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Publié le 2 Novembre 2017

Les Carnets d'Emile sont les souvenirs de travail - pour l'essentiel - d'un métayer qui consignait chaque soir, au terme de sa journée de labeur, non seulement le relevé de ses activités mais aussi les conditions météorologiques ou encore quelques événements familiaux.

Ce témoignage est rendu exceptionnel aussi bien par sa densité que par sa rareté... Densité car cet homme, dans la continuité de son père, a écrit chaque jour de sa carrière son travail de paysan, saison après saison, année après année, avec des mots simples, une écriture soignée et une persévérance hors du commun. Rareté car il n'est pas si fréquent dans le monde paysan des années 50 qu'un métayer s'intéresse à l'écrit et s'astreigne avec une telle régularité à cet exercice. Le caractère exceptionnel est encore renforcé par le fait que la métayage est, au milieu du XXe siècle, un mode d'exploitation déjà presque obsolète (seulement 3,4% des exploitations en 1954 selon l'INSEE).

Cet homme, c'était notre grand-père. Il ne s'appelait pas tout à fait Emile mais il était si pudique qu'on comprendra qu'on lui conserve ici son anonymat. C'était un taiseux mais un taiseux qui écrivait. Alors, bien-sûr, on ne trouvera pas au longe des pages d'envolées lyriques pas plus que colériques : quelle que soit la situation, les sentiments, on ne les dit ni ne les écrit, on les tait. On ne s'intéresse qu'aux faits puisque ces carnets ont une fonction réelle, celle d'être une mémoire de travail à laquelle on se réfère souvent.

Et puis qu'importent les lieux pas tout à fait précis, les noms anonymés, ce qui compte c'est la force de son témoignage. Elle se révèle intacte dépeignant par petites touches au fil des lignes noircies dans de vieux cahiers d'écolier toute la difficulté d'être un miéjaïre. Quand on est un métayer, on partage le produit des quelques hectares qu'on travaille avec leur propriétaire. Les petites parcelles viennent se nicher entre les coteaux joufflus du Lauragais et la rigole qui serpente vers le partage des eaux à Naurouze. Aussi, pour faire vivre les 4 générations qui habitent sous le même toit, il faut déployer une énergie sans pareille et que chaque membre de la famille participe de la petite entreprise. L'élevage permet de se nourrir et de compléter les revenus ; le potager lui, se déploie en des dimensions conséquentes.

C'est tout cela qu'Emile écrit en creux : le portrait d'un Lauragais aujourd'hui disparu, l'esquisse d'un métier exigeant empesé de ses traditions qui voit pourtant les progrès se multiplier au coeur des années 50. L'exploitation dans le cadre du métayage y accèdera mais à un rythme nettement plus lent.

Ces carnets ont longtemps reposé sur les étagères familiales, ils permettent ici, sous la forme d'un petit blog, d'évoquer ce Lauragais d'autrefois dont les paysages actuels portent encore les traces. Un dialogue à travers le temps...

S.

Les Carnets d'Emile ou les souvenirs de mon grand-père dans le Lauragais des années 50
Les Carnets d'Emile ou les souvenirs de mon grand-père dans le Lauragais des années 50
Les Carnets d'Emile ou les souvenirs de mon grand-père dans le Lauragais des années 50
Les Carnets d'Emile ou les souvenirs de mon grand-père dans le Lauragais des années 50

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais, #Tradition, #Métayage

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Publié le 26 Octobre 2017

Vivre à la métairie en 1957Vivre à la métairie en 1957
Vivre à la métairie en 1957
Vivre à la métairie en 1957Vivre à la métairie en 1957

Quatre générations vivent à la métairie dans le lauragais audois : chaque membre de la famille contribue à l'économie familiale. Une femme est dévolue à la cuisine, une autre s'occupe des nombreux animaux qu'on élève pour se nourrir et compléter les revenus, le père d'Emile s'il participe aux travaux des champs veille aussi avec beaucoup d'attention au potager d'une dimension considérable car on consomme ce que l'on produit.

Les récoltes sont partagées à moitié avec le propriétaire de la terre. La famille d'Emile est une famille de miejaïres, c'est ainsi qu'on appelait les métayers en occitan (ceux qui partagent à moitié). Le jardin potager, les animaux, le travail des champ encore peu mécanisé, le tracteur ne fera son apparition dans la cour de la ferme que vers 1959.

Emile délivre au quotidien et d'une plume factuelle la vie de travail de tous les siens. Ainsi n'y exprime-t-il jamais ses émotions car ses carnets tiennent lieu de journal de bord de l'exploitation, de mémoire écrite familiale qu'on consulte à intervalles réguliers à la recherche de la date des semis, de l'achat ou du ferrage des boeufs, de la venue du vétérinaire ou d'un événement particulier tel que mariage ou décès...

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais, #Tradition

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Publié le 22 Octobre 2017

Tandis que Emile retrace ses journées le soir dans ses cahiers d'écoliers, à partir d'octobre 1957, le tracteur qui arrive enfin à la métairie permet de tracer des sillons dans les champs plus rapidement que les boeufs ne l'avaient fait jusque là et avec moins de fatigue pour le paysan.

Cet inespéré engin mécanique est acheté par le propriétaire des lieux en concertation avec Emile qui, fin septembre, prépare un local pour l'accueillir et le protéger.

Depuis quelques années déjà, quelques hectares de terre étaient labourées par une entreprise qui facturait ses services. Le reste de la superficie était labouré par les boeufs tirant le brabant. L'arrivée du tracteur Deutz 24cv et de la charrue Kirpy va permettre une relative autonomie.

Pour autant, la coexistence du tracteur et des boeufs va durer près de 10 ans. Le poids des traditions d'une part mais surtout l'achat nécessaire et progressif des outils qui pourront être attelés au tracteur vont rendre cette transition lente mais les forces du travailleur seront bel et bien épargnées pour nombre de tâches du quotidien.

 

L'automne 57 : un automne particulier à la métairie d'Emile grâce à l'arrivée du tracteur

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais, #Travaux agricoles, #Tradition

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Publié le 16 Août 2017

Photos Bruno Alasset

Photos Bruno Alasset

Le vent d'Autan qui souffle souvent dans le Lauragais renvoie à quelques écrits d'Emile. La gêne qu'il occasionnait dans les activités du travailleur y est souvent sous-entendue. Une légende dit même que, dans l'ancien code pénal toulousain à la période médiévale, les crimes commis en période d'Autan bénéficiaient de circonstances atténuantes au regard des effets perturbateurs de ce vent sur la raison.

Mais qu'il s'agisse du vent de Cers ou du vent d'Autan, on remarque dans les carnets leur omniprésence. Leur violence n'est pas sans conséquences sur les récoltes ou les habitations. Ainsi au mois de juin 1956, le vent a fait s'abattre un arbre près, très près de la métairie ; on verra qu'il a emporté le fourrage de grain dans le champ voisin le jeudi 27 septembre entre autres exemples...

Emile dénomme le plus souvent vent marin le vent d'autan lorsqu'il l'évoque. Ce vent de la mer est cependant riche de très nombreuses nuances que Claude Rivals a recensées sur une Rose des vents du Lauragais. Ce vent des fous ou vent du Diable a tendance à faire oublier parfois la prédominance du vent de Cers en raison de sa violence et de ses rafales capricieuses (2/3 vent d'Ouest pour 1/3 vent d'Est).

Cette proportion, si on prend les Carnets d'Emile pour l'année 1956, n'est pas mise en lumière. La gêne occasionnée par le vent d'Autan au travailleur lui vaut la majorité des citations. Ainsi sur 113 évocations du vent au cours de l'année, 11 sont indéterminées, 14 évoquent le vent de Cers (accompagnées souvent d'un qualificatif "fort" ou "très fort") quand 88 sont relatives au vent d'Autan (qu'il soit "léger" ou "violent", en "rafales" ou "bourrasques").

Une année entière en Lauragais compte très peu de jours sans vent (de 60 à 80 selon les statistiques). Il vaut au Lauragais une orientation bien particulière de ses habitations (parallèles aux vents dominants) et d'avoir longtemps été hérissé de moulins qui ont fait place aujourd'hui à des éoliennes comme celles d'Avignonet-Lauragais par exemple.

Le père d'Emile sur le moulin à vent "portatif" qu'il avait frabriqué lui-même

Le père d'Emile sur le moulin à vent "portatif" qu'il avait frabriqué lui-même

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais

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Publié le 15 Août 2017

1957 : un long été pour récolter en Lauragais

Si l'on prend le carnet de 1957, le temps de la récolte est jalonnée par des étapes très précises en l'absence de moissonneuse-batteuse.

On note cependant que quelques champs d'avoine sont ainsi récoltés mais dans une proportion très faible, c'est d'ailleurs la première fois que la mention de moissonneuse- batteuse apparait dans les carnets d'Emile. Pour la large majorité des productions, la famille d'Emile  récolte encore sur un mode traditionnel.

Ainsi le 1er juillet, on "fait les passages" dans les champs de blé. Cela consistait à faucher certains endroits pour permettre le passage de la faucheuse.

Les moissons du blé, commencent dès le lendemain, le 2 juillet et continuent durant 5 jours.

A partir du 8 juillet, on met le blé en tas.

On commence à gerboyer le blé à partir du 19 et cela durera jusqu'au 2 août. On fait d'abord les "tabels", petits tas où les gerbes sont disposées pour que l'eau de pluie éventuelle s'écoule sans stagner pour ne pas engendrer de moisissure ou pourriture. Après ramassage, réaliser les gerbes et les constituer ensuite en gerbières est un travail conséquent dont la difficulté peut-être encore augmentée par la canicule. Cette étape intervient après qu'on a fait de même vers le 15 juillet avec l'orge et l'avoine cultivés dans une proportion moindre.

Cette année là, il faudra attendre les 3 et 4 septembre pour dépiquer. C'est ce jour-là que la batteuse arrive dans la cour de la ferme. Il faut attendre son tour et aussi aller aider au dépiquage dans le voisinage et la famille si l'on veut aussi bénéficier de bras. Emile ne donne pas de détails à ce sujet mais c'était d'ordinaire l'occasion d'un travail harassant ponctué par des repas réunissant de grandes tablées joyeuses de travailleurs.

Les plus jeunes récupèrent le grain dans les sacs (qui font à peu près 80 kg) pour les transporter jusqu'au stock. D'autres introduisent les gerbes défaites de leurs liens dans la machine quand d'autres se chargent de la paille.

Cette année là, par exemple, la récolte pour Emile et les siens se monte à 357 sacs de blé de 81 kg, 34 sacs d'avoine (50 kg l'unité) et 13 sacs d'orge (60 kg chacun).

30 sacs de blé seront conservés pour la semence de l'année suivante précise notre métayer-écrivain et 20 pour la famille spécialement. Ils seront à déduire du partage à moitié auquel il sera procédé comme le prévoit le contrat. Emile et les siens sont des métayers, des "miéjaïres"...

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais, #Travaux agricoles

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Publié le 12 Août 2017

Être ingénieux,assurer les tâches importantes du quotidien

Ce cliché représente un moulin à farine fabriqué par le père d'Emile au début des années 50. La force motrice en était le vent (on distingue les ailes), il était installé sur une charrette pour pouvoir être déplacé, réorienté.

#redif #Lauragais

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais, #Tradition, #Métayage

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Publié le 2 Août 2017

Lorsqu'Emile prend la suite de son père pour rédiger les carnets d'activités familiaux,le vendredi 16 décembre 1955 exactement, il en conserve la forme.

Ainsi, juste après la date est consignée la météo du jour si importante pour l'activité agricole. Il est précisé si le temps est ensoleillé, nuageux ou pluvieux par exemple ainsi que le vent dominant (Cers ou vent marin pour vent d'Autan). Aucune précision n'est jamais donnée concernant les températures mais leur ressenti (frais, froid, chaud, lourd...).

Les activités du jour sont ensuite évoquées, elles concernent aussi bien les cultures que le jardin potager - qui a une part importante dans la subsistance familiale - ou encore l'élevage.

Sont aussi mentionnés les visites, les déplacements, les événements familiaux ou religieux.

La rédaction relate des faits, jamais aucune impression ou sentiment (difficultés dans les travaux, contrariétés liées au mauvais temps par exemple). Il s'agit, comme mentionné souvent au début des cahiers, d'emplois du temps, stricts, et Emile s'y astreint avec rigueur.

#Redif #Lauragais

Les carnets d'Emile, un exercice calibré

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais, #Tradition

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Publié le 26 Juillet 2017

#gerbes #gerboyer #gerbières #blé

#gerbes #gerboyer #gerbières #blé

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais, #illustrations

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Publié le 19 Juillet 2017

Rédigé par Emile

Publié dans #illustrations, #Lauragais

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Publié le 17 Juillet 2017

Charrette pas de travailler...

Charrette pas de travailler...

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais

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Publié le 25 Juin 2017

L'inventaire d'arrivée en novembre 1953, la suite : que trouvent Emile et les siens à la métairie ? (2/2)

La section matériel de l'inventaire est riche d'une quantité de mentions qui donnent une idée assez précise de l'environnement qu'Emile et sa famille investissent en 1953.

On trouve ainsi :

2 charrettes en bon état (3 à réparer au frais du patron)

1 semoir

2 brabants

1 herse canadienne

1 rouleau

2 charrues "pesant ensemble 80 kg"

Sont aussi cités, en vrac et non exhaustivement : des pelotes de ficelle, des liens en bon état et usagés, des brosses, des chaînes d'attache pour les boeufs, des trezagats (pour diriger les boeufs lors du labour), 3 jougs de labour, 1 joug à coulisse (qui permettait d'ajuster l'écartement entre les boeufs)

On trouve aussi des anduzats (pour andusac = bêche), des pelles, des fourches, 3 foussous (= houes) ainsi qu'un certain nombre d'autres outils.

Lors de l'inventaire, la métairie a donc été passée au peigne fin pour bien lister tous les éléments, accessoires et outils de travail fournis à la famille de nouveaux métayers.

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Publié le 25 Juin 2017

L'inventaire d'arrivée en novembre 1953 : que trouvent Emile et les siens à la métairie ? (1/2)

 

Dans un vieux cahier d’écolier, on trouve un inventaire daté du 1er novembre 1953 réalisé l’arrivée d'Emile et des siens et sans doute adossé au bail fraîchement signé.

La première page comporte dans la marge les mentions bœufs, paille, fourrage et terres.

Six bœufs se trouvent ainsi dans l’écurie. Ils figurent en tout premier dans l’inventaire. Simple hasard ou position hiérarchique dénotant le caractère fondamental des bêtes de trait pour réaliser la plupart des travaux ? Ces bœufs, par paire, sont âgés de 10, 5 et 7 ans. On précise même que l’un d’entre eux , parmi les plus âgés, présente un léger vésigon (variante de vessigon). Il s’agit le plus souvent d’une enflure qui se forme à l’articulation du genou, sorte de tumeur synoviale. Le poids de ces bœufs est indiqué (toujours pour la paire) et varie de 1390 à 1590 kg, ce qui équivaut à des bêtes de 700 à 800 kg environ.

On trouve d’ailleurs régulièrement des tickets de pesée au fil des pages des carnets (voir exemple datant de 1957).

Sont aussi évaluées avec précision les quantités de paille et de fourrage stockées dans les bâtiments à l’arrivée de la famille : 315 balles de paille et environ 225 mètres cubes de fourrage. Leur importance est d'ailleurs confortée par des références multiples dans le bail.

De la même manière une partie des terres seulement est ici inventoriée et notamment celle qui est ensemencée de fourrage grande luzerne et cela représente un peu plus de 8 hectares, l’exploitation en comporte pour rappel un peu plus d’une trentaine.

Dans cet inventaire, deux autres pages sont ensuite consacrées au matériel grand comme plus petit voire anecdotique où la langue française se mêle à de savoureux occitanismes… Nous y reviendrons d'ici quelques temps pour continuer la visite de la métairie d'Emile...

L'inventaire d'arrivée en novembre 1953 : que trouvent Emile et les siens à la métairie ? (1/2)
L'inventaire d'arrivée en novembre 1953 : que trouvent Emile et les siens à la métairie ? (1/2)

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Publié le 22 Mai 2017

Le Canal du Midi (photo Bruno Alasset)

Le Canal du Midi (photo Bruno Alasset)

Près, tout près de la métairie d'Emile, passe la Rigole de la plaine appelée simplement la Rigole dans les carnets. C'est là qu'il allait parfois pêcher le dimanche, l'un de ses rares loisirs. Beaucoup des champs qu'il travaillait étaient ourlés de ce petit cours d'eau tranquille.

Bordée d'arbres, la Rigole serpente ainsi dans le Lauragais depuis le bassin de Saint Férreol jusqu'à Naurouze où elle vient alimenter le Canal du Midi au bief de partage des eaux..

La Rigole (photo Bruno Alasset)

La Rigole (photo Bruno Alasset)

Le Canal du Midi au fil des saisons (photos Bruno Alasset)

Le Canal du Midi au fil des saisons (photos Bruno Alasset)

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais

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Publié le 5 Mars 2017

Les activités de février 1957 à la ferme d'Emile

Février est par excellence le mois hostile au paysan, le froid ui mord les doigts, les intempéries qui empêchent de réaliser les activités programmées.

Pour autant, dans les carnets d'Emile on ne note évidemment pas d'interruption.

A quoi donc est consacré ce mois ?

Les prestations (dont nous avions parlé ici : http://www.lescarnetsdemile.fr/2017/02/les-prestations-des-details.html ) qui consistent à donner des jour,ées pour la collectivité, en l'occurrence à la commune pour débroussailler les chemins, procéder au curage des fossés et à la taille des haies mobilisent le métayer une bonne partie du mois.

La taille de la vigne est mentionnée à plusieurs reprises.

On épand les intrants chimiques.

Couper du bois est aussi une activité qui remplit bien des jours de février.

Lorsque la météo est vraiment hostile, on nettoie les greniers et fabrique des outils ou des manches pour remplacer les plus usés.

 

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Rédigé par Emile

Publié dans #Travaux agricoles, #Lauragais, #Métayage

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Publié le 12 Février 2017

Dans les carnets d'Emile, les mentions "je suis allé aux prestations" reviennent cinq à six fois dans l'année surtout en hiver. Elles concernent Emile et l'aide familial...

Il s'agit, semble-t-il, de services qui sont dus à la commune par les paysans des fermes et métairies environnantes. Ils sont réunis pour travailler au curage des fossés, entretien des chemins communaux, débroussaillage, élagage, taille de haies...

Peu de détails dans les carnets à ce sujet, les activités menées ne sont pas détaillées. Si vous avez des documents, des expériences ou des informations à ce sujet, vous pouvez les mentionner dans les commentaires ou en voyer un message à l'adresse mail : lauragais@lescarnetsdemile.fr

Merci par avance pour votre contribution.

Mise à jour du 13/02 : On m'indique que le nombre de jours dus pour les prestations était proportionnel à la surface agricole travaillée sur la commune. D'autres informations à ce sujet ?

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais, #Tradition

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Publié le 1 Février 2017

L'hiver saison morte pour le paysan ? Que nenni ! On s'active, on s'occupe, on s'organise...

On fait des provision de bois. Rappelons que la borde est construit sur le modèle le plus classique du Lauragais et possède une pièce à vivre avec une cheminée immense, la seule pièce de la maison à être chauffée.

C'est aussi la grande période pour tuer le cochon. Outre celui de la maison, on aide aussi parents et amis qui le tuent à leur tour. Les salaisons sont un aliment important du régime alimentaire d'alors. Il faut pour chaque cochon au moins deux jours : un pour le tuer et le préparer, l'autre pour le débiter et réaliser les diverses préparations : saucisse, boudin, jambon etc...

On jette l'engrais chimique et notamment le Super important pour les racines et la croissance des plantes.

Les jours trop rudes, on répare les échelles, les caisses à lapins, les outils qui seront utiles aux beaux jours...

Et bien-sûr, le soin aux animaux lui est continu et il faut plusieurs fois dans le mois aller récupérer du fourrage au stock avec la charrette. Rappelons qu'il est distant de quelques centaines de mètres puisqu'il s'agit d'un hangar près de la maison du propriétaire.

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Rédigé par Emile

Publié dans #Travaux agricoles, #Lauragais

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Publié le 30 Décembre 2016

Retour sur l'année 1956 à la métairie lauragaise d'Emile
Retour sur l'année 1956 à la métairie lauragaise d'Emile

C'est sans doute l'un des derniers soirs de l'année 1956, dans la cuisine, attablé non loin de la grande cheminée qui fume un peu si on ne laisse pas un filet d'air pénétrer par la porte du couloir qui mène à l'étable, alors qu'il vient de rédiger les activités du jour, que Emile relit les pages qu'il a écrites au cours des mois précédents.

Sans doute mesure-t-il la multiplicité et la variété des tâches qu'il a menées avec sa famille, peut-être n'en perçoit-il plus la rudesse, habitué à un labeur contraignant qui use les corps faute de la lente diffusion des progrès agricoles. Les techniques traditionnelles ont encore grand mal à les laisser se diffuser dans le cadre du métayage.

Si l'on égrène les saisons avec lui, en tournant les pages des carnets, on trouve la mention d'un hiver particulièrement rigoureux marqué par la grande vague de froid qui a atteint tout l'hémisphère Nord à partir de début février. Emile a mentionné ainsi tout au long du mois de février "grand froid", "bourrasques de neige", "froid très vif" , "très forte gelée" . Cette période est occupée à tuer le cochon, à de la vannerie et à la fabrique d'outils, râteaux, balais, de "bancs pour laver". Quand le temps le permet, les journées sont consacrées au curage des fossés, à faire du bois.

L'hiver rigoureux a des conséquences  ainsi faut-il refaire un certain nombre de semis dès le printemps. Le froid a eu raison de l'avoine, des pois, des fèves notamment. L'activité reprend ensuite très densément : l'engrais chimique est épandu, le soin apporté à la vigne reprend, les semis puis l'entretien (sarclage et binage) du maïs. Viennent plus tard les fenaisons et les activités manuelles et chronophages de désherbage et de débroussaillage.

L'été1956 s'ouvre sur les moissons, période intense de travaux. Elles occupent le plus clair du temps des métayers en juillet avec dans l'ordre l'orge, le blé puis l'avoine. Elles engendrent des tâches qui découlent les unes des autres : faire les passages pour permettre le passage de la moissonneuse puis réaliser des gerbes (gerboyer) et les entasser et/ou les transporter avec la charrette avant de dépiquer, tâche réalisée au mois d'août.

Les labours occupent ensuite une large partie de l'automne avant les nouveaux semis. Emile mentionne souvent les activités autour des vendanges qui sont réalisées le 9 et le 10 octobre.

Emile se rend-il compte en tournant les pages qu'elles portent aussi le témoignage d'une très importante activité concernant le potager consacré à la subsistance familiale ? Betteraves, pommes de terre, petits pois, fèves, oignons sont cultivés en quantité...`

Porte-t-il son attention sur les nombreuses mentions autour des animaux que la famille élève pour se nourrir mais aussi pour vendre afin de compléter les revenus de la terre dont les récoltes sont partagées à moitié avec le propriétaire ? Le marché de Castelnaudary et ceux de Villefranche ou Puylaurens dans une moindre mesure permettent de réaliser certaines ventes tandis que d'autres se font directement à la métairie.

Le tracteur n'ayant pas fait son entrée dans la cour de la ferme on y trouve les préoccupations concernant les boeufs qu'on change régulièrement par paires auprès du maquignon d'Avignonet-Lauragais ou qu'on essaie de vendre à la foire locale et pour lesquels on s'inquiète lorsqu'ils sont souffrants.

Peut-être Emile, en ce soir de décembre 1956, reprend-il aussi les événements familiaux : les naissances, les mariages ? Au fil des 48 pages du cahier d'écolier consacrées à l'année 1956, il retrouve les évocations des décès qu'il a marquées pour les rendre évidentes d'une croix dans la marge. Sans doute trop fatigué ne choisit-il pas de s'attarder sur le nombre de fois où il a évoqué le vent gênant (plus de cent fois sans compter les vents légers) ?

En refermant son cahier ce soir-là, avant d'aller se coucher après avoir tisonné les braises, il pense peut-être à tout ce qu'il devra mener en 1957 mais sans doute ne se doute-t-il pas que, 60 ans plus tard, on relira encore ses carnets qui évoquent une certaine Histoire du Lauragais et livrent un aperçu de ses traditions paysannes.

 

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Rédigé par Emile

Publié dans #Travaux agricoles, #Tradition, #Lauragais

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Publié le 11 Décembre 2016

Quelques éléments sur les semis de blé dans le Lauragais en 1956

Dans les carnets d'Emile en 1956, le début des semis de blé intervient après ceux de l'avoine puis de l'orge le 16 novembre et ils s'étendent jusqu'au 17 décembre inclus. Les caprices de la météo, une mécanisation encore en développement et les nombreuses autres activités à mener en parallèle (fin des labours, récolte de la betterave, ...) en expliquent la durée assez importante (quatre semaines).

Tout au longs années 1950, la famille d'Emile cultive essentiellement 2 variétés de blé : le blé du Docteur Mazet dit blé Mazet et l'Etoile de Choisy.

L'Etoile de Choisy est le résultat des premiers travaux de sélection végétale de l'INRA et a été inscrite au catalogue français en 1950. Elle allie grande précocité et bonne résistance au froid et sa culture est très prisée dans le Sud-Ouest de la France et l'ouest audois notamment.

Le blé Mazet est une variété apparue en 1935 et présentée comme "un blé de force, de très bonne qualité (faisant) un pain extraordinaire".

Les carnets d'Emile ne permettent pas de déterminer précisément l'assolement ou les surfaces ensemencées proportionnellement aux autres cultures. Cela fait l'objet d'autres documents que nous ne détenons pas.

Au terme de ces semis 56, Emile tire le bilan suivant "Avons semé au total 20 sacs plus 200 kg de la C.A.L.". Rappelons que la C.A.L. est la Coopérative Agricole Lauragaise. Les 200 kg achetés à la coopérative sont de la variété Etoile de Choisy et ont été semés dans leur intégralité au "champ long". La très large majorité du blé semé provient donc encore de la production stockée lors de la récolte précédente.

Même s'ils sont intéressants, on ne peut cependant pas tirer généralité des seuls éléments issus des carnets puisque, rappelons-le, nous sommes dans le contexte très particulier, largement minoritaire et déjà très déclinant de ce mode d'exploitation des terres qu'est le métayage.

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Rédigé par Emile

Publié dans #Travaux agricoles, #Lauragais, #Tradition

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Publié le 10 Octobre 2016

Photos B.Alasset
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Rédigé par Emile

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Publié le 9 Octobre 2016

Photo B.Alasset

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Rédigé par Emile

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Publié le 22 Septembre 2016

L'automne 56 en Lauragais sous la plume d'Emile

L'automne succède à un été très occupé à la métairie d'Emile : les fenaisons, les récoltes ne sont que deux des activités les plus intenses parmi beaucoup d'autres menées par la famille.

Au repos donc ? Certainement pas. Les tâches automnales qui se profilent sont nombreuses et vont mobiliser tous les membres de la famille et même nécessiter de l'aide des amis et parents alentours. Des vendanges aux labours en passant par les semis de blé, la saison s'annonce chargée.

Les prochains extraits des carnets le révèleront... A suivre ici...

Travailler dans les paysages lauragais époustouflants de beauté à l'arrière saison constituait-il peut-être un maigre soulagement au labeur quotidien ?

Photos B. Alasset

Photos B. Alasset

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais

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Publié le 10 Septembre 2016

En savoir plus sur l'agriculture lauragaise, son histoire...

Jean Biau, Le Lauragais audois 1800-1991, Institut de Techniciens Supérieurs Agricoles de la Raque, 1991

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Rédigé par Emile

Publié dans #bibliographie, #Lauragais

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Publié le 2 Août 2016

Les principales activités menées au mois de juillet 1956 à la métairie

Les moissons occupent le plus clair du temps des métayers en juillet avec dans l'ordre l'orge, le blé puis l'avoine. Elles engendrent des tâches qui découlent les unes des autres : faire les passages pour permettre le passage de la moissonneuse puis réaliser des gerbes (gerboyer) et les entasser et/ou les transporter avec la charrette avant de dépiquer, tâche réalisée au mois d'août.

Les fenaisons débutées en juin se poursuivent.

Les soins (binage, sarclage) apportés à la vigne et au maïs mobilisent aussi une partie du temps.

L'élevage pour la vente et la consommation familiale ainsi que l'entretien du jardin sont aussi très régulièrement mentionnés.

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Rédigé par Emile

Publié dans #Travaux agricoles, #Lauragais

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Publié le 27 Juillet 2016

Le documentaire de Jean Luc Prince "Saint Anatoly, une vie paysanne" retrace les activités de 2 jumeaux Germain et François, métayers dans le Lauragais en 1993 et 1994 lors de leur dernière année d'exercice. Cela se déroule près de 40 ans après la rédaction des carnets d'Emile mais la philosophie de travail, les techniques employées, les façons de faire en sont directement héritées..

(merci à S. pour la suggestion)

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Rédigé par Emile

Publié dans #Métayage, #Lauragais, #Tradition

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Publié le 7 Juillet 2016

Avec un peu de recul sur les carnets d'Emile, il est possible de faire émerger du quotidien des métayers au mois de juin les principales activités qui ont occupé leur temps :

- la première quinzaine du mois de juin est occupée par les fenaisons. Couper le foin, le faner, le charger sur des charrettes et le stocker. L’alimentation du bétail en est pour partie tributaire.

- désherbage, débroussaillage : les champs, les chemins, les abords de la maison nécessitent un travail conséquent de désherbage lorsqu'on y procède à la main comme c'est le cas chez Emile. Cette activité est ainsi mentionnée à de multiples reprises.

- entretien de la vigne

- sarclage et binage du maïs : l'activité est menée à la houe pour éviter le développement des mauvaises herbes qui pourraient étouffer le maïs et lui soustraire une partie de son eau. Cela permet en outre de contrer un peu l'évaporation de l'eau des couches profondes, le maïs ayant de grands besoins en la matière.

- début des moissons : l'orge est moissonné par un engin tiré par le tracteur (il faut au préalable faire les passages aux abords du champ, cet appareil étant déporté par rapport au tracteur), il faut ensuite gerboyer (faire les gerbes)et, après séchage, il faudra en extraire le grain à vendre et/ou stocker et récupérer la paille.

- semis (salades) et entretien des cultures du potager (betteraves)

Récapitulatif des principales activités menées au mois de juin 1956 à la ferme

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Rédigé par Emile

Publié dans #Travaux agricoles, #Lauragais

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