1957 : un long été pour récolter en Lauragais

Publié le 15 Août 2017

1957 : un long été pour récolter en Lauragais

Si l'on prend le carnet de 1957, le temps de la récolte est jalonnée par des étapes très précises en l'absence de moissonneuse-batteuse.

On note cependant que quelques champs d'avoine sont ainsi récoltés mais dans une proportion très faible, c'est d'ailleurs la première fois que la mention de moissonneuse- batteuse apparait dans les carnets d'Emile. Pour la large majorité des productions, la famille d'Emile  récolte encore sur un mode traditionnel.

Ainsi le 1er juillet, on "fait les passages" dans les champs de blé. Cela consistait à faucher certains endroits pour permettre le passage de la faucheuse.

Les moissons du blé, commencent dès le lendemain, le 2 juillet et continuent durant 5 jours.

A partir du 8 juillet, on met le blé en tas.

On commence à gerboyer le blé à partir du 19 et cela durera jusqu'au 2 août. On fait d'abord les "tabels", petits tas où les gerbes sont disposées pour que l'eau de pluie éventuelle s'écoule sans stagner pour ne pas engendrer de moisissure ou pourriture. Après ramassage, réaliser les gerbes et les constituer ensuite en gerbières est un travail conséquent dont la difficulté peut-être encore augmentée par la canicule. Cette étape intervient après qu'on a fait de même vers le 15 juillet avec l'orge et l'avoine cultivés dans une proportion moindre.

Cette année là, il faudra attendre les 3 et 4 septembre pour dépiquer. C'est ce jour-là que la batteuse arrive dans la cour de la ferme. Il faut attendre son tour et aussi aller aider au dépiquage dans le voisinage et la famille si l'on veut aussi bénéficier de bras. Emile ne donne pas de détails à ce sujet mais c'était d'ordinaire l'occasion d'un travail harassant ponctué par des repas réunissant de grandes tablées joyeuses de travailleurs.

Les plus jeunes récupèrent le grain dans les sacs (qui font à peu près 80 kg) pour les transporter jusqu'au stock. D'autres introduisent les gerbes défaites de leurs liens dans la machine quand d'autres se chargent de la paille.

Cette année là, par exemple, la récolte pour Emile et les siens se monte à 357 sacs de blé de 81 kg, 34 sacs d'avoine (50 kg l'unité) et 13 sacs d'orge (60 kg chacun).

30 sacs de blé seront conservés pour la semence de l'année suivante précise notre métayer-écrivain et 20 pour la famille spécialement. Ils seront à déduire du partage à moitié auquel il sera procédé comme le prévoit le contrat. Emile et les siens sont des métayers, des "miéjaïres"...

Rédigé par Emile

Publié dans #Lauragais, #Travaux agricoles

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