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Publié le 25 Juin 2017

L'inventaire d'arrivée en novembre 1953, la suite : que trouvent Emile et les siens à la métairie ? (2/2)

La section matériel de l'inventaire est riche d'une quantité de mentions qui donnent une idée assez précise de l'environnement qu'Emile et sa famille investissent en 1953.

On trouve ainsi :

2 charrettes en bon état (3 à réparer au frais du patron)

1 semoir

2 brabants

1 herse canadienne

1 rouleau

2 charrues "pesant ensemble 80 kg"

Sont aussi cités, en vrac et non exhaustivement : des pelotes de ficelle, des liens en bon état et usagés, des brosses, des chaînes d'attache pour les boeufs, des trezagats (pour diriger les boeufs lors du labour), 3 jougs de labour, 1 joug à coulisse (qui permettait d'ajuster l'écartement entre les boeufs)

On trouve aussi des anduzats (pour andusac = bêche), des pelles, des fourches, 3 foussous (= houes) ainsi qu'un certain nombre d'autres outils.

Lors de l'inventaire, la métairie a donc été passée au peigne fin pour bien lister tous les éléments, accessoires et outils de travail fournis à la famille de nouveaux métayers.

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Publié le 25 Juin 2017

L'inventaire d'arrivée en novembre 1953 : que trouvent Emile et les siens à la métairie ? (1/2)

 

Dans un vieux cahier d’écolier, on trouve un inventaire daté du 1er novembre 1953 réalisé l’arrivée d'Emile et des siens et sans doute adossé au bail fraîchement signé.

La première page comporte dans la marge les mentions bœufs, paille, fourrage et terres.

Six bœufs se trouvent ainsi dans l’écurie. Ils figurent en tout premier dans l’inventaire. Simple hasard ou position hiérarchique dénotant le caractère fondamental des bêtes de trait pour réaliser la plupart des travaux ? Ces bœufs, par paire, sont âgés de 10, 5 et 7 ans. On précise même que l’un d’entre eux , parmi les plus âgés, présente un léger vésigon (variante de vessigon). Il s’agit le plus souvent d’une enflure qui se forme à l’articulation du genou, sorte de tumeur synoviale. Le poids de ces bœufs est indiqué (toujours pour la paire) et varie de 1390 à 1590 kg, ce qui équivaut à des bêtes de 700 à 800 kg environ.

On trouve d’ailleurs régulièrement des tickets de pesée au fil des pages des carnets (voir exemple datant de 1957).

Sont aussi évaluées avec précision les quantités de paille et de fourrage stockées dans les bâtiments à l’arrivée de la famille : 315 balles de paille et environ 225 mètres cubes de fourrage. Leur importance est d'ailleurs confortée par des références multiples dans le bail.

De la même manière une partie des terres seulement est ici inventoriée et notamment celle qui est ensemencée de fourrage grande luzerne et cela représente un peu plus de 8 hectares, l’exploitation en comporte pour rappel un peu plus d’une trentaine.

Dans cet inventaire, deux autres pages sont ensuite consacrées au matériel grand comme plus petit voire anecdotique où la langue française se mêle à de savoureux occitanismes… Nous y reviendrons d'ici quelques temps pour continuer la visite de la métairie d'Emile...

L'inventaire d'arrivée en novembre 1953 : que trouvent Emile et les siens à la métairie ? (1/2)
L'inventaire d'arrivée en novembre 1953 : que trouvent Emile et les siens à la métairie ? (1/2)

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Publié le 15 Mai 2017

Vivre à la métairie en 1957Vivre à la métairie en 1957
Vivre à la métairie en 1957
Vivre à la métairie en 1957Vivre à la métairie en 1957

Quatre générations vivent à la métairie dans le lauragais audois : chaque membre de la famille contribue à l'économie familiale. Une femme est dévolue à la cuisine, une autre s'occupe des nombreux animaux qu'on élève pour se nourrir et compléter les revenus, le père d'Emile s'il participe aux travaux des champs veille aussi avec beaucoup d'attention au potager d'une dimension considérable car on consomme ce que l'on produit.

Les récoltes sont partagées à moitié avec le propriétaire de la terre. La famille d'Emile est une famille de miejaïres, c'est ainsi qu'on appelait les métayers en occitan (ceux qui partagent à moitié). Le jardin potager, les animaux, le travail des champ encore peu mécanisé, le tracteur ne fera son apparition dans la cour de la ferme que vers 1959.

Emile délivre au quotidien et d'une plume factuelle la vie de travail de tous les siens. Ainsi n'y exprime-t-il jamais ses émotions car ses carnets tiennent lieu de journal de bord de l'exploitation, de mémoire écrite familiale qu'on consulte à intervalles réguliers à la recherche de la date des semis, de l'achat ou du ferrage des boeufs, de la venue du vétérinaire ou d'un événement particulier tel que mariage ou décès...

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais, #Tradition

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Publié le 12 Février 2017

Dans les carnets d'Emile, les mentions "je suis allé aux prestations" reviennent cinq à six fois dans l'année surtout en hiver. Elles concernent Emile et l'aide familial...

Il s'agit, semble-t-il, de services qui sont dus à la commune par les paysans des fermes et métairies environnantes. Ils sont réunis pour travailler au curage des fossés, entretien des chemins communaux, débroussaillage, élagage, taille de haies...

Peu de détails dans les carnets à ce sujet, les activités menées ne sont pas détaillées. Si vous avez des documents, des expériences ou des informations à ce sujet, vous pouvez les mentionner dans les commentaires ou en voyer un message à l'adresse mail : lauragais@lescarnetsdemile.fr

Merci par avance pour votre contribution.

Mise à jour du 13/02 : On m'indique que le nombre de jours dus pour les prestations était proportionnel à la surface agricole travaillée sur la commune. D'autres informations à ce sujet ?

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais, #Tradition

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Publié le 30 Décembre 2016

Retour sur l'année 1956 à la métairie lauragaise d'Emile
Retour sur l'année 1956 à la métairie lauragaise d'Emile

C'est sans doute l'un des derniers soirs de l'année 1956, dans la cuisine, attablé non loin de la grande cheminée qui fume un peu si on ne laisse pas un filet d'air pénétrer par la porte du couloir qui mène à l'étable, alors qu'il vient de rédiger les activités du jour, que Emile relit les pages qu'il a écrites au cours des mois précédents.

Sans doute mesure-t-il la multiplicité et la variété des tâches qu'il a menées avec sa famille, peut-être n'en perçoit-il plus la rudesse, habitué à un labeur contraignant qui use les corps faute de la lente diffusion des progrès agricoles. Les techniques traditionnelles ont encore grand mal à les laisser se diffuser dans le cadre du métayage.

Si l'on égrène les saisons avec lui, en tournant les pages des carnets, on trouve la mention d'un hiver particulièrement rigoureux marqué par la grande vague de froid qui a atteint tout l'hémisphère Nord à partir de début février. Emile a mentionné ainsi tout au long du mois de février "grand froid", "bourrasques de neige", "froid très vif" , "très forte gelée" . Cette période est occupée à tuer le cochon, à de la vannerie et à la fabrique d'outils, râteaux, balais, de "bancs pour laver". Quand le temps le permet, les journées sont consacrées au curage des fossés, à faire du bois.

L'hiver rigoureux a des conséquences  ainsi faut-il refaire un certain nombre de semis dès le printemps. Le froid a eu raison de l'avoine, des pois, des fèves notamment. L'activité reprend ensuite très densément : l'engrais chimique est épandu, le soin apporté à la vigne reprend, les semis puis l'entretien (sarclage et binage) du maïs. Viennent plus tard les fenaisons et les activités manuelles et chronophages de désherbage et de débroussaillage.

L'été1956 s'ouvre sur les moissons, période intense de travaux. Elles occupent le plus clair du temps des métayers en juillet avec dans l'ordre l'orge, le blé puis l'avoine. Elles engendrent des tâches qui découlent les unes des autres : faire les passages pour permettre le passage de la moissonneuse puis réaliser des gerbes (gerboyer) et les entasser et/ou les transporter avec la charrette avant de dépiquer, tâche réalisée au mois d'août.

Les labours occupent ensuite une large partie de l'automne avant les nouveaux semis. Emile mentionne souvent les activités autour des vendanges qui sont réalisées le 9 et le 10 octobre.

Emile se rend-il compte en tournant les pages qu'elles portent aussi le témoignage d'une très importante activité concernant le potager consacré à la subsistance familiale ? Betteraves, pommes de terre, petits pois, fèves, oignons sont cultivés en quantité...`

Porte-t-il son attention sur les nombreuses mentions autour des animaux que la famille élève pour se nourrir mais aussi pour vendre afin de compléter les revenus de la terre dont les récoltes sont partagées à moitié avec le propriétaire ? Le marché de Castelnaudary et ceux de Villefranche ou Puylaurens dans une moindre mesure permettent de réaliser certaines ventes tandis que d'autres se font directement à la métairie.

Le tracteur n'ayant pas fait son entrée dans la cour de la ferme on y trouve les préoccupations concernant les boeufs qu'on change régulièrement par paires auprès du maquignon d'Avignonet-Lauragais ou qu'on essaie de vendre à la foire locale et pour lesquels on s'inquiète lorsqu'ils sont souffrants.

Peut-être Emile, en ce soir de décembre 1956, reprend-il aussi les événements familiaux : les naissances, les mariages ? Au fil des 48 pages du cahier d'écolier consacrées à l'année 1956, il retrouve les évocations des décès qu'il a marquées pour les rendre évidentes d'une croix dans la marge. Sans doute trop fatigué ne choisit-il pas de s'attarder sur le nombre de fois où il a évoqué le vent gênant (plus de cent fois sans compter les vents légers) ?

En refermant son cahier ce soir-là, avant d'aller se coucher après avoir tisonné les braises, il pense peut-être à tout ce qu'il devra mener en 1957 mais sans doute ne se doute-t-il pas que, 60 ans plus tard, on relira encore ses carnets qui évoquent une certaine Histoire du Lauragais et livrent un aperçu de ses traditions paysannes.

 

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Rédigé par Emile

Publié dans #Travaux agricoles, #Tradition, #Lauragais

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Publié le 11 Décembre 2016

Quelques éléments sur les semis de blé dans le Lauragais en 1956

Dans les carnets d'Emile en 1956, le début des semis de blé intervient après ceux de l'avoine puis de l'orge le 16 novembre et ils s'étendent jusqu'au 17 décembre inclus. Les caprices de la météo, une mécanisation encore en développement et les nombreuses autres activités à mener en parallèle (fin des labours, récolte de la betterave, ...) en expliquent la durée assez importante (quatre semaines).

Tout au longs années 1950, la famille d'Emile cultive essentiellement 2 variétés de blé : le blé du Docteur Mazet dit blé Mazet et l'Etoile de Choisy.

L'Etoile de Choisy est le résultat des premiers travaux de sélection végétale de l'INRA et a été inscrite au catalogue français en 1950. Elle allie grande précocité et bonne résistance au froid et sa culture est très prisée dans le Sud-Ouest de la France et l'ouest audois notamment.

Le blé Mazet est une variété apparue en 1935 et présentée comme "un blé de force, de très bonne qualité (faisant) un pain extraordinaire".

Les carnets d'Emile ne permettent pas de déterminer précisément l'assolement ou les surfaces ensemencées proportionnellement aux autres cultures. Cela fait l'objet d'autres documents que nous ne détenons pas.

Au terme de ces semis 56, Emile tire le bilan suivant "Avons semé au total 20 sacs plus 200 kg de la C.A.L.". Rappelons que la C.A.L. est la Coopérative Agricole Lauragaise. Les 200 kg achetés à la coopérative sont de la variété Etoile de Choisy et ont été semés dans leur intégralité au "champ long". La très large majorité du blé semé provient donc encore de la production stockée lors de la récolte précédente.

Même s'ils sont intéressants, on ne peut cependant pas tirer généralité des seuls éléments issus des carnets puisque, rappelons-le, nous sommes dans le contexte très particulier, largement minoritaire et déjà très déclinant de ce mode d'exploitation des terres qu'est le métayage.

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Rédigé par Emile

Publié dans #Travaux agricoles, #Lauragais, #Tradition

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Publié le 10 Octobre 2016

Photos B.Alasset
Photos B.Alasset

Photos B.Alasset

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Rédigé par Emile

Publié dans #Tradition, #Lauragais

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Publié le 19 Septembre 2016

Lorsqu'Emile prend la suite de son père pour rédiger les carnets d'activités familiaux,le vendredi 16 décembre 1955 exactement, il en conserve la forme.

Ainsi, juste après la date est consignée la météo du jour si importante pour l'activité agricole. Il est précisé si le temps est ensoleillé, nuageux ou pluvieux par exemple ainsi que le vent dominant (Cers ou vent marin pour vent d'Autan). Aucune précision n'est jamais donnée concernant les températures mais leur ressenti (frais, froid, chaud, lourd...).

Les activités du jour sont ensuite évoquées, elles concernent aussi bien les cultures que le jardin potager - qui a une part importante dans la subsistance familiale - ou encore l'élevage.

Sont aussi mentionnés les visites, les déplacements, les événements familiaux ou religieux.

La rédaction relate des faits, jamais aucune impression ou sentiment (difficultés dans les travaux, contrariétés liées au mauvais temps par exemple). Il s'agit, comme mentionné souvent au début des cahiers, d'emplois du temps, stricts, et Emile s'y astreint avec rigueur.

Les carnets d'Emile, un exercice calibré

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais, #Tradition

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Publié le 27 Juillet 2016

Être ingénieux,assurer les tâches importantes du quotidien

Ce cliché représente un moulin à farine fabriqué par le père d'Emile au début des années 50. La force motrice en était le vent (on distingue les ailes), il était installé sur une charrette pour pouvoir être déplacé, réorienté.

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Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais, #Tradition, #Métayage

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Publié le 27 Juillet 2016

Le documentaire de Jean Luc Prince "Saint Anatoly, une vie paysanne" retrace les activités de 2 jumeaux Germain et François, métayers dans le Lauragais en 1993 et 1994 lors de leur dernière année d'exercice. Cela se déroule près de 40 ans après la rédaction des carnets d'Emile mais la philosophie de travail, les techniques employées, les façons de faire en sont directement héritées..

(merci à S. pour la suggestion)

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Rédigé par Emile

Publié dans #Métayage, #Lauragais, #Tradition

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