Lauragais d'Autrefois (114) : les animaux de trait (le bestial de tira)

Publié le 23 Janvier 2021

Photo coll. Serge Arnaud

Photo coll. Serge Arnaud

Nous avons déjà évoqué ici les animaux de trait. Voici quelques photos de différents contributeurs assorties du témoignage d'Aimé Boyer qui éclaire de ses souvenirs la période avant le tracteur où la force motrice des campagnes était constituée par ces différents animaux :

"Chez nous, les vaches étaient utilisées au même titre que les bœufs. Les bœufs étaient lents mais plus puissants. Les vaches plus légères, plus rapides, mais elles contribuaient en plus au renouvellement du troupeau, à la production de lait et de viande.

Une bête de trait, il fallait la dresser. Ce la se faisait, au fil des semaines, avec savoir-faire et patience. Au sevrage, on choisissait l’animal en fonction de la qualité de ses géniteurs. Il fallait veiller à la forme des cornes d l’animal lors de leur développement -comme pour les dents aujourd’hui -  avec un appareil que mon père avait fabriqué avec une vis, qu’on réglait un peu tous les jours, sans forcer. Ainsi à l’âge d’être attelée, le joug ne les blessait pas.  Un peu plus tard, on habituait les oreilles à la corde, pour que l’animal supporte ensuite les guides, le moment venu. Quelques temps avant de poser le joug de travail, on les habituait à la jouate et on les mettait en appairage avec une vache dressée.  Cela demandait beaucoup de tendresse et de patience.

S’il y en a qui parlent aux oreilles des chevaux, d’autres parlaient alors aux oreilles des vaches. 

Les bœufs, eux étaient plus lents mais puissants. Le brabant, la faucheuse lieuse – le seul engin agraire qui a résisté une fois attelé au tracteur – étaient tractés par les bœufs. On les employait aussi pour débarder des arbres. Pour labourer la vigne, ils avaient la tête beaucoup plus haute, cela permettait de passer avec le joug à coulisse au dessus des piquets.

             Ces attelages de traits avaient un nom, pour les boeufs Le Mule,  Le Marelh    (Occitan de Caraman

             Pour les attelages de vaches     La Falbe, la Marelha   

Ces noms correspondaient à la position, à leur poste de travail. J’ai oublié qui était l’animal de base (à gauche) chargé de suivre le sillon tracé et particulièrement pendant le labour en planche. Pour la faucheuse, c’est l’animal de droite.

Pour les autres travaux non pas d’obligation de base (Le brabant, l’allairre la canadienne)

Le cheval, lui, est plus rapide. La faneuse la bineuse, le râteau,  travailler au milieu de la vigne, apporter les produits alimentaire au marché, se déplacer avec la carriole et d’autres encore étaient des tâches qui lui convenaient. 

 Le médecin,  le vétérinaire, le boulanger , eux, étaient équipés d’un cheval.

L’âne et le mulet étaient utilisés surtout par les producteurs de légumes, le rémouleur , le rétameur.

Et tous les ans, le passant qui vendait des pierres à briquets, des lacets, des mèches amadou entre autres et qui entretenaient le lien rural."

 

Merci à tous les contributeurs des carnets d'Emile pour le partage des ces photographies : famille Nardèse, Aimé Boyer , Laure Pagès, Serge Arnaud, Christiane et Jean Françoise Bruno, Jean-Claude Rouzaud, Bernard Bnnaval. Merci Aimé pour le témoignage.

Ce post fait partie de la série sur le Lauragais agricole d'autrefois. Vos contributions seront les bienvenues comme rappelé dans ce post-ci : Ecrivons ensemble le Lauragais agricole d'autrefois (cliquer dessus)

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Photo coll. Nardèse

Photo coll. Nardèse

Photo C et JF Bruno

Photo C et JF Bruno

Photo Aimé Boyer

Photo Aimé Boyer

Photo Laure Pagès

Photo Laure Pagès

Photo coll. JC Rouzaud

Photo coll. JC Rouzaud

Envoi de Bernard Bennaval, le ramassage des "camborles" de maïs à Prunet 1952

Envoi de Bernard Bennaval, le ramassage des "camborles" de maïs à Prunet 1952

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais agricole d'autrefois

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