'est ce jour-là que la batteuse arrive dans la cour de la ferme. Il faut attendre son tour et aussi aller aider au dépiquage dans le voisinage et la famille si l'on veut aussi bénéficier de bras. Emile ne donne pas de détails à ce sujet mais c'était d'ordinaire l'occasion d'un travail harassant ponctué par des repas réunissant de grandes tablées joyeuses de travailleurs.

Les plus jeunes récupèrent le grain dans les sacs (qui font à peu près 80 kg) pour les transporter jusqu'au stock. D'autres introduisent les gerbes défaites de leurs liens dans la machine quand d'autres se chargent de la paille.

Cette année là, par exemple, la récolte pour Emile et les siens se monte à 357 sacs de blé de 81 kg, 34 sacs d'avoine (50 kg l'unité) et 13 sacs d'orge (60 kg chacun).

30 sacs de blé seront conservés pour la semence de l'année suivante précise notre métayer-écrivain et 20 pour la famille spécialement. Ils seront à déduire du partage à moitié auquel il sera procédé comme le prévoit le contrat. Emile et les siens sont des métayers, des "miéjaïres"...

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais, #Travaux agricoles

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Publié le 9 Août 2017

La taille des mots indique la fréquence à laquelle ils reviennent dans les carnets. (Cliquez sur l'image pour la voir en plus grand.)

La taille des mots indique la fréquence à laquelle ils reviennent dans les carnets. (Cliquez sur l'image pour la voir en plus grand.)

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Rédigé par Emile

Publié dans #Travaux agricoles

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Publié le 15 Juillet 2017

Rédigé par Emile

Publié dans #Travaux agricoles

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Publié le 31 Mai 2017

La taille des mots exprime leur fréquence d'utilisation par Emile au cours du mois de mai 1957

La taille des mots exprime leur fréquence d'utilisation par Emile au cours du mois de mai 1957

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Rédigé par Emile

Publié dans #Travaux agricoles

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Publié le 30 Avril 2017

Les activités de mars et avril 1957 à la métairie d'Emile

Tandis que les premiers rayons du printemps sont encore hésitants à réchauffer la terre lauragaise, Emile et les siens n'ont pas manqué d'activité tout au long de ces deux mois. On s'affaire, on prépare la pleine saison, on joue à cache-cache avec la météo, jonglant d'une activité à l'autre et adaptant sans cesse son emploi du temps en fonction des caprices du temps.

Mars est consacré pour partie à couper du bois.

On laboure et fume la vigne (avec du fumier, bien-sûr, mais aussi du sulfate de fer) et, par sections, on remplace quelques ceps.

On égrène du maïs de la saison précédente dans la perspective de le vendre.

Un retour est opéré au potager : semis des fèves, installation des pommes de terre...

En avril, on commence à préparer les champs pour certains semis (passage de la canadienne, des dentails...) et notamment pour le maïs, ce qui prend beaucoup de temps au regard des mentions nombreuses dans le carnet concerné.

On vend ce qu'il reste de fourrage encore stocké.

Au potager, on installe les baraquets (haricots blancs), on sème carotte, navets, melons et concombres (c'est ainsi qu'on appelle parfois les courgettes).

Le 30 avril, tout est prêt.. On peut voir mai venir !

 

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Rédigé par Emile

Publié dans #Travaux agricoles

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Publié le 5 Mars 2017

Les activités de février 1957 à la ferme d'Emile

Février est par excellence le mois hostile au paysan, le froid ui mord les doigts, les intempéries qui empêchent de réaliser les activités programmées.

Pour autant, dans les carnets d'Emile on ne note évidemment pas d'interruption.

A quoi donc est consacré ce mois ?

Les prestations (dont nous avions parlé ici : http://www.lescarnetsdemile.fr/2017/02/les-prestations-des-details.html ) qui consistent à donner des jour,ées pour la collectivité, en l'occurrence à la commune pour débroussailler les chemins, procéder au curage des fossés et à la taille des haies mobilisent le métayer une bonne partie du mois.

La taille de la vigne est mentionnée à plusieurs reprises.

On épand les intrants chimiques.

Couper du bois est aussi une activité qui remplit bien des jours de février.

Lorsque la météo est vraiment hostile, on nettoie les greniers et fabrique des outils ou des manches pour remplacer les plus usés.

 

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Rédigé par Emile

Publié dans #Travaux agricoles, #Lauragais, #Métayage

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Publié le 1 Février 2017

L'hiver saison morte pour le paysan ? Que nenni ! On s'active, on s'occupe, on s'organise...

On fait des provision de bois. Rappelons que la borde est construit sur le modèle le plus classique du Lauragais et possède une pièce à vivre avec une cheminée immense, la seule pièce de la maison à être chauffée.

C'est aussi la grande période pour tuer le cochon. Outre celui de la maison, on aide aussi parents et amis qui le tuent à leur tour. Les salaisons sont un aliment important du régime alimentaire d'alors. Il faut pour chaque cochon au moins deux jours : un pour le tuer et le préparer, l'autre pour le débiter et réaliser les diverses préparations : saucisse, boudin, jambon etc...

On jette l'engrais chimique et notamment le Super important pour les racines et la croissance des plantes.

Les jours trop rudes, on répare les échelles, les caisses à lapins, les outils qui seront utiles aux beaux jours...

Et bien-sûr, le soin aux animaux lui est continu et il faut plusieurs fois dans le mois aller récupérer du fourrage au stock avec la charrette. Rappelons qu'il est distant de quelques centaines de mètres puisqu'il s'agit d'un hangar près de la maison du propriétaire.

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Rédigé par Emile

Publié dans #Travaux agricoles, #Lauragais

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Publié le 30 Décembre 2016

Retour sur l'année 1956 à la métairie lauragaise d'Emile
Retour sur l'année 1956 à la métairie lauragaise d'Emile

C'est sans doute l'un des derniers soirs de l'année 1956, dans la cuisine, attablé non loin de la grande cheminée qui fume un peu si on ne laisse pas un filet d'air pénétrer par la porte du couloir qui mène à l'étable, alors qu'il vient de rédiger les activités du jour, que Emile relit les pages qu'il a écrites au cours des mois précédents.

Sans doute mesure-t-il la multiplicité et la variété des tâches qu'il a menées avec sa famille, peut-être n'en perçoit-il plus la rudesse, habitué à un labeur contraignant qui use les corps faute de la lente diffusion des progrès agricoles. Les techniques traditionnelles ont encore grand mal à les laisser se diffuser dans le cadre du métayage.

Si l'on égrène les saisons avec lui, en tournant les pages des carnets, on trouve la mention d'un hiver particulièrement rigoureux marqué par la grande vague de froid qui a atteint tout l'hémisphère Nord à partir de début février. Emile a mentionné ainsi tout au long du mois de février "grand froid", "bourrasques de neige", "froid très vif" , "très forte gelée" . Cette période est occupée à tuer le cochon, à de la vannerie et à la fabrique d'outils, râteaux, balais, de "bancs pour laver". Quand le temps le permet, les journées sont consacrées au curage des fossés, à faire du bois.

L'hiver rigoureux a des conséquences  ainsi faut-il refaire un certain nombre de semis dès le printemps. Le froid a eu raison de l'avoine, des pois, des fèves notamment. L'activité reprend ensuite très densément : l'engrais chimique est épandu, le soin apporté à la vigne reprend, les semis puis l'entretien (sarclage et binage) du maïs. Viennent plus tard les fenaisons et les activités manuelles et chronophages de désherbage et de débroussaillage.

L'été1956 s'ouvre sur les moissons, période intense de travaux. Elles occupent le plus clair du temps des métayers en juillet avec dans l'ordre l'orge, le blé puis l'avoine. Elles engendrent des tâches qui découlent les unes des autres : faire les passages pour permettre le passage de la moissonneuse puis réaliser des gerbes (gerboyer) et les entasser et/ou les transporter avec la charrette avant de dépiquer, tâche réalisée au mois d'août.

Les labours occupent ensuite une large partie de l'automne avant les nouveaux semis. Emile mentionne souvent les activités autour des vendanges qui sont réalisées le 9 et le 10 octobre.

Emile se rend-il compte en tournant les pages qu'elles portent aussi le témoignage d'une très importante activité concernant le potager consacré à la subsistance familiale ? Betteraves, pommes de terre, petits pois, fèves, oignons sont cultivés en quantité...`

Porte-t-il son attention sur les nombreuses mentions autour des animaux que la famille élève pour se nourrir mais aussi pour vendre afin de compléter les revenus de la terre dont les récoltes sont partagées à moitié avec le propriétaire ? Le marché de Castelnaudary et ceux de Villefranche ou Puylaurens dans une moindre mesure permettent de réaliser certaines ventes tandis que d'autres se font directement à la métairie.

Le tracteur n'ayant pas fait son entrée dans la cour de la ferme on y trouve les préoccupations concernant les boeufs qu'on change régulièrement par paires auprès du maquignon d'Avignonet-Lauragais ou qu'on essaie de vendre à la foire locale et pour lesquels on s'inquiète lorsqu'ils sont souffrants.

Peut-être Emile, en ce soir de décembre 1956, reprend-il aussi les événements familiaux : les naissances, les mariages ? Au fil des 48 pages du cahier d'écolier consacrées à l'année 1956, il retrouve les évocations des décès qu'il a marquées pour les rendre évidentes d'une croix dans la marge. Sans doute trop fatigué ne choisit-il pas de s'attarder sur le nombre de fois où il a évoqué le vent gênant (plus de cent fois sans compter les vents légers) ?

En refermant son cahier ce soir-là, avant d'aller se coucher après avoir tisonné les braises, il pense peut-être à tout ce qu'il devra mener en 1957 mais sans doute ne se doute-t-il pas que, 60 ans plus tard, on relira encore ses carnets qui évoquent une certaine Histoire du Lauragais et livrent un aperçu de ses traditions paysannes.

 

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Rédigé par Emile

Publié dans #Travaux agricoles, #Tradition, #Lauragais

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Publié le 11 Décembre 2016

Quelques éléments sur les semis de blé dans le Lauragais en 1956

Dans les carnets d'Emile en 1956, le début des semis de blé intervient après ceux de l'avoine puis de l'orge le 16 novembre et ils s'étendent jusqu'au 17 décembre inclus. Les caprices de la météo, une mécanisation encore en développement et les nombreuses autres activités à mener en parallèle (fin des labours, récolte de la betterave, ...) en expliquent la durée assez importante (quatre semaines).

Tout au longs années 1950, la famille d'Emile cultive essentiellement 2 variétés de blé : le blé du Docteur Mazet dit blé Mazet et l'Etoile de Choisy.

L'Etoile de Choisy est le résultat des premiers travaux de sélection végétale de l'INRA et a été inscrite au catalogue français en 1950. Elle allie grande précocité et bonne résistance au froid et sa culture est très prisée dans le Sud-Ouest de la France et l'ouest audois notamment.

Le blé Mazet est une variété apparue en 1935 et présentée comme "un blé de force, de très bonne qualité (faisant) un pain extraordinaire".

Les carnets d'Emile ne permettent pas de déterminer précisément l'assolement ou les surfaces ensemencées proportionnellement aux autres cultures. Cela fait l'objet d'autres documents que nous ne détenons pas.

Au terme de ces semis 56, Emile tire le bilan suivant "Avons semé au total 20 sacs plus 200 kg de la C.A.L.". Rappelons que la C.A.L. est la Coopérative Agricole Lauragaise. Les 200 kg achetés à la coopérative sont de la variété Etoile de Choisy et ont été semés dans leur intégralité au "champ long". La très large majorité du blé semé provient donc encore de la production stockée lors de la récolte précédente.

Même s'ils sont intéressants, on ne peut cependant pas tirer généralité des seuls éléments issus des carnets puisque, rappelons-le, nous sommes dans le contexte très particulier, largement minoritaire et déjà très déclinant de ce mode d'exploitation des terres qu'est le métayage.

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Rédigé par Emile

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Publié le 4 Décembre 2016

Les activités d'octobre et novembre 1956 à la ferme d'Emile

Emile et les siens vivent ces deux mois d'automne de façon intense : les activités sont nombreuses alors que le temps devient plus frais voire froid et parfois bien capricieux (le vent, toujours le vent... et pas forcément celui qu'on aurait soupçonné, le Cers peut aussi avoir ses humeurs).

Octobre voit un événement important dans la vie locale : les vendanges. On produit ainsi le vin de table consommé tout le reste de l'année et on en vend une partie. On les prépare bien en amont (lavage des comportes, préparation des lieux de stockage...). Les vendanges demandent au moins une grosse journée de travail puis on met le raisin à la cave. Il est coulé et pressé une dizaine de jours plus tard avec un pressoir qui n'appartient pas à la famille (qu'on loue probablement) avant d'être mis en cuves.

Les vendanges sont un travail collectif non seulement de la famille mais aussi de voisins et amis à qui on rendra ces journées de travail en allant les aider en retour. On se loue même à la journée pour vendanger et compléter les revenus.

Les labours sont un autre des labeurs d'octobre. La fréquence des mentions en montre l'importance dans l'emploi du temps mais aussi la longueur, faute de n'être pas encore mécanisé.

Les labours se poursuivront et se termineront en Novembre.

C'est aussi au cours de ce mois que seront réalisés les semis d'avoine, d'orge et bien-sûr de blé.

La récolte du maïs demande un travail conséquent dont la pénibilité (transport des sacs notamment) s'inscrit aussi dans la longueur. Il faudra ensuite le débarrasser de ses spathes (le dépouiller dit Emile). Les cannes de maïs (tronçons dixit Emile)  doivent ensuite être enlevées du champ et brûlées (on en gardera cependant une partie pour donner aux animaux).

On note aussi, pour la consommation familiale, la récolte en quantités importantes des betteraves.

 

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Rédigé par Emile

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Publié le 1 Octobre 2016

Elles pourraient presque se résumer en un seul mot : les labours.

La plupart des récoltes réalisées, il s'agit de préparer la terre pour les semis qui interviendront lors de la saison suivante.La lenteur de leur réalisation s'explique par leur réalisation avec la traction animale.

Bien-sûr, d'autres activités interviennent en parallèle : soin de la vigne, récolte des haricots et des fèves, récolte du fourrage de grain que le vent d'autan a emporté dans le champ des voisins sitôt la coupe réalisée...

Les activités de septembre 1956 à la métairie lauragaise d'Emile

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Rédigé par Emile

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Publié le 3 Septembre 2016

Le mois d'août est consacré à dépiquer les récoltes qui ont été mises en gerbes le mois précédent (blé, orge, avoine...) grâce à une machine spécifique.

On y consacre beaucoup de temps et en outre on va aider les autres exploitants alentours ou la famille à réaliser cette tâche.

La coopérative vient d'ailleurs retirer une partie des grains mis en sacs.

La paille est mise en balles dont une partie est vendue.

On s'occupe de la vigne avec soin (taille...) dont les grappes arriveront bientôt à maturité.

Pour la consommation familiale on récolte aussi les pommes de terre qui ont été produites en grande quantité.

On note aussi le début des labours sur certaines parcelles.

Enfin, un large temps est consacré aux fenaisons : 2e coupe du fourrage, séchage, récolte et stockage pour la nourriture des bêtes.

photo d'illustration

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Rédigé par Emile

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Publié le 2 Août 2016

Les principales activités menées au mois de juillet 1956 à la métairie

Les moissons occupent le plus clair du temps des métayers en juillet avec dans l'ordre l'orge, le blé puis l'avoine. Elles engendrent des tâches qui découlent les unes des autres : faire les passages pour permettre le passage de la moissonneuse puis réaliser des gerbes (gerboyer) et les entasser et/ou les transporter avec la charrette avant de dépiquer, tâche réalisée au mois d'août.

Les fenaisons débutées en juin se poursuivent.

Les soins (binage, sarclage) apportés à la vigne et au maïs mobilisent aussi une partie du temps.

L'élevage pour la vente et la consommation familiale ainsi que l'entretien du jardin sont aussi très régulièrement mentionnés.

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Rédigé par Emile

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