Publié le 21 Décembre 2020

Une métairie lauragaise sous la neige (photo famille Nardèze)

Une métairie lauragaise sous la neige (photo famille Nardèze)

C'est l'hiver et voici aussi que Noël approche.

Ils sont comme des virgules dans une conversation lauragaise : ces proverbes occitans reviennent encore parfois pour qualifier la saison hivernale.

Ils sont basés les croyances ou la superstition mais surtout sur le bon sens et l'observation. Il y est question de cette neige de février qui fond rapidement sur les coteaux du Lauragais, du froid qui mord et parfois surprend. Après avoir traité de ceux concernant l'omniprésent vent d'autan (ici), voici ceux que l'hiver nous apporte dans son traîneau...

  • Quand Nadal se solelha, Pascas crama la lenha

Quand Noël est ensoleillé, Pâques brûle le bois

  • Per Nadal, les jorns creissan d'un pas de gal

Pour Noël, les jours s'allongent d'un pas de coq

  • Plèja per Nadal, solelh pels Rampalms 

Pluie à Noël, soleil aux Rameaux

  • Per Nadal, cajun dins son ostal

Pour Noël, chacun dans sa maison (dans sa famille)

  • L’ivèrn es pas bastard s'arriba pas d'ora arriba tard.

L'hiver n’est pas bâtard, s'il n'arrive pas de bonne heure, il arrive tard.

  • Quand les corbasses son a l'ensús, l'ivèrn nos tomba dessus ; quand les corbasses son a l'enbàs, l'ivèrn es passat

Quand les corbeaux volent haut, l'hiver nous tombent dessus, quand les corbeaux volent bas, l'hiver est fini

  • A la sant Marti, la lèbre es pel cami, a Nadal la lèbre es al pè de l'ostal.

A la Saint Martin, le lièvre est dans le chemin, à Noël il est au pied de la maison.

  • Se trona al mes de janvièr, i aura de blat a plens sestièrs

S'il tonne au mois de janvier, il y aura du blé à pleins setiers.

  • Nèu de febrièr es coma d'aiga dins un panièr, se s'ajoca coa coma una cloca

La neige de février est comme de l'eau dans un panier, si elle s'installe elle couve comme une glousse.

  • Al mes de febrièr, la nèu cocha pas sul fumièr.

La neige de février ne passe pas la nuit sur le tas de fumier.

Merci à Huguette, Aimé, Hélène, Pierre pour leurs contributions. Merci à la famille Nardèze pour la si belle photo de la ferme sous la neige.

Si vous connaissez d'autres dictons ou proverbes sur Noël, l'hiver, le froid qui étaient usités en Lauragais, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

Pour retrouver facilement ces posts et les voir dans leur ensemble vous pourrez cliquer sur la nouvelle catégorie du blog : Lauragais agricole d'autrefois ou sur l'onglet en haut de page. Ils seront également écrits en bleu pour les distinguer des posts du quotidien de la vie d'Emile.

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Rédigé par Emile

Publié dans #Occitan, #Lauragais, #Occitanie, #Lauragais agricole d'autrefois

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Publié le 21 Décembre 2020

Mercredi 21 décembre 1960 - réparer le chemin

Pluie l'après-midi

Travaillé au chemin de la Ginelle

Paulette et les petites sont allées tuer les canards à la Castagne

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Publié le 20 Décembre 2020

Lauragais d'Autrefois (108) : transvaser le vin (trescolar)

L'opération de transvasement du vin avait lieu une à deux fois par an dans les métairies et les fermes qui possédaient une vigne (toutes ou presque à l'époque qui nous intéresse). Cette opération est le soutirage . Le vin est ainsi débarrassé de ses résidus de fermentation. On disait transvasar ou trescolar en occitan. Aimé Boyer se souvient de la façon dont cela se déroulait : 

"Toutes les barriques étaient  posées côte à côte, calées sans se toucher, sur un échafaudage le long du mur de nos petites caves. Cet échafaudage était fait avec des tronc d’arbres, généralement du peuplier, bois facile à travailler Au châteaux les barriques étaient disposées sur plusieurs rangées et fabriquées par un professionnel On appelait ce support le tindon ou tindol.

La hauteur calculée permettait à une comporte de passer sous la tête avant de la barrique, côté robinet  Le transvasement se réalisait aux moins deux fois l’an et parfois plus. On portait une attention particulière à celui du printemps. On disait que quand la vigne bourgeonnait, il se produisait un effet sur le vin tout comme la farine réagirait quand le blé fleurit, ce qui ennuierait le boulanger.

Après avoir vérifié la lune et si le vent d’autan n’allait pas, jouer quelques tous, on avait donc préparé quelques jours avant les barriques vides mises à tindon. On les avait au préalable lavées. Mais là, il y avait deux écoles : ceux qui ne lavaient pas sous prétexte de détruire le tanin du bois, Alors que d’autres lavaient systématiquement. comme je le faisais. Avais-je raison ?

Pour transvaser, on posait dons une comporte sous la barrique à vider, on posait un robinet dans le troue prévu pour cette manœuvre, avec le marteau,  en tapant sur le robinet on faisait reculer le bouchon de liège dans la barrique ?

Il n’y avait plus qu’à ouvrir le robinet, mais auparavant on avait vérifié l’état de la barrique receveuse : parfum, étanchéité... On installait alors l'enfonilhun grand entonnoir équipé de quatre pieds qui se posait à cheval sur la barrique.

 Le tuyau verseur introduit dans la bonde, avec un seau ou un décalitre, on puisait dans la comporte, et on vidait dans l’enfonilh ça sentait bon mais avant le premier seau, on avait pris soin de « goûter » le produit.

Il fallait aussi avoir réglé le débit du robinet, il ne fallait surtout pas le fermer et éviter de provoquer un remous qui aurait mélangé la lie avec le vin, ce qui aurait été une catastrophe.

Quand justement cette lie - ce « film naturel posé sur le vin comme une toile d’araignée, qui protégeait le contenu de maladies, ou aérations du vin" -  commençait à couler on arrêtait de transvaser, on réservait cette mixture dans une autre comporte dans laquelle on rajoutait les autres fonds de barriques on laissait reposer ! Et  après un filtrage, on consommait, ça n'avait évidemment rien à voir avec un grand millésime 

Mais cela valait le vin fait avec des pruneaux quand les années de vendanges avait échoué.

Voila une matinée bien occupée ! Au château, même mouvement, là encore quelques métayers allaient aider."

Mes remerciements à Aimé Boyer pour le partage de ses souvenirs.

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Publié le 20 Décembre 2020

Mardi 20 décembre 1960 - arranger le chemin

Vent de Cers froid

Avons arrangé le chemin de la Ginelle

Tante Marie est venue

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Publié le 19 Décembre 2020

Lundi 19 décembre 1960 - les batteries du tracteur et la vache vieille

Brumeux

Je suis allé à Castel pour changer les batteries du tracteur

Sacaze est venu voir la vache vieille il l'a prise 55000

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Publié le 18 Décembre 2020

Dimanche 18 décembre 1960 - la pièce des enfants de l'école

Brume froid

Nous sommes allés à Montmaur à une pièce qu'on jouée les enfants des écoles

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Publié le 17 Décembre 2020

Samedi 17 décembre 1960 - les oies de la Castagne

Forte pluie

Paulette est allée tuer les oies à la Castagne

les Seloudres sont venus

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Publié le 16 Décembre 2020

Photo coll. Nardèse (grand merci)

Photo coll. Nardèse (grand merci)

Mai 1952 - La faucheuse s'active pour coucher luzerne, sainfoin et esparcette... Les charrettes de foin vont et viennent entre le champ et la fenial de la borde au pas lent des boeufs... C'est le début des fenaisons. Un travail essentiel dans la vie des métayers qui scrutent le ciel de peur que l'orage n'arrive...
 
Pour faire un tour dans les champs de foin d'autrefois, un nouvel épisode de Ceux de la Borde Perdue à découvrir ici :

https://www.bordeperdue.fr/post/chapitre-22-fenaisons-en-lauragais

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Publié le 16 Décembre 2020

Vendredi 16 décembre 1960 - un banc sous la neige lauragaise

Froid enneigé

Je suis allé à Villefranche

Papa a fait un banc

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Publié le 15 Décembre 2020

Jeudi 15 décembre 1960 - Le mariage du roi Baudouin

Neige

Mon beau-père est venu dîner 

Mariage du roi Baudouin de Belgique

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Publié le 14 Décembre 2020

Mercredi 14 décembre 1960 - fendre le bois

Froid vif gelée

Arraché de l'herbe à la vigne et fendu du bois

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Publié le 13 Décembre 2020

Mardi 13 décembre 1960 - l'herbe de la vigne

Gelée forte

Arraché de l'herbe à la vigne et fendre du bois

La CAL a livré 3000 kg de super, 3000 ammonitre moitié Castaing Durand

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Publié le 12 Décembre 2020

Lundi 12 décembre 1960 - les pierres du pas de porte

Froid

Le matin avons mis des pierres devant la porte. Le soir travaillé au fossé au champ sous la vigne

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Publié le 12 Décembre 2020

Photo coll. Nardese

Photo coll. Nardese

Nous avions déjà abordé l'importance de compléter les maigres revenus du quotidien à la métairie ainsi que les menus familiaux. C'était le cas grâce au clapier à lapins de garenne installé dans le pré (voir article ici : http://www.lescarnetsdemile.fr/2020/05/lauragais-d-autrefoi-73-les-lapins-de-garenne-et-les-clapiers.html ).

Grâce au témoignage d'Aimé Boyer et de ses souvenirs d'enfance pendant la guerre, voici quelques autres moyens utilisés alors... Souvenirs précieux d'un enfant du Lauragais...

"Herboristerie : Pendant la guerre, on nous faisait ramasser des plantes, pour alimenter l’herboristerie pour fabriquer des remèdes. Les coquelicots, la prèle, l'armoise, le sureaux et autres... Le jeudi et le dimanche, nous procédions à la cueillette et nous apportions cela à l'école. Nous déposions les plantes sur une table au fond de la classe. Quelqu’un venait le chercher, l'école était récompensée. d'une affiche médicale ou de crayons de couleurs, etc…

L'aparatada consistait en fin d'automne, par grand vent, à capturer des oiseaux. Équipés de lampe à carbure, d’un manche avec fixé au bout une petite  planche- comme le battoir de la lavandière) - il fallait faire tomber l’oiseau et le récupérer. Cela permettait d'améliorer le menu du jour.

Des grillons pour les poissons : je passais tous les soirs près de la forge, en sortant de l’école, curieux de voir le fer rouge changer de forme avec le marteau, la morasses (grosses pinces et l'enclume. Je ne m'en lassais pas.

Au printemps il me demandait de lui apporter des grillons, pour aller à la pêche, qui était son seul loisir. Bien-sûr une mission comme celle-là ne se refuse pas. Le jeudi, armé d’une grosse boîte avec un petit trou, j’allais me promener sur les labours. Il y en avait en pagaille. Le problème c’est qu’il ne voulait, que des femelles. On les reconnaît car elles sont dotées d'un appendice à l’arrière du corps qui sert à déposer les oeufs dans la terre.

J’avais droit en échange à des petits sous ainsi que quelques poissons qu’il laissait en revenant de la pêche."  

D'autres moyens de subsistance seront évoqués ici dans un prochain article.

Je remercie sincèrement Aimé pour le partage de ses souvenirs et Berthe pour ses si belles photos.

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Publié le 11 Décembre 2020

Dimanche 11 décembre 1960 - la Castagne

Froid

papa est allé à la Castagne

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Publié le 10 Décembre 2020

Samedi 10 décembre 1960 - Neige sur le Lauragais

Pluie neige froid

Fait du rangement à la maison

Maman est allée tuer les oies en Estève

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Publié le 10 Décembre 2020

Vendredi 9 décembre 1960 - Les oies du marché

Froid

Avons transvasé le vin

Paulette est allée à Villefranche vendre 6 foies

3kg800 x 6000 f le kg et une oie grasse 8kg 800 à 600F le kg

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Publié le 9 Décembre 2020

Jeudi 8 décembre 1960 - le tracteur est à Castelnaudary

Pluie tout le jour

Le matin je suis allé à Castel chercher le tracteur

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Publié le 9 Décembre 2020

Mercredi 7 décembre 1960 - un semoir NODET est livré

Gelée

Avons tué 14 oies dont 2 pour Mr Castaing

Cécile Rose belle-mère sont venues nous aider

Bezombes a livré un semoir NODET 13 disques 

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Publié le 9 Décembre 2020

Lauragais d'antan : un clapier pour les lapins de garenne

Avril 1952 - Dans le pré à côté de la borde, les métayers aimait bien ériger un clapier pour les lapins de garenne. Cela permettait de compléter les menus familiaux à peu de frais. Tout une technique oubliée aujourd’hui à découvrir...
Dans le pré, on trouve aussi parfois    l’amour mais le pré est aussi le lieu des confrontations, des duels...
Nouvel épisode de Ceux de la Borde perdue à suivre ici : https://www.bordeperdue.fr/post/episode-21-et-dans-le-pré

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Publié le 6 Décembre 2020

Mardi 6 décembre 1960 - un gajel pour les poulets

Pluie le matin

Papa a fait un gajel pour les poulets. J'ai fait du bois pour tuer les oies. Je suis allé à Labastide

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Publié le 5 Décembre 2020

Photo Bruno Alasset

Photo Bruno Alasset

Que serait la basse-cour sans la poule ? On ne voit qu'elle qu'elle, elle est la reine et a un rôle essentiel dans l'alimentation de la famille à la métairie (ah...les oeufs...). Tant et si bien qu'à force de caqueter, elle s'est même glissée dans le langage du quotidien et dans de multiples dictons occitans. En voici quelques-uns.

Rappelons qu'en occitan que le -a final se prononce o (mais bien a à l'intérieur des mots) et que le -o à l'intérieur des mots se prononce ou (mais bien o à la fin des mots).

La poule a de la chance, elle a deux mots rien que pour elle : la galina (prononcer galino) ou la pola (prononcer poulo)

Pola vielha fa bon bolhon.

Une vieille poule fait un bon bouillon.

Gaita aquo coma una pola qu'a trapat un cotèl

Il regarde cela comme une poule qui a trouvé un couteau. (avec curiosité et surprise)

Es coma la pola blanca quant a pas mal al cuol a mal a la anca

Il est comme la poule blanche quand il n'a pas mal au c... il a mal à la hanche (il se plaint sans cesse)

Deurà parlar res que quant las polas pissan

Il ne devrait parler que quand les poules pissent (en gros, il devrait se taire)

Las polas pondon per le bec

Les poules pondent par le bec (il faut bien les nourrir)

Las polas parlan pas de capons

Les poules ne parlent pas de chapons

 

Si vous connaissez d'autres dictons ou proverbes sur les poules qui étaient usités en Lauragais, n'hésitez pas à me les adresser. Nous complèterons ce post ensemble au fur et à mesure. Vous pouvez m'écrire à lauragais@lescarnetsdemile.fr 

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Publié le 5 Décembre 2020

Lundi 5 décembre 1960 - vendre un cochon

Brumeux

Avons vendu un cochon à Berthomieux 130kg x 290 F = 37700

J'ai mené le tracteur chez Rouzau pour révision

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Publié le 4 Décembre 2020

Dimanche 4 décembre 1960 - un loto à Montmaur

Nettoyé le tracteur

Après souper nous sommes allés au loto à Montmaur

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Publié le 3 Décembre 2020

Samedi 3 décembre 1960 - fourrage et peuplier

Le matin avons descendu une remorque de fourrage de la Ginelle. Le soir coupé un peuplier au pré.

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